"Chaque partie du monde reflète l’histoire du monde entier, la subit, s’en accommode.."
Fernand Braudel

Tête de Bodhisattva aux cheveux tombant sur les épaules (IsIAO archive inv. no. TS 1259)

date
Période Tardive; fin du 7ème siècle ap. J.-C.
provenance
Tapa Sardar, chapelle 37
lieux
époque
matériaux
thèmes
Le grand incendie qui a mis fin à la période primitive à Tapa Sardar a probablement eut lieu durant le 7ème siècle, lorsque ‘Ubayd Allah conduisit les armées musulmanes pour la conquête de toute la région jusqu’à Kaboul, en 671-672 ap. J.-C. Depuis, le sanctuaire restait sur une colline qui surplombe la route de Kandahar à Ghazni et Kaboul et avait une valeur stratégique militaire. Cette valeur ne s’est pas estompée au fil des siècles, car la colline de Tapa Sardar fut de nouveau utilisée en tant que poste militaire ces dernières années, entraînant des dégâts considérables sur ses principales structures (comme le stupa principal). D’autre part, le même feu a accidentellement brûlé de nombreuses sculptures et a dans le même temps favorisé leur préservation. Commentant les résultats et les objets des premières campagnes de fouille, les archéologues italians ont décrit les sculptures de Tapa Sardar comme étant à l’origine réalisées en terre cuite. Ce n’est que plus tard, avec la poursuite des recherches archéologiques, qu’ils ont constaté que dans cette région, les seuls matériaux utilisés pour les scultpures étaient le stuc, et surtout de l’argile crue. Le feu mit un terme à la phase gandhârienne de Tapa Sardar, comme on peut le constater sur les sculptures réalisées après la reconstruction du sanctuaire, datée de la fin du 7ème siècle/ début 8ème siècle. L’iconographie et la qualité de la facture des objets trouvés montrent un changement dramatique de goût et de technique. Il en est de même pour tout l’aspect: Tapa Sardar fut reconstruit comme une sorte de forteresse, conformément aux concepts architecturaux et en incorporant des structures plus anciennes lorsque ce fut possible. Les caractéristiques hellénistiques furent remplacées par une esthétique différente fondée sur des modèles centre-asiatiques, en particulier les modèles d’origine orientale. Ceci est clairement visible dans le traitement plastique (et le parement) de la chevelure, dans les yeux allongés et les sourcils linéaires.

à voir aussi