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Patrimoine culturel immatériel - PCI

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Guatemala - Informations relatives au patrimoine culturel immatériel

- Date du dépôt de l’instrument : 25-10-2006
- Responsable régional UNESCO pour le patrimoine immatériel : Moreno-Triana, Cesar


Les données suivantes ne sont fournies qu’à titre informatif. Merci de communiquer vos remarques, commentaires ou demandes de mise à jour au responsable régional concerné par courrier électronique à: ich@unesco.org.

Depuis novembre 2008, la Liste représentative contient 90 éléments du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité.

Revenir en hautProclamation 2001: "La langue, la danse et la musique des Garifuna"

Établie dans ces quatre pays d’Amérique centrale, la communauté Garifuna a su conserver sa langue commune, ses traditions orales, sa musique et ses danses. Si elles sont encore pratiquées en de nombreuses occasions, elles se transforment considérablement, la langue Garifuna étant de moins en moins parlée.
©National Garifuna Council

Élément multinational du PCI : Belize - Guatemala - Honduras - Nicaragua
Les Garifuna sont issus de métissages entre des groupes originaires d’Afrique et des Caraïbes dont ils ont intégré des éléments culturels. Ils se sont établis au dix-huitième siècle le long de la côte atlantique de l’Amérique centrale après avoir été obligés de fuir Saint-Vincent. Aujourd’hui, ils vivent principalement au Honduras, au Guatemala, au Nicaragua et au Belize.

La langue garifuna, qui appartient au groupe de langues arawak, a survécu à des siècles de discrimination et de domination linguistique. Elle est riche en récits (úraga) à l’origine racontés lors des veillées ou de grands rassemblements. Les mélodies mêlent des éléments africains et amérindiens et les textes constituent un véritable creuset de l’histoire et des savoirs traditionnels des Garifuna, tels la culture du manioc, la fabrication de canoës ou la construction de maisons en terre cuite. Il y a également une veine satirique très importante dans ces chansons rythmées par des tambours et accompagnées de danses auxquelles se mêlent les spectateurs.

Ces traditions restent essentielles dans la vie des Garifuna. Ce sont les anciens qui perpétuent la plupart des cérémonies, fêtes et traditions orales. La transmission pâtit pourtant des migrations économiques, de la discrimination et de l’absence de la langue garifuna dans le système scolaire. Bien qu’elle ait encore de nombreux locuteurs, elle n’est plus enseignée que dans un seul village.

Revenir en hautProclamation 2005: "La tradition du théâtre dansé Rabinal Achí"

La tradition du théâtre dansé Rabinal Achí
© Ministerio de Cultura y Deportes / GMA PRO

Drame dynastique maya du quinzième siècle, le Rabinal Achí est un rare témoignage des traditions préhispaniques. Il se nourrit des mythes sur les origines des habitants de la région Rabinal, ainsi que des thèmes populaires et politiques, et s’exprime à travers danses masquées, musique et représentations théâtrales.

Le récit oral et écrit est présenté par un ensemble de personnages qui apparaissent dans un décor représentant des villages mayas, notamment Kajyub’, capitale régionale du Rabinaleb’ au quatorzième siècle. Divisé en quatre actes, le récit relate un conflit entre deux entités politiques importantes de la région. Les principaux personnages sont deux princes, le Rabinal Achí et le K’iche Achí. Les autres sont le roi de Rabinaleb’, Job’Toj, et son serviteur, Achij Mun Achij Mun Ixoq Mun, qui a des traits à la fois masculins et féminins ; la mère des plumes vertes, Uchuch Q’uq’ Uchuch Raxon ; ainsi que treize aigles et treize jaguars représentant les guerriers de la forteresse de Kajyub’. K’iche’ Achí est capturé et jugé pour avoir tenté d’enlever des enfants de Rabinaleb’, ce qui constitue une grave violation du droit maya.

Depuis la colonisation au seizième siècle, le Rabinal Achí est dansé le jour de la Saint-Paul, le 25 janvier. La fête est coordonnée par des cofradías, des confréries locales chargées de la gestion communautaire. En dansant, les vivants entrent en « contact » avec les morts, les rajawales, représentés par des masques. Rappeler les ancêtres ne consiste pas seulement à perpétuer un héritage du passé. C’est également une vision du futur, car les vivants rejoindront un jour leurs ancêtres.

Le conflit armé, en particulier dans les departamentos de Rabinal et de K’iche, a failli entraîner la disparition de cette danse. Aujourd’hui, elle est plus particulièrement menacée par la précarité économique des praticiens et de l’ensemble de la communauté. Le Rabinal Achí est aussi éprouvé par la folklorisation et la banalisation qui compromettent sérieusement la transmission des savoir-faire et valeurs associés à cette tradition théâtrale.