"Chaque partie du monde reflète l’histoire du monde entier, la subit, s’en accommode.."
Fernand Braudel

Plat en céladon (B)

date
XIVe siècle ap. J.-C.
provenance
Chine
lieux
époque
matériaux
thèmes

La porcelaine chinoise a rencontré faveur et succès dans le monde en général, et dans le monde islamique en particulier, et les Chinois s’employèrent à la propager par terre et par mer. John Carswell rappelle dans son ouvrage Blue and White. Chinese Porcelain around the World : « De la présence, en quantité, de ces vases, anciens ou plus récents, en Inde, en Iran, en Turquie et dans plusieurs pays du Proche-Orient, nous concluons qu’ils étaient conçus spécialement pour l’exportation. Les raisons économique d’un tel fait abondent : entre autres, les échanges commerciaux internationaux qui lièrent les pays après l’union politique du Proche-Orient et de l’Extrême-Orient à l’époque mongole. Le commerce de la porcelaine empruntait la voie maritime, conformément aux règlements de la marine.

Il est à remarquer en particulier que ce sont les commerçants musulmans iraniens présents dans les ports chinois qui étaient les principaux acteurs de cette exportation de la porcelaine. Remarquons aussi que les vases en porcelaine de grande taille étaient davantage goûtés par les musulmans que par les Chinois : c’est pourquoi la production de vases en porcelaine de petite taille était limitée aux marchés locaux. »

Ce grand plat en céladon est orné d’un décor de fleurs de type chinois, exécuté avant l’application de l’émail, d’un vert foncé.

Ce récipient a subi une restauration : or Ibn Battûta, dans son ouvrage Tuhfat al-nuzzâr fî gharâ'ib al-'amr1, note que Damas était un centre important pour la réparation des porcelaines chinoises, ce qui signifie que dès cette époque, les plats chinois étaient considérés comme des objets de grand prix. L’artisan qui s’occupait de restaurer ces récipients était appelé le mukharres2.



1 Ibn Battûta, Tuhfat al-nuzzâr fî gharâ'ib al-'amr wa-‘ajâ'ib al-'asfâr, 1ère partie, Le Caire, 1938, p. 63.

2 Muhammad Sa‘id al-Qasmi, Qâmûs as-sinâ‘ât ash-shâmîa, Damas.

à voir aussi