http://www.unesco.org/culture/ich/fr/USL/00315

Le Cantu in paghjella profane et liturgique de Corse de tradition orale

Inscrit en 2009 (4.COM) sur la Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente

Pays : France

Identification

Description

Le Cantu in paghjella profane et liturgique de Corse de tradition orale

La paghjella est une tradition de chants corses interprétés par les hommes. Elle associe trois registres vocaux qui interviennent toujours dans le même ordre : l’a segonda, qui commence, donne le ton et chante la mélodie principale ; l’u bassu, qui suit, l’accompagne et le soutient ; et enfin l’a terza, qui a la voix la plus haute, enrichit le chant. La Paghjella fait un large usage de l’écho et se chante a capella dans diverses langues parmi lesquelles le corse, le sarde, le latin et le grec. Tradition orale à la fois profane et liturgique, elle est chantée en différentes occasions festives, sociales et religieuses : au bar ou sur la place du village, lors des messes ou des processions et lors des foires agricoles. Le principal mode de transmission est oral, principalement par l’observation et l’écoute, l’imitation et l’immersion, d’abord lors des offices liturgiques quotidiens auxquels assistent les jeunes garçons, puis à l’adolescence au sein de la chorale paroissiale locale. Malgré les efforts des praticiens pour réactiver le répertoire, la paghjella a progressivement perdu de sa vitalité du fait du déclin brutal de la transmission intergénérationnelle due à l’émigration des jeunes et de l’appauvrissement du répertoire qui en a résulté. Si aucune mesure n’est prise, la paghjella cessera d’exister sous sa forme actuelle, survivant uniquement comme produit touristique dépourvu des liens avec la communauté qui lui donnent son sens véritable.

Documents

Décision 4.COM 14.05

Le Comité (…) décide que [cet élément] satisfait aux critères d’inscription sur la Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente comme suit :

  • U1 : Emblème de l’identité corse profondément enraciné dans la culture agropastorale, le Cantu in paghjella est essentiel à la transmission des connaissances culturelles locales et fait partie intégrante du tissu social des communautés ;
  • U2 : Tout en conservant son caractère de tradition orale et de pratique musicale, et en dépit de la persistance des modes traditionnels de transmission, le Cantu in paghjella est menacé par les modifications du contexte de son exécution et de sa transmission orale, par la standardisation musicale et l’appauvrissement de son répertoire consécutif à sa commercialisation et à sa popularisation, ainsi que par la demande constante de nouveauté de l’industrie du tourisme ;
  • U3 : Un plan de sauvegarde urgente a été élaboré ; il insiste sur la priorité de la transmission, ainsi que sur les activités de recherche, protection, promotion et sensibilisation, témoignant d’une volonté d’une intervention intégrée dans l’intérêt de la viabilité du Cantu in paghjella ;
  • U4 : L’élément a été proposé pour inscription grâce à la mobilisation active et à la large participation de la communauté des praticiens, de fonctionnaires locaux et de la société civile à l’élaboration du dossier de candidature, en se fondant sur les connaissances de plusieurs familles de chanteurs et en sensibilisant les médias locaux ; de nombreux praticiens ont fourni la preuve de leur consentement libre, préalable et éclairé ;
  • U5 : Le Cantu in paghjella est inscrit à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel présent sur le territoire de la France, tenu et mis à jour par la Direction de l’architecture et du patrimoine du ministère de la Culture.

Diaporama

Vidéo


© Foundation ‘Dialogu Kultur-Edinyi Mir’, 2014

Ces vidéos (et bien d’autres) sont aussi consultables depuis le site des archives multimedia de l’UNESCO