L'espace culturel
des Bedu de Pétra et Wadi Rum
 

Les Bedu sont des pasteurs semi-sédentaires qui vivent dans le sud de la Jordanie, en particulier près des sites de Pétra et Wadi Rum, dans une région de montagnes semi-arides et de déserts. Ces conditions ont permis la coexistence de communautés sédentaires et nomades entretenant des relations fondées sur la complémentarité.

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Plusieurs tribus de Bedu (à savoir les Bdul, les Ammarin et les Sa’idiyyin) utilisent toujours les citernes de captage d’eau et les grottes des anciens Nabatéens, près de Pétra. Au sud-est de Pétra, Wadi Rum est entouré de pâturages semi-arides. Aujourd’hui, plusieurs communautés Bedu semi-sédentaires habitent cette région et maintiennent vivante une culture pastorale traditionnelle, ainsi que les connaissances et savoir-faire associés. Si cela constitue un trait commun à la plupart des communautés Bedu du monde arabe, les Bedu de Pétra et Wadi Rum, en raison de conditions climatiques et géographiques spécifiques et de leurs contacts avec les communautés sédentaires, ont préservé un savoir spécialisé en matière de faune et de flore locales, de médecine traditionnelle, d’élevage des chameaux, de fabrication des tentes, de traque et d’escalade, de rituels de préparation du café et d’hospitalité. Les Bedu ont développé une parfaite connaissance de leur environnement, une grande créativité culturelle ainsi qu’un code moral et social complexe, exprimés et transmis oralement.

Fruit du lien intime que les Bedu ont établi avec cette région, la richesse de leur mythologie se manifeste dans diverses formes d’expression orale telles la poésie, des contes populaires, des noms de lieux, chants et  art de conter. Là encore, plusieurs formes d’expression orale sont communes à l’ensemble de la communauté Bedu, mais celles des Bedu de Pétra et de Wadi Rum se dénotent par leur rapport  à des lieux particuliers et à leur histoire.

Depuis une cinquantaine d’années, la sédentarisation s’accélère. L’éducation, le logement, les centres médicaux, l’eau et l’assainissement ont rendu la vie semi-sédentaire plus attrayante pour de nombreux groupes Bedu, mais ont en même temps provoqué l’érosion des savoir-faire qu’ilsavaient développés au fil des générations. À cause de la diminution des offres d’emploi dans les communautés sédentaires, beaucoup de Bedu retournent à la vie nomade. Le développement du tourisme du désert et la demande de « culture Bedu authentique » qui l’accompagne pourraient entraîner une déformation de cette culture, en particulier du patrimoine oral et immatériel.