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Chapitre
21
: Les arts en Afrique a l'époque de la domination
coloniale
Wole Soyinka
La renaissance littéraire en Egypte
(25) et au Soudan occidental
Dans le domaine
de la culture littéraire, lEgypte et le Soudan occidental
fournissent des exemples importants : dans le premier cas, il s'agit
d'une renaissance littéraire, dans le second d'un processus d'aide
mutuelle, à la fois directe et indirecte, dans la pénétration culturelle
de l'Afrique pendant la période coloniale, à la faveur d'intérêts
fondamentalement opposés.
En Egypte
L'occupation de lEgypte
par Bonaparte, les réformes militaires, sociales et économiques
de Muhammad Ali, qui envoya des missions éducatives en Europe,
et particulièrement en France, la création d'une presse imprimée
à Bulap en 1822, tout cela a préparé le commencement d'un nouveau
type de relations entre deux mondes, l'Occident et l'Orient islamique,
et a ouvert une nouvelle ère en Egypte. Cette période préparatoire
de la renaissance littéraire égyptienne a été accélérée sous le
règne du khédive Ismail Pacha (1863-1879) et a atteint son
point de développement décisif à partir de la seconde moitié du
XIXe siècle.
La création d'un milieu
nécessaire pour l'épanouissement d'une culture arabe moderne a été
provoquée en grande partie par plusieurs facteurs et, surtout, par
l'émigration en Egypte d'intellectuels, essentiellement des chrétiens
syriens et libanais (26) à partir des années
1870, qui fuyaient le régime autocratique turc et étaient pénétrés
des notions occidentales sur la politique, la science et la littérature.
En Egypte même, une nouvelle élite apparut chez les musulmans, qui
avaient adopté les idées islamiques modernistes d'al-Afghani et
Abdu. Les rangs de cette élite furent bientôt emplis par des
lettrés égyptiens revenus d'Europe, où ils avaient suivi un programme
d'études de tendance humaniste. Parmi eux, il y eut toute une série
d'écrivains aux points de vue et intérêts très variés.
Le développement économique,
la transformation du pays, la création et la fondation d'académies,
de sociétés cultivées, d'une bibliothèque nationale en 1870, d'universités
séculières, la réforme des universités religieuses existantes (par
exemple al-Azhar) et la création d'un système d'éducation moderne
" donnèrent naissance à un publie épris de loisirs, d'éducation
et disposé à former un auditoire. Si l'on compare le résultat avec
la situation précédente, il s'agissait vraiment d'une renaissance
littéraire et intellectuelle ". (27) Toutefois,
la production littéraire locale dépendait encore essentiellement
de la traduction des oeuvres européennes, entreprise déjà avant
l'instauration du protectorat anglais en Egypte, et florissante
à partir de ce moment. Avec le temps, ce processus mena à des adaptations,
à des imitations, puis, finalement, à des oeuvres créatrices et
originales.
Ce réveil culturel,
lié au changement du climat politique égyptien à la fin du xixe
siècle, se refléta dans le développement de la presse, très important.
En 1898, il existait déjà 169 gazettes et journaux ; en 1913, on
en comptait 282. (28)
Sous l'influence de
l'éminent réformateur musulman al-Afghani (29),
la presse fut largement saluée comme un instrument d'éducation ou
de politisation. Elle devint de plus en plus le mode d'expression
préféré de toute une génération de personnalités littéraires et
de leaders intellectuels après la première guerre mondiale. Ainsi,
les journaux devinrent également des lieux d'expérimentation pour
de nouvelles formes littéraires comme la nouvelle, le drame, etc.
Le besoin d'exprimer
et d'interpréter les idées étrangères nouvellement acquises mena
à l'évolution d'un " arabe néo-classique ". Mais la question
de savoir s'il fallait réformer l'arabe classique ou élaborer un
arabe moderne adapté à la littérature égyptienne contemporaine fut
bientôt au coeur d'une controverse qui opposa deux groupes : les
classicistes et les modernistes. Le premier défendait un "
style abstrus, semé d'obscurités, orné d'allusions littéraires et
de jeux d'esprit érudits typiques de la culture aristocratique ".
Le second - dont les membres étaient avant tout de descendance syrienne
et libanaise, formés à l'occidentale et de confession chrétienne
- prônaient " un langage simple et direct, unissant l'arabe
parlé et des mots étrangers arabisés ".
Ce qui s'annonçait
dans ce conflit culturel, c'était le problème des valeurs : idéaux
et normes d'Occident d'un côté, notions islamiques traditionnelles
de l'autre. Dans sa phase initiale, ce combat d'idées concernait
simplement le fait d'acquérir les concepts occidentaux ou d'y rester
indifférent. Les confrontations en restaient au stade des escarmouches
culturelles ; elles manquaient de " centres de gravité cohérents
". Cependant, dans la première moitié du xxe siècle, les défis
culturels extérieurs tels que les présentaient les nouvelles conditions
de vie commencèrent à ébranler sensiblement tous les aspects du
système de valeurs traditionnel. La première réaction à ces défis
fut d'ordre vital et se concentra sur le problème du pouvoir - entre
un Islam réformiste militant et un mouvement libéral rationaliste.(30)
Jusqu'à l'apparition du nassérisme, plusieurs interprétations de
l'identité culturelle et nationale de lEgypte furent fournies
par diverses personnalités littéraires. Ainsi de l'interprétation
d'une Egypte pharaonique et méditerranéenne donnée par Tawfik al-Hakim,
Mahmour Taymour et Taha Husayn (31) dans leurs
divers écrits sociaux, littéraires et historiques ; ainsi de l'arabisme
d'al-Kawakibi (32) ; ainsi, enfin, des nombreux
écrivains soulignant les dimensions culturelles africaines de l'Egypte.
La transformation de
la culture égyptienne pendant cette période, sous l'effet de la
domination étrangère, conduisit à une plus grande conscience politique,
qui trouva ultérieurement une expression dans le mouvement nationaliste
naissant.
Au Soudan occidental
Il semblerait que des
intérêts fondamentalement opposés aient investi la zone soudanienne
de l'Afrique occidentale pendant la période coloniale : ceux des
Européens, d'une part, ceux des musulmans, d'autre part, représentés
par les Jula (Diula ou Dioula). Ce phénomène fut rendu possible
par la structure sociale de la population du Soudan occidental.
Le système traditionnel de castes, qui reconnaissait à un certain
nombre de groupes d'artisans spécialisés un droit de contrôle sur
les matériaux et l'aire géographique de leurs arts respectifs, accordait
pareillement à l'iman (ou alim, enseignant islamique) un
monopole pour tout ce qui concernait l'alphabétisation, l'écriture
et la communication et, aussi, indirectement, les relations commerciales
qui se développèrent avec le colonialisme européen.
Historiquement, l'alim
appartenait lui-même à une communauté unique en son genre, qui formait
une unité culturelle distincte, fréquemment dominante, éparpillée
parmi les populations non musulmanes du Soudan occidental et caractérisée
par sa religion et l'efficacité de son organisation commerciale.
On appelait ses membres les Jula. La présence des Jula dans le Soudan
occidental avait pour objectif essentiel le commerce ; leur migration
vers des villes telles que Bobo-Dioulasso, Kong, Bonduku, etc.,
suivait les voies commerciales allant des mines d'or de la Gold
Coast, de la Haute-Volta et des autres mines de la zone tropicale
jusqu'aux pistes des caravanes sahariennes (33).
Fondateurs de villes, ils établirent également un réseau d'avant-postes
qui reliaient les principaux centres aux pistes sahariennes. Mais
les Jula (nom qui décrit leur principale occupation, le commerce)
étaient également soucieux de préserver et de promouvoir leur culture
islamique et contribuaient à favoriser la pénétration des Maures
et des Arabes jusque dans les zones de précipitations de la côte
occidentale. Aujourd'hui encore, des documents rappellent les congés
pris par un érudit Jula, le karamoko - titre supérieur
à celui, plus commun, d'alim - qui se rendit dans les centres
d'enseignement du Caire et laissa aux tribunaux de savants arrêts
(aussi célèbres que les travaux de William Amo, ancien esclave ghanéen
du XVIIIe siècle, auteur de traités philosophiques présentés aux
universités allemandes de Wittenberg et d'Iéna). (34)
S'il est vrai que la
culture littéraire islamique qui pénétra en Afrique occidentale
était pour l'essentiel de nature conservatrice, rhétorique et stéréotypée,
la méthode consistant à apprendre par coeur plutôt qu'à comprendre
et l'enseignement comprenant essentiellement l'exégèse islamique
et le droit (hadith et fikh), les déplacements constants
de lettrés entre la côte occidentale, l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient
jusqu'au XXe siècle, et le commerce florissant de manuscrits précieux
pratiqué en même temps que les activités plus ordinaires des commerçants
jula, témoignent d'une plus grande ouverture de la culture chez
ses adeptes africains. Les écrits historiques doivent autant aux
savants arabes qu'à leurs homologues des villes européanisées de
la côte ou aux produits d'exportation de la littérature occidentale.
