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Les tribunaux d’irrigants du bassin méditerranéen espagnol : le Conseil des bons hommes de la plaine de Murcie et le Tribunal des eaux de la plaine de Valence

Inscrit en 2009 (4.COM) sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité

Pays : Espagne

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Description

Les tribunaux d’irrigants du bassin méditerranéen espagnol : le Conseil des bons hommes de la plaine de Murcie et le Tribunal des eaux de la plaine de Valence

Les tribunaux d’irrigants du bassin méditerranéen espagnol sont des juridictions traditionnelles de gestion de l’eau qui remontent à l’époque d’Al-Andalus (IX-XIIIe siècles). Les deux plus significatifs, le Conseil des bons hommes de la plaine de Murcie et le Tribunal des eaux de la plaine de Valence, sont reconnus par l’ordre juridique espagnol. Inspirant autorité et respect aux membres élus démocratiquement, ces deux instances règlent les conflits de manière orale, rapide, transparente et impartiale. Le Conseil des bons hommes se compose de sept membres géographiquement représentatifs, et a juridiction sur une assemblée de propriétaires terriens de 23 313 membres. Le Tribunal des eaux compte huit syndics élus, représentant neuf communautés de 11 691 membres au total. Au-delà de leur rôle juridique, les tribunaux d’irrigants ont un rôle-pivot dans les communautés dont ils sont le symbole visible, comme en témoignent les rites lors de l’énoncé des jugements et leur présence fréquente dans l’iconographie locale. Ils assurent la cohésion des communautés traditionnelles, veillent à la complémentarité des métiers (gardiens, inspecteurs, émondeurs…), et contribuent à la transmission orale des savoir-faire d’irrigation qui sont issus d’échanges culturels anciens ainsi que d’un lexique spécialisé riche en arabismes. Ils sont les dépositaires d’une identité locale et régionale de longue durée et de grande importance pour les habitants.

Documents

Décision 4.COM 13.70

Le Comité (…) décide que [cet élément] satisfait aux critères d’inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité comme suit :

  • R.1 : L’élément est reconnu par les habitants de Murcie et de Valence comme appartenant à leur patrimoine culturel, soutenant leur existence et garantissant leur continuité ; c’est pourquoi ils le transmettent de génération en génération ;
  • R.2 : L’inscription de l’élément sur la Liste représentative encouragerait la gouvernance traditionnelle et le règlement des conflits à l’amiable, tout en améliorant la visibilité du patrimoine culturel, en favorisant le dialogue entre les cultures et en apportant un témoignage de la créativité humaine ;
  • R.3 : La candidature décrit les mesures concrètes de sauvegarde qui ont permis à cette pratique culturelle de se perpétuer pendant de nombreuses années et propose des mesures supplémentaires pour garantir la préservation de l’élément aux niveaux local, national et international, soutenue par la détermination de l’État et des communautés concernées ;
  • R.4 : Les membres des communautés concernées ont participé activement à l’élaboration de la candidature, exprimant leur consentement libre, préalable et éclairé, et les deux tribunaux ont accordé officiellement leur approbation ;
  • R.5 : Le Conseil des bons hommes figure sur le Registre général du patrimoine culturel de la région de Murcie et sur un inventaire transnational tenu par MEDINS (Mediterranean Intangible Space) ; le Tribunal des eaux figure lui aussi à l’Inventaire général du patrimoine culturel de Valence et, au plan national, sur le Registre des biens présentant un intérêt culturel du Ministère de la culture.

Diaporama

Vidéo


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