http://www.unesco.org/culture/ich/fr/état/Japon

Un système de Trésors humains vivants

Favoriser la transmission est un des moyens les plus importants de sauvegarde du PCI. L’UNESCO encourage les États à créer des systèmes nationaux de “Trésors humains vivants” qui honore les détenteurs exemplaires de traditions et qui les encouragent à transmettre leurs savoir-faire et leurs connaissances.

Introduction

La Loi relative à la protection des biens culturels, qui couvre le patrimoine culturel matériel et immatériel, a été adoptée en 1950. Depuis, le Japon a pris de nombreuses mesures pour protéger son patrimoine culturel, n’hésitant pas, au besoin, à amender la loi. L’incendie qui, en 1949 peu après la Seconde Guerre mondiale, a détruit les peintures murales du Kondo (Hall doré) dans le Temple de Horyuji (préfecture de Nara) est à l’origine de l’adoption de la Loi, ainsi que la sensibilisation accrue du public à la nécessité de protéger les traditions culturelles japonaises, telles que les arts du spectacle et les techniques artisanales, menacées de déclin du fait de l’occidentalisation croissante et de la modernisation de la société japonaise depuis la fin du XIXe siècle.

Dispositions légales

Depuis 1950, le gouvernement du Japon attribue le titre de « Trésor national vivant » à des individus ou groupes reconnus comme porteurs d’un savoir-faire culturel immatériel important. Ce titre est attribué à des maîtres de métiers tels que la peinture sur bois, la fabrication de papier ou de sabres, la vannerie et la poterie, ainsi qu’à des acteurs et musiciens de spectacles traditionnels.
Depuis 1950, le gouvernement du Japon attribue le titre de « Trésor national vivant » à des individus ou groupes reconnus comme porteurs d’un savoir-faire culturel immatériel important. Ce titre est attribué à des maîtres de métiers tels que la peinture sur bois, la fabrication de papier ou de sabres, la vannerie et la poterie, ainsi qu’à des acteurs et musiciens de spectacles traditionnels.

En vertu de la Loi de 1950 relative à la protection des biens culturels, le patrimoine culturel immatériel se divise en trois catégories :

  • les Biens culturels immatériels, dont le théâtre, la musique et les techniques artisanales, ainsi que d’autres produits culturels immatériels ayant une grande valeur historique et/ou artistique pour le Japon ;
  • les Biens immatériels de la culture populaire, qui constituent ce qui est indispensable pour comprendre l’évolution de la vie quotidienne des Japonais, comme les us et coutumes concernant la nourriture, l’habillement, le logement, le métier, la foi religieuse, les événements annuels et autres ; les arts du spectacle populaires ; et les techniques populaires ;
  • les Techniques de conservation des biens culturels, qui sont les techniques ou compétences traditionnelles qui sont indispensables pour la conservation des biens culturels.

Le ministre du Ministère de l’Éducation, de la Culture, des Sports, de la Science et de la Technologie (ci-après désigné « MEXT ») classe les éléments particulièrement importants du patrimoine culturel immatériel comme Biens culturels immatériels et Biens immatériels de la culture populaire, tandis que pour les Techniques de conservation qui ont besoin d’être préservées, il sélectionne des mesures. Dans le cas des Biens culturels immatériels, ce sont des détenteurs individuels ou collectifs qui sont reconnus ; dans celui des Techniques de conservation des biens culturels ce sont des détenteurs individuels ou des groupes de préservation qui sont reconnus ; enfin, pour les Biens immatériels de la culture populaire, ce sont des groupes de protection qui sont identifiés. Des mesures de sauvegarde sont ensuite prises pour chaque catégorie de patrimoine culturel immatériel.
Quand la loi a été adoptée initialement en 1950, elle ne prévoyait des mesures de soutien que pour les Biens culturels immatériels de grande valeur qui, sans la protection de l’État, seraient sérieusement menacés de déclin.

En 1955, l’amendement apporté à la loi a permis de classer un éventail plus large de Biens culturels immatériels importants et de reconnaître leurs détenteurs. Depuis, les éléments du patrimoine culturel immatériel ont été classés et leurs détenteurs reconnus quand il y avait lieu.

En accord avec les mutations sociales et économiques, la loi a été amendée afin d’élargir le concept de Biens culturels immatériels et les moyens de protection correspondants. Le principal amendement a été apporté en 1975, avec la définition par la loi de la catégorie des « Biens de la culture populaire ». De nouveaux systèmes ont été mis en place pour classer les Biens immatériels importants de la culture populaire, ainsi que pour sélectionner et protéger les Techniques de conservation des biens culturels ; depuis, les désignations, sélections et reconnaissances de détenteurs ont été effectuées en fonction des besoins.

D’autres amendements ont été apportés en 2004, avec l’ajout de la catégorie des Techniques populaires en tant que catégorie distincte des Biens immatériels de la culture populaire et l’adoption de mesures pour les protéger.

Selon ce système, la classification en tant que Biens culturels immatériels importants ou la sélection de Techniques de conservation des biens culturels s’accompagne de la reconnaissance des détenteurs individuels ou collectifs du patrimoine culturel immatériel en question ; s’il n’y a pas détenteur, il n’y a pas classification. De même, si tous les détenteurs disparaissent, la classification ou la sélection est annulée.

Pour les Biens culturels importants qui ne sont pas classés Biens culturels immatériels importants, les éléments sont le cas échéant sélectionnés en tant que « Biens culturels immatériels pour lesquels des mesures de documentation et autres dispositions doivent être prises ». Les biens en question peuvent être documentés et, si nécessaire, présentés par le gouvernement. De plus, les personnes ou groupes qui souhaitent documenter et/ou présenter ces biens reçoivent des fonds du gouvernement pour couvrir les coûts nécessaires. De la même manière, les Biens immatériels de la culture populaire d’importance particulière qui ne sont pas classés Biens immatériels importants de la culture populaire sont sélectionnés en tant que « Biens immatériels de la culture populaire pour lesquels des mesures de documentation et autres dispositions doivent être prises », et des mesures similaires à celles adoptées pour les Biens culturels immatériels sont prises.

Qui sont les détenteurs individuels et collectifs ?

Biens culturels immatériels

Quand des Biens culturels immatériels particulièrement importants sont classés Biens culturels immatériels importants, les détenteurs individuels ou collectifs qui représentent ou ont maîtrisé à un haut degré les techniques concernées sont également reconnus afin d’assurer la transmission des savoir-faire japonais traditionnels. Les détenteurs individuels ou collectifs du patrimoine culturel immatériel désigné comme tel sont classés de l’une des trois façons suivantes :


Les détenteurs individuels reconnus sont appelés de façon informelle au Japon « Trésors vivants nationaux », expression qui, bien que ne figurant pas officiellement dans la Loi, a néanmoins reçu une large reconnaissance, réussissant à sensibiliser le public et à susciter son soutien aux Biens culturels immatériels.

Biens immatériels de la culture populaire

Quand des Biens immatériels de la culture populaire particulièrement importants sont décrétés Biens immatériels importants de la culture populaire, les associations de préservation ou les autres groupes concernés sont également reconnus groupes de protection pour promouvoir la transmission du patrimoine. Toutefois, du fait que les Biens immatériels de la culture populaire consistent en us et coutumes dans un domaine particulier et que leur transmission est étroitement liée aux pratiques de la vie quotidienne, il est extrêmement difficile d’identifier des individus ou groupes particuliers en tant que détenteurs ; par conséquent, il n’y a pas de système de reconnaissance des détenteurs de Biens immatériels de la culture populaire.

Techniques de conservation des biens culturels

Les personnes qui peuvent appliquer de façon correcte les Techniques de conservation des biens culturels ayant particulièrement besoin de mesures de préservation et qui connaissent parfaitement ces techniques sont reconnues en tant que détenteurs individuels, tandis que les groupes dont le but principal est la préservation d’une technique de conservation particulière et qui sont capables de mener à bien des projets pertinents pour sa préservation, sont reconnus en tant que groupes de préservation.

Domaines du patrimoine culturel immatériel

Biens culturels immatériels

Tous les domaines des Biens culturels immatériels définis par la loi entrent soit dans la catégorie des arts du spectacle, soit dans celle des techniques artisanales.
Les arts du spectacle sont subdivisés en huit formes : musique de cour Gagaku, Nohgaku, théâtre Bunraku, Kabuki, musique Kumi-odori, danse Buyo, Engei.
De même, les techniques artisanales sont subdivisées en huit formes : poterie, tissage et teinture, laque, ferronnerie, travail du bois et du bambou, fabrication de poupées, fabrication de papier, décoration à la feuille d’or (kirikane).

Biens immatériels de la culture populaire

Une fois classés, les Biens immatériels de la culture populaire sont classés en six formes d’us et coutumes et sept formes d’art populaire du spectacle. En 2004, la catégorie des Techniques populaires a été ajoutée dans le domaine des Biens immatériels de la culture populaire et des désignations sont prévues dans le futur.

Techniques de conservation des biens culturels

Les éléments actuels de la catégorie des Techniques de conservation sont notamment les techniques de restauration des instruments de musique, la production de matières premières et les savoir-faire utilisés pour fabriquer les outils indispensables pour la création des biens culturels matériels japonais.

Organisation responsable du système

L’Agence des affaires culturelles, créé au sein du MEXT, est responsable de la promotion de la culture et des échanges culturels internationaux. La sauvegarde des catégories susmentionnées de patrimoine culturel immatériel relève de sa compétence. La gestion des affaires relatives au patrimoine culturel immatériel est assurée par des experts spécialisés dans les Biens culturels immatériels, les Biens immatériels de la culture populaire et les Techniques de conservation des biens culturels qui travaillent au sein de la Division de la culture traditionnelle du Département des biens culturels de l’Agence des affaires culturelles.

Le Conseil des affaires culturelles (ci-après « le Conseil ») a été créé au sein de l‘Agence des affaires culturelles en tant qu’organe consultatif sur la politique culturelle auprès du ministre du MEXT. Il comprend la Sous-division des biens culturels, composée de spécialistes qui sont chargés de l’analyse des questions relatives aux biens culturels immatériels, notamment les classements et reconnaissances.

Procédures de classement et de reconnaissance

La procédure de classement et de reconnaissance comporte trois phases :

  1. en réponse aux demandes du ministère concernant le patrimoine culturel à classer ou à sélectionner, la Sous-division des biens culturels charge un sous-conseil d’investigation, composé de spécialistes, de préparer un rapport d’étude pour le Conseil ;
  2. sur la base de ce rapport, la Sous-division fait une étude et formule une recommandation concernant les éléments du patrimoine culturel immatériel à protéger en tant que Biens culturels immatériels, Biens immatériels de la culture populaire et Techniques de conservation des biens culturels ;
  3. cette recommandation est ensuite soumise par le Conseil au ministre qui désigne ou choisit le patrimoine culturel immatériel à sauvegarder sur la base des recommandations du Conseil.

La reconnaissance des détenteurs individuels ou collectifs du patrimoine culturel immatériel classé comme tel suit la même procédure que le classement et la sélection ; c’est le ministre qui annonce cette reconnaissance à l’issue de la procédure. Après classement, sélection ou reconnaissance, l’inventaire des classements et reconnaissances est régulièrement mis à jour par l’Agence des affaires culturelles.

Critère de classement et de reconnaissance

Les critères de classement du patrimoine culturel immatériel et de reconnaissance des détenteurs sont définis et supervisés par l’Agence des affaires culturelles.

Biens culturels immatériels

Parmi les domaines relevant de la catégorie des Biens culturels immatériels définis par la loi (théâtre, musique et techniques artisanales, ainsi que d’autres produits culturels immatériels qui ont une grande valeur historique et/ou artistique dans et pour le pays), les éléments particulièrement importants sont classés Biens culturels immatériels importants.

Biens immatériels de la culture populaire

Parmi les domaines relevant de la catégorie des Biens immatériels de la culture populaire tels qu’ils sont définis par la loi (éléments indispensables pour comprendre la transition dans la vie quotidienne des Japonais, comme les us et coutumes concernant la nourriture, l’habillement et le logement, la profession, la foi religieuse, les événements annuels et autres éléments ; les arts populaires du spectacle et les techniques populaires), les éléments particulièrement importants sont classés Biens immatériels importants de la culture populaire.

Techniques de conservation des biens culturels

Parmi les domaines relevant de la catégorie des Techniques de conservation des biens culturels (techniques traditionnelles indispensables pour la préservation des biens culturels matériels et immatériels, notamment les techniques de restauration, la production de matières premières et le savoir-faire nécessaire pour fabriquer les outils), sont sélectionnés ceux qui ont besoin de mesures de préservation.

Droits et obligations des détenteurs individuels et collectifs

Les Détenteurs individuels reconnus (Trésors vivants nationaux) de Biens culturels immatériels reçoivent des subventions spéciales de deux millions de yen par an pour développer leurs connaissances et leurs compétences, ainsi que pour former des successeurs capables de perpétuer leur savoir-faire. Les détenteurs collectifs reconnus de Biens culturels immatériels bénéficient eux aussi d’une aide financière pour des projets de formation de successeurs et de représentations publiques.

Pour les Biens immatériels de la culture populaire, une aide financière est accordée par le gouvernement à des groupes de protection pour couvrir partiellement les dépenses de recherche, de transmission et d’utilisation de leur patrimoine.

Pour les Techniques de conservation des biens culturels, en plus du travail de documentation et de formation des successeurs mené par le gouvernement, les détenteurs individuels et collectifs reçoivent, selon les besoins, des subventions pour des projets de développement de leurs connaissances et compétences ainsi que pour la formation de successeurs.

Annulation des classements et reconnaissances

Si un Bien culturel immatériel important ou un Bien immatériel important de la culture populaire a perdu sa valeur, ou dans toute autre circonstance particulière, le ministre du MEXT peut annuler le classement. De même, si un détenteur individuel ou collectif a été reconnu comme n’étant plus conforme, ou dans toute autre circonstance spéciale, le ministre du MEXT peut annuler la reconnaissance du détenteur individuel ou collectif. Dans le cas des Techniques de conservation sélectionnées, si une technique considérée n’a plus besoin de mesures de préservation, ou dans toute autre circonstance particulière, le ministre peut annuler la sélection. Si les détenteurs ou groupes de préservation d’une Technique de conservation sélectionnée sont reconnus comme n’étant plus conformes, ou dans toute autre circonstance particulière, la reconnaissance du détenteur ou du groupe de préservation peut être annulée.

Pour plus d’informations

  • Site Internet de l’Agence des affaires culturelles :
    http://www.bunka.go.jp/english/index.html
  • Extrait de la Loi relative à la protection des biens culturels (anglais)
  • Critères…
  • Tableaux des Biens culturels importants qui indique également le nombre de détenteurs reconnus, des Techniques de conservation des biens culturels et des Biens immatériels importants de la culture populaire (anglais)