Estonie - Informations relatives au patrimoine culturel immatériel
Autres sources d’informations 
Au sein de l’UNESCO :
Patrimoine mondial dans ce pays
Recueil des lois nationales sur le droit d'auteur
Ressources complémentaires :
- Date du dépôt de l’instrument : 27-01-2006
- Responsable régional UNESCO pour le patrimoine immatériel : Minasyan, Anahit
- Membre du Comité: 2006 / 2010
- Le texte de la Convention est disponible en: estonien
Les données suivantes ne sont fournies qu’à titre informatif. Merci de communiquer vos remarques, commentaires ou demandes de mise à jour au responsable régional concerné par courrier électronique à: ich@unesco.org.
Depuis novembre 2008, la Liste représentative contient 90 éléments du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité.
- Proclamation 2003: "L’espace culturel de Kihnu"
- Proclamation 2003: "Les célébrations de chants et danses baltes"
Proclamation 2003: "L’espace culturel de Kihnu"
©Marc Soosaar/UNESCO
Situées en mer Baltique, au large des côtes de l’Estonie, les petites îles de Kihnu et Manija abritent une communauté de 600 personnes dont les expressions culturelles et les traditions agricoles sont restées vivantes au fil des siècles, en grande partie grâce aux femmes. Depuis toujours, les hommes de la communauté vont en mer chasser le phoque et le poisson, tandis que les femmes restent à terre pour cultiver les champs et entretenir le foyer. Les femmes de Kihnu sont ainsi devenues les principales gardiennes des traditions culturelles qui se manifestent à travers chants, jeux, danses, cérémonies de mariage et artisanat. Le chant occupe une place de choix dans les activités artisanales collectives et les célébrations religieuses. Parmi le répertoire musical des insulaires, il est une tradition orale d’origine préchrétienne particulièrement remarquable : le Kalevala ou chant runique.
L’emblème le plus connu de la culture Kihnu reste les vêtements en laine portés par les femmes de la communauté. Travaillant chez elles avec les métiers à tisser traditionnels et la laine de production locale, elles tissent et tricotent des moufles, des bas, des jupes et des chemises, mêlant couleurs vives, rayures éclatantes et broderies savantes. Nombre de symboles et de couleurs ornant ces habits empruntent à d’anciennes légendes. L’espace culturel de Kihnu se distingue également par les liens étroits unissant les riches patrimoines culturel et naturel. Sur les deux îles, le paysage caractéristique de prairies, de bosquets de sapins et de plages est resté relativement préservé.
L’isolement géographique, un solide sens de la communauté ainsi qu’un farouche attachement aux coutumes ancestrales ont permis aux habitants de Kihnu de préserver leurs artisanat et coutumes. Cette culture est aujourd’hui menacée par les difficultés économiques, la construction incontrôlée de logements et l’intrusion de touristes insensibles aux traditions et à l’environnement naturel des îles.
Proclamation 2003: "Les célébrations de chants et danses baltes"
© Latvian Folk Art Centre Archives
Élément multinational du PCI : Estonie - Lettonie - Lituanie
À la fois gardienne et illustration de la tradition des arts du spectacle populaires de la région, cette expression culturelle atteint son apogée lors des grands festivals organisés tous les cinq ans en Estonie et Lettonie, et tous les quatre ans en Lituanie. Ces manifestations de grande ampleur durent plusieurs jours et rassemblent jusqu’à 40 000 chanteurs et danseurs. Ils appartiennent pour la plupart à des chœurs et groupes de danse amateurs. Leurs répertoires témoignent de l’extraordinaire variété des traditions musicales dans les États baltes, des chants populaires les plus anciens aux compositions contemporaines. Beaucoup de chanteurs et danseurs pratiquent leur art toute l’année dans des centres de loisirs ou des associations culturelles locales, sous la direction de chefs de chœur, de chefs d’orchestre et de professeurs de danse.
Chœurs et ensembles musicaux ont été institutionnalisés pour la première fois en Estonie au dix-huitième siècle. Le chant choral s’est ensuite répandu en milieu rural et urbain, à la faveur de la popularité croissante en Europe de l’Ouest de la musique chorale, des sociétés chorales et des festivals de chants. Les célébrations des chants et danses baltes ont été organisées pour la première fois en 1869 en Estonie et en 1873 en Lettonie, avec la participation des chœurs les plus actifs de diverses régions de ces pays. La Lituanie a accueilli sa première célébration en 1924. Après l’affranchissement de la tutelle de la Russie et l’accession à l’indépendance au lendemain de la première Guerre mondiale, les célébrations ont suscité un engouement général comme moyen d’affirmation de l’identité culturelle balte. Dans les trois pays, des salles et lieux de spectacle ont été construits pour accueillir ces manifestations. Après l’annexion des États baltes par l’Union soviétique à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les célébrations se sont adaptées à l’idéologie communiste dominante.
Depuis leur indépendance retrouvée en 1991, les États baltes ont pris diverses mesures pour protéger cette tradition, bien que les bouleversements économiques et sociaux que connaît la région suscitent de sérieuses inquiétudes pour l’avenir. Aujourd’hui, les principales menaces sont liées à l’exode rural et à la dissolution des groupes amateurs locaux qu’elle entraîne.



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