"Chaque partie du monde reflète l’histoire du monde entier, la subit, s’en accommode.."
Fernand Braudel

Ustensiles de médecine et/ou de toilette

Ces objets en bronze et cuivre appartiennent à la catégorie des instruments de médecine, voire d’outils funéraires, et il est parfois bien difficile de différencier. Nous sommes ici en présence d’objets tranchants de différents types. Au premier rang, quatre couteaux de différente taille sont visibles, à lame et pied tranchants. Ils s’apparentent à un bistouri de médecin, mais il est aussi souvent identifié comme couteau « nécrotome » réservé à la momification. Le cinquième couteau à soie pouvait être utilisé pour cautériser les plaies. Le dernier, en bas, est un couteau pourvu d’une poignée en forme de pince ayant pu être utilisé par des médecins comme écarteur ou séparateur.

De nombreux témoignages écrits ou figurés attestent de l’ancienneté de la pratique médicale en Égypte. Plusieurs papyrus nous ont ainsi livré des recettes pour soigner telle ou telle maladie ou infection. Le papyrus Edwin Smith, dont les textes remonteraient à l’Ancien Empire, illustre la démarche adoptée par les médecins depuis l’examen jusqu’au diagnostic et au traitement. D’ailleurs, le praticien reconnaît parfois son impuissance devant une maladie pour laquelle « on ne peut rien dire ». La méthode utilisée, à savoir l’observation et la description des symptômes, le diagnostic puis la prescription du traitement et de la médication, est toujours celle que suivent les médecins d’aujourd’hui.

En Égypte ancienne, la chirurgie n’est pas intrusive: elle n’est pratiquée que pour soigner les plaies. Le papyrus Ebers contient, à côté de plusieurs centaines de formules magiques et de remèdes, le traitement chirurgical des plaies, abcès, tumeurs, fractures osseuses et brûlures. Malgré la pratique de la momification, les connaissances anatomiques du corps humain sont restées très sommaires.

Les auteurs classiques ont vanté les mérites de la médecine égyptienne. En particulier, vers le milieu de Ve siècle av. J.-C., Hérodote évoque dans ses Histoires la grande spécialisation des médecins égyptiens : médecins pour les yeux, la tête, les dents, le ventre.

La médecine égyptienne, très renommée dans l’Antiquité, était très en avance sur son temps, mais elle nous paraît aussi de nos jours très empreinte de magie et de superstition. Le combat contre la maladie allait alors de pair avec la lutte contre le mal et gris-gris et amulettes n’étaient pas de trop pour venir à bout de tous ces maux et recouvrer la santé.

Cette approche empreinte de magie existe toujours en Afrique et en Asie où sorciers, marabouts et chamans mélangent potions et incantations afin d’éloigner le mal du patient et le soigner. Ces pratiques traditionnelles utilisant des remèdes naturels à base de plantes pour apaiser le corps et l’esprit ne sont pas pour autant à négliger complètement car elles véhiculent des connaissances, certes acquises au cours du temps de façon empirique, mais qui se révèlent au regard d’analyses actuelles assez souvent salutaires.

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