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Patrimoine culturel immatériel - PCI

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Cambodge - Informations relatives au patrimoine culturel immatériel

- Date du dépôt de l’instrument : 13-06-2006
- Responsable régional UNESCO pour le patrimoine immatériel : Proschan, Frank


Les données suivantes ne sont fournies qu’à titre informatif. Merci de communiquer vos remarques, commentaires ou demandes de mise à jour au responsable régional concerné par courrier électronique à: ich@unesco.org.

Depuis novembre 2008, la Liste représentative contient 90 éléments du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité.

Revenir en hautProclamation 2003: "Le Ballet royal du Cambodge"

Le Ballet royal du Cambodge
©Ministère de la Culture et des Beaux-Arts

Renommé pour sa gestuelle gracieuse et ses somptueux costumes, le Ballet royal du Cambodge (également appelé danse classique khmère) est étroitement lié à la cour khmère depuis plus de mille ans. Ses représentations accompagnaient traditionnellement les cérémonies royales et des événements comme les couronnements, les mariages, les funérailles ou les fêtes khmères. Cette forme d’art, qui a échappé de justesse à l’anéantissement dans les années 1970, est vénérée par de nombreux Cambodgiens.

Investie d’un rôle sacré et symbolique, la danse incarne les valeurs traditionnelles de raffinement, de respect et de spiritualité. Son répertoire immortalise les légendes fondatrices du peuple khmer. C’est pourquoi les Cambodgiens la considèrent depuis toujours comme l’emblème de la culture khmère. Le répertoire classique comporte quatre types de personnages : Neang la femme, Neayrong l’homme, Yeak le géant et Sva le singe. Chacun possède des couleurs, des costumes, un maquillage et des masques qui lui sont propres. La gestuelle et les postures, dont la maîtrise exige des années de formation intensive, traduisent toute la gamme des émotions humaines, de la crainte et de la rage à l’amour et à la joie. Un orchestre accompagne la danse, tandis qu’un chœur de femmes commente l’intrigue et souligne les émotions mimées par les danseurs. Ces derniers étaient considérés comme les messagers des rois auprès des dieux et des ancêtres.

Le Ballet royal a pratiquement disparu sous le régime répressif des Khmers rouges qui ont exterminé presque tous les maîtres de danse et les musiciens. Immédiatement après la défaite de Pol Pot en 1979, des troupes de danse se sont reformées et ont repris les représentations de l’ancien répertoire. Si le ballet a quasiment retrouvé sa splendeur d’antan, il n’en reste pas moins confronté à de nombreuses difficultés telles le manque de fonds et de lieux de représentation, la concurrence des médias modernes et le risque d’être transformé en une simple attraction touristique.

Revenir en hautProclamation 2005: "Le Sbek Thom, théâtre d’ombres khmer"

Ce théâtre d’ombres met en scène de grandes marionnettes de cuir non articulées qui prennent vie grâce aux pas de danse et gestes précis des manipulateurs. Accompagnés d’un orchestre et de narrateurs, les danseurs-marionnettistes jouent des scènes du Reamker, la version khmère du Ramayana.
©National Museum of Cambodia

Le Sbek Thom, théâtre d’ombres khmer, met en scène de grandes marionnettes non articulées, en cuir ciselé, pouvant mesurer jusqu’à deux mètres de haut. Antérieur à la période angkorienne, il est considéré, à l’instar du Ballet royal et du théâtre masqué, comme un art sacré. Les représentations, dédiées aux divinités, n’étaient données que trois ou quatre fois par an pour des occasions spécifiques comme le Nouvel an khmer, l’anniversaire du roi ou la vénération de personnages illustres. Après la chute d’Angkor au quinzième siècle, le théâtre d’ombres a dépassé le cadre rituel pour devenir une forme artistique, sans toutefois perdre sa dimension cérémonielle.

Les marionnettes sont taillées dans une seule pièce de cuir selon un cérémonial spécifique à chaque dieu ou divinité représenté. Les peaux sont colorées à l’aide d’une solution à base d’écorce de kandaol. L’artisan dessine la figurine sur la peau tannée, puis la cisèle et la peint avant de la fixer sur deux tiges de bambou qui permettront au danseur d’animer la marionnette.

Les représentations ont généralement lieu la nuit, en plein air, aux abords d’une rizière ou d’une pagode. Un grand drap blanc est tendu entre deux hauts mâts de bambou devant un grand feu ou, désormais, des projecteurs. Les silhouettes des marionnettes sont projetées en ombre chinoise sur cet écran blanc. Le manipulateur lui donne vie en effectuant des pas de danse précis et spécifiques. Un orchestre et deux narrateurs accompagnent l’action dramatique. Inspirées du Reamker, la version khmère du Ramayana, les représentations mettent en scène des extraits de cette épopée. Elles peuvent s’étaler sur plusieurs nuits consécutives et nécessiter jusqu’à 160 marionnettes pour un même spectacle. Nombre de ces figures ont été détruites sous le régime répressif des Khmers rouges qui a quasiment anéanti cet art sacré. Depuis 1979, le Sbek Thom retrouve progressivement vie grâce aux rares artistes survivants. À ce jour, trois théâtres d’ombres ont pu renaître de leurs cendres et assurent la transmission des connaissances et savoir-faire concernés, notamment ceux liés à la confection des marionnettes.