http://www.unesco.org/culture/ich/fr/RL/00039

Le mugham azerbaïdjanais

Inscrit en 2008 (3.COM) sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité (originellement proclamé en 2003)

Pays : Azerbaïdjan

Identification

Description

Séance d'apprentissage du Tar
Séance d’apprentissage du Tar

Le mugham azerbaïdjanais est un genre musical traditionnel qui se prête à un haut degré d’improvisation. Musique classique et académique, il intègre également des mélodies, rythmes et techniques d’interprétation populaires d’origine bardes et se pratique dans de nombreux contextes à travers le pays.

Les interprétations contemporaines du mugham azerbaïdjanais reflètent les différentes périodes de l’histoire du pays et ses contacts avec les Perses, les Arméniens, les Géorgiens et d’autres peuples turcs. Ce genre musical partage des caractéristiques artistiques du maqam iraquien, du radif perse et du makam turc. Dans le passé, le mugham était principalement joué en deux occasions : le toy, banquet de noce traditionnel, et le majles, réunion privée de connaisseurs. Il était également pratiqué par les membres des ordres soufis et par les interprètes de drames religieux appelés ta’zie ou shabih. Des concours officiels et des rencontres informelles permettaient aux musiciens accomplis de se faire connaître.

Ce genre modal associe un chanteur, homme ou femme, à des musiciens jouant des instruments traditionnels, notamment le tar (luth à long manche), le kamancha (violon à pique à quatre cordes) et le daf (sorte de grand tambourin). Ne pouvant être transcrit sous une forme définitive, les multiples versions sont transmises par des maîtres qui forment des élèves à l’art subtil de l’improvisation qui fait la richesse de cette expression artistique.

Les influences européennes, particulièrement sensibles quant à la façon dont les musiciens contemporains jouent et transmettent leur savoir-faire aux jeunes générations, ont largement contribué à dépouiller le mugham de certaines caractéristiques esthétiques et expressives.

Diaporama

Vidéo



Ces vidéos (et bien d’autres) sont aussi consultables depuis le site des archives multimedia de l’UNESCO

Projet de sauvegarde (01-2006/12-2009)

Comme les autres Mughams de la région, le Mugham d’Azerbaïdjan se prête à un haut degré d’improvisation dans le chant comme dans le jeu des instruments. Aujourd’hui, des maîtres expérimentés forment des élèves à l’art subtil de l’improvisation qui fait la richesse de cette expression artistique.

Le projet cherche à inciter à la transmission des qualifications et de la connaissance aux générations plus jeunes et à promouvoir la valeur de cette tradition vivante parmi la communauté azerbaïdjanaise dans son ensemble, et à souligner l’importance du Mugam. Le projet se concentre sur :

  • la formation de jeunes interprètes et appui aux maîtres,
  • des performances publiques,
  • de la documentation, la conservation et la formation d’archives, et la promotion (d’inventaire) et la sensibilisation.

Les activités incluent en particulier quatre séries de classes principales organisées dans les villes importantes d’Azerbaijan, à la suite de quoi des cours d’été seront organisé à Bakou. Dans la capitale, une série de concerts est organisée dans divers endroits d’Icheri Sheher, la veille ville de Baku, afin de contribuer à ce que le Mugam soit exécuté dans un environnement réduit et intime. En outre, l’appui sera donné aux archives nationales pour la numérisation des vieux enregistrements qui remontent jusqu’au début du 20ème siècle. Ces activités visent à assurer la viabilité du Mugam en s’adressant aux praticiens et à l’assistance, et à augmenter les capacités concernant la documentation et à l’archivage.