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UNESCO - Dialogue among Civilizations

Jean BAUBEROT

Le professeur Jean Baubérot est président de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes depuis février 1999. Ancien premier prix du concours général en Histoire, il est docteur en Histoire et docteur ès-Lettres et Sciences Humaines de Paris Sorbonne. Directeur du Groupe de Sociologie des Religions et de la Laïcité (CNRS-EPHE) de 1995 à 2001, il est titulaire à l’EPHE de l’unique chaire de l’enseignement supérieur français consacrée à la laïcité sous le titre « Histoire et sociologie de la laïcité ».

Parmi les 18 ouvrages qu’il a écrits ou dirigés, on remarque Un christianisme profane ? (Paris, PUF, 1978), Le pouvoir de contester (Genève, Labor et Fides, 1983), Cent ans de Sciences religieuses en France (ed. Paris, 1987), La Laïcité, quel héritage ? (Genève, Labor et Fides, 1990), Vers un nouveau pacte laïque ? (Paris, Seuil, 1990), Pluralisme et minorités religieuses (ed. Louvain, Peters, 1991), Religions et Laïcité dans l’Europe des douze (ed. Paris, Syros, 1994), La Morale laïque contre l’ordre moral (Paris, Seuil, 1997), Une haine oubliée (avec V. Zuber, Paris, Albin Michel, 2000, ouvrage couronné par l’Académie française), Histoire de la laïcité française (Paris, PUF, « Que sais-je ? », 2000), Religion, Modernité et Culture au Royaume Uni et en France (1800-1914) (avec S. Matthieu, à paraître, Paris, Seuil, janvier 2002).

Des œuvres du professeur Jean Baubérot ont été traduites en diverses langues (12 au total). Il a donné des cours ou des conférences sur la laïcité dans des Universités ou Centres de Recherche de 24 pays.

Le professeur Jean Baubérot a été membre du cabinet de Madame la Ministre Ségolène Royal (1997-1998), chargé de l’éducation à la citoyenneté. Il est Officier de l’Ordre national du Mérite.

Jean FAVIER

Né en 1932 à Paris.

Etudes supérieures à l'Ecole Nationale des Chartes, à la Sorbonne et à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes (Paris), Archiviste-paléographe (1956), Agrégé d'histoire (1961), Docteur ès lettres (1967).

  • Ancien membre de l'Ecole française de Rome (1956-1958).
  • Membre de l'Institut, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (depuis 1985).
  • Conservateur aux Archives nationales (1956-1961).
  • Professeur au Lycée d'Orléans (1961-1962).
  • Professeur aux Universités de Rennes (1964-1966), Rouen (1966-1969) et Paris-Sorbonne (1969-1997).
  • Directeur d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, IVe section (1965-1997).
  • Directeur de l'Institut d'histoire de l'Université de Paris-Sorbonne (1970-1975).
  • Directeur général des Archives de France (1975-1994).
  • Président de la Bibliothèque nationale de France (1994-1997).
  • Président de la Commission française pour l'UNESCO (depuis 1997).
  • Conservateur du Château de Langeais (depuis 1995).
  • Vice-président (1984-1988), puis Président (1988-1992) du Conseil international des Archives.
  • Président du Conseil d'administration de l'Ecole normale supérieure (1989-1997).
  • Président d'honneur du Conseil international des Archives et de la Conférence internationale de la Table ronde des Archives.
  • Membre de la Koninklijke Academie voor Wetenschappen, Letteren en Schone Kunsten de Belgique, de l'Institut grand-ducal de Luxembourg, de la Mediaeval Academy of America et de la Society of Antiquaries of London.
  • Commandeur de la Légion d'Honneur.
  • Grand Officier de l'Ordre national du Mérite.
  • Commandeur des Arts et Lettres, et des Palmes académiques.
  • Commandeur de l'Ordre de la Couronne (Belgique) et de l'Ordre de la Couronne de Chêne (Luxembourg), officier de l'Ordre au Mérite (Allemagne) et de l'ordre de la Pléiade (Francophonie), médaille d'or de la Culture (Italie), médaille d'argent de la Culture (Espagne), Croix du Mérite culturel (Pologne), Médaille d'honneur de l'Académie des sciences de Pologne.
  • Grand Prix des Lettres de la Ville de Paris (1974).
  • Prix des Ambassadeurs ( 1978).
  • Grand Prix Gobert de l'Académie française (1981).
  • Prix Maurice Péruse de la Fondation de France (1995).
  • Prix du Nouveau Cercle de l'Union (1997).

Jean Favier a publié plus de 20 ouvrages principalement consacrés à l’Histoire du Moyen-Age

BIBLIOGRAPHIE DE JEAN FAVIER

Livres :

  • Les Archives, Paris, P.U.F., 1959. 6e éd. 1997. 128 pages. (Que sais-je ? , n° 805). Trad. en japonais et chinois.
  • Un conseiller de Philippe le Bel, Enguerran de Marigny, Paris, P.U.F., 1963. XXIV-256 pages.
  • Cartulaire et actes d'Enguerran de Marigny, Paris. Imprimerie nationale, 1965. 315 pages. (Documents inédits sur l'histoire de France). 315 pages.
  • Les finances pontificales à l'époque du Grand Schisme d'Occident, 1378-1409. Paris, De Boccard, 1966. 853 pages. (Bibliothèque des Ecoles françaises d'Athènes et de Rome).
  • De Marco Polo à Christophe Colomb, 1250-1492, Paris, Larousse, 1968. 383 pages. (Histoire Universelle).
  • Finance et fiscalité au bas Moyen Âge. Paris, CDU-SEDES, 1971. 355 pages (Regards sur l'histoire).
  • Les contribuables parisiens à la fin de la guerre de Cent Ans. Paris-Genève, Droz, 1970. 367 pages (Ecole Pratique des Hautes Etudes, IVe section).
  • Paris au XVe siècle. 1380-1500. Paris, Diffusion Hachette, 1974, 2e éd. 1997. In-4°, 486 pages (Nouvelle Histoire de Paris).
  • Le commerce fluvial dans la région parisienne au XVe siècle. I. Le registre des compagnies françaises. 1449-1467. Paris, Imprimerie municipale, 1975. In-4°, 373 pages (Histoire générale de Paris). 
  • Philippe le Bel. Paris, Fayard, 1978. 587 pages. Trad. en italien.
  • La guerre de Cent Ans. Paris, Fayard, 1980. 678 pages.
  • François Villon, Paris, Fayard, 1982. 540 pages. Trad. en russe et espagnol.
  • François Villon, Œuvres. Paris, Fayard, 1982. 196 pages. 
  • Le temps des principautés. Paris, Fayard, 1984. 499 pages. (Histoire de France, tome 2). Trad. en allemand.
  • De l'or et des épices. Naissance de l'homme d'affaires au Moyen Âge. Paris, Fayard, 1987. 481 pages. Trad. en italien, néerlandais et chinois.
  • L'Univers de Chartres. Paris, Bordas, 1988. In-4°, 191 pages. Trad. en anglais et allemand.
  • Les grandes découvertes, d'Alexandre à Magellan. Paris, Fayard, 1991. 619 pages. Trad. en espagnol et polonais.
  • Dictionnaire de la France médiévale. Paris, Fayard, 1993. 982 pages.
  • Paris, Deux mille ans d’histoire. Paris, Fayard, 1997. 1007 pages.
  • Les Tapisseries du château de Langeais. Paris, Beaux-Arts-Magazine, hors série, 1998. 36 pages.
  • Charlemagne. Paris, Fayard, 1999. 769 pages.

Direction et collaboration :

  • Archives nationales, État général des fonds. Paris, Imprimerie nationale, 1979-1988, 5 volumes.
  • La France médiévale. Paris, Fayard, 1983.
  • Histoire de France. Paris, Fayard, 1984-1988, 6 volumes.
  • Archives de France. Paris, Fayard, 1992-1997. 2 volumes parus.
  • Archives de l'Occident. Paris, Fayard, 1992-1995. 2 volumes parus.
  • La Pratique archivistique française. Paris, Imprimerie nationale, 1993
  • XIVe et XVe siècles. Crises et genèses. Paris, PUF., 1996 (Peuples et civilisations).
  • Revue historique, en collaboration avec Pierre Renouvin, puis René Rémond. Paris, PUF. De 1972 à 1997.

En collaboration :

  • Urbain V. Lettres communes, II. Paris, 1965. (Ecole française de Rome).
  • Inventaire général de la Série AF, sous-série AF IV (Secrétairerie d'Etat impériale). Paris, 1968. (Archives nationales).
  • Histoire de la Normandie, dir. Michel de Bouärd, Toulouse, 1970.
  • Documents sur l'histoire de la Normandie, dir. Michel de Bouärd, Toulouse, 1972.
  • Archives nationales. Quinze siècles d'histoire, avec Lucie Favier. Paris, Nathan, 1988.

Alain de Libera

Né le 27 septembre 1948, agrégé de philosophie

Directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, Ve section, Sciences reli­gieuses. Direction d’études d’Histoire des théologies chrétiennes dans l’occident médiéval

Professeur ordinaire d'Histoire  de la philosophie médiévale à l'université de Genève

Membre du conseil d'orientation et de coordination des sciences de l'homme et de la société

Directeur de la collection Des travaux aux éditions du Seuil, membre du comité de rédaction de Critique (Éditions de Minuit).

Auteur de : Penser au Moyen Âge (Seuil), La philosophie médiévale (PUF), La querelle des universaux (Seuil), L'art des généralités (Aubier), La référence vide (PUF).

Résumé de l’intervention

Philosophie médiévale et  transferts culturels ou la Méditerranée des deux rives

De 529, date de la fermeture de l'école néoplatonicienne d'Athènes par Justinien à l'âge des universités médiévales, la philosophie, partout considérée comme "science étrangère", n'a cessé de voyager: de Byzance à Bagdad, de Bagdad à Cordoue, puis à Tolède et, de là, à Paris et à Oxford, autrement dit: de l’Orient musulman à l’Occident musulman et à l’Occident chrétien.

Ainsi, c’est une translation intérieure à la terre d’Islam, liée à la conquête musulmane, qui a rendu possible le retour de la science grecque dans le monde latin. L'histoire de la Raison au Moyen Âge est donc celle d'acculturations philosophiques successives.  C’est cette route ou plutôt ces routes de la philosophie que l'on se propose de suivre: d’Ifrîqîya en Andalûs, de Sepharad en Provence, d'Espagne en France et en Angleterre, ses grandes étapes, ses lieux de mémoire, de rencontres et de controverses. Une attention particulière sera donnée aux grands moments de "traduction", fondement indispensable du "passage des Lumières"; aux tentatives d'élaboration d'un dialogue interreligieux ; aux essais de reformulation du conflit entre foi et raison sur les deux rives de la Méditerranée.

SUEKI Fumihiko

SUEKI Fumihiko studied at the University of Tokyo and got the Ph. D. degree in 1994.  He is Professor in Graduate School of Humanities and Sociology at the University of Tokyo from 1995.  He teaches Buddhism, in particular Japanese Buddhism there.  He works mainly on the reconstruction of the intellectual history of Buddhism in Japan from ancient to modern times.  His recent researches also cover Zen philosophy and comparative studies of modern Buddhism.  His publications (in Japanese) include the History of Japanese Buddhism (Tokyo, 1992), Miscellaneous Essays on Japanese Buddhism (Tokyo, 1993), Studies in Buddhist Doctrines in the Early Heian Period (Tokyo, 1995) and Studies in the Formation of Kamakura Buddhism (Kyoto, 1998).  He contributed several articles in English to the Japanese Journal of Religious Studies and other journals.  He was Guest Professor at Ruhr University in Bochum in Germany in 1997.  He is Guest Researcher at Renmin University in China and Directeur d’Études Invité de la Section des Sciences Religieuses de l’École Pratique des Hautes Études in 2001.

Résumé de l’intervention

Nineteenth Century Europe’s Encounter with Japanese Buddhism

It was Catholic missionaries in the sixteenth century who gave the first information of Japanese religion to Europe.  Although they made important reports on the characteristics of Japanese religion, they had prejudices from Christian standpoint and sometimes caused great misunderstandings.  In the seventeenth century, Tokugawa government closed the country and the information about Japan became very limited in Europe.  The History of Japan written by a German doctor Engelbert Kaempfer (1651-1716) was only a reliable source about Japan in the eighteenth century.  However, the description about Buddhism in the chapter of religion in his book was very brief, because he dealt mainly with Shinto.

In this way, Europe had had little knowledge about Japanese Buddhism until the nineteenth century.  Philipp Franz von Siebold1796-1866was the first scholar who tried to describe Japanese Buddhism from objective standpoint.  In spite of his intention, however, he did not succeed it, because the ideas of Japanese Buddhism were so different from the common knowledge of religion in Europe.

His main source about Buddhism was the Butsuzô zui (Collection of Buddhist images), a popular guidebook of Buddhist images with more than eight hundred pictures written by Ki no Hidenobu.  There remains a manuscript of a German translation of the book written by Siebold.  Since he could not read Japanese, he made his Japanese and German assistants translate it and made a copy by himself.

He used only a small parts of the Butsuzô zui in his book Nippon and let his assistant Johann Joseph Hoffmann study it.  Hoffmann revised the German translation and added voluminous notes referring to Indian and Chinese sources.  He published his translation as an appendix to Siebold’s Nippon.

Although Hoffmann’s translation of the Butsuzô zui was the first scholarly work on Japanese Buddhist literature, it was almost unnoticed in academic world.  Probably Emile Guimet was the only person who paid attention to Hoffmann’s work.  When Guimet arrived in Japan, he collected Buddhist statues according to the Butsuzô zui with which he became acquainted via Hoffmann’s translation.  It was the main reason why he could collect good Buddhist statues systematically during his short stay in Japan.

In this paper, I would like to investigate the problems of the translation of the Butsuzô zui and make clear the difficulties of understanding of other cultures.

Jean-Louis Bacqué-Grammont

Après des études de turc, de persan et d’arabe à l’Ecole nationale des langues orientales vivantes (ENLOV), aujourd’hui Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), Jean-Louis Bacqué-Grammont s’est initié au turc tchaghatay, langue des Mémoires de Babur, fondateur de la dynastie des Grands Mogols, dont il a donné une traduction publiée par l’Imprimerie Nationale sous les auspices de l’UNESCO. L’expérience de la paléographie ottomane et persane lui a donné accès à une abondante documentation inédite. L’un des résultats en est Les Ottomans, les Safavides et leurs voisins, 1500-1524, Institut historique et archéologique néerlandais, Istanbul, 1987 (version augmentée de sa thèse de doctorat ès-Lettres d’État), ainsi que plusieurs dizaines d’articles sur les relations extérieures de l’Empire ottoman ainsi que la direction de sept études collectives (dont l’une constitue un volume entier publié par l’Institut archéologique allemand d’Istanbul) sur les cimetières d’époque ottomane envisagés sous divers aspects. Il a dirigé l’Institut Français d’Études Anatoliennes d’Istanbul de 1984 à 1991. Depuis 1992, il dirige un programme international de recherche sur la prosopographie de l’administration ottomane au XVIème siècle. Il a publié en 1997 La première histoire de France en turc ottoman (1572) (L’Harmattan). Ses recherches se tournent également vers la littérature géographique ottomane. Auteur de 150 articles, ouvrages et traductions, il est membre correspondant de la Société d’Histoire turque et de la Société de la Langue turque (Ankara).

Résumé de l’intervention

Textes de l’aire turcophone d’Asie Centrale

Entre autres exemples, nous examinerons plus particulièrement deux témoignages littéraires de la première moitié du XVIème siècle.

Tout d’abord, celui de Babur, conquérant Timouride de l’Inde, fondateur de la dynastie des Grands Mongols et mémorialiste. Nous nous attacherons au regard qu’il porte sur un monde qui, comme l’Inde, lui était totalement étranger, mais aussi sur d’autres avec lesquels son enfance urbaine ne l’avait guère familiarisé, telle la société mongole nomade de ses oncles paternels.

Nous nous intéresserons ensuite à la chronique d’un autre Timouride, cousin de babur : Haydar Mirza, conquérant du Cachemire, dont les jugements sur les pays et les gens apparaissent souvent surprenants.

François Déroche

Né le 24 octobre 1952, ancien élève de l'Ecole normale supérieure de le rue d'Ulm, Agrégé des lettres (1976), Docteur ès Lettres (1987), François Déroche a été pensionnaire scientifique de l'Institut français d'études anatoliennes (Istanbul, 1983-1986).

Directeur d'études de l'EPHE, Section des sciences historiques et philologiques depuis 1990, il est  membre du conseil scientifique de la Fondation Max van Berchen (Genève), vice-président du comité international du Congrès international d'art turc et de la Société d'études du Maghreb préhistorique, antique et médiéval et co-directeur de la collection "Islamique" aux Presses Universitaires de France.

Il a publié le catalogue des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France (2 vol., 1983 et 1985), The Abbasid tradition (Londres, 1992; traduction en persan, 2000) et un Manuel de codicologie des manuscrits en écriture arabe (Paris, 2000; traduction en arabe et en anglais en cours); en collaboration avec S. Noja-Noseda, il a fait paraître le facsimilé du manuscrit coranique Arabe 328a de la Bibliothèque nationale de France (Lesa, 1998) et, avec A. von Gladiss, Der Prachtkoran im Museum für islamische Kunst (Berlin 1999).

Il a édité Les Manuscrits du Moyen orient (Istanbul-Paris, 1989), Scribes et manuscrits du Moyen-Orient (Paris, 1997) et Art turc-Turkish art (Genève, 1999).

On lui doit une quarantaine d'articles sur le livre manuscrit dans le monde arabo-islamique.

Résumé de l’intervention

Le Coran et ses traductions occidentales: vestiges manuscrits de médiation

La confrontation armée entre l'Islam et l'Occident médiéval s'est très tôt accompagnée d'un effort de la part de ce dernier pour en savoir d'avantage sur l'autre. Alors qu'en terre d'Islam, la présence de communautés chrétiennes dont l'arabe était la langue d'usage devait faciliter les traductions de l'Ancien et du Nouveau Testament, la situation était plus complexe pour les Occidentaux. Entrer en possession d'une copie du Coran n'étais pas chose facile, et les manuscrits coraniques conservés dans les collections d'Europe conservent pour nous les traces précises de cette démarche, parfois consciente et organisée, parfois résultat d'un concours de circonstances. L'histoire des études arabes en Occident permet de compléter cette image et de retracer les péripéties de cet accès au texte fondateur de l'Islam.

L'effort de traduction ne nous est malheureusement pas toujours demeuré lisible: certaine de ses résultats nous sont maintenant bien connus, en particulier celle qui fut commandité par Pierre le Vénérable, abbé de Cluny entre 1092 et 1156. D'autres documents encore mal connus permettent de se rendre compte de l'existence d'une curiosité plus vaste pour ce texte - même si les mots employés visent avant tout à relayer les polémiques en cours. Des traducteurs médiévaux à André du Ryer, sur lequel nous nous arrêtons, le regard porté sur le Coran change tandis que l'objet de cette recherche textuelle se fait plus complexe.

Françoise Aubin

Françoise Aubin, directeur émérite de recherche au Centre national de la Recherche scientifique (CNRS) et au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) de la Fondation nationale des Sciences politiques, est sinologue, mongolisante et islamisante ; elle s’intéresse à l’histoire culturelle et institutionnelle de l’Extrême-Orient et de l’Asie centrale dans sa profondeur historique et dans ses transferts à travers l’Eurasie. Elle a collaboré à History of Humanity de l’UNESCO, à l’Encyclopédie de l’Islam, à l’Encyclopaedia Universalis , et elle a publié entre autres, « La Mongolie des premières années de l’après-communisme : la popularisation du passé mongol dans les mass media mongols (1990-1995) », dans Etudes mongoles et sibériennes, XXVII, 1996 ; « Renouveau gengiskhanide et nationalisme dans la Mongolie postcommuniste », dans Cahiers d’études sur la Méditerranée orientale et la monde turco-iranien (CEMOTI), XVI, 1993; « Les sanctions et les peines chez les Mongols », dans Recueils de la Société Jean Bodin, LVIII, 1991.

Roberte HAMAYON

Après des études universitaires de linguistique, d’ethnologie (licence, Sorbonne, 1958) et  de russe ( Ecole des Langues Orientales, 1964), Roberte Hamayon obtient un Doctorat de troisième cycle (linguistique) à  Paris VII en 1973, publié sous le titre  Eléments de grammaire mongole, Dunod, 1976 ( avec M. L. Beffa), et un Doctorat es-Lettres à Paris X, en 1988, publié en 1990 (voir ci-dessous).

Successivement  documentaliste au CNRS ( 1963-1965), puis  chercheur au CNRS (1965-1974), elle est depuis 1974  Directeur d’études à l’ EPHE, Section des Sciences religieuses.

Roberte Hamayon a fondé le Centre et la revue Etudes mongoles et sibériennes à Paris X en 1970. Elle a réalisé de nombreuses missions ethnologiques chez les populations mongoles de Mongolie, de Sibérie et de Chine.

Principales publications récentes

  • La chasse à l’âme. Esquisse d’une théorie du chamanisme sibérien, Nanterre, Société d’ethnologie, 1990 (thèse de Doctorat)
  • Taïga, terre de chamanes, Paris, Imprimerie nationale, 1997.
  • Articles sur les recompositions religieuses dans le monde post-communiste.

Résumé de l’intervention conjointe de Françoise Aubin et Roberte Hamayon

Aventures mythiques d’Alexandre, César et Gengis Khan. De l’Europe à l’Asie et vice-versa

C'est, curieusement, sous son nom arabe qu'Alexandre le Grand est connu en Mongolie : Sulkhar-naini. Toutefois, sa légende n'est que pauvrement remémorée et n'a aucune incidence dans la pensée religieuse ni la vie rituelle.

Il n'en est pas de même de César qui, sous le nom de Geser (également déformé, ailleurs, pour donner Tsar ou Kaiser), est devenu le plus important héros épique des Mongols, à la suite du Gesar tibétain. Il n’a pas, semble-t-il, laissé de traces, dans le monde turc de l'Asie centrale qui possède pourtant, lui aussi, une forte tradition épique. Les versions répandues en Mongolie, plus ou moins fidèlement traduites du tibétain, font de ce héros le propagateur du bouddhisme, tout en lui attribuant une trajectoire héroïque apparentée à celle des autres héros épiques, d'origine indigène. Ainsi a-t-il pu, selon les cas, recevoir un culte dans des temples bouddhiques, être assimilé à des personnages historiques tenus pour avoir défendu le peuple mongol, ou bien au dieu chinois de la guerre Guandi. En revanche, chez les Bouriates (Mongols du nord, vivant autour du lac Baïkal dans le sud de la Sibérie), Geser est indifférent ou hostile au bouddhisme selon les versions qui, toutes, préservent par ailleurs des éléments de cosmologie mazdéenne. Depuis la chute du régime soviétique, il fait l'objet d'un processus de recomposition identitaire, qui consiste à l'ériger en emblème culturel de la République bouriate au sein de la Fédération de Russie.

Quant à Gengis Khan, « Fléau de Dieu » pour le monde iranien et occidental du XIIIe siècle, propagateur du bouddhisme pour les historiens mongols du XVIIIe, « Conquérant du monde » pour les historiens du XXe, il connaît un destin médiatique incomparable à l'aube du XXIe. Les Mongols voient aujourd’hui en lui le principal symbole de leur identité post-communiste et le vénèrent comme une divinité protectrice. Dans la Chine voisine, il est devenu « héros de la nation chinoise » et fondateur d'une « dynastie nationale d'origine minoritaire ». À Hollywood, cinéastes et acteurs rêvent de l'incarner. Quant aux Japonais, qui voient en lui l’un de leurs grands ancêtres, ils sont parmi les plus actifs à la recherche de sa tombe.

Jerzy KŁOCZOWSKI

Jerzy KŁOCZOWSKI is a professor of history, a specialist in Medieval studies. He was born on 29 December 1924 in Bogdany, Poland. He is married to Krystyna de domo Mańkiewicz. They have five children.

In 1941 he joined ZWZ (Association of Military Struggle) and when the organisation turned into the Home Army, he served in the “Baszta” (“Turret”) regiment at the Main Headquarters. During the Warsaw Rebellion, he was seriously injured and lost the right hand. After he had been released from the camp hospital in Skierniewice in April 1945, he went to Copernicus University in Toruń, where he earned his A.M. and in 1950, his Ph.D. degree.

He arrived in Lublin in 1950 and started working at Catholic University of Lublin as a tutor. He became Head of the Department of Medieval History and Auxiliary Historical Sciences in 1952. In 1956 he became an assistant professor, in 1967 he earned the title of associate professor, and in 1974 he was nominated a full professor. In 1957 he became Head of the Institute of Historical Geography of the Church in Poland, and five years later – Head of the Department of the History of Polish Culture. Within the period of years 1968-1974 he was Dean of the Faculty of Humanities.

He was a lecturer at College de France in 1977, at Oxford Merton College in 1980, University de Paris-Sorbonne from 1985 to 1987, Madison – Wisconsin in 1985 and at the Institute for Advanced Study, Princeton, NJ from 1989 to 1990.

Since 1991 he has been Director of Institute of East-Central Europe in Lublin, Chair of the International Federation of Institutes of East-Central Europe.

In September 1980 he joined the Solidarity movement, and in 1981 he was in charge of the works of the University of the East-Central Region. After 13 December 1981 he collaborates with the underground Solidarity structures. He became a member of Lech Wałęsa’s Civil Committee in 1987 where he belonged to June 1990. In 1989 and 1990 he was Chair of the Civil Committee for Lublin Region. In the years 1989-1990 he was a judge in the State Tribunal. From June 1990 to November 1991 he was a Senator of the Republic of Poland representing Lublin Province, a member of the Commission for Foreign Affairs at the Senate, and a representative of the Polish Parliament in the Council of Europe. Since spring 1990 he has been Chair of the Polish Commission for UNESCO, in the years 1990-1991 - a member of the Executive Board of UNESCO and Chair of the Polish Delegation for the General Convention of UNESCO in Paris in autumn 1991.

His publications include about 700 works, mostly in the history of Christianity in Poland and East-Central Europe. His most recent publications are the following : “Chrześcijaństwo i historia” (Christianity and History) - 1990; “Uniwersalizm i swoistość kultury polskiej” (author and editor) (Universal and Peculiar Aspects of Polish Culture) – vol. I-II – 1990; “Młodsza Europa” (The Younger Europe) – in press: PIW Warszawa; “Historia Europy Środkowo-Wschodniej” (A History of East-Central Europe) – vol. I-II, in press: PUF France.

Jean Tulard

Jean Tulard est membre de l’Académie des Sciences morales et politiques, professeur à l’Université de Paris-Sorbonne et directeur d’Etudes à la IVème Section (Sciences historiques et philologiques) de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes.

On lui doit de nombreux ouvrages sur Napoléon et son époque, dont Le mythe de Napoléon et Napoléon et le cinéma, qui s’attachent à analyser la légende napoléonienne.

Résumé de l’intervention

Un mythe universel : Napoléon

Le propre d’un mythe est son universalité. C’est en cela que le personnage de Napoléon s’est transformé en mythe. On a parlé en France puis en Europe d’une «légende napoléonienne». Cette légende aurait pu se limiter aux champs de bataille où triomphe l’Empereur. Elle s’est étendue à l’Amérique latine, favorisant des références pour les dictatures militaires comme pour les mouvements libéraux, à l’Asie où Napoléon est devenu le symbole du conquérant, et à l’Afrique où certains régimes offrirent même une caricature de l’Empire. Le mythe a été symbole d’oppression comme de liberté.

Comment expliquer cette universalité et plus encore la divergence des regards sur un homme qui appartient à une histoire récente?

Luis Filipe Ferreira Reis Thomaz

Né à S.Domingos de Rana, Cascais, Portugal, en 1942, Luis Filipe Ferreira Reis Thomaz obtient une Licence en Histoire à la Faculté des Lettres de l’Université de Lisbonne, avec une thèse sur Os Portugueses em Malaca (1511-1580). Il est Maître-assistant à la Faculté des Lettres de Lisbonne de 1965 à 1988.

Diplômé de l’ Institut National des Langues et Civilisations Orientales de Paris (malais-indonésien), de l’ Université de Paris III (études indiennes classiques) et de l’ Institut Catholique de Paris (syriaque), 1978-82, il a été Professeur visiteur à l’ École des Hautes Études en Sciences Sociales, à l’ Universiti Kebangsaan Malaysia  de Bangi, Malaisie,  à l’ Universidade da Ásia Oriental, de Macau et à l’ Universidade Estadual de Santa Cruz, Ilhéus, Brésil.

Depuis 1987, successivement professeur auxiliaire, puis professeur associé, à la Faculté des Sciences Sociales et Humaines de l’ Universidade Nova de Lisboa, et chargé de cours de maîtrise en Histoire des Découvertes et de l’ Expansion Portugaise, il dirige des séminaires sur Les Portugais en Orient, Les Portugais dans l’Afrique du Nord, Nautique et Cartographie  et assure un enseignement d’Histoire de l’ Asie, Histoire de l’Océan Indien, Malais, Sanskrit, Ge’ez  et  Syriaque.

Il est l’auteur d’une centaine d’articles publiés dans des revues, encyclopédies et dictionnaires spécialisés, ainsi que de plusieurs livres: De Malaca a Pegu - Viagens de um feitor português (l512-l5l5) (1966),  Timor: Notas histórico-linguísticas (1974), A viagem de António Correia a Pegu em l5l9 (1976), Le Portugal et l'Afrique au XVI siècle (1989),  A Lenda de S. Tomé Apóstolo e a Expansão portuguesa (1991), A Carta que mandaram os Padres da Índia, da China e da Magna China, um relato siríaco da chegada dos portugueses ao Malabar e seu primeiro encontro com a hierarquia cristã local (1992), A questão da pimenta em meados do século XVI – Um debate político do governo de D. João de Castro (1998) et, en collaboration avec Geneviève Bouchon, Voyage dans les deltas du Gange et de l'Irraouaddy en l521 (1988).

Résumé de la communication

La légende du Prêtre Jean est assurément née d’une connaissance vague que l’on avait en Europe occidentale à l’époque des Croisades au sujet de l’expansion de l’église nestorienne dans l’Asie Centrale, déformée par une certaine confusion entre christianisme et bouddhisme: la première référence écrite à la figure du Prêtre Jean qui nous soit arrivée concerne en fait un prince bouddhiste qui a déconfit les turcs seldjoucides en 1141. Très vite la légende se développa, en incorporant des traits nettement mythiques, qui en font une sorte d’utopie avant la lettre, et, en moindre mesure, des éléments de propagande anti-byzantine. La légende apparaît déjà formée dans la soi-disant lettre du Prêtre Jean à l’Empereur Byzantin, qui commença a circuler en Europe occidentale vers 1165.

À partir de c. 1245,  les premiers contacts directs de l’Occident avec l’Asie Centrale provoquent l’érosion de la légende, qui dans la littérature “sérieuse”, historique ou géographique, tend à perdre ses traits merveilleux, mais qui garde toute sa vitalité dans la littérature de caractère plus romanesque. L’érosion est déjà amorcé chez Guillaume de Roebroek, un des voyageurs occidentaux en Asie Centrale, qui, tout en identifiant le Prêtre Jean avec l’un des chefs mongols nestoriens, affirme que dans son royaume il n’y a qu’un dixième des merveilles que l’on disait. La plupart des auteurs identifient le Prêtre Jean avec Toghril, Ung Khân des Keraït, suserain et beau-père de Gengis Khan, dont Marco Polo écrit: "paioient rente et treuage à un grant sire qu'il nommoient en leur langage Une can, qui vaut à dire en françois 'Prestre Jehan'; et ce fu le Prestre Jehan de qui touz li monde parole de sa grant seigneurie".

Mais entre-temps un candidat s’était presenté à la réincarnation du Prêtre Jean d’antan: l’empéreur d’Éthiopie. L’Éthiopie jouissait d’un prestige mytique auprès des chrétiens d’Orient, depuis que l’empéreur Caleb, au VIe siècle, était intrevenu en Arabie en faveur des chrétiens de Nagran persécutés par des juifs. À ce souvenir s’étaient ajoutés des hadiths musulmans, prophétisant que la Kaaba serait un jour détruite par des éthiopiens, puis des légendes affirmant que le négus avait le pouvoir de détourner le Nile ou d’en retenir le cours, ce qui pourrait entraîner la disette en Égypte et, par conséquent, empresser la chute de l’empire musulman.

Il est vrai que l’Occident avait oublié l’existence de l’Éthiopie chrétienne. On n’en trouve des mentions avant la Chronica Slavorum  d’ Arnauld de Lübeck, redigée entre 1209 et 1211. Mais l’écho des campagnes lancés par les empéreurs de la dynastie Salomonide, “restaurée” en 1270 par Yekuno Amlak, contre les musulmans de ses confins accréditèrent, sans doute, les prophéties d’après lesquelles l’islam serait finalement écrasé par un roi d’Éthiopie allié à un mystèrieux roi venu de l’Occident. L’idée d’une alliance entre la chrétienté latine et l’Éthiopie prit du corps dans les premières années du XIVe siècle, peu de temps après la chute de Saint Jean d’Acre, le dernier bastion des croisés en Terre Sainte, en 1291. Avancée en 1307 par Hethum, l’ Arménien, dans son œuvre La Flor des Estoires des parties de l'Orient, elle se répète en 1309 dans le Liber Secretorum Fidelium Crucis  de Marino Sanudo, l’ Ancien, pour se développer dans le De modo Sarracenos extirpandi  du dominicain anglais Guillaume Adam (1319) et se généraliser pratiquement ensuite. On escompte quelque fois l’aide des royaumes chrétiens de Nubie, mais c’est toujours l’Éthiopie qui joue le rôle principal.

L’identification entre le négus abyssin et le Prêtre Jean légendaire se produisit vers la même époque. La cause immédiate en fut, sans doute, la visite d’une ambassade éthiopienne à la cour papale d’Avignon en 1310. La relation originale de cette ambassade ne nous parvint pas, mais nous en trouvons un résumé dans le Supplementum Chronicorum Orbis de l’ augustin Filippo di Bergamo ou Foresti, imprimé en 1483, qui nous présente l’empéreur d’Éthiopie sous les traits du Prêtre Jean de la légende. Cette identification est déjà acceptée tranquillement par Jourdain de Séverac, missionnaire dominicain qui en 1328 fut nommé évêque de Quilon, au Malabar, par le pape Jean XXII. Dans ses Mirabilia Descripta, rédigés entre 1329 et 1338, Jourdain affirme que l’on extrait des escarboucles des os des dragons morts, lesquels "portant ad imperatorem Æthiopum quem vos vocatis Prestre Johan". Cette identification se répète dans la relation du voyage de Frère Jean de Marignolli, la dernière que les papes aient envoyée au Grand Khan (1339-1352), dans le Libro del Conosçimiento de todos los reinos, rédigé par un franciscain espagnol entre 1350 et 1360, et se généralise ensuite.

Cependant, maints textes de caractère plutôt mythique et littéraire, comme Les Voyages de Jean de Mandeville, demeurent fidèles au Prêtre Jean asiatique. Le cas le plus paradigmatique est peut-être celui du Libro del Infante D. Pedro de Portugal, de Gómez de Santistéban, qui entre sa première édition en 1515 et la dernière en 1918, en connut 123! Le Prêtre Jean de la légende survécut ainsi à l’ambassade portugaise de 1521-26 à la cour du négus, dont la relation, écrite par Francisco Álvares, serait a priori censée en représenter la sonnerie de glas.

Au demeurant peut-on affirmer qu’entre la légende du Prêtre Jean et l’Histoire il y eut toujours un dialogue. La légende, qui inspira maints projets d’alliance entre l’Éthiopie et l’Europe, contribua décidément au prestige du mystérieux royaume chrétien de la Corne d’Afrique; mais l’histoire de celui-ci influa non moins décidément sur l’évolution de la légende.

Ségolène Demougin

Mme Ségolène Demougin, après des études universitaires à Strasbourg et à Paris (Université de Paris I et IVème Section de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes) s'est spécialisée dans le domaine de l'histoire sociale et institutionnelle de Rome en privilégiant la prosopographie et la pratique de l'épigraphie latine et grecque. Ses recherches ont d'abord sur les seconde aristocratie de l'Empire, l'ordre équestre, auquel elle a consacré deux ouvrages (L’ordre équestre sous les Julio-claudiens, Rome, 1988 et Prosopographie des chevaliers Julio-claudiens, Rome, 1992), et un Colloque international (L’ordre équestre, histoire d'une aristocratie, IIème s. av. J.-C. – IIIéme s. ap. J. C., Rome, 1999). Bien des aspects de l'histoire administrative, politique et sociale de Rome ont aussi retenu son attention, et actuellement la préparation des Fastes impériaux de l'époque d'Auguste. Directeur de Recherche au Centre National de la Recherche Scientifique et Directeur d'Etudes a la IVème Section de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, elle a publié plus de soixante articles et assuré la publication de douze ouvrages.

Résumé de l’intervention

Empire(s) de Rome

Rome passe pour un empire conquérant, caractérisé par un vigoureux impérialisme, annihilant les peuples conquis, confisquant à son profit leurs territoires, et leur imposant par la force sa conception du monde. En réalité, l'examen des conditions mêmes de l'extension de la puissance romaine amène à nuancer très fortement cette position traditionnelle. Rome a subi l'influence, culturelle, et religieuse, de bien des empires qu'elle a annexés ou détruits. Il existe, à cet égard, une double attraction : les dominateurs conquis par ceux-là mêmes qu'ils venaient de défaire, les vaincus finissant par se rallier, en dépit des réticences originelles, à leur vainqueurs, et aspirant désormais à se fondre dans la romanité. Pour assurer la cohésion de ce monde apparemment disparate sur le plan culturel, la figure du souverain devient et constitue la référence ultime.

Oleg Grabar

Born in 1929, Strasbourg, France.  U.S. Citizen since 1960

Higher Education:

  • Certificat de licence, Ancient History, University of Paris (1948);
  • B.A. (magna cum laude), Harvard University (1950);
  • Certificats de licence, Medieval History and Modern History, University of Paris (1950);
  • Ph.D. (1955), Princeton University, Oriental Languages and Literatures and History of Art.

PROFESSIONAL HISTORY:

Academic

  • 1954-69            University of Michigan: 1954-55 Instructor; 1955-59 Assistant Professor of Near Eastern Art and Near Eastern Studies; 1959-64 Associate Professor; 1964-69 Professor; 1966-67 Acting Chairman, Department of the History of Art.
  • 1969-90            Harvard University: 1969-1980 Professor of Fine Arts; 1973-76 Head Tutor, Department of Fine Arts; 1975-76 Acting Co-Master of North House; 1977-82 Chairman, Department of Fine Arts; 1980-90 Aga Khan Professor of Islamic Art and Architecture.
  • 1990-    Institute for Advanced Study, Princeton: Professor, School of Historical Studies.
  • Retired, 1998.

Other

  • 1964-72            Director, Excavations at Qasr al-Hayr al-Sharqi in Syria (campaigns in 1964, 1966, 1968, 1969, 1970, 1971, 1972).
  • 1972                 Guggenheim Fellowship for completion of excavation reports in Syria.
  • 1978-88            Steering Committee, Aga Khan Program for Islamic Art and Architecture.    
  • 1984-                Executive Committee, Max van Berchem Foundation, Geneva.
  • 1984-88            Executive Committee, American Academy of Arts and Sciences.
  • 1989                 Master Jury, Aga Khan Award.

HONORS AND MEMBERSHIPS:

Winner of the Henry Russell Award, University of Michigan (1958); College Art Association; Medieval Academy of America; American Oriental Society; American Research Center in Egypt; Middle East Studies Association; American Academy of Arts and Sciences; American Philosophical Society; German Archaeological Institute (honorary member); Istituto per gli Studi del Medio e Estremo Oriente, Roma (honorary member); The British Academy (Corresponding Fellow); Austrian Academy (Honorary Member); Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, membre correspondent; Levi della Vida medal, UCLA (1996); Charles L. Freer medal for contributions to the a study of the arts of Asia (2001).

LECTURESHIPS:

Matthews Lectures at Columbia University in 1967; Baldwin Lectures at Oberlin in 1969; Kevorkian Lectures at New York University, Mellon Lectures at the National Gallery, Washington, D.C., in 1989.  Institut du Monde Arabe lecturer, 1992; Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, 1993; Collège de France, 1995.

Author of 18 books and 132 articles, most recently:  The Great Mosque of Isfahan (New York University Press:  New York, 1990). The Mediation of Ornament (Princeton University Press:  Princeton, 1992). Penser l'art islamique: Une esthétique de l'ornement (Bibliothèque Albin Michel Idées: Paris, 1996).  L'Ornement: Formes et Fonctions dans l'Art Islamique (Flammarion:  Paris, 1996). The Shape of the Holy (Princeton University Press, 1996). The Dome of the Rock (with Saïd Nuseibeh) (Rizzoli, 1996); La Peinture Persane (Paris, 1999); Mostly Miniatures (Princeton, 2000).

Résumé de l’intervention

Rêves d'empire dans le monde de l'Islam

La culture islamique est et a été dès ses débuts en contact géographique avec toutes les civilisations d’Europe, d’Asie et d’Afrique et, en particulier, avec leurs empires. Chronologiquement, la culture islamique a pris la relève de plusieurs grands empires disparus, dont le souvenir, cependant, restait souvent vivace. Dès son premier siècle, la culture islamique a créé une et, éventuellement, plusieurs idéologies impériales, souvent rejetées par l’éthique et le droit musulmans d’inspiration religieuse, mais néanmoins inspiratrices d’arts visuels et littéraires.

Cette intervention prendra quelques exemples d’individus –Alexandre le Grand, Salomon, les deux Khosros du monde sassanide, Tamerlan, Akbar-- et d’événements anecdotiques –attendre les limites du monde, compétition entre peintres de pays différents-- et cherchera à montrer comment ces personnages, tous historiques, et ces événements, tous fictifs, illustrent diverses manières de se voir soi-même à travers une transformation de  l’Autre ou bien de se valoriser en s’universalisant. On évitera l’historique de ces caractères et on se bornera a proposer des jalons pour des études encore à venir.

Berhanou Abebe

Born in 1932, Addis Abeba, Ethiopia
Nationality: Ethiopian

EDUCATION

  • 1965                     Ph. D. (*3ème cycle) - Great distinction, Sorbonne.
  • 1965-1966            Licence ès-Lettres- in view of the PhD. - Sorbonne.
  • 1954-1957            Bachelor of Law.            Law School - Paris
  • 1960 1961            Diploma in International Relations - French Ministry of Foreign Affairs (under the
                                 auspices of the United Nations). Great Distinction.

OCCUPATION

1991               Associate professor-History department:  teaching and advisory functions.

                       Member of the post Graduate Commission. Lecturer in the École Nationale des Langues Orientales -
                       University of Paris.

1988              External Relations officer as of Tekemt 14, 1981. (A.A.U)

1980              Assistant professor A. A. university-History Department.

1978-1979    Founder and Head of the International Cultural Relations Ministry of Culture.

1976-1977     Member of the Supreme Council and Director of Exhibitions in the2nd world Black and African Festival                       of Arts and Culture, ''Festac 77'', Lagos (Nigeria).

1974-1978    Chief Expert for the establishment of the Ministry of Culture, and Head of the Centre for the Research
                     and Preservation of Cultural Heritage.

1973-1974    Deputy General Manager of the AA-Djibouti Franco-Ethiopian Railways.

1967-1973    Director of the Hayle-Sellassie Prize Trust, by  appointment of HIM.

1967              Addis Ababa University-Institute of Ethiopian Studies. Head Ethiopic Manuscripts

1966              Lecturer in the École Nationale des Langues Orientales -University of Paris

PUBLICATIONS

  • "Histoire de l'Éthiopie" 1998
  • The VIIth pan-African Congress: Co-editor of the proceedings 
  • Biography of three Ethiopian lexicographers
  • "Evolution de la propriété foncière au Choa (Éthiopie)"
  • Several conference papers and several television documentaries on Ethiopian history.

MEMBERSHIP

  • Member of the University Senate. (1979 - 1991)
  • Member of the National Academy of Ethiopian Languages (Ethiopia)
  • Member of the Permanent Council of African Arts and Culture; (Dakar - Lagos). 
  • Secretary General of the Pan-African Congress of Pre-history and Quaternary Studies.  Now vice - President of the same.
  • On going French - Amharic dictionary project

DISTINCTIONS

  • Officier de l'Ordre du Mérite
  • Officier des Palmes Académiques (France)
  • Commandeur Arts et Lettres - (France).
  • Commandeur de l'Étoile de Hayla-Selassie (Ethiopia).

Jean Chesneaux

Né en 1922, Jean Chesneaux est Agrégé d’histoire (1945), Docteur ès-lettres (1962)

Directeur d’études honoraire à l’ EPHE (VIème Section, devenue l’EHESS, Professeur émérite à l’ Université Paris-VII. Ses recherches et son enseignement portent sur l’Asie orientale et le Pacifique, aux XIXème et XXème siècles.

Il a accompli de nombreux voyages d’étude (outre l’Asie orientale) dans les archipels du Pacifique, la région caraïbe, les DOM-TOM français.

Publications récentes (outre l’histoire contemporaine de la Chine et du Vietnam) :

  • Transpacifiques, Paris, 1992
  • La France dans le Pacifique, de Bougainville à Mururoa, Paris, 1992
  • Habiter le Temps, Paris, 1996
  • L’Art du Voyage, Paris, 1999
  • Jules Verne, un regard sur le monde, Paris, 2001

Résumé de l’intervention

La mini-insularité comme relais fonctionnel des systèmes impériaux modernes

Pendant des siècles, l’expansion occidentale dans le monde accordait la préférence à des « points d’appui » insulaires, à la fois relais de navigation, comptoirs commerciaux, « présides » militaires, plus tard dépôt de charbon pour la navigation à vapeur. Ainsi Timor ou Zanzibar, Corée, Singapour ou les Falklands.

Aux XIXème et XXème siècles, les ambitions impériales des puissances coloniales s’attachèrent surtout à construire outre-mer de vastes ensembles territoriaux, en Afrique et en Asie notamment. Mais les mini-colonies et micro-colonies conservaient un rôle d’appoint, renforcé par leur « rente de situation », leur ancienneté.

Depuis le grand mouvement dit de « décolonisation » (qui bien souvent fut plutôt une retraite devant les luttes de libération populaires), la plupart des ex-colonies insulaires sont devenues des états indépendants, exigus sinon minuscules. Seuls la France, les USA et marginalement les Pays-Bas ont maintenu leur souveraineté sur des îles ou groupes d’îles, dans le Pacifique, la Mer des Caraïbes, l’Océan indien.

Mais, quel que soit leur statut en droit international, ces petits territoires insulaires continuent à assurer une fonction originale, « systémique » et pas seulement géo-stratégique. A la fois comme bases à la disposition des grands états modernes ; comme entrepôts et relais techniques pour les échanges et les communications ; et bien souvent aussi comme « paradis fiscaux » et bases d’opérations pour les transactions interlopes.

Bruno Neveu

  • Ancien élève de l’Ecole des Chartes
  • Archiviste-paléographe
  • Ancien membre de l’Ecole française de Rome
  • Docteur ès-lettres
  • Docteur en droit
  • Directeur d’Etudes à la Section des Sciences historiques et philologiques de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes
  • Président de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (1994-1998)
  • Membre de l’Institut (Académie des Sciences morales et politiques)
  • Historien de l’âge classique en Europe (XVIIème et XVIIIème siècle), particulièrement l’histoire des idées et des institutions religieuses

Principales publications :

  • Sébastien Joseph Du Cambout de Pontchâteau (1634-1690) et ses missions à Rome, 1969
  • Un historien à l’école de Port-Royal : Sébastien Le Nain de Tillemont (1637-1698), 1966
  • Correspondance du nonce en France Angelo Ranuzzi (1683-89), 2 vol., 1973
  • L’Erreur et son juge. Remarques sur les censures doctrinales à l’époque moderne, 1993
  • Erudition et religion au XVIIème et au XVIIIème siècle, 1994
  • Les facultés de théologie de l’université de France, 1805-1885, 1998
  • Articles sur l’histoire diplomatique, intellectuelle et spirituelle de l’Europe moderne, les universités, le pontificat romain, les rapports entre critique et dogme, le gallicanisme

Antoine Valéry

  • Né en 1946 à Paris
  • Avocat à la Cour d’appel de Paris (depuis 1971)
  • Premier secrétaire de la Conférence du Stage (1976)
  • Chargé de mission à la Délégation française auprès de la Commission consultative des barreaux de la Communauté européenne (1984-1985)
  • Secrétaire de la Commission internationale et communautaire de l’Ordre (1989)
  • Membre du Conseil de l’Ordre (1/1/1989 – 13/1/1992)
  • Administrateur suppléant de la Caisse nationale des barreaux français (1992 – 1998)
  • Membre de l’Association française d’arbitrage
  • Membre du groupe de travail « Aspects pénaux et pénitentiaires » du Comité d’études sur la violence et la délinquance, installé par la Premier Ministre en 1976
  • Secrétaire général (depuis 1978) puis vice-président (depuis 1999) de l’Institut de formation en droits de l’homme du Barreau de Paris
  • Délégué à la Conférence mondiale sur l’indépendance de la Justice (1983)
  • Membre de la Commission extra-municipale de concertation des droits de l’homme de la Ville de Paris
  • Membre du groupe de travail sur la protection de l’enfant, mis en place par le Ministre délégué à l’action humanitaire et aux droits de l’homme (1993)
  • Expert invité par l’UNESCO (1987)
  • Conseiller de la Délégation française aux sessions de la Conférence générale de l’UNESCO (depuis 1987)
  • Membre (depuis 1991) de la Commission de la République française pour l’éducation, la science et la culture – Commission française pour l’UNESCO – et président (depuis 1999) du Comité Droits de l’homme et questions éthiques
  • Chevalier de l’Ordre National du Mérite (1986)

Rudolf Joó

Born in 1946, Mr Rudolf Joó holds a B.A. in International Relations from Budapest University of Economics (1969), a Ph.D. in Political Science from the Hungarian Academy of Sciences (1985), a Master’s degree in Public Administration from Harvard University (1991) and a Doctorate in Defence Studies from Budapest National Defence University (1999).

Mr Joó has held several academic posts, including Research Fellow at the Hungarian Institute for International Relations then Senior Fellow at the Budapest Institute for Central European Studies (1970-1980), Lecturer (1977-1988) in the Faculty of Law at Eötvös University, Budapest, Visiting Professor (1989-1990) of Political Science at University of Lyon "Lumières", Visiting Fellow (1994) at the Western European Union Institute for Security Studies in Paris, and Professor (1995-1997) of Political Science and Democratic Defence Management at George C. Marshall European Centre for Security Studies, Garmisch-Partenkirchen, Germany.

From 1991 to 1994, Mr Joó served the Hungarian Government as Undersecretary of Defence. Appointed Deputy State Secretary for Multilateral Relations in the Hungarian Ministry of Foreign Affairs in 1998, he was actively involved in the design and implementation of Hungarian initiatives within the framework of joint programmes launched by the Stability Pact for Southeastern Europe, relating to human rights, good governance, free media and gender equality issues. In 1999 he was appointed as Ambassador Extraordinary and Plenipotentiary and Permanent Representative of Hungary to the United Nations and other international organizations in Geneva, Switzerland.

Mr Joó was a member of the Hungarian Delegation to the sessions of the UN General Assembly in 1998 and 1999. He was head of the Hungarian Delegation at the UNESCO General Conference in 1999; he also led his delegation at the OSCE-Mediterranean partners conference on the "Human Dimension of Cooperation" held in Amman, Jordan, in December 1999. As an active researcher, Mr Joó notably co-directed a joint Hungarian-Slovenian research programme on minorities living in Hungary and Slovenia. He was also involved in a multinational assessment mission to West and Central Africa to assist democratic institution-building in civil-military relations. He has collaborated with several international non-governmental organizations, think tanks and foundations concerned with peace, democracy and human rights. He is a member of the International Jury for the Robert Schuman Prize, the Hungarian National Committee "Justitia et Pax", the Comité Directeur du Centre international de Formation européenne and the Senior Advisory Council of George C. Marshall Centre for Security Studies. He has published a number of books and journal articles on problems of multiculturalism and inter-ethnic coexistence, issues of international security and democratic defence management.

In April 2001 Mr Rudolf Joó was appointed to the post of Director of the Division for Peace, Human Rights, Democracy and Tolerance in the UNESCO Social and Human Sciences Sector.

Abdelkébir Khatibi

Abdelkébir KHATIBI, né en 1938 à El Jadida (Maroc), est chercheur en sciences sociales, écrivain, directeur de l’Institut Universitaire de la Recherche Scientifique, Rabat.

Citons parmi ses ouvrages en sciences sociales : Vomito blanco (1974), Maghreb pluriel (1983), Figures de l’étranger (1987), L’Art calligraphique de l’Islam (1995).

Il est également romancier : La Mémoire tatouée (1971), Le livre du sang (1979), Amour bilingue (1983), Un été à Stockholm (1990) ; poète : Le Lutteur de classe à la manière Taoïste (1976), Dédicace à l’année qui vient (1986).

Résumé de l’intervention

L’universalisme et l’invention du futur

L’universalisme de demain, animé par plusieurs pôles de civilisation, est préformé, déterminé par la puissance productive des pays et leurs capacités d’œuvrer dans une nouvelle expérience du monde.

Puissance productive qui s’appuie sur l’avancée des techno-sciences, qui ont des effets directs et indirects – et à long terme – sur les pays, leurs sociétés, leurs traditions, leurs croyances, leurs cultures, leurs manières de vivre. La civilisation continue par d’autres voies que la civilisation patrimoniale, qui est ainsi délocalisée.

Dans quelle mesure le monde arabe qui jouit d’une tradition vénérable et d’une puissance matérielle peut-il renforcer un pôle de civilisation autonome et individualisé, sans être dilué et agrégé à d’autres configurations du monde ?

François-Xavier Guerra

Né en 1942. Professeur d’Histoire contemporaine à l’Université de Paris I depuis 1985. Directeur du Centre de Recherches d’Histoire d’Amérique latine et du Monde ibérique de l’Université de Paris I-Sorbone. Spécialiste d’histoire politique et culturelle du monde hispanique, il s’est consacré d’abord à l’étude de la Révolution mexicaine (Le Mexique de l'Ancien Régime à la Révolution, Paris, L’Harmattan,1985, 2 vol.). Depuis plusieurs années, il travaille sur la période de la Indépendance, les révolutions libérales et la construction de la nation dans le monde hispanique, auxquelles il a consacré plusieurs ouvrages, dont Modernidad e Independencias. Ensayos sobre las revoluciones hispánicas, 3a éd., Mexico, Fondo de Cultura Econlmica, 2000).

Outre la publication des dizaines d’articles, il a organisé et dirigé de nombreux colloques et ouvrages collectifs :

  • avec A. Annino et L. Castro Leiva, De los Imperios a las naciones. Iberoamérica, Zaragoza, 1994,
  •  avec M. Quijada, Imaginar la Nación, Münster-Hamburg, 1994,
  •  Mémoires en devenir. Amérique Latine. XVIe-XXe siècles, Bordeaux,1994,
  •  Las Revoluciones hispánicas. Independencias americanas y liberalismo español Madrid, 1995,
  •  avec A. Lempérière, Los espacios públicos en Iberoamérica. Ambigüedades y problemas. Siglos XVIII-XIX. México, 1998.

Résumé de l’intervention

L’Euroamérique : la constitution d’un espace culturel commun

L’une des problématiques les plus courantes dans les analyses de l’Amérique latine considère ses relations avec l’Europe dans l’optique de l’extériorité. Il s’agira ici, par contre, d’examiner la constitution de l’Amérique latine comme un long et complexe processus d’hybridation culturelle. A l’occidentalisation des populations autochtones correspond le déracinement des Européens, l’intensification des processus de métissage biologique et culturel et l’invention de nouvelles identités.

Le lien Europe-Amérique latine ne se limite pas à la période où l’Amérique latine a fait partie des Monarchies ibériques, mais se continue et s’intensifie même après les indépendances grâce à une nouvelle immigration, aux échanges avec d’autres pays européens et au développement des moyens de communication.

C’est pourquoi les deux continents partagent maintes conjonctures culturelles dans des domaines très divers : religieux, politiques, juridiques, artistiques. Mais partager ne veut pas dire que les phénomènes soient identiques des deux côtés de l’Atlantique ni que leurs relations mutuelles soit symétriques. Pendant longtemps l’Amérique latine a regardé vers l’Europe, comme un modèle de civilisation, mais en adoptant, modifiant ou recréant les apports européens, selon les circonstances propres à chaque pays et à chaque époque. Dans des périodes plus récentes c’est l’Europe qui y est allée chercher des modèles littéraires ou des projets idéels de transformation sociale.

C’est la structuration de cet espace culturel commun et son évolution dans le temps qui seront le principal objet de cette communication.

Christophe Wondji

Après des études supérieures d’histoire à l’Université de Paris (Sorbonne), Monsieur Christophe Wondji s’est spécialisé dans l’histoire de l’Afrique qu’il a enseignée pendant treize ans à l’Université d’Abidjan (Côte d’Ivoire). Deux préoccupations essentielles ont marqué ses activités de recherche : d’abord, un questionnement de type épistémologique concernant la conception et la pratique de l’histoire dans les cultures africaines, qui a abouti à des articles reflétés dans un ouvrage publié sous sa direction : « La chanson populaire en Côte d’Ivoire, Présence Africaine, Paris, 1986 » ; ensuite, un examen historique des contacts entre les sociétés africaines et l’Europe pendant la pénétration et la conquête coloniales que reflètent deux ouvrages : « Le prophète Harris. Le Christ noir des Lagunes, Paris, ABC, 1985 » et « La Côte Ouest africaine, du Sénégal à la Côte d’Ivoire, 1500 – 1800, Paris, L’Harmattan, 1985 ». Délégué permanent adjoint de la Côte d’Ivoire auprès de l’UNESCO puis fonctionnaire du Secrétariat de l’UNESCO chargé des projets d’histoire, Monsieur Wondji a participé à la rédaction et à la publication de la collection « Histoire générale de l’Afrique » dont il a été le codirecteur du volume VIII : « L’Afrique depuis 1935 ».

Résumé de l’intervention

Visions africaines de l’Europe et quête d’une nouvelle solidarité mondiale

L’objet de cette communication est de montrer quels ont été les regards que les Africains de diverses régions ont portés sur les Européens à travers les différentes étapes de leurs relations séculaires.

Il s’agira d’abord de camper l’homme européen dans l’imaginaire des Africains de la tradition pré-coloniale, qui percevaient l’Europe et ses hommes dans une relation de différence absolue (apparence physique, société et culture). On dégagera ensuite l’évolution de cette vision de l’Europe à travers les principaux moments des relations de ce continent avec l’Afrique. Enfin, la vision des Africains actuels est tout à fait différente de celle de leurs ancêtres dans la mesure où l’Europe d’aujourd’hui leur apparaît plus proche et plus familière, mais en même temps socialement plus lointaine et moins chaleureuse.

Après cet aperçu historique des différentes visions, on s’attachera à formuler ce que les Africains attendent aujourd’hui de l’Europe dans la construction d’une humanité nouvelle et plus solide.

Jacques Le Rider

Né en 1954, Jacques Le Rider est Directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (Section des Sciences historiques et philologiques), direction d’études « Histoire européenne. L’Europe et le monde germanique », depuis septembre 1999.

Il a reçu en 2000 le Prix de la recherche de la Fondation Alexander von Humboldt (Forschungspreis der Alexander von Humboldt-Stiftung)

Dernières publications :

  • Modernité viennoise et crise de l’identité, Paris, Presses Universitaires de France, coll. Perspectives critiques, 1990, réédition en collection Quadrige, 2000
  • Nietzsche en France, de la fin du XIXe siècle au temps présent, Paris, Presses Universitaires de France, coll. Perspectives germaniques, 1999
  • Journaux intimes viennois, Paris, Presses Universitaires de France, coll. Perspectives critiques, 2000
  • Johann Wolfgang Goethe, Ecrits autobiographiques 1789-1815 : Annales, Campagne de France, Siège de Mayence, Rencontre avec Napoléon, 1808, trad. Jacques Porchaat, révisée, complétée et annotée par Jacques Le Rider, Paris, Editions Bartillat, 2001

Résumé de l’intervention

De la pluralité des cultures à la civilisation européenne : transferts culturels et construction des identités

Tandis que le comparatisme a tendance à considérer des aires culturelles homogènes et closes, pour mieux les comparer, accentuant les différences et découvrant des universaux très hypothétiques qui ne sont parfois que la version savante de stéréotypes populaires, l’analyse des transferts culturels permet de relativiser l’idée même d’« identité culturelle ». Elle met l’accent sur les passages et les processus d’acculturation. Elle se rapproche de l’anthropologie et de l’ethnologie qui étudient l’acculturation et les processus interculturels et intraculturels de différenciation.

Il existe par exemple une histoire allemande de la France et une histoire française de l’Allemagne. Chaque culture nationale, au regard de la théorie des transferts, se révèle une construction idéologique, variable selon les époques, souvent recomposée, en particulier durant les périodes de crise. Les transferts interculturels résultent alors de phénomènes de rejet, de refoulement, d’efforts de dissimilation, de résistance à la diffusion d’un système culturel majoritaire. L’image de l’autre est constitutive de l’image de soi. La représentation de l’ennemi détermine le discours sur l’identité nationale propre. Il n’y a pas de forma mentis française qui s’opposerait à une « mentalité allemande ».

En Europe centrale, du XIXe siècle à la Deuxième Guerre Mondiale, la langue allemande joue le rôle de langue véhiculaire pour divers champs du savoir technique et scientifique, pour la philosophie, tandis que la langue française est la voie d’accès à la littérature et aux beaux-arts. On peut donc parