Programme de formation des parlementaires des municipalités  pour une amélioration des droits de l'homme et de la démocratie au Cape Vert (1997-2000)

 

Contexte

Le Cap Vert a été désigné par l'UNESCO comme groupe cible prioritaire d'action en 1996-2001. Cet archipel situé sur la côte de l'Afrique de l'Ouest est l'un des pays les moins développés d'Afrique.
L'agriculture est une importante source d'emploi et environ 70% de la population vit dans des districts ruraux.
Le Cap Vert est devenu indépendant le 5 juillet 1975, mais ce n'est qu'en 1991 que la population a vécu ses premières élections générales libres et démocratiques. Par conséquent des réformes économiques ont été lancées dans le but de diversifier l'économie en développant le secteur privé et en attirant les investissements étrangers.
Le climat politique est stable et les priorités gouvernementales comprennent la participation directe des municipalités au processus de démocratisation (la Constitution de 1992 consacre le principe de la décentralisation démocratique et aucune mesure législative ne limite la participation des femmes ou des minorités à ce processus). Néanmoins, il reste des obstacles à surmonter, étant donné la centralisation de tous les pouvoirs politiques jusqu'en 1991, il y a un manque d'expérience et donc un besoin d'apprentissage sur la décentralisation dans sa pratique. En d'autres termes, il est nécessaire de développer les ressources humaines pour que la politique de décentralisation au Cap Vert soit effectivement mise en oeuvre.

Résumé

L'objectif central du projet est d'impliquer les municipalités directement dans le processus de démocratisation et de développement pour que les intérêts locaux soient défendus. Il vise le renforcement de la gouvernance locale à travers un cours de formation en droits de l'homme et démocratie adressé aux  représentants de 16 municipalités et à des membres du Parlement.

Partenaires

L'Association Nationale des Municipalités du Cap Vert participe aux cours de formation et à la diffusion de l'information. Le gouvernement du Cap Vert offre les installations pour les cours et le soutien politique. Des experts nationaux élaborent les matériaux de formation. L'UNESCO apporte l'assistance intellectuelle et technique et DANIDA finance le projet.  

Activités

Ce projet consiste en des formations pour les membres du Parlement, les agents civils et les représentants des ONG. Elles incluent des cours sur :
- L'administration publique, la démocratie et les droits de l'homme ainsi que l'administration des affaires sociales;
- Les fonctionnaires municipaux plus anciens seront formés dans les domaines de l'administration et de la gestion en vue d'assurer la formation de nouveaux fonctionnaires.
- Diffusion de l'information, les rapports entre les administrations et l'administration nationale, la participation populaire au processus de prise de décision et la gestion publique solidaire dirigée vers des groupes vulnérables, ceux-ci représentant les personnes exposées à l'extrème pauvreté et à  l'exclusion sociale ainsi que les femmes.
- Cours de formation pour les parlementaires sur les droits de l'homme dans une société plurielle, respectueuse des différences et du concept de sécurité sociale.

Résultats escomptés

Avec l'amélioration au niveau local des compétences administratives et des connaissances en droits de l'homme et démocratie, on espère aboutir à une décentralisation effective. Le résultat sera une gestion plus efficace et transparente des affaires sociales, économiques et environnementales en plus d'une participation populaire beaucoup plus active dans les processus de prise de décision.

Expérience

Près de 170 personnes ont participé aux cours parmi d'autres représentants d'associations féminines. Le projet a eu un effet catalyseur étant donné que le Parlement du Cap Vert a décidé de former des fonctionnaires et de créer des commissions techniques (jusqu'à présent 50 experts de l'Assemblée Nationale en ont bénéficié). Les bénéficiaires ont été très actifs et ont proposé diverses façons de mettre en pratique la politique de décentralisation. Une des propositions a consisté en un projet de législation qui définisse précisemment la sphère de compétence des institutions locales. Par ailleurs, des compétences ont été transférées (de jure) aux autorités locales dans les affaires sociales, l'administration régionale, le tourisme, les finances locales et l'éducation primaire et secondaire. Cependant des représentants locaux demandent toujours une plus grande autonomie financière des municipalités à tous les niveaux de l'administration nationale publique.