Par exemple, une enquête sur les bibliothèques des mallam
menée en 1920 principalement dans la région de la Côte-d'Ivoire
a révélé l'existence d'ouvrages manuscrits d'histoire, de langues
(grammaire arabe), de poésie, de mathématiques, de logique, de jurisprudence,
etc..(35)
L'existence d'une culture
littéraire, même si elle ne touche qu'une minuscule élite qui serait
la pointe d'une pyramide d'analphabètes, a d'énormes conséquences
non seulement pour la majorité de la population, mais aussi pour
la culture étrangère dont les canons ont inspiré la formation littéraire
de ladite élite. C'est encore plus vrai quand cet avantage littéraire
est cultivé par le prosélytisme au service de la culture étrangère.
Du point de vue de la culture des peuples indigènes, l'influence
de l'Islam ne se distingue donc que par sa nature, et non par ses
effets, de la pénétration euro-chrétienne, La confrontation de deux
cultures littéraires, historiquement opposées, sur un terrain "
passif " suscite toujours des réactions exacerbées des deux
côtés, mais surtout de la part du premier occupant, qui voit investir,
pour ainsi dire, à la veille de la moisson, le champ qu'il avait
soigneusement entretenu. Bien entendu, les deux factions feignent
d'ignorer ou sont prêtes à nier l'existence antérieure de valeurs
authentiques sur le terrain contesté, jugeant plus commode la thèse
du vide culturel. La tolérance syncrétique des systèmes culturels
africains ne fit naturellement que renforcer cette thèse et, par
une ironie du sort, c'est celui des deux adversaires, dont la culture
faisait elle aussi montre d'une tendance au syncrétisme - la culture
islamique - qui devait avoir le plus à souffrir dans son orthodoxie
et dans les " orthodoxies " des schismes ultérieurs, de
la passivité apparemment accommodante des autochtones.
Nous avons déjà analysé
quelques-uns des moyens employés par les autochtones contre les
mécanismes de négation culturelle employés par le colonialisme européen
; la culture islamique, diffusée par le prosélytisme des Jula, devait
se heurter à la même résistance. Dans certains cas, la communauté
jula a été entièrement assimilée par la communauté locale. Les cas
d'assimilation totale étaient rares, mais I. Wilks, dans son étude
très documentée (36), en signale un exemple, celui
des Tagara de Jirapa, dans le nord-ouest du Ghana. Le processus
était relativement insensible. En outre, comme on l'a déjà dit à
propos des rites funéraires du canton de Koumina, les Africains
conservaient la garde des terres, tant matériellement que rituellement,
de sorte que, si dans les villes les contacts avec les missions
" civilisatrices " françaises et musulmanes offraient
aux convertis des avantages indéniables, les " migrations "
saisonnières entre la campagne et la ville contribuaient à ébranler
les groupes et les individus. C'est ce qui arriva aux Jula.
