Partenariat avec la jeunesse pour la sauvegarde du patrimoine immatériel

Le musée vivant du Fandango

« Nous devons commencer par mettre l’accent, au sein de la communauté elle-même, sur l’importance de sauvegarder le patrimoine le plus précieux que nos ancêtres nous ont laissé »

(Ginuervel Roach, Curaçao, jeune participant).


9 novembre 2012 - Avec une prise de conscience croissante de l’importance du patrimoine vivant et de rôle central de la jeunesse dans sa sauvegarde, il n’est pas surprenant de constater que la voix et l’action de la jeunesse soient également propulsées à l’échelle mondiale.

Le patrimoine culturel immatériel exprime la continuité entre passé, présent et avenir. Incarnés dans des pratiques telles que les traditions et expressions orales, les arts du spectacle, les rituels et événements festifs, les connaissances et les pratiques concernant la nature et l’univers, le patrimoine immatériel soutient les moyens de subsistance et le bien-être des communautés à travers le monde.

Les jeunes, qui constituent plus de la moitié de la population mondiale, sont des agents au sein de leurs communautés qui continuent à recréer et revitaliser leur patrimoine culturel immatériel. C’est pour eux et les générations à venir que le patrimoine immatériel doit être sauvegardé. Ceci est d’autant plus pertinent à l’heure où dans plusieurs pays, la jeunesse est confrontée à des possibilités limitées sur le plan éducatif et économique. Leur engagement actif dans la sauvegarde de leur patrimoine vivant leur fournit non seulement un moyen d’affirmer leur identité individuelle et collective, ce qui contribue à leur bien-être général, mais peut aussi créer de nouvelles opportunités en termes de développement créatif et économique.

Alors que le rôle de la jeunesse dans la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel devient de plus en plus crucial, l’UNESCO renforce son partenariat avec eux dans la mise en œuvre de la Convention 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Le mois dernier, à Sofia, Bulgarie, un forum des jeunes organisé par le Centre régional pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en Europe du Sud-est (un centre de catégorie 2 sous les auspices de l’UNESCO) a réuni plus de 30 représentants de la jeunesse afin de débattre du rôle des jeunes dans la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

Grâce au fonds d’urgence de l’UNESCO, des jeunes du Congo, du Tchad et de la République centrafricaine se rencontreront à Brazzaville du 19 au 23 novembre pour recevoir une formation sur les concepts et mécanismes de la Convention ainsi que pour effectuer un exercice de documentation photographique de leur patrimoine vivant. Selon Yannick Sayam Yan-Asnan, un jeune participant de la République centrafricaine, ce forum arrive à un moment crucial, car il y a « une urgence à sauver et sauvegarder ces valeurs culturelles, ce savoir local et ces pratiques qui sont les véritables piliers d’un développement harmonieux en Afrique ». Les images captées par les jeunes participants seront rendues publiques, renforçant l’estime des jeunes pour leur propre patrimoine et pour celui des autres.

Simultanément à cet élan créé par la jeunesse centrafricaine, et grâce à la généreuse contribution de la Bulgarie et du Fonds du patrimoine culturel immatériel, les jeunes de 17 pays des Caraïbes se réuniront à St. Georges, Grenade du 20 au 24 novembre afin d’explorer le cadre de la Convention et d’élaborer des plans d’action de sauvegarde du PCI aux niveaux national et sous-régional. Shelly-Ann Joseph, jeune participante de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, souligne l’importance du Forum quant au renforcement des capacités de la jeunesse à « atteindre un plus large public, voir même à établir des partenariats avec des organismes gouvernementaux et non gouvernementaux qui puissent créer des synergies durables pour aider à faire avancer notre cause ».

L’UNESCO appelle les jeunes du monde entier à se mobiliser pour la sauvegarde de leur patrimoine culturel immatériel grâce à leurs voix et à leurs actions conjuguées. La jeunesse est une force nécessaire à la survie du patrimoine vivant.