"Chaque partie du monde reflète l’histoire du monde entier, la subit, s’en accommode.."
Fernand Braudel

Frise au décor végétal

date
début du 12ème siècle, probablement 505 H/ 1112
provenance
Ghazni
lieux
époque
matériaux
thèmes
Les frises réalisées par assemblage d’éléments rectangulaires ornés de motifs décoratifs végétaux comptent parmi les éléments de décor architectural les plus fréquents du palais de Mas’ud III à Ghazni. Et, parmi celles-ci, cette « frise au décor végétal » est l’un des rares exemples complets sur environ 250 objets de ce type trouvés. Le décor de la frise, profondément sculpté, semble avoir été réalisé avant la cuisson de l’argile et selon un dessin préparatoire dont peu de traces subsistent ici. La profondeur de la sculpture offre un effet décoratif de jeux d’ombres et de lumières. Cette caractéristique semble être influencée par les techniques de traitement du stuc typiques des territoires mésopotamien et iranien. Le décor est compris dans un cadre formé de deux lignes parallèles se croisant à intervalles réguliers et donnant naissance à des motifs circulaires. Il se compose de vignes agencées, en symétrie axiale, par de simples enroulements étroits et des feuilles bilobées ornées de motifs de triangles et de gouttes. Comme tous les éléments de décor architectural en terre cuite, cette frise était, à l’origine, entièrement, peinte. Mais seules quelques traces de peinture rouge subsistent aujourd’hui. Le rouge, rouge ocre/ à base hématite, était parfois combiné à d’autres couleurs, telles que le jaune ocre, le bleu et le noir (voir n°11), et appliqué directement sur la surface ou sur une mince couche de plâtre. Une polychromie lumineuse caractérise également le décor sculpté des éléments en marbre et en albâtre. Le type d’ornement, la quantité importante de fragments de ce type mise au jour et leur extraction des différentes pièces du palais, suggèrent que ces éléments étaient fréquemment utilisés dans les décors de palais durant la phase d’habitation de la fin de la période ghaznévide. La découverte dans le palais d’environ dix fragments de stuc suggère cependant que ces derniers auraient pu être utilisés pour remplacer certains éléments d’origine durant la phase de reconstruction du palais de la période ghoride (fin 12ème siècle- début 13ème siècle). Nous pouvons noter la présence d’un fragment en terre cuite de ce type de frise pouvant provenir du palais et remployé sur la façade d’une maison située le long de la rue principale du village de Rawza. Il s’agit de l’un des rares cas de remploi d’élément architectural en terre cuite, bien que la pratique soit bien documentée en comparaison de la pratique du remploi d’éléments de marbre (voir n°2).

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