Il faut aussi rappeler
qu'à mesure que l'exploitation coloniale se faisait plus systématique
et que les villes s'industrialisaient, des travailleurs migrants
de l'extrême nord musulman (Mali, Mauritanie) venaient grossir la
masse de main-d'oeuvre des centres urbains du Sud. Ces immigrants
avaient besoin des services des ulémas ou des karamoko, qui,
très vite, s'installèrent au sein des communautés urbaines. Conformément
à leur stratégie de renouveau ou de régénération de la foi islamique,
les Jula s'efforçaient d'assurer une liaison permanente entre communautés
musulmanes en envoyant des ulémas à celles dont la foi paraissait
tiédir. La demande dépassait l'offre en raison du nombre insuffisant
des gardiens de la vraie foi. De plus, ceux-ci n'étaient guère disposés
à abandonner le confort des villes, où ils jouissaient d'un prestige
nouveau de " chefs spirituels " parce qu'ils jouaient
le rôle d'intermédiaire entre les travailleurs migrants et le toubab
(homme blanc) et assuraient la tenue d'une comptabilité rudimentaire
pour les nouveaux intermédiaires des compagnies exportatrices. Pour
les ulémas, aller exercer leur ministère dans les communautés rurales
des Jula était devenu une corvée. Fréquemment, ce n'était même pas
les Jula eux-mêmes qui faisaient appel à eux. L'alphabétisation
exerçant une fascination considérable sur les non-musulmans, il
était fréquent que la communauté rurale, voire un chef ou un agriculteur,
demande aux Jula locaux de faire venir un instructeur. Il arrivait
parfois que l'enfant le plus doué du village devienne étudiant itinérant,
allant d'un uléma à l'autre. Au xixe siècle, le prestige de l'élite
instruite -en grande partie musulmane - suscitait dans ces régions
bien des ambitions. Franchissant les différents grades, un bon élève
pouvait accéder au titre de karamoko, détenteur de
sa propre isnad ou généalogie du savoir, qui le reliait à
toute une série de docteurs illustres et légendaires, filiation
pouvant remonter éventuellement jusqu'au prophète lui-même. Dans
son magnifique ouvrage, L'aventure ambiguë (37),
Cheikh Hamidou Kane montre bien combien un " païen " d'une
localité du Soudan occidental pouvait être sensible à l'aspect esthétique
de l'enseignement islamique.
Les auteurs africains
occidentalisés de l'époque n'étaient pas tous disposés à considérer
le défi culturel musulman comme nécessairement opposé au génie africain
authentique ou incompatible avec les valeurs chrétiennes qui se
répandaient alors à une grande rapidité grâce aux missions établies
par des Noirs convertis le long du Niger, de la Volta et du Sénégal.
Aux yeux de sociologues et d'éducateurs comme l'abbé Boillat (ou
son valeureux compatriote, le savant-soldat Paul Holle) il était
préférable de faire étudier la langue arabe et la culture islamique
en France, dans des établissements d'enseignement supérieur où elles
ne risquaient pas de contaminer des Africains impressionnables.
Mais l'évêque nigérian Samuel Ajayi Crowther allait plus loin et
était favorable à l'étude et à l'enseignement de ces matières (38),
estimant qu'elles permettraient d'atténuer, grâce aux traductions
arabes de la Bible et du catéchisme, les " aspects les plus
grossiers " de la foi et de la société musulmanes.
En revanche, un homme
comme l'Antillais Edward Wilmot Blyden, né à Saint-Thomas, mais
ayant ensuite émigré au Liberia, était fermement convaincu que,
de toutes les grandes civilisations du monde, la civilisation musulmane
était la mieux adaptée au tempérament et aux réalités culturelles
de l'Afrique. A ses yeux, l'Islam n'était qu'un élément - important
il est vrai - de la reformulation d'une culture africaine pour les
Africains, dotée de ses propres institutions et structures de sauvegarde.
(39) Ce précurseur de la " négritude "
ne prétendait à rien de moins qu'à la réorientation complète d'une
éducation africaine qui renoncerait aux préjugés eurocentriques
pour s'orienter vers une voie correspondant mieux aux réalités africaines.
