Aller au menu Aller au contenu Aller à la liste des raccourcis

Logo de l’Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture en forme de temple greco-romain

Patrimoine culturel immatériel - PCI

  • Imprimer
  • Contact

République de Corée - Informations relatives au patrimoine culturel immatériel

- Date du dépôt de l’instrument : 09-02-2005
- Responsable régional UNESCO pour le patrimoine immatériel : Proschan, Frank
- Membre du Comité: 2008 / 2012


Les données suivantes ne sont fournies qu’à titre informatif. Merci de communiquer vos remarques, commentaires ou demandes de mise à jour au responsable régional concerné par courrier électronique à: ich@unesco.org.

Depuis novembre 2008, la Liste représentative contient 90 éléments du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité.

Revenir en hautProclamation 2001: "Le rituel royal ancestral du sanctuaire de Jongmyo et sa musique"

Le rituel royal ancestral du sanctuaire de Jongmyo et sa musique
© Cultural Properties Administration

Le sanctuaire de Jongmyo, à Séoul, est le théâtre d’un rituel confucéen dédié aux ancêtres de la dynastie Joseon (du XIVe au XIXe siècle) associant chant, danse et musique. Organisé par les descendants de la famille royale, il est pratiqué une fois par an, le premier dimanche de mai. Il offre un exemple unique de rituel confucéen qui n’est plus célébré en Chine. Il s’inspire de textes classiques chinois sur le culte des ancêtres et la notion de piété filiale. Le rituel comprend également une prière pour la paix éternelle des âmes des ancêtres dans un sanctuaire construit pour leur servir de demeure spirituelle.

L’ordre de la cérémonie, fixé au quinzième siècle, est resté pour l’essentiel inchangé jusqu’à aujourd’hui. Pendant le rite, les officiants, vêtus du costume rituel et la tête ornée d’une couronne pour le roi et de diadèmes pour les autres, font des offrandes de nourriture et de vin dans des coupes rituelles. La musique, le Jongmyo Jerye, est interprétée avec des instruments traditionnels tels que gongs, cloches, luths, cithares et flûtes. La danse, exécutée par 64 danseurs sur 8 rangs, présente une alternance des forces Yin et Yang, conforme aux textes confucéens. La danse Munmu, sur la musique Botaepyong harmonieuse et apaisante, débute toujours par un pas vers la gauche, symbolisant la force du Yang. La danse Mumu, accompagnée par la musique Jeongdaeeop, représente la force du Yin et commence par un mouvement vers la droite.

Aujourd’hui, ces rites ancestraux sont souvent considérés comme des cérémonies formelles vides de sens, en particulier avec l’importance accrue du christianisme. Toutefois le rituel et sa musique sont protégés par la Liste nationale du patrimoine immatériel et la loi de 1982 pour la protection des biens culturels.

Revenir en hautProclamation 2003: "Les chants épiques Pansori"

Le pansori est une forme d’art dramatique musical exécutée par un chanteur accompagné d’un tambour. Cette tradition populaire, qui se distingue par son chant expressif, son discours stylisé, son répertoire de récits et sa gestuelle, embrasse à la fois la culture des élites et celle du peuple.
Accompagné d’un seul tambour, le chanteur (homme ou femme) improvise, parfois huit heures durant, sur des textes mêlant expressions littéraires érudites et dialecte rural.

Le terme pansori vient des mots coréens pan qui signifie « endroit où les gens se rassemblent » et sori, « chant ». Le pansori apparaît au dix-septième siècle dans le sud-ouest de la Corée, probablement comme une nouvelle expression des chants narratifs des chamans. Tradition orale perpétuée par le peuple jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle, il s’enrichit ensuite d’un contenu littéraire plus sophistiqué, gagnant ainsi les faveurs des élites urbaines. Les actions, les personnages et les situations mis en scène plongent leurs racines dans la Corée de la dynastie de Chosen (1392-1910). Pour acquérir la maîtrise des nombreux timbres vocaux et mémoriser le répertoire complexe, les chanteurs doivent se soumettre à un long et rigoureux entraînement. De nombreux virtuoses ont élaboré leur propre style d’interprétation et sont renommés pour leur manière particulière de déclamer certains épisodes.

Menacé de disparition dans le contexte de modernisation accélérée que connaît la Corée, le pansori a été proclamé « Bien culturel immatériel national » en 1964. Cette mesure a suscité un soutien institutionnel généreux qui a permis le renouveau de la tradition. Si le pansori reste l’un des genres préférés parmi les arts traditionnels du spectacle, il a perdu beaucoup de son caractère spontané originel. Comble de l’ironie, cette évolution récente est la conséquence directe des efforts de conservation, l’improvisation tendant à être reléguée au second plan avec l’essor du répertoire écrit. En fait, peu de chanteurs sont encore capables d’improviser et le public est moins sensible à la créativité spontanée et à la langue du pansori traditionnel.

Revenir en hautProclamation 2005: "Le festival Danoje de Gangneung"

Le festival Danoje de Gangneung
©Ahn, kwang-Seon

Le festival Danoje de Gangneung a lieu tous les ans dans la ville de Gangneung et ses environs, une région de la péninsule coréenne située à l’est des monts Taebaek. Il comprend un rituel chamaniste sur la crête de Daegwallyeong en l’honneur du dieu de la montagne et des dieux et déesses tutélaires. Il mêle musique traditionnelle et chants populaires Odokddegi, théâtre masqué Gwanno, poésie narrative orale et autres divertissements populaires. Le marché de Nanjang, le plus grand marché en plein air de Corée, est aujourd’hui un des principaux éléments du festival : produits et objets d’artisanat locaux y sont vendus et des concours, jeux et numéros de cirque y sont organisés.

Ce festival de quatre semaines débute par la préparation de la liqueur sacrée et les rituels chamanistes Dano dans lesquels un arbre sacré, le sinmok, ainsi qu’un objet rituel fait de plumes, de cloches et de bambou, le hwagae, jouent un rôle central. L’une des particularités du festival est la coexistence de rituels confucéens, chamanistes et bouddhistes. La croyance veut que ces rituels dédiés aux dieux protègent la région des catastrophes naturelles, permettant ainsi à ses habitants de vivre dans la paix et la prospérité. Chaque année, de nombreux visiteurs assistent aux cérémonies rituelles et prennent part aux diverses activités telles la confection des éventails Danoje, la fabrication de la liqueur sacrée, la réalisation de masques pour le théâtre Gwanno, la préparation et la dégustation des surichiwi (galettes de riz) ou le lavage des cheveux à l’eau d’iris.

Le festival Danoje de Gangneung jouit d’une grande popularité. Toutefois, la standardisation culturelle et la couverture croissante de l’événement par les médias ont entraîné la disparition de certains éléments du festival. Dans son contexte traditionnel, il avait notamment pour fonction de transcender les différences sociales en permettant aux gens de toutes classes de participer.