Viet Nam - Informations relatives au patrimoine culturel immatériel
Autres sources d’informations 
Au sein de l’UNESCO :
Patrimoine mondial dans ce pays
Ressources complémentaires :
Asie-Pacifique, base de données sur le patrimoine immatériel (ACCU)
Observatoire de l'Asie-Pacifique pour les musées et la diversité culturelle
- Date du dépôt de l’instrument : 20-09-2005
- Responsable régional UNESCO pour le patrimoine immatériel : Proschan, Frank
- Membre du Comité: 2006 / 2010
- Le texte de la Convention est disponible en: vietnamien
Les données suivantes ne sont fournies qu’à titre informatif. Merci de communiquer vos remarques, commentaires ou demandes de mise à jour au responsable régional concerné par courrier électronique à: ich@unesco.org.
Depuis novembre 2008, la Liste représentative contient 90 éléments du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité.
- Proclamation 2003: "Le Nha Nhac, musique de cour vietnamienne"
- Proclamation 2005: "L’espace de la culture des Gongs"
Proclamation 2003: "Le Nha Nhac, musique de cour vietnamienne"
©Hue Monument Conservation Centre
Le Nha Nhac, littéralement « musique élégante », désigne les divers styles de musique et de danse exécutés à la cour royale vietnamienne du quinzième siècle à la première moitié du vingtième siècle. Il ouvrait et clôturait généralement les cérémonies qui marquaient les anniversaires, les fêtes religieuses, les couronnements, les funérailles et les réceptions officielles. De tous les genres musicaux qui ont vu le jour au Vietnam, seul le Nha Nhac peut se targuer d’avoir une dimension nationale et de forts liens avec les traditions d’autres pays d’Asie du Sud-Est. Les représentations de Nha Nhac réunissaient autrefois de nombreux chanteurs, danseurs et musiciens vêtus de somptueux costumes. Les grands orchestres, où dominaient les tambours,
comprenaient de nombreux autres types de percussions, ainsi que des instruments à vent et à cordes. Tous les exécutants devaient rester extrêmement concentrés afin de suivre scrupuleusement toutes les étapes du rituel.
Le Nha Nhac a vu le jour sous la dynastie Le (1427-1788) et a été institutionnalisé et codifié sous le règne des monarques Nguyen (1802-1945).Véritable symbole de la puissance et de la longévité de la dynastie, il est devenu un élément fondamental des nombreuses cérémonies royales. Son rôle ne se cantonnait pas à l’accompagnement musical des solennités de la cour : c’était également un moyen de communiquer avec les dieux et les rois, de leur rendre hommage, et de propager des connaissances sur la nature et l’univers.
Les événements qui ont ébranlé le Vietnam au vingtième siècle, en particulier la chute de la monarchie et les décennies de guerre, ont sérieusement mis en péril la survie du Nha Nhac. Privé de son contexte, cette musique a perdu sa fonction originale. Mais les quelques derniers musiciens de cour encore vivants s’efforcent de maintenir la tradition. Certaines formes de Nha Nhac ont été conservées dans des rituels populaires et des cérémonies religieuses, ou servent de source d’inspiration à la musique vietnamienne contemporaine.
Proclamation 2005: "L’espace de la culture des Gongs"
©Institute of Culture and Information / Duong Thanh Giang
L’espace de la culture des gongs, dans les montagnes du centre du Vietnam, englobe plusieurs provinces et dix-sept communautés ethnolinguistiques austro-asiatiques et austronésiennes. Étroitement liés à la vie quotidienne et au cycle des saisons, leurs systèmes de croyances composent un monde mystique où le jeu du gong constitue un langage privilégié entre les hommes, les divinités et le monde surnaturel. Derrière chaque gong se cache un dieu ou une déesse d’autant plus puissant que le gong est ancien. Toute famille possède au moins un gong qui témoigne de sa fortune, de son autorité et de son prestige, tout en lui assurant protection. Si différents cuivres sont utilisés lors de certaines cérémonies, seul le gong est présent dans tous les rituels de la vie de la communauté et constitue le principal instrument cérémoniel.
La façon de jouer du gong varie d’un village à l’autre. Chaque instrumentiste porte un gong différent, d’un diamètre variant entre 25 et 80 cm. Les ensembles d’hommes ou de femmes comptent entre trois et douze gongs selon les villages. La configuration et le rythme sont adaptés au contexte de la cérémonie, tels le sacrifice rituel des bœufs, la bénédiction du riz ou les deuils. Les gongs de la région sont achetés dans les pays voisins et accordés afin d’obtenir la tonalité souhaitée et d’en faire leur propre instrument.
Les mutations économiques et sociales ont bouleversé le mode de vie traditionnel de ces communautés et ne fournissent plus le contexte originel de la culture des gongs. La transmission de ce mode de vie, des connaissances et savoir-faire a été particulièrement perturbée pendant les décennies de guerre du siècle dernier. Aujourd’hui, le phénomène est aggravé par la disparition des vieux artisans et l’intérêt croissant des jeunes pour la culture occidentale. Privés de leur signification sacrée, les gongs sont parfois vendus comme matériau recyclable ou échangés contre d’autres produits.



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