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Quel avenir pour la Convention ?

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© UNESCO

L’Assemblée générale des Etats parties à la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel va devoir prendre un certain nombre de décisions importantes pour l’avenir lors de sa quatrième session du 4 au 8 juin 2012 au Siège de l’UNESCO.

Elle sera en particulier invitée à se prononcer sur certains amendements aux Directives opérationnelles proposés par le Comité concernant les modalités d’examen et le plafond maximum de dossiers devant être traités annuellement par le Comité.

Dans le contexte de la crise financière que traverse actuellement l’Organisation, elle devra également se prononcer sur la possibilité d’utiliser à titre exceptionnel une partie des ressources du Fonds du patrimoine culturel immatériel (10 %) afin d’assurer le fonctionnement normal du Comité ainsi que l’organisation de ses réunions statutaires.

Les élections pour le renouvellement de la moitié des membres du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel se tiendront à la fin de sa session.

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Quelques unes des inscriptions 2011 sur les Listes du patrimoine immatériel

Pratiques et expressions culturelles liées au balafon des communautés Sénoufo du Mali et du Burkina Faso

Pays : Burkina Faso - Mali

Le balafon des communautés Sénoufo du Mali et du Burkina Faso est un xylophone pentatonique, connu localement sous le nom de ”ncegele”. Le ”ncegele” est composé de onze à vingt-et-une lames d’inégales longueurs, taillées dans du bois et rangées sur un support de forme trapézoïdale, également en bois ou en bambou. L’instrument a pour résonateurs des calebasses, elles aussi d’inégales grandeurs, rangées sous le support, proportionnellement aux planchettes. Elles sont perforées et garnies de membranes d’oothèques d’araignées pour donner de la vibration au son. L’accord du ”ncegele” est réglé sur une division de l’octave en cinq intervalles égaux. Les sons s’obtiennent en frappant les lames avec des baguettes de bois portant aux extrémités par une tête en caoutchouc. Joué en solo ou en ensemble instrumental, le discours musical se fonde sur une offre de multiples mélodies rythmées. Le ”ncegele” anime des fêtes, accompagne des prières dans des paroisses et dans les bois sacrés, stimule l’ardeur au travail, ponctue la musique funéraire et soutient l’enseignement des systèmes de valeurs, des traditions, des croyances, du droit coutumier, des règles d’éthique régissant la société et l’individu dans les actes quotidiens. Le joueur apprend d’abord sur des balafons pour enfant, puis se perfectionne sur des balafons « normaux » sous la direction d’un maître.

Les compétences traditionnelles de construction et de navigation des bateaux iraniens Lenj dans le golfe Persique

Pays : Iran (République islamique d’)

Par tradition, les lenjes iraniens sont construits manuellement et sont utilisés par les habitants de la côte nord du golfe Persique pour les voyages en mer, le commerce, la pêche et la plongée pour récolter les huîtres perlières. Les savoirs traditionnels associés aux lenjes comprennent la littérature orale, les arts du spectacle et les festivals, en plus de la navigation et ses techniques, la terminologie, les prévisions météorologiques étroitement associées à la navigation, et les compétences requises pour construire des bateaux en bois. Les connaissances maritimes requises pour piloter ces bateaux se transmettaient traditionnellement de père en fils. Les navigateurs iraniens se repéraient à la position du soleil, de la lune et des étoiles ; ils utilisaient des formules particulières pour calculer la latitude, la longitude et la profondeur de l’eau. Chaque vent avait reçu un nom, qui, avec la couleur de l’eau ou la hauteur des vagues était utilisé pour faire les prévisions météorologiques. La navigation dans le golfe Persique était par ailleurs indissociable d’une musique et de rythmes particuliers, les marins ayant pour habitude de chanter tout en travaillant. Aujourd’hui, la communauté des praticiens est réduite et se compose essentiellement de personnes âgées. Les lenjes en bois sont remplacés par des bateaux en fibre de verre moins coûteux et les ateliers de construction des lenjes se transforment en atelier de réparation pour les plus anciennes de ces embarcations. La philosophie, le contexte rituel, la culture et le savoir traditionnel liés à la navigation dans le golfe Persique s’estompent peu à peu, même si certaines cérémonies associées sont encore pratiquées en certains endroits.

