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Patrimoine culturel immatériel - PCI

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Bolivie (État plurinational de) - Informations relatives au patrimoine culturel immatériel

- Date du dépôt de l’instrument : 28-02-2006
- Responsable régional UNESCO pour le patrimoine immatériel : Moreno-Triana, Cesar
- Membre du Comité: 2006 / 2008


Les données suivantes ne sont fournies qu’à titre informatif. Merci de communiquer vos remarques, commentaires ou demandes de mise à jour au responsable régional concerné par courrier électronique à: ich@unesco.org.

Depuis novembre 2008, la Liste représentative contient 90 éléments du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité.

Revenir en hautProclamation 2001: "Le carnaval d’Oruro"

Ancien site de cérémonies précolombien situé à 3700 mètres d’altitude dans les montagnes de l’ouest de la Bolivie, la ville d’Oruro a été un important centre minier aux dix-neuvième et vingtième siècles. Refondée par les Espagnols en 1606, elle est restée un site sacré pour les Uru, qui venaient parfois de très loin accomplir leurs rituels, en particulier pour la grande fête d’Ito. Ces cérémonies ont perduré sous le couver de la liturgie chrétienne malgré les interdits espagnols au dix-septième siècle. Les dieux andins ont été dissimulés derrières les icônes chrétiennes, devenant ainsi des saints. La fête d’Ito a été transformée en rituel chrétien, célébré à la chandeleur, le 2 février et la traditionnelle llama llama, ou diablada, en l’honneur du dieu uru Tiw est devenue la danse principale du carnaval d’Oruro.

Tous les ans, pendant six jours, ce carnaval donne lieu au déploiement de tout un éventail d’arts populaires s’exprimant à travers les masques, textiles et broderies. L’événement principal est la procession, ou entrada, où les danseurs parcourent vingt heures durant, sans interruption, les quatre kilomètres que suit la procession. Plus de 28 000 danseurs et 10000 musiciens répartis en une cinquantaine de groupes prennent part au cortège qui a su conserver nombre de caractéristiques empruntées aux mystères médiévaux.

Le déclin des activités minières traditionnelles et de l’agriculture menace la population d’Oruro, de même que la désertification du haut plateau andin qui provoque une émigration massive. L’urbanisation a provoqué des phénomènes d’acculturation, creusant le fossé entre les générations. Le carnaval fait en outre l’objet d’une exploitation financière incontrôlée.

Revenir en hautProclamation 2003: "La cosmovision andine des Kallawaya"

Les Kallawaya sont célèbres pour leur extraordinaire connaissance des plantes et des minéraux, leurs techniques médicales ainsi que leurs rituels de guérison empreints des croyances indigènes. Les guérisseurs kallawaya et leurs apprentis explorent continuellement de nouvelles méthodes thérapeutiques à travers les écosystèmes variés des Andes, ne cessant d’approfondir leur connaissance des plantes médicinales.
©Viceministerio de Cultura

Les origines du groupe ethnique des Kallawaya, établi dans la région montagneuse de Bautista Saavedra au nord de La Paz, remontent à la période pré-inca. À l’instar de nombreux aspects de la culture andine, ses coutumes et ses valeurs ont évolué à la faveur de la fusion entre les religions indigène et chrétienne.

L’activité principale des Kallawaya est l’exercice d’une médecine ancestrale à laquelle sont attachés divers rites et cérémonies constituant le fondement de l’économie locale. La cosmovision andine de la culture des Kallawaya recouvre un ensemble cohérent de mythes, de rituels, de valeurs et d’expressions artistiques. Largement reconnue non seulement en Bolivie mais aussi dans de nombreux autres pays d’Amérique du Sud où les prêtres-médecins Kallawaya exercent, les techniques médicinales reposent sur les systèmes de croyance des peuples autochtones de la région des Andes.

Réservé aux hommes, cet art de la guérison procède d’une intelligence extraordinaire de la pharmacopée animale, minérale et botanique et d’un corpus de savoirs rituels intimement liés aux croyances religieuses. Les guérisseurs itinérants traitent les patients grâce à des connaissances médicales et pharmaceutiques qui s’articulent autour d’un système complexe de transmission et d’apprentissage dans lequel le voyage joue un rôle primordial. Les écosystèmes extrêmement variés qu’ils traversent au cours de leur périple leur permettent en effet d’enrichir leur connaissance des plantes médicinales. Avec quelques 980 espèces, leur pharmacopée botanique est l’une des plus riches du monde. Les femmes Kallawaya participent à certains rites, s’occupent de la santé maternelle et infantile, et tissent des étoffes dont les motifs et ornements évoquent la cosmovision Kallawaya. Pendant les cérémonies rituelles, des groupes de musiciens appelés kantus jouent du tambour et de la flûte de pan pour établir un contact avec le monde des esprits.

Depuis quelques années, le mode de vie traditionnel des Kallawaya se voit menacé d’acculturation, risquant d’entraîner la disparition de cet extraordinaire corpus de connaissances médicales. La tradition se trouve en outre mise à mal par le manque de protection juridique des communautés autochtones, tout particulièrement face aux politiques des grands groupes pharmaceutiques.