La civilisation islamo-arabe, qui l'avait impressionné par sa "
culture littéraire et son activité intellectuelle ", lui semblait
appelée à jouer un rôle essentiel à cet égard. Retraçant l'histoire
de l'homme noir depuis l'antiquité, Edward Blyqen publia ses conclusions,
affirmant l'antériorité d'une civilisation noire en Egypte et prouvant
qu'Hérodote était un commentateur plus digne de foi que ses annotateurs
européens qui, outre qu'ils n'étaient " pas contemporains "
des événements écrits, avaient prostitué leur savoir en se laissant
aller à des préjugés racistes.(40)
Blyden ne se contentait
pas d'invoquer l'histoire ancienne dans sa lutte pour une réorientation
de la culture africaine. Les événements récents de l'histoire de
l'Afrique, les prolongements de la culture et du génie des Africains,
même dans un environnement aussi peu favorable que celui du "
nouveau monde " incitèrent Blyden à étudier les manuels d'histoire
et à préconiser de négliger désormais l'étude de personnalités européennes
comme l'amiral Nelson pour celle de héros noirs tels que Toussaint
Louverture. C'était là un discours révolutionnaire, dangereux même,
qui inaugurait une nouvelle façon d'examiner bien des événements
de l'histoire récente de lAfrique ; c'est pourquoi ces nouvelles
propositions de Blyden furent encore moins bien accueillies que
celles où il préconisait l'étude de la langue et de la culture arabes
dans les systèmes d'enseignement d'Afrique occidentale et, en particulier,
dans l'université dont il proposait la création. Rien d'étonnant
à ce que cette université n'ait pas vu le jour de son vivant, mais
ce que nous savons de Blyden nous permet de dire que personne n'a
contribué plus que cet " ancien exilé " d'Afrique occidentale,
qui n'ignorait pourtant rien des traditions de lOccident,
à faire éclater le bloc monolithique des missions chrétiennes sur
la côte de l'Afrique occidentale. En effet, le 2 janvier 1891, il
prononça devant une salle comble, à l'église Breadfruit à Lagos,
un discours où il soulignait l'incompatibilité entre l'ordre ecclésiastique
européen et la société et les traditions africaines. Quelques mois
plus tard éclatait le premier schisme au sein de la très "
orthodoxe " église Breadfruit de Lagos, donnant naissance à
la United Native African Church, avec les conséquences déjà mentionnées
pour la vie culturelle des Africains à mesure que le mouvement s'étendait
vers l'ouest et vers le nord de l'Afrique occidentale.(41)
25. La présente section
consacrée à la renaissance littéraire en Egypte a été établie sous
la direction du professeur Y. A. Talib, du Département détudes
malaises de lUniversité de Singapour (Singapour).
26. Parmi ces émigrés, citons trois personnalités
qui contribuèrent en grande partie à répandre dans le public cultivé
les principaux courants de la pensée libérale et scientifique anglaise
et française du XVIe et du xixe siècle: Farah Antun (1874-1922),
fondateur de la revue Al-Jamiah ; Yagub Sarruf (1852-1927),
directeur de la revue à grande diffusion Al-Muqtataf, qui
servit d'instrument de diffusion des théories darwiniennes et spencériennes
de l'évolution ; Jurji Zaidan, auteur prolifique qui écrivit sur
toutes sortes de sujets, et dont la revue, Al-Hilal, éduqua
des générations entières non seulement en Egypte, mais dans tout
l'Orient arabe. L'un des auteurs musulmans, Fathi Zaghlul le plus
important - introduisit la pensée politique et la sociologie occidentale
par des traductions d'oeuvres comme Les principes de législation
de Bentham, Le contrat social de Rousseau et l'ouvrage
d'Edmond Demolin A quoi tient la supériorité des Anglo-Saxons
en arabe. Il eut un successeur digne de lui en la personne de
Lutfi Al-Sayyid, le directeur du quotidien Al-Jaridah, considéré
comme un " apôtre du libéralisme et de l'utilitarisme en Egypte
". Pour plus de détails, voir J. M. Ahmed, 1960, et A. Hourani,
1962.
27. N. Safran,
1961, p. 57.
28.M. Zwemer dans J.
R. Matt (dir. publ.), 1914, p. 129.
29. Voir A. A.
Kudsi-Zadeh, 1980, p. 47-55.
30. Voir particulièrement les violentes controverses
soulevées par des oeuvres polémiques écrites par les auteurs de
tendance occidentale, comme par exemple Taha Husayn, Fi'il-shi'r
al-Jahili, Le Caire, 1926 (sur la poésie préislamique), qui
mettait en question les fondements mêmes de la foi islamique.
31. Voir surtout Taha Husayn, The future of
culture in Egypt, Le Caire, 1938 (trad. anglaise, 1954).
32. Tel quil exprime dans son ouvrage Umm
al-gura, Port Saïd, 1899.
33. Pour plus de détails sur les Jula, voir Y.
Person, 1968-1975, vol. I, p. 95-122 ; Y. Person dans M.
Crowder (dir. publ.), 1971, p. 113-126.
34. Pour plus de détails, voir W.
Abraham (dir. publ.), 1964, et N.
Lochner, 1958. 35.
35. I. Wilks, dans J.
Goody (dir. publ.), 1968.
36. Ibid., p. 165.
37. C. H. Kane, 1972.
38. R. W. July, 1968,
p. 188-189.
39. Ibid., 1968, p. 46-47, 218-219.
40. E. W. Blyden,
1887.
41. J. F. Ajayi,
1965, p. 254-255 ; E. A. Ayandele, 1966, p. 201-203.
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