Ramlila : la représentation
traditionnelle du Ramayana
 

Ramlila, littéralement « la pièce de Rama », est une mise en scène de l’épopée du Ramayana sous forme de tableaux successifs, incluant chants, narration, récitations et dialogues. Elle est exécutée dans tout le nord de l’Inde pendant le festival de Dussehra qui se tient chaque année selon le calendrier rituel vers les mois d’octobre et de novembre. Les Ramlila les plus représentatifs sont ceux d’Ayodhya, Ramnagar et Bénarès, Vrindavan, Almora, Sattna et Madhubani. 

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Cette mise en scène du Ramayana est fondée sur le Ramacharitmanas, une de ses formes de récit les plus populaires dans le nord du pays. Ce texte sacré à la gloire de Rama, le héros du Ramayana, a été composé par Tulsidas au XVIème siècle, dans un dialecte proche du hindi, afin de mettre l’épopée sanskrite à la portée de tous. La majorité des Ramlila racontent des épisodes du Ramacharitmanas à travers une série de représentations durant en moyenne 10 à 12 jours, mais aussi près d’un mois, comme celui de Ramnagar.

Des centaines de fêtes sont ainsi organisées dans chaque localité, ville et village pendant la saison des festivals de Dussehra qui célèbrent le retour d’exil de Rama. Ramlila s’attache particulièrement à l’évocation de la bataille l’opposant à Ravana et consiste en une série de dialogues entre les dieux, les sages et les fidèles. Il tire toute sa force dramatique de la succession d’icônes représentant les moments culminants des scènes. Le public est constamment invité à chanter et à prendre part au récit. Le cycle de pièces culmine avec Diwali, la fête des lumières, moment où l’effigie de Ravana est brûlée, symbolisant la victoire du bien sur le mal. Le Ramlila rassemble toute la population, sans distinction de caste, de religion ou d’âge. La pièce est également caractérisée par la spontanéité avec laquelle tous les villageois participent en jouant des rôles ou en s’impliquant dans les diverses activités nécessaires aux représentations (fabrication des masques, costumes, maquillage, effigies, lumières etc.).


Dans les familles traditionnellement engagées dans ces représentations, les jeunes ne sont plus enclins à prendre la relève en raison du manque de reconnaissance artistique et de la faiblesse des rétributions. Le développement des mass médias, les feuilletons télévisés en particulier, contribue à réduire le public habituel des représentations de Ramlila, qui perd ainsi sa principale vocation, à savoir, rassembler les gens et les différentes communautés