"Chaque partie du monde reflète l’histoire du monde entier, la subit, s’en accommode.."
Fernand Braudel

Abécédaire d’Ougarit

date
XIVe siècle av. J.-C
provenance
Ougarit
lieux
époque
taille
1.3 cm x 5.1 cm
matériaux
thèmes

Les fouilles à Ougarit « Ras-Shamra » ont livré un grand nombre d’archives, qui sont rédigées en différentes langues : sumérien, accado-babylonien, hourrite, chypro-égéen, ainsi que des inscriptions en hiéroglyphes hittites et égyptiens. Cette variété d’écritures indique l’importance de la cité dans le domaine des contacts, du mélange culturel et de l’ouverture aux civilisations contemporaines : ses activités commerciales avec l’ensemble des peuples de l’Antiquité l’amenèrent en effet à pratiquer de façon intensive les écritures de ces derniers, dans le cadre d’une correspondance commerciale internationale.

Le rôle le plus important de la cité fut d’inventer une écriture qui soit dénuée des complexités des autres systèmes, complexités qui retardaient la diffusion de la science et de la connaissance. L’écriture ne restait plus exclusivement aux mains des souverains et des prêtres, mais était également mise à la portée des gens ordinaires.

C’est ainsi que les Ougaritains ont créé le plus ancien alphabet, qui consiste à noter chaque consonne par un signe spécifique que l’on nomme lettre ou caractère : cette évolution a permis de passer d’un système syllabique comprenant des centaines de signes cunéiformes à un alphabet permettant de coucher par écrit tout ce qu’est capable de produire l’esprit humain.

Plusieurs exemplaires de cet abécédaire, inscrits sur de petites tablettes, ont été découverts en 1948, dans le Palais royal. Celui que nous présentons ici se lit de gauche à droite. L’ordre des lettres est le même que celui des alphabets cananéen, araméen et arabe.

Comme l’a dit l’archéologue Georges Perrot en 1950, à l’Académie française :

« Nous ne connaissons pas, et nous ne connaîtrons sans doute jamais le nom de l’inventeur de l’alphabet, mais nous savons maintenant que c’était un Phénicien, ou d’une façon plus générale, un Syrien, et nous pouvons bien dire qu’un peuple qui a produit une telle merveille mérite notre reconnaissance, et qu’il a droit à une place de choix dans l’histoire du monde. »

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