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Conférence « Encourager le dialogue entre les cultures
et les civilisations par des actions concrètes et durables »
(Rabat, Maroc, 14-16 Juin 2005)
DOCUMENT DE TRAVAIL
Une initiative conjointe de :
I. l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO)
II. l’Organisation de la conférence islamique (OIC)
III. l’Organisation islamique pour l’éducation, la science et la culture (ISESCO)
IV. l’Organisation de la ligue arabe pour l’éducation, la culture et la science (ALECSO)
V. le Centre danois pour la culture et le développement (DCCO, Copenhague)
VI. la Fondation euroméditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures (Alexandrie,
Égypte)
I. INTRODUCTION
Depuis plusieurs années, et tout particulièrement depuis l’Année des Nations Unies pour le dialogue entre les civilisations (2001), les questions soulevées par le dialogue entre les civilisations, les cultures et les peuples ont fait l’objet de toute l’attention des nombreuses conférences et réunions organisées par les Nations Unies, les partenaires associés à l’initiative présente et les acteurs concernés appartenant à une grande variété de pays et de régions. Elles ont donné naissance à des résolutions, des déclarations, des programmes et des publications. Toutes ces activités ont joué un rôle important de plaidoyer en mettant en évidence le fait que le dialogue doit servir plusieurs objectifs pouvant être résumés comme suit :
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mettre en valeur les ressemblances et les valeurs communes, tout en chérissant les différences ;
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mettre en place les éléments permettant d’adopter et de promouvoir un état d’esprit qui vise à l’éradication de la pauvreté, le racisme et la xénophobie, la terreur, l’extrémisme, la haine et l’intolérance, en tant qu’impératif moral indispensable pour chaque être humain ;
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avancer au-delà des mots, de l’altruisme et participer à des activités visant à résoudre concrètement les problèmes ; mettre en place des activités d’éducation et de formation, la communication scientifique et la coopération culturelle ;
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promouvoir le pluralisme, les approches plurielles et la liberté d’expression, pas seulement entre les cultures et les traditions mais également à l’intérieur de celles-ci..
Il a été unanimement reconnu que le dialogue doit être fondé sur les principes, les valeurs et les comportements suivants :
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la dignité égale des cultures et leur capacité à se nourrir, s’inspirer et s’enrichir de l’autre ;
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la nécessité de maintenir et de mettre en valeur la diversité culturelle ;
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le respect mutuel, dans le but ultime d’apprendre à vivre ensemble ;
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l’ouverture et l’attitude self-critique – car chaque culture ou civilisation peut être critique envers les autres, mais devrait également être critique envers elle-même - ainsi qu’un examen critique de la mémoire historique ;
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le respect de soi et la prise de conscience des idéaux et des valeurs de chacun en tant que terrain pour poser les fondations d’un dialogue fructueux et non arrogant conduisant à l’enrichissement mutuel.
Dans un monde caractérisé par une grande diversité de cultures - reconnue et mise en valeur par la Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle (2001) et par la Déclaration islamique sur la diversité culturelle (2004) -, par la mondialisation des changements affectant tous les domaines de l’activité humaine et par la reconnaissance du rôle de la religion dans les sociétés, il est nécessaire de réconcilier les valeurs individuelles, celles de la communauté ou des identités nationales avec les valeurs universellement partagées. La mondialisation ne devrait pas empêcher les cultures locales de s’épanouir et de se développer tandis que la mise en évidence des dimensions locales ne devrait pas se faire au détriment des approches et des orientations régionales et universelles.
Partout dans le monde, les religions ont joué et jouent toujours un rôle important dans la formation de l’identité culturelle des individus, des communautés et des peuples. Elles représentent une composante essentielle de l’édification des civilisations et des cultures. Les religions peuvent et devraient jouer un rôle pour promouvoir et soutenir un dialogue interculturel positif en construisant à partir des contributions issues d’un dialogue entre les religions et les croyances.
