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Patrimoine culturel immatériel - PCI

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Nicaragua - Informations relatives au patrimoine culturel immatériel

- Date du dépôt de l’instrument : 14-02-2006
- Responsable régional UNESCO pour le patrimoine immatériel : Moreno-Triana, Cesar


Les données suivantes ne sont fournies qu’à titre informatif. Merci de communiquer vos remarques, commentaires ou demandes de mise à jour au responsable régional concerné par courrier électronique à: ich@unesco.org.

Depuis novembre 2008, la Liste représentative contient 90 éléments du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité.

Revenir en hautProclamation 2001: "La langue, la danse et la musique des Garifuna"

La langue, la danse et la musique des Garifuna
© National Garifuna Council

Élément multinational du PCI : Belize - Guatemala - Honduras - Nicaragua
Les Garifuna sont issus de métissages entre des groupes originaires d’Afrique et des Caraïbes dont ils ont intégré des éléments culturels. Ils se sont établis au dix-huitième siècle le long de la côte atlantique de l’Amérique centrale après avoir été obligés de fuir Saint-Vincent. Aujourd’hui, ils vivent principalement au Honduras, au Guatemala, au Nicaragua et au Belize.

La langue garifuna, qui appartient au groupe de langues arawak, a survécu à des siècles de discrimination et de domination linguistique. Elle est riche en récits (úraga) à l’origine racontés lors des veillées ou de grands rassemblements. Les mélodies mêlent des éléments africains et amérindiens et les textes constituent un véritable creuset de l’histoire et des savoirs traditionnels des Garifuna, tels la culture du manioc, la fabrication de canoës ou la construction de maisons en terre cuite. Il y a également une veine satirique très importante dans ces chansons rythmées par des tambours et accompagnées de danses auxquelles se mêlent les spectateurs.

Ces traditions restent essentielles dans la vie des Garifuna. Ce sont les anciens qui perpétuent la plupart des cérémonies, fêtes et traditions orales. La transmission pâtit pourtant des migrations économiques, de la discrimination et de l’absence de la langue garifuna dans le système scolaire. Bien qu’elle ait encore de nombreux locuteurs, elle n’est plus enseignée que dans un seul village.

Revenir en hautProclamation 2005: "El Güegüense"

Apparu au XVIIIe siècle, El Güegüense est un drame de rue satirique accompagné de musique et de danses, très populaire dans tout le pays. Le personnage central, El Güegüe, somptueusement costumé et masqué, use d’habiles manoeuvres verbales en espagnol, basque et nahuatl – langue amérindienne – pour feindre la servitude vis-à-vis de l’autorité coloniale tout en la ridiculisant.
©Instituto Nicaraguense de Cultura (INC)

Expression virulente de protestation contre le colonialisme, El Güegüense est un drame satirique connu dans tout le pays. Il est représenté pendant la fête de Saint-Sébastien, patron de la ville de Diriamba, dans la province nicaraguayenne de Carazo. Synthèse des cultures indigène et espagnole, El Güegüense mêle le théâtre, la danse et la musique. Il est considéré comme l’une des formes d’expressions latino-américaines les plus remarquables de l’époque coloniale.

Les textes les plus anciens ont probablement été composés au début du dix-huitième siècle. Les récits évoquent des affrontements entre les autorités coloniales espagnoles et les Amérindiens, représentés principalement par le personnage central éponyme. Figure vénérable et respectée du Nicaragua préhispanique, El Güegüense déjouait les accusations portées contre lui par les autorités coloniales grâce à une série d’habiles manœuvres verbales. Au lieu de s’opposer directement ou de défier l’autorité, il s’efforce de paraître toujours coopératif et conciliant, tout en utilisant des subterfuges pour saper l’autorité des Espagnols. Alternant avec les défilés de rue, les pièces sont généralement jouées par huit personnages principaux accompagnés de danseurs et d’un ensemble de violons, de guitares et de tambours. Costumes, masques de bois, chapeaux et autres attributs distinguent les personnages. Cette tradition est connue de la majorité de la population du Nicaragua, essentiellement hispanophone, grâce à la couverture de la procession annuelle de la Saint-Sébastien par la télévision nationale. Elle est d’ailleurs si populaire que les Nicaraguayens ont inventé l’expression « se donner un air de Güegüense » pour qualifier quelqu’un qui respecte en apparence les règles tout en œuvrant habilement pour les ébranler.

Malgré sa popularité, El Güegüense est menacé de désaffection, voire de disparition, en raison de la difficile situation économique du pays, du soutien insuffisant apporté aux praticiens et du manque d’intérêt que lui portent les jeunes.