"Chaque partie du monde reflète l’histoire du monde entier, la subit, s’en accommode.."
Fernand Braudel

Saqia

date
19ème siècle?
provenance
Nubie
lieux
époque
matériaux
thèmes

La maîtrise de l’eau est fondamentale pour toutes les civilisations. Elle s’acquiert au moyen de différentes techniques dont la connaissance s’est perfectionnée et s’est diffusée au cours des millénaires.

Dans l’Égypte ancienne, le seul moyen utilisé par les paysans pour élever l’eau du Nil ou d’un canal et la déverser à un niveau supérieur afin d’irriguer les champs, était le chadouf. Constitué d’un balancier manié par un homme, il permettait de puiser l’eau à l’aide d’une longue perche fixée sur une potence, munie à une extrémité d’un contrepoids et à l’autre d’un récipient. Cette pratique est attestée dès le Nouvel Empire.

L’introduction de la roue à eau ou « saqia », dans la Vallée du Nil est fixée en général à l’époque grecque ; elle a sans aucun doute permis de révolutionner les possibilités d’irrigation et par là même l’agriculture.

Une des premières attestations connue en Égypte est représentée sur une peinture hellénistique conservée au musée d’Alexandrie où l’on voit deux bœufs actionnant cette machine hydraulique fonctionnant non plus par la seule force humaine mais utilisant la traction animale (bœuf, buffle, âne ou dromadaire) et permettant d’augmenter en démultipliant le rendement.

L’animal relié par une perche à l’axe d’une roue horizontale permet, en tournant en rond, d’entraîner par un système d’engrenage une roue verticale, elle-même actionnant une autre grande roue à laquelle sont attachés, avec des cordes, des vases (qadus) à l’aide desquels l’eau est puisée puis élevée et conduite au-dessus de la roue et déversée dans une rigole.

L’origine de cette machine est à chercher dans le monde mésopotamien. En Syrie, à Hama, de grandes roues élévatrices utilisant l’énergie du courant sont encore visibles sur les bords de l’Oronte.

La saqia a été employée jusqu’à très récemment et des vestiges abandonnés subsistent encore aujourd’hui sur les bords des canaux. Dans les dernières décennies de son utilisation, les roues en bois et les récipients en terre cuite avaient été remplacés par une roue métallique à godets. Ce sont les pompes à moteur qui ont fini par la détrôner.

En son temps, la saqia a été d’un apport considérable, elle a facilité le travail des hommes et permis d’étendre les zones irriguées. Ce progrès a été particulièrement sensible en Nubie où les surfaces cultivables, dans les périodes anciennes limitées aux berges du Nil, ont pu se développer bien au-delà des bords du Nil dans des zones jusque là désertiques.

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