http://www.unesco.org/culture/ich/fr/RL/00140

La mascarade Makishi

Inscrit en 2008 (3.COM) sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité (originellement proclamé en 2005)

Pays : Zambie

Identification

Description

La mascarade Makishi

La mascarade Makishi marque la fin du mukanda, un rituel annuel d’initiation pour les garçons de huit à douze ans. Ce rituel est célébré par les communautés Vaka Chiyama Cha Mukwamayi auxquelles appartiennent les Luvale, les Chokwe, les Luchazi et les Mbunda, des peuples établis dans les provinces nord-ouest et ouest de la Zambie.

C’est habituellement au début de la saison sèche que les jeunes quittent leur famille pour passer un à trois mois dans un campement isolé en pleine brousse. Cette séparation du monde extérieur marque leur mort symbolique en tant qu’enfants. Le mukanda comprend la circoncision des initiés, des épreuves de courage et des leçons sur leur rôle futur d’hommes et d’époux. Chacun se voit attribuer un personnage masqué qui l’accompagne tout au long de son initiation. Le Chisaluke représente un homme puissant et riche, fort d’une grande influence spirituelle ; le Mupala, « seigneur » du mukanda, est un esprit protecteur doué de facultés surnaturelles ; Pwevo, personnage féminin symbolisant la femme idéale, est responsable de l’accompagnement musical des rituels et des danses. Enfin, le Makishi représente l’esprit d’un ancêtre défunt revenu dans le monde des vivants pour aider les garçons. La fin du mukanda est célébrée par une cérémonie de reconnaissance. Tout le village assiste aux démonstrations de danse et de mime des Makishi jusqu’à ce que les nouveaux initiés émergent du camp pour réintégrer leur communauté en adultes.

Le mukanda a une fonction éducative dans la mesure où il assure la transmission de techniques de survie et de connaissances sur la nature, la sexualité, les croyances religieuses et les valeurs sociales de la communauté. Il durait autrefois plusieurs mois et constituait la raison d’être de la mascarade Makishi. Aujourd’hui, il est réduit à un mois afin de s’adapter au calendrier scolaire. Cet ajustement lié aux sollicitations de plus en plus nombreuses de danseurs makishi pour des rassemblements sociaux et politiques risque d’altérer le caractère originel du rituel.

Diaporama

Vidéo



Ces vidéos (et bien d’autres) sont aussi consultables depuis le site des archives multimedia de l’UNESCO

Projet de sauvegarde (10-2006/12-2009)

Dans le cadre de leur initiation, les garçons quittent leur communauté pour vivre dans un camp de brousse où ils acquièrent des savoir-faire pratiques et des connaissances sur la nature, la religion et les valeurs sociales. Lorsqu’ils réintègrent leur communauté, ils exécutent la mascarade Makishi parés d’extraordinaires masques peints représentant divers personnages spirituels.

Le projet de sauvegarde a pour but de :

  • soutenir le processus de transmission des savoir-faire aux jeunes générations par les anciens et par les pairs, et
  • promouvoir la sensibilisation à l’importance de sauvegarder la Mascarade des Makishi et le Mukanda au sein de la communauté Luvale et du groupe culturel des Vaka Chinyama Cha Mukwamayi.

Le plan d’action prévoit :

  • le renforcement des capacités du personnel zambien dans le domaine de la recherche et de la gestion de projets ;
  • des ateliers de formation avancée pour les maîtres Makishi qui formeront les jeunes initiés aspirants de 8-12 ans ;
  • la documentation audiovisuelle sur les connaissances et les savoir-faire des maîtres Makishi ; et
  • des mesures visant à sensibiliser le public par le biais du système éducatif officiel et à l’occasion d’une campagne nationale d’information.