Les valeurs universellement partagées sont celles qui lient les citoyens à leur communauté et en même temps les engagent à partager une vision du futur basée sur la tolérance, la justice, la solidarité, la confiance, la compréhension et le respect mutuels, la conduite morale, la prise de conscience de la nécessité de l’existence de la démocratie et d’un développement durable, l’exercice responsable de l’autorité, la reconnaissance et le comportement individuel envers l’autre considéré comme un égal. Par dessous tout, demeure la nécessité de lutter pour une meilleure connaissance réciproque des dimensions culturelles, ethniques, religieuses et linguistiques des autres peuples, nations et communautés.
II. NOTRE BUT : CRÉER
ET METTRE EN ŒUVRE UNE INITIATIVE CONJOINTE
Le plaidoyer pour un dialogue constructif entre les cultures et les civilisations est une tâche qui doit être ancrée dans, et nourrie par, les nations et les peuples, mais également par les organisations internationales et régionales gouvernementales et non gouvernementales. Il fait partie d’une pédagogie indispensable à l’heure où la notion erronée de « choc des civilisations » est évoquée par certains.
Partout dans le monde, existe un constat accablant, sinon un sens de l’urgence, de la nécessité de faire en sorte que des activités concrètes et durables soient identifiées et mises en œuvre dans toutes les régions et par le plus grand nombre de partenaires et d’acteurs concernés pour que ce dialogue devienne une réalité quotidienne, mais aussi pour étayer la paix à l’intérieur et entre les nations, par le biais de toute une série d’actions orientées vers les résultats.
Cette dernière nécessité a été fortement soulignée par les dirigeants des organisations partenaires de la présente initiative conjointe. Cependant, cela ne veut pas dire qu’il faut partir de rien. Le défi consisterait plutôt à construire sur la base des nombreuses déclarations, des rapports et des initiatives contenant un réservoir riche d’activités, d’actions et d’idées qui construisent et encouragent le dialogue ; ces activités doivent être renforcées, durables et traduites en mesures spécifiques et concrètes qui peuvent être mises en œuvre de façon réaliste dans un temps donné. Elles doivent également être plus larges et plus diversifiées pour couvrir les domaines de l’éducation, des sciences, de la culture et de la communication. C’est la raison pour laquelle les partenaires qui ont lancé cette initiative conjointe considèrent qu’il est important, sinon indispensable, d’appeler à la tenue d’une conférence internationale à laquelle participeraient essentiellement les experts et les praticiens expérimentés connaissant les différents domaines pouvant bénéficier d’un dialogue interculturel aux niveaux national, régional et international. La Conférence réunirait également les personnes faisant partie des institutions qui ont organisé et financé cette initiative ou qui y ont coopéré. En effet, leur présence, leur implication et leurs engagements au travers de leurs plans de travail sont particulièrement importants pour le suivi souhaitable et nécessaire de la Conférence.
Cette Conférence devrait ainsi être considérée comme ouvrant la voie à la création et à l’adoption d’une série de mesures concrètes et d’activités visant à explorer la manière dont les objectifs spécifiques peuvent être atteints par le biais de diverses modalités de dialogue, soutenues et encouragées aux niveaux national, régional et international. Elle pourrait également servir à identifier dans les régions représentées les pratiques efficaces déjà mises en place.
III. DOMAINES D’ACTION RETENUS : ELEMENTS POUR UN PROGRAMME D’ACTIONS CONCRETES
1. Education
Une éducation de qualité est la base indispensable d’un dialogue entre les cultures, les civilisations et les peuples car elle englobe non seulement des données quantifiables pour atteindre ce niveau d’éducation, mais aussi les aspects qualitatifs des programmes d’études et leurs contenus, y compris les valeurs partagées, les droits de l’homme, la tolérance et la compréhension mutuelle. Les institutions d’éducation et les matériels d’apprentissage peuvent uniquement servir de véhicules pour le dialogue et la compréhension interculturelle. En fait, il y a eu et il existe encore un appel répété de la part des gouvernements, des politiciens, des parlementaires, des éducateurs, des décideurs et des représentants de la société civique pour utiliser l’éducation comme un outil privilégié visant à encourager le dialogue entre les cultures et les civilisations.
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l’éducation à la citoyenneté pour enseigner aux adolescents et aux jeunes leurs droits et leurs obligations, le droit, l’engagement à des valeurs partagées, l’équité et la justice, la tolérance et le respect de l’Autre. Cette éducation devrait également viser à développer la capacité à vivre ensemble dans un environnement démocratique, en respectant les personnes, mais pas forcément leurs opinions, en particulier quand celles-ci sont naturellement intolérables et contraires aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales.
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l’éducation multiculturelle visant à promouvoir et améliorer la connaissance des cultures, des civilisations, des religions et des traditions, en particulier par le biais de l’enseignement des langues étrangères, le développement des travaux dans les sciences sociales et humaines, la littérature et les arts, et par la création de chaires d’universités sur des sujets se rapportant au dialogue entre les cultures et les civilisations.
L’éducation civique et multiculturelle peut être réalisée grâce à la conception et à la distribution large de guides d’enseignants et de modèles de programmes d’études, la révision des manuels nationaux et des livres scolaires, mais également des programmes d’études universitaires, en particulier dans des disciplines clés telles que l’histoire, la géographie, la philosophie, les sciences sociales et humaines. C’est une tâche de longue durée mais elle est impérative ; elle pourrait être entreprise aux niveaux sous-régional et national par des équipes d’enseignants et des spécialistes universitaires avec l’aide des organisations internationales et régionales (par exemple l’UNESCO, l’ISESCO, l’ALECSO, des fondations spécialisées et des ONG).
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Révision des manuels et programmes d’échange
Les manuels adaptés au 21ème siècle devraient en effet refléter des pédagogies aux contenus plus diversifiés, qui comprennent non seulement les connaissances académiques mais engagent également les étudiants dans des interactions leur permettant d’acquérir les compétences nécessaires dans la vie courante et les valeurs universellement partagées, dans la perspective du respect des droits de l’homme. Les manuels sont une occasion d’engager le dialogue entre les étudiants, les professeurs, et par extension entre les étudiants et leur famille, et enfin, entre les cultures. Il est donc tout à fait pertinent que cette partie du futur plan d’action soit approfondie lors de la Conférence.
Il est proposé que les discussions soient concentrées sur :
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les méthodes d’examen des manuels du point de vue des droits de l’homme et de celui du genre, de façon à éliminer les stéréotypes et à développer une attitude positive vis-à-vis des questions relatives au genre, au respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
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les voies et les moyens d’intégrer les opinions nuancées et précises des autres cultures et civilisations dans l’enseignement de l’histoire et de la sociologie des religions et des civilisations, par exemple, au niveau secondaire ;
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le rôle du professeur dans l’interprétation et l’utilisation de manuels qui sont neutres et débarrassés de tout stéréotype.
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l’acquisition, au titre des résultats attendus de la modernisation des manuels, des compétences et des capacités nécessaires pour le dialogue entre les cultures telles que la pensée critique et la capacité à observer d’un point de vue
multi-dimensionnel.
Les liens et les échanges à l’école jouent également un rôle important dans l’apprentissage interculturel dans la mesure où ces échanges interculturels sont intégrés en tant que stratégie de réforme et de développement des programmes d’études.
2. Science
Les modalités principales d’une action orientée vers le dialogue concernent l’établissement de mécanismes de coopération régionale dans les domaines scientifiques, dans le but d’accroître et de rendre systématique la connaissance des diverses cultures. Les efforts devraient également comprendre la promotion de la collaboration, de l’interaction et du travail scientifique en réseau par la création et le renforcement de réseaux scientifiques et de jumelages entre les universités, par exemple. Face à la mondialisation croissante et aux nouveaux modes d’organisation du travail, le dialogue international est également particulièrement important dans le domaine des sciences de l’ingénieur et plus précisément dans le contexte des pratiques professionnelles dans des domaines tels que les modèles, la garantie de qualité, l’accréditation et la mobilité.
Les discussions pourraient se concentrer sur :
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l’étude et la documentation des pratiques et des principes éthiques, les questions scientifiques principales telles que la recherche génétique, l’eau potable, et la promotion d’un modèle commun dans ces domaines, dans le respect des considérations culturelles et religieuses.
