
Droits de l'homme et des peuples indigènes au Guatemala (1997-2000)
Avec plus de 11 millions d'habitants, le Guatemala est le pays le plus peuplé d'Amérique Centrale. Il se trouve en plein coeur de la civilisation Maya et les peuples autochtones représentent plus de la moitié de sa population. Après 36 années de conflit armé, la guérilla la plus longue de l'Amérique Latine, des accords de paix ont été signés en décembre 1996. Ceux-ci requièrent l'observance des droits de l'homme et des autochtones, le renforcement de la société civile et la réforme du système d'éducation pour que le processus de démocratisation s'accélère. En mars 1997, le projet UNESCO-DANIDA a été initié dans le but de renforcer la participation des peuples autochtones à la transition d'un état de guerre civile vers une démocratie participative.
Lancé en mars 1997, ce projet a pour objectif de contribuer à la mise en place des accords de paix et de susciter une prise de conscience sur les droits de l'homme et à donner aux peuples autochtones les moyens de participer au processus démocratique et aux activités de développement. Il consiste en la formation de dirigeants autochtones, en l'élaboration de matériaux de formation en droits de l'homme et à renforcer le système éducatif supérieur dans les domaines liés aux questions autochtones. Le projet a lieu principalement dans l'Alti Plano du Guatemala.
L'ONG Muni-K'at coordonne toutes les activités du projet. L'Office du Médiateur contribue aux ateliers de formation sur les droits de l'homme au Guatemala. Des enseignants et des étudiants de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris (France) participent au programme de formation. L'UNESCO apporte l'assistance intellectuelle et technique et DANIDA finance le projet.
Les principales activités sont:
-Des cours de formation adressées aux dirigeants des municipalités et des autochtones, aux dirigeants des ONG, sur les droits de l'homme, la démocratie, l'exercice du pouvoir...etc
-Un master en sciences sociales et humaines avec comme centre d'intérêt les peuples autochtones et les droits de l'homme.
-Des Ateliers de formation pour les formateur sur les droits de l'homme, la démocratie et les sciences sociales.
-Création de réseaux éléctroniques, d'un site web par les participants afin de disséminer l'information apparentée au projet.
-Elaboration et publication d'une revue de recherche "Estudios Documentos" en droits de l'homme. L'objectif de ces publications est d'inclure des thèmes de réflexion, d'analyse et de documentation comme aide aux enseignants.Conscients de leurs droits et de leur participation au processus de démocratisation, plus particulièrement dans l'Alti Plano, les peuples autochtones seront capables de faire entendre leur voix au niveau local. Un débat sur les changements sociaux, politiques et économiques se tiendra au Guatemala afin que les bénéficiaires soient habilités à participer activement au processus de démocratisation.
Rendre l'information accessible, en relation avec les thèmes du projet, apportera un appui aux peuples autochtones pour identifier les besoins et les solutions concernant les droits de l'homme et la démocratie dans leurs communautés.Pendant la phase I environ 25 personnes ont participé au master et environ 50 représentants de municipalités et d'ONG ont bénéficié des cours de formation.
Plusieurs numéros de la revue "Estudios Documentos" ont été publiés. Ces matériels d'information ont été distribués dans les bibliothèques des environs, et celles des ONG.
Le nombre de participants a été considérable, néanmoins celui de la représentation des femmes n'a pas été satisfaisant, de plus l'égalité des genres a été introduit comme une nécessité par les participants de la phase II. Les groupes de la phase II prenant part au projet, l'opportunité de connaître et d'analyser la situation actuelle de la société guatémaltèque a eu beaucoup de succès et les bénéficiaires ont exprimé leur volonté de participer activement au processus de démocratisation.
Enfin, le master a une valeur inestimable; à la fois par la qualité de son contenu et par le fait qu'il y a très peu de cours de ce genre au Guatemala. La phase II a démontré l'intérêt croissant des étudiants de prendre comme sujet de thèse les droits de l'homme.