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Patrimoine culturel immatériel - PCI

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Belgique - Informations relatives au patrimoine culturel immatériel

- Date du dépôt de l’instrument : 24-03-2006
- Responsable régional UNESCO pour le patrimoine immatériel : Brugman, Fernando
- Membre du Comité: 2006 / 2008
- Le texte de la Convention est disponible en: allemand - français - néerlandais


Les données suivantes ne sont fournies qu’à titre informatif. Merci de communiquer vos remarques, commentaires ou demandes de mise à jour au responsable régional concerné par courrier électronique à: ich@unesco.org.

Depuis novembre 2008, la Liste représentative contient 90 éléments du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité.

Revenir en hautProclamation 2003: "Le carnaval de Binche"

Le carnaval de Binche
© Musée International du Carnaval et du Masque de Binche

La ville de Binche est située au sud de Bruxelles, dans la province belge du Hainaut. Chaque année, pendant les trois jours qui précèdent le carême, elle accueille un carnaval qui mobilise le centre historique de la cité et attire des foules de visiteurs étrangers. Remontant au Moyen Âge, le célèbre carnaval de Binche est l’une des plus anciennes manifestations de ce type encore vivantes en Europe.

Une atmosphère de joyeuse effervescence règne dans la ville où des milliers de Binchois s’affairent à la confection de somptueux costumes et se joignent aux répétitions de batterie ou aux bals costumés. Le Dimanche gras, qui marque officiellement le début du carnaval, des hordes de noceurs masqués envahissent rues et cafés de la ville. Les Mam’selles, hommes vêtus d’extravagants accoutrements féminins, sont la principale attraction de cette journée. Le carnaval atteint son apogée le jour de Mardi gras avec l’apparition des légendaires Gilles. Après le cérémonial complexe de l’habillage, plusieurs centaines de Gilles arborant leurs costumes rouges, jaunes et noirs et leurs chapeaux à plumes d’autruche, des sabots de bois, des clochettes et des masques de cire à petites lunettes, paradent dans la ville au son du tambour. Des pierrots, arlequins et paysans suivent les défilés, se mêlant aux fêtards costumés et aux fanfares locales de cuivres et de clarinettes.

Entraînés par les airs traditionnels joués à la viole et au tambour, des danseurs exécutent divers pas, dont l’éternel favori, le pas de Gille. Le point d’orgue des festivités de la journée est la danse des Gilles sur la Grand Place, sous les feux d’artifices.

Le carnaval de Binche est une véritable fête populaire, réputée pour sa spontanéité et l’engagement financier substantiel de ses participants. Les habitants de la ville en tirent une grande fierté et s’efforcent de préserver l’artisanat et les savoir-faire associés aux costumes, accessoires, danses et musiques traditionnels du carnaval.

Revenir en hautProclamation 2005: "Géants et dragons processionnels de Belgique et de France"

Les géants et les dragons, en Belgique et en France, sont d’immenses effigies pouvant mesurer jusqu’à neuf mètres de haut et peser jusqu’à 350 kilogrammes. Apparues dans les processions religieuses de la fin du XIVe siècle, ces figures gigantesques représentent des animaux et des héros mythiques, des personnages historiques ou bibliques, voire contemporains.
©Maison des Géants - J. Flament

Élément multinational du PCI : Belgique - France
Les processions traditionnelles d’immenses effigies de géants, animaux ou dragons recouvrent un ensemble original de manifestations festives et de représentations rituelles. Apparues à la fin du quatorzième siècle dans les processions religieuses de nombreuses villes européennes, ces effigies ont conservé un sens identitaire pour certaines villes de Belgique (Ath, Bruxelles, Dendermonde, Mechelen et Mons) et de France (Cassel, Douai, Pézenas et Tarascon) où elles restent des traditions vivantes.

Ces géants et dragons sont de grands mannequins pouvant mesurer jusqu’à neuf mètres de haut et peser jusqu’à 350 kg. Ils représentent des héros mythiques ou des animaux, des métiers ou des figures locales contemporaines, des personnages historiques, bibliques ou légendaires. Le combat de Saint George contre le Dragon est mis en scène à Mons, le cheval Bayard issu du cycle de Charlemagne défile à Dendermonde, tandis que Reuze Papa et Reuze Maman, personnages populaires et familiaux, paradent à Cassel. Les processions, qui associent souvent des cortèges laïcs à des cérémonies religieuses, diffèrent d’une ville à l’autre mais obéissent chacune à un rituel précis où le géant a trait à l’histoire, à l’origine légendaire ou à la vie de la cité.

Géants et dragons animent ainsi au moins une fois par an des fêtes populaires dont ils sont les acteurs principaux, chaque effigie ayant sa fête à une date fixe. Ils mettent en scène des histoires et dansent dans les rues, accompagnés de fanfares et de groupes de personnes costumées. La foule suit le cortège et nombreux sont ceux qui participent aux préparatifs à différentes étapes de la fête. La création d’un géant, de même que son entretien permanent, nécessite des heures de travail et la maîtrise de plusieurs techniques en raison de la variété des matériaux utilisés. Si ces manifestations ne sont pas menacées de disparition dans l’immédiat, elles subissent toutefois un certain nombre de pressions telles que la transformation des centres urbains et l’afflux touristique, au détriment de la dimension populaire et spontanée de la fête.