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la promotion des échanges scientifiques et technologiques et la quête en faveur d’un développement durable par le biais de réseaux et de partage entre les tenants de la connaissance de tous les systèmes de connaissance ;
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des réseaux interdisciplinaires mondiaux d’institutions de spécialistes et de partenaires, y compris les partenariats des secteurs public et privé.
3. Sciences sociales et humaines
Une priorité devrait être donnée à la poursuite du dialogue entre les philosophes des pays du monde arabe et ceux des autres régions en vue de promouvoir la compréhension mutuelle entre les traditions philosophiques et surtout l’établissement de partenariats intellectuels afin de mieux comprendre les problèmes majeurs confrontant les différentes cultures concernées et leurs conséquences pour la stabilité sociale et la prévention de conflits. Dans ce cadre l’UNESCO a déjà lancé en novembre 2004 le dialogue philosophique entre le Monde arabe et l’Asie qui se poursuivra en 2005 à Séoul (Corée du Sud) sur le thème Démocratie et justice sociale.
L’accent devrait être mis sur la promotion de la philosophie afin de d’élargir et enrichir les débats en cours sur les problèmes du monde contemporain ouverts à la société civile ; à cette fin la mise en œuvre des trois piliers de la Stratégie intersectorielle de l’UNESCO sur la philosophie ainsi que la célébration de la Journée mondiale de la philosophie pourraient constituer des atouts majeurs.
L’analyse des nouvelles formes de la violence, la promotion de la démocratie, des droits humains, de la sécurité humaine et des sociétés de la connaissance sont des domaines très porteurs pour renforcer le dialogue entre les cultures et les civilisations, et ce, à un moment où le débat sur la nature et les effets a long terme des processus de globalisation se trouve à un tournant dans les différentes régions du monde.
La contribution des historiens au dialogue entre civilisations doit être renforcée au moyen de partenariats interrégionaux visant à offrir une tribune aux différentes perceptions des processus historiques, en particulier ce qui touchent à l’histoire contemporaine, à l’instar des colloques organisés par l’UNESCO sur « Les civilisations dans le regard de l’autre » I et
II.
4. Culture
Un défi particulier consiste à démontrer que l’héritage et l’identité culturels peuvent devenir un puissant symbole pour promouvoir la compréhension nationale et régionale, la connaissance réciproque et en fait la réconciliation, là où cela est nécessaire. Dès que le respect de l’héritage culturel permet de se comprendre soi-même, il devient également une clé pour comprendre les autres. Une coopération concrète peut contribuer au dialogue interculturel comme le montrent les exemples suivants :
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Festivals et événements culturels
Il existe une opportunité considérable d’établir un agenda du dialogue plus efficace dans la plupart des festivals et événements culturels tels que les événements sportifs mondiaux, les fora et les capitales culturels, les foires aux livres, les foires artistiques, les festivals de la jeunesse et les rencontres. Le festival IMAGES, par exemple, qui se tient au Danemark depuis 1991, encourage dans ce pays le dialogue et la compréhension culturelle du public ; l’événement est basé sur un large réseau et la coopération entre la société civique, le co-financement et le partenariat.
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La création et l’interaction culturelles et musicales
Les possibilités seront exploitées pour promouvoir un dialogue qui intègre les divers aspects de la création culturelle provenant des différentes cultures. Une telle interaction de cultures doit comprendre les chants et les instruments de différentes cultures ainsi que les échanges et partenariats entre les écrivains, les peintres, les musiciens, ou encore les producteurs, un accent étant mis sur la traduction et les productions conjointes, de façon à consolider et à favoriser les dimensions humaines du dialogue.
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Les arts, la gestion des arts et les industries créatrices
Les artistes et les producteurs de marchandises culturelles peuvent encourager un authentique dialogue et la compréhension interculturels. A cet égard, l’environnement qui favorise ce dialogue doit être créé, au moyen par exemple de différentes initiatives telles que l’ échange des meilleures pratiques, la formation, l’éducation, et les réseaux. Des programmes de partenariat peuvent également être créés entre des régions pour développer des industries culturelles viables et encourager les échanges et la gestion des arts. Ceci pourrait être fait en coopération avec L’alliance globale pour la diversité culturelle et le Réseau international pour la diversité culturelle, par exemple.
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Les musées nationaux
Bien que les musées nationaux s’intéressent aux différentes facettes de la culture nationale, les sections ou les départements qui se consacrent aux questions et aspects multiculturels peuvent également être très utiles pour informer le grand public des contenus du dialogue interculturel et de son but. Les expositions temporaires et itinérantes peuvent jouer un rôle similaire. Les sujets sélectionnés pourraient être : l’histoire et la sociologie, l’histoire de la science et la contribution de différentes civilisations au progrès de la science, l’histoire de l’art, etc.
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Formation et remise à niveau du personnel chargé du développement culturel
Il est recommandé et même nécessaire d’introduire dans la formation et la remise à niveau des programmes du personnel chargé du développement culturel des éléments culturels et d’information relatifs aux valeurs partagées, de manière à lui permettre de s’attaquer aux questions interculturelles. Ce genre d’action devrait également s’appliquer à la formation des médiateurs et chefs religieux.
5. Information et Communication
Étant donné que les médias jouent un rôle clé dans la formation de l’opinion publique, ils offrent un grand potentiel pour faciliter le dialogue entre les cultures et les civilisations en permettant au public de mieux connaître les communautés culturelles, ethniques, sociales et religieuses. Tous les médias peuvent être utilisés : les journaux, les films, les fictions, les bandes dessinées ; les médias internationaux, régionaux, nationaux et locaux peuvent tous jouer un rôle actif dans le contexte du dialogue.
Dans les pays en développement, la radio demeure le média le plus efficace pour aider à initier et créer un dialogue au moyen de tables rondes, de panels de discussions, avec la mise en place de lignes téléphoniques ouvertes. La radio peut atteindre les isolés, et souvent les exclus, par le biais des stations de radios communautaires. L’internet permet aux individus de communiquer facilement avec les membres d’autres groupes sociaux et culturels sans poser le problème des frontières nationales ou autres. Ces nouvelles formes de communication contribuent largement à créer des flux d’information diversifiés et décentralisés plus importants. La diversité linguistique, en termes de contenu, proposée par
Internet, l’existence de plus de services de traduction automatiques bon marché, de même qu’un accent plus important sur l’apprentissage des langues étrangères, contribueront à faire tomber la barrière de la langue et à promouvoir un dialogue fructueux entre les cultures et les civilisations.
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s’attaquer aux ignorances, stéréotypes et préjudices relayés par les médias (textes et images)
Cela devrait constituer un objectif de formation et de remise à niveau des connaissances pour les journalistes, de même qu’une obligation de performance dans leur travail quotidien. En plus de mesures à court et moyen terme, un programme à long terme pourrait prévoir les échanges de journalistes et d’éditeurs et le jumelage d’institutions médiatiques de différentes régions culturelles.
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utiliser des images dans l’espace public pour lutter contre les stéréotypes
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compétences interculturelles dans la formation des journalistes et des professionnels des médias
Un ensemble de compétences interculturelles, qui devront être précisées par la Conférence, pourraient être instillées dans les nouvelles générations de journalistes. C’est une action à long terme qui pourrait être illustrée au moyen de projets spécifiques mis en œuvre dans des écoles de journalisme sélectionnées, appartenant à des régions culturelles différentes et travaillant en partenariat.
Étant
donné l’éventail et la portée des techniques de transmission satellite, le dialogue entre les cultures et les peuples peut également être promu grâce à des émissions de télévision et des rencontres avec des enfants, des jeunes et des membres des associations de la société civile du monde entier, dans le but d’échanger des points de vue sur des questions relatives à leurs préoccupations quotidiennes.
En accord avec la Déclaration de principes et au Plan d’Action énoncés par le Sommet mondial sur la Société de l’Information à Genève, en 2003, des mesures pratiques devraient être mises en œuvre pour surmonter la fracture numérique, grâce à la solidarité numérique, à la promotion de la diversité culturelle et à la coopération dans ce domaine.
La mise en place, aux niveaux régional et international, de réseaux entre les représentants des médias et de la communication visant à développer la compréhension et le respect mutuels doit être encouragée.
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