Al Sadu, tissage traditionnel dans les Émirats arabes unis

Pays : Émirats arabes unis

Al Sadu désigne une forme traditionnelle de tissage utilisée aux Émirats arabes unis par les femmes bédouines des communautés rurales afin de produire des vêtements soyeux et des accessoires décoratifs pour les chameaux et les chevaux. Après que les hommes ont tondu les moutons, les chameaux et les chèvres, la laine est nettoyée et préparée par les femmes. Le fil est enroulé autour d’un fuseau, puis teint et enfin tissé sur un métier posé sur le sol pour constituer une armure toile à trame invisible. Les couleurs traditionnelles sont le noir, le blanc, le marron, le beige et le rouge, et le tissu présente des motifs particuliers en forme d’étroites bandes de figures géométriques. Les tisseurs se rassemblent souvent en petits groupes pour filer et tisser tout en échangeant des nouvelles sur la famille et en chantant ou en récitant des poèmes à l’occasion. C’est lors de telles réunions que s’effectue traditionnellement la transmission : les filles apprennent en observant et en participant peu à peu à des tâches comme le tri de la laine, avant de s’essayer aux techniques plus complexes requises par le tissage. Cependant, le développement économique et les transformations sociales rapides entraînés par l’exploitation du pétrole aux Émirats ont provoqué un fort déclin de la pratique du Al Sadu. Les communautés bédouines pastorales se sont dispersées dans les villes et les jeunes femmes travaillent de plus en plus hors de chez elles. Désormais, les détenteurs du Al Sadu sont essentiellement des femmes âgées dont le nombre diminue.

Le Fado, chant populaire urbain du Portugal

Pays : Portugal

Le Fado est un genre de spectacle associant musique et poésie, très largement pratiqué au sein de diverses communautés de Lisbonne. C’est la synthèse multiculturelle de danses chantées afro-brésiliennes, de genres traditionnels locaux de chants et danses, de traditions musicales des zones rurales du pays apportées par les vagues successives d’immigration intérieure, et des courants de chant urbain cosmopolite du début du XIXe siècle. Le Fado est généralement interprété par un chanteur seul, homme ou femme, traditionnellement accompagné d’une guitare acoustique à cordes métalliques et de la ”guitarra” portugaise, une cithare en forme de poire à douze cordes métalliques, spécifique au Portugal, qui a également un vaste répertoire solo. Depuis quelques décennies, l’accompagnement instrumental s’est enrichi : deux guitares portugaises, une guitare et une guitare basse. Le Fado est chanté par des professionnels dans le cadre de concerts organisés et dans de petites « maisons du Fado », et par des amateurs au sein de nombreuses associations locales dans les vieux quartiers de Lisbonne. Des cours informels par des interprètes plus anciens et respectés sont donnés dans les lieux traditionnels d’exécution du Fado, souvent sur plusieurs générations successives au sein des mêmes familles. La propagation du Fado par le biais de l’émigration et des circuits de la ”world music” a renforcé son image de symbole de l’identité portugaise, débouchant sur un processus d’échanges interculturels avec d’autres traditions musicales.

La revitalisation du savoir traditionnel de l’élaboration de la chaux artisanale à Moron de la Frontera, Séville, Andalousie

Pays : Espagne

La pratique traditionnelle de l’élaboration de la chaux a longtemps été une source d’emploi pour Morón de la Frontera et un marqueur de son identité. Lorsque la production a été remplacée par la chaux industrielle, les fours sont peu à peu tombés en désuétude et la transmission de ce savoir a cessé. Les principaux objectifs du projet sont de sensibiliser à la pratique et à l’importance de l’élaboration artisanale de la chaux, tout en améliorant les conditions de vie des artisans. L’Association culturelle des fours à chaux de Morón a été créée à cet effet. Elle a donné naissance à un centre d’ethnographie et à un musée vivant où le processus de fabrication est exposé in situ. Les fours ont été restaurés et le projet encourage activement la transmission des techniques aux nouvelles générations. Les activités de sensibilisation, organisées en collaboration avec les artisans de la chaux, mettent l’accent sur la récupération de l’expertise et des techniques en vue de leur utilisation dans la construction durable. Le projet a également produit des publications audiovisuelles et papier, effectué des démonstrations lors de salons et prépare actuellement le Congrès ibérique de la chaux pour 2012. L’Association a été impliquée dans un projet national de sensibilisation à la peinture à fresque, ainsi que dans un projet international « Transfert vers le Maroc (Afrique du Nord) du modèle des centres de promotion de l’artisanat ». Le projet a impliqué les acteurs et les habitants de Morón de la Frontera dans le processus de décision.

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