http://www.unesco.org/culture/ich/fr/RL/00133

Le Chopi Timbila

Inscrit en 2008 (3.COM) sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité (originellement proclamé en 2005)

Pays : Mozambique

Identification

Description

Les communautés Chopi, dans le sud du Mozambique, sont connues pour leurs orchestres réunissant jusqu’à trente xylophones de tailles et de tonalités différentes. Chaque année, plusieurs nouveaux morceaux sont composés et interprétés lors de festivités ou d’autres événements sociaux, et accompagnent l’énergique danse Timbila.
Les communautés Chopi, dans le sud du Mozambique, sont connues pour leurs orchestres réunissant jusqu’à trente xylophones de tailles et de tonalités différentes. Chaque année, plusieurs nouveaux morceaux sont composés et interprétés lors de festivités ou d’autres événements sociaux, et accompagnent l’énergique danse Timbila.

Les communautés Chopi, établies principalement dans la province d’Inhambane, dans le sud du Mozambique, sont réputées pour leur musique orchestrale. Leurs orchestres sont composés de cinq à trente xylophones en bois appelés timbila (mbila au singulier), de tailles et tonalités différentes. Les timbila sont des instruments en bois, confectionnés et accordés avec le plus grand soin. Ils sont fabriqués en mwenje, un arbre à croissance lente dont le bois a une grande résonance. Chaque lame de bois repose sur une calebasse qui fait office de résonateur. Elle est solidement fixée à l’aide de cire d’abeille et imprégnée d’huile de nkuso, conférant à l’instrument sa riche sonorité nasale et ses vibrations caractéristiques. Les musiciens sont aussi bien des maîtres que des apprentis de tous âges, les enfants jouant aux côtés de leurs grands-pères. Chaque année, plusieurs nouveaux morceaux sont composés et interprétés lors de mariages et autres événements sociaux. Les rythmes, à l’intérieur de chaque thème, sont extrêmement complexes si bien que le musicien exécute souvent des rythmes différents avec chaque main. Les compositions, qui durent près d’une heure, alternent des solos et des parties orchestrales sur différents tempos. Des danses timbila associées à la musique sont exécutées par deux à douze danseurs devant l’orchestre.

Tout concert de timbila commence par le m’zeno, un chantsolennel entonné par les danseurs que les musiciens accompagnent en sourdine sur un rythme lent. Les textes, empreints d’humour et de sarcasme, évoquent des problèmes sociaux contemporains et rendent compte des événements survenus au sein de la communauté.

La plupart des joueurs expérimentés de timbila sont âgés. Si plusieurs maîtres ont commencé à former de jeunes musiciens et ont intégré des filles dans les orchestres et groupes de danse, les jeunes perdent de plus en plus le contact avec ce patrimoine culturel. En outre, la déforestation raréfie le bois nécessaire pour produire la sonorité particulière de ces instruments.

Diaporama

Vidéo



Ces vidéos (et bien d’autres) sont aussi consultables depuis le site des archives multimedia de l’UNESCO

Projet de sauvegarde (11-2006/12-2009)

Les communautés Chopi, dans le sud du Mozambique, sont connues pour leurs orchestres réunissant jusqu’à trente xylophones de tailles et de tonalités différentes. Chaque année, plusieurs nouveaux morceaux sont composés et interprétés lors de festivités ou d’autres événements sociaux, et accompagnent l’énergique danse Timbila.

Les objectifs du projet sont :

  • d’améliorer la qualité et l’authenticité des instruments (Timbila) ;
  • de développer la transmission aux jeunes générations ; d’assurer l’accès à la documentation scientifique concernant le Chopi Timbila ;
  • de créer des ocasions de représentation et d’échanges entre praticiens du Timbila ;
  • de renforcer les protections juridiques et de promouvoir les intérêts sociaux et économiques des porteurs de la tradition du Timbila.

Le projet devrait permettre de renforcer les mesures nationales de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ; de développer les capacités de sauvegarde au niveau local et national, en particulier parmi les Chopi ; de faire mieux comprendre l’importance de la protection de la diversité culturelle et la nécessité de faire face aux enjeux de la modernisation et de la mondialisation ; de faire également comprendre la nécessité de préserver le milieu naturel et ce en quoi sa dégradation risque de modifier la vie des communautés et leur façon d’exprimer leur culture.