http://www.unesco.org/culture/ich/fr/état/République de Corée

Un système de Trésors humains vivants

Favoriser la transmission est un des moyens les plus importants de sauvegarde du PCI. L’UNESCO encourage les États à créer des systèmes nationaux de “Trésors humains vivants” qui honore les détenteurs exemplaires de traditions et qui les encouragent à transmettre leurs savoir-faire et leurs connaissances.

Introduction

En plein cours : un éclairage positif sur le futur du Pansori
En plein cours : un éclairage positif sur le futur du Pansori

En 1962, la Corée a promulgué la Loi No 961 sur la protection des biens culturels (anglais), dont l’objectif est de « favoriser l’enrichissement culturel des peuples et de contribuer à l’épanouissement de la culture humaine, en héritant de la culture autochtone à travers la préservation des biens culturels de manière à en assurer l’exploitation ». La loi distingue quatre catégories : les biens culturels matériels importants, les biens culturels immatériels importants, les biens culturels populaires et les monuments.

La protection et la désignation des biens culturels immatériels importants et de ceux qui les incarnent ont réellement commencé en 1964, lorsque le Rituel royal ancestral et la Musique rituelle du sanctuaire de Jongmyo et les Chant épiques Pansori (également proclamés Chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité par l’UNESCO, respectivement en 2001 et en 2003) ont été qualifiés de biens culturels immatériels importants. Depuis 1964, les détenteurs (LIEN voir ci-dessous la signification de ce terme) de ces traditions ont transmis leurs connaissances et savoir-faire aux nouveaux venus au sein du système coréen.

Dispositions légales

La Loi No. 961 sur la protection des biens culturels, promulguée le 10 janvier 1962, établit le cadre propre à la gestion des biens culturels immatériels importants, qui prévoit la création d’une Commission des biens culturels, la désignation de détenteurs de biens culturels immatériels importants, ainsi que des mesures de protection et de promotion (octroi de bourses, organisation de représentations, mesures d’urgence, etc.).

Le décret d’application de la Loi sur la protection des biens culturels établit le processus de désignation des détenteurs de biens culturels immatériels importants, ainsi qu’un système de bourses pour assurer la transmission.

Qui sont les détenteurs de biens culturels immatériels importants ou Trésors nationaux vivants ?

Les détenteurs (« poyuja ») d’un bien culturel immatériel important sont des individus ou des organisations qui incarnent des biens culturels immatériels ayant une grande valeur historique, artistique ou académique.

Domaines du patrimoine culturel immatériel concernés

Les biens culturels immatériels sont des expressions et des pratiques telles que la musique, la danse, le théâtre, les jeux populaires, les rituels, les arts martiaux, l’artisanat et la cuisine.

Organisme responsable

La Commission des biens culturels sert d’organisme consultatif auprès du ministre de la culture et du tourisme. L’une de ses sous-commissions est la « Commission des biens culturels immatériels », composée de six membres, représentant chacun l’un des domaines définis comme un bien culturel immatériel en vertu de la Loi sur la protection des biens culturels.

Les membres de cette Commission, sur proposition de la Direction des biens culturels, sont désignés par le ministre de la culture et du tourisme. La durée de leur mandat est de deux ans renouvelables. La Commission se réunit selon les impératifs.

La Commission des biens culturels immatériels a pour mission de :

  • désigner et d’annuler la décision de désignation des biens culturels immatériels et des personnes qui les incarnent ;
  • conseiller le ministre de la culture et du tourisme sur la gestion ou l’exploitation d’un bien culturel immatériel désigné ;
  • contacter les interprètes/praticiens qui souhaitent recevoir le titre.

La Commission des biens culturels immatériels travaille à l’accomplissement de ces objectifs en étroite coopération avec l’Institut de recherche pour les biens culturels et la Direction du patrimoine culturel.

Processus de sélection

1) Candidature à la désignation :
Les dossiers de candidature que soumettent les organisations locales contiennent les informations suivantes : l’histoire du bien concerné, une description complète, le cadre d’exécution, des informations sur ses caractéristiques, des photographies, une vidéo et tout autre type de documentation jugée utile par le ministère de la culture et du tourisme.
2) Enquête menée aux fins de la désignation :
Sur la base des données communiquées, les rapports sont rédigés par au moins trois experts de la Commission des biens culturels.
3) Examen préalable à la désignation :
Après examen des rapports susmentionnés, la Commission des biens culturels décide de la désignation.
Après avoir sélectionné le bien, les personnes qui en sont l’expression sont choisies pour être désignées comme détenteurs. La désignation du bien et de son(ses) détenteur(s) se produit souvent simultanément.
4) Avis de désignation :
Le Journal officiel annonce l’avis de désignation du bien culturel immatériel.
5) Délibération en vue de la désignation :
La Commission des biens culturels prend la décision, après délibération, de désigner ou non le bien sélectionné.
6) Annonce de la désignation :
Le Journal officiel annonce la décision de désignation aux candidats, aux organisations locales et aux détenteurs.

Les formes de désignation vont de la reconnaissance individuelle à la reconnaissance collective, selon la manière et la personne ou le groupe qui incarnent l’élément d’un bien culturel immatériel désigné comme tel. Ces détenteurs sont aussi qualifiés de « Trésors nationaux vivants » (‘inganmunhwajae’).

Droits et obligations des détenteurs

Détenteurs, apprentis et étudiants boursiers bénéficient de plusieurs avantages, dont une indemnité mensuelle, une assurance maladie, une aide matérielle couvrant les frais d’hospitalisation et d’obsèques, ainsi que des subventions pour des programmes de formation et de perfectionnement à titre professionnel. Ils bénéficient également d’une protection spéciale de l’Etat en temps de guerre, de conflit armé ou autres situations d’urgence. Les détenteurs qui se trouvent dans des zones défavorisées reçoivent des fonds supplémentaires.

En contrepartie de ces services, les détenteurs sont tenus de transmettre les biens désignés aux générations suivantes, d’étendre la culture traditionnelle en proposant des représentations publiques et organisées par l’Etat, en plus des autres obligations spécifiques fixées par le ministère de la culture et du tourisme. Le ministère contrôle leurs activités de sauvegarde pour s’assurer qu’ils assument correctement l’ensemble de leurs responsabilités.

Pour assurer la mise en œuvre d’activités de sauvegarde systématique des biens culturels immatériels, le système coréen envisage une procédure de succession raisonnée allant du détenteur patenté à l’apprenti au diplômé et à l’étudiant boursier.

Dès lors qu’un individu ou un groupe est reconnu comme détenteur, on lui demande de désigner les personnes à former et de leur offrir une formation. Les personnes en cours de formation et dont le talent est remarquable sont recommandées par le(s) formateur(s) et obtiennent une bourse d’études. Après avoir suivi au moins cinq ans de formation et être devenus parfaitement compétents, ces étudiants boursiers sont admis comme « diplômés ». Les plus remarquables d’entre eux sont retenus comme « apprentis » sur recommandation des détenteurs et d’après les évaluations faites par des experts culturels. Les apprentis ainsi sélectionnés sont tenus d’aider les détenteurs et d’acquérir leurs savoir-faire.

Au cas où un détenteur ne s’acquitte pas de ses obligations, il encourt des sanctions pouvant aller jusqu’au retrait de son titre.

Lorsque le détenteur d’un bien culturel immatériel important est jugé inapte pour cause de handicap physique ou mental ou pour d’autres raisons, l’administrateur de la Direction des biens culturels peut annuler la reconnaissance accordée au détenteur (article 12 de la Loi de 1962 sur la protection des biens culturels). Lorsqu’un détenteur n’est plus en mesure de transmettre ses connaissances en raison de son grand âge ou pour cause de maladie, il reçoit le titre de détenteur honoraire.

A la mort du détenteur, sa désignation est annulée. Si aucun successeur n’a été désigné à sa place, le bien culturel immatériel important perd également son titre.

Activités de sauvegarde

La Direction des biens culturels est chargée de veiller à la bonne exécution des activités de sauvegarde des biens culturels immatériels désignés, en coopération avec ceux qui les incarnent.

Education

Un centre d’éducation au patrimoine culturel immatériel a été créé. De plus, pour sensibiliser la jeune génération à l’importance des biens culturels immatériels, l’Etat subventionne les programmes socio-éducatifs, la production de manuels scolaires et les activités mises en œuvre par les écoles jumelées aux organisations de biens culturels immatériels importants.

Aide aux représentations et expositions

Une aide est accordée aux événements tels que les représentations et les expositions de détenteurs de biens culturels immatériels importants, les concours d’artisanat et les festivals locaux.
Une manifestation publique est organisée, entre autres, chaque année pour sensibiliser l’opinion publique et lui faire apprécier la manière dont les détenteurs et les formateurs qualifiés préservent et améliorent leurs compétences et leurs savoir-faire. Une autre fonction importante de cette manifestation publique est de permettre aux membres de la Commission des biens culturels et autres spécialistes d’évaluer les événements pour voir si les détenteurs ont su préserver leur savoir-faire et pour juger du niveau de leurs programmes de formation.

Activités de documentation

La Direction des biens culturels s’efforce de créer des enregistrements audiovisuels des représentations que font les détenteurs. Une dizaine d’enregistrements audiovisuels est produite chaque année.
La Direction des biens culturels publie tous les ans une brochure qui donne des explications sur tous les biens et les détenteurs désignés.

Plus d’informations sur les Trésors nationaux vivants

Situation au 1er mai 2004

ROK - Situation au 1er mai 2004

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