"Chaque partie du monde reflète l’histoire du monde entier, la subit, s’en accommode.."
Fernand Braudel

Statue ba du vice-roi Maloton

date
2ème au 3ème siècle après J.-C.
provenance
Karanog, tombe 187
lieux
époque
matériaux
thèmes

La statue du vice-roi Maloton a été retrouvée dans la tombe 187 de Karanog, site qui fut la capitale de Basse Nubie à l’époque méroïtique, vers le IIe-IIIe siècle après J.-C. La tombe de ce personnage, identifiée par une tablette, contenait d’autres objets, armes et récipients, l’un d’eux décoré de scènes agricoles.

La statue en grès représente un homme-oiseau debout sur un socle rectangulaire. Il se tient tout droit, les jambes jointes, les bras le long du corps, les avant-bras repliés à angle droit et de ses épaules partent les ailes repliées et la queue d’un oiseau. Le personnage est chaussé de sandales et porte un pantalon, une longue tunique descendant jusqu’aux chevilles avec des manches et un bandeau au niveau des genoux. Des armilles ornent ses bras et des bracelets ses avant-bras. Un large collier de trois rangs de perles rondes et plates d’où pend une petite effigie d’Amon s’étale sur sa poitrine. Dans chaque main, il tenait un objet, une canne ou enseigne, restituée en partie dans sa main gauche, et peut-être un rouleau dans sa main droite cassée. Les traits du visage sont empreints d’une certaine sérénité, les cheveux sont courts et le sommet de la tête semble coiffé d’une calotte. Souvent ce genre de statue porte en plus sur le dessus du crâne un disque solaire. Des traces de polychromie montrent qu’elle était entièrement peinte.

Ce mode de représentation trouve son origine dans les représentations et les croyances des anciens Égyptiens. En effet le ba, l’un des composant de l’être humain au même titre que le ka, l’akh, l’ombre ou le nom, est représenté sous forme d’un oiseau à tête humaine parfois muni de bras. Le ba peut se définir comme la partie spirituelle, l’âme, de l’individu qui après sa mort peut errer à sa guise et se promener sur terre sous sa forme ailée, indépendamment du corps. En fait, en Nubie, les statues dites ba ne doivent cette appellation qu’à leur découvreur.

Les statues ba, rares en Égypte, sont bien attestées en Nubie où leur qualité artistique égale rarement celle de Maloton. En Égypte ce sont surtout des représentations en deux dimensions qui sont présentes sous forme de peintures dans les tombes ou de dessins sur des papyrus. L’iconographie des statues nubiennes diffère du modèle égyptien de même que leur symbolique puisqu’elles sont dédiées au culte du défunt. La belle statue de Maloton illustre cependant d’une certaine manière les emprunts faits à la culture égyptienne, les liens étroits unissant ces deux civilisations et l’adaptation d’un modèle à d’autres pratiques et d’autres croyances.

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