http://www.unesco.org/culture/ich/en/state/Senegal

A Living Human Treasure system

Strengthening transmission is one of the most important means to safeguard ICH. UNESCO encourages States to create national systems of “Living Human Treasures” that honour exemplary tradition-bearers and encourage them to transmit their skills and knowledge.

Introduction

Doudou N’Diaye Rose, percussionist of Senegal

Au Sénégal, comme partout dans le monde, le patrimoine culturel immatériel subit de fortes agressions. La question de sa sauvegarde pérenne, et donc de sa transmission, se pose avec acuité. Cette situation est aggravée au niveau de la plupart des Etats africains par le faible niveau de protection des acteurs du patrimoine culturel immatériel. A cela s’ajoutent, entre autres, l’influence grandissante de la culture occidentale, la disparition des détenteurs des traditions, coutumes, compétences, etc. Le risque de perdre des pans entiers de ce riche patrimoine est donc grand.
L’adoption d’un système de Trésors humains vivants au Sénégal garantira donc à ce pays une meilleure protection, promotion et transmission des connaissances et savoir-faire traditionnels.

Dispositions juridiques

L’arrêté n  03.05.2006* 002712 du Ministère de la culture et du patrimoine historique classé portant création de la Commission nationale de sélection des Trésors humains vivants du Sénégal a été publié le 03 mai 2006.

Qui sont les “Trésors humains vivants”?

Les Trésors humains vivants sont des personnes ou des groupes de personnes détenant des savoirs ou savoir-faire dont ils sont les acteurs stratégiques de transmission. Ils participent, ainsi, au plus haut point, à la préservation et à la valorisation du patrimoine culturel d’un peuple.

Domaines du patrimoine culturel immatériel concernés

Sont concernées les compétences et techniques relevées dans les domaines suivants :

  • les arts vivants, tels que la musique, le chant, la danse, le théâtre, la marionnette, la poésie, les contes ;
  • les savoir-faire liés à l’art et l’artisanat, tels que la sculpture, la teinture, la peinture, le design, la décoration, le tissage, la vannerie, la maroquinerie ;
  • les connaissances et pratiques concernant la nature, l’univers et la médecine ;
  • les pratiques sociales, les rites et cultes ;
  • toute autre compétence ou technique jugée recevable par la commission.

Organisme responsable

Boubacar Joseph Ndiaye, curator of the Slave house of Gorée

Créée en 2006 par arrêté ministériel, la Commission nationale de sélection des Trésors humains vivants est placée sous la tutelle du Ministère de la culture et du patrimoine historique classé. Elle est composée de 14 membres nommés par arrêté ministériel pour un mandat de trois ans renouvelable. Les membres de la Commission exercent leur fonction à titre gracieux, mais peuvent toutefois percevoir une indemnité forfaitaire de session.

Le secrétariat permanent de la Commission est assuré par le Directeur du patrimoine culturel.

La Commission est chargée de :

  • la définition des critères de sélection des Trésors humains vivants ;
  • l’établissement du code d’honneur des Trésors humains vivants ;
  • la délibération des résultats de la sélection des candidats au titre de Trésor humain vivant ;
  • le suivi des personnes et groupes de personnes distingués Trésors humains vivants ;
  • la mise en œuvre des mesures d’accompagnement destinées aux Trésors humains vivants ;
  • la réalisation de l’inventaire des Trésors humains vivants au niveau national ;
  • l’élaboration et l’adoption d’un cadre juridique nécessaire à la mise en œuvre du système des Trésors humains vivants.

La Commission se réunit en session deux fois l’an. Les sessions sont présidées par le Ministre de la culture et du patrimoine historique classé ou son représentant.

Le Ministre de la culture et du patrimoine historique classé peut inviter à la Commission toute personne physique ou morale dont l’expertise est avérée.

Procédure de sélection

Après l’appel à candidatures lancé par la Commission nationale de sélection des Trésors humains vivants, les candidatures sont formulées soit directement par le détenteur de savoirs ou savoir-faire, soit par des organisations représentatives, soit par des institutions.

La Commission peut d’elle-même proposer des candidatures. Dans ce cas, l’accord écrit du détenteur est exigé.

L’acceptation des critères de sélection et du code d’honneur des Trésors humains vivants est la condition de la recevabilité des candidatures.

La Commission dresse une liste de trois nominés par domaine qu’elle soumet à son président, le ministre en charge de la culture, en vue de la proclamation finale de la liste des Trésors humains vivants.

La distinction sur la liste des Trésors humains vivants est célébrée chaque année à l’occasion des Journées nationales du patrimoine.

Critères de sélection

Les critères de sélection pour le patrimoine immatériel sont les suivants :

  • sa valeur remarquable et exceptionnelle en termes de création humaine ;
  • sa valeur de témoignage unique d’une tradition et d’une histoire culturelles ;
  • le risque qu’il disparaisse en raison de la baisse du nombre de personnes qui l’exercent et de la perte significative de son authenticité historique.

Les critères de sélection pour les “Trésors humains vivants” sont les suivants :

  • le niveau du savoir –faire détenu ;
  • l’activité de la personne ou du groupe ;
  • la capacité à faire progresser le savoir-faire ou la technique ;
  • l’aptitude à transmettre le savoir-faire ou la technique à des apprentis.

Droits et obligations des Trésors humains vivants

Tout lauréat du titre de Trésor humain vivant peut bénéficier d’une aide de l’Etat pour la transmission de ses savoirs et savoir-faire. La nature et le volume de cette aide sont définis par la Commission en fonction des ressources disponibles et de la spécificité de l’apprentissage.

Le titre de Trésor humain vivant peut être retiré pour des manquements graves au code d’honneur des Trésors humains vivants. Les modalités du retrait du titre sont définies par la Commission. Le retrait est décidé par le Ministre en charge de la culture et du patrimoine historique classé sur proposition de la Commission.

En cas de décès, tout lauréat du titre de Trésor humain vivant perd automatiquement cette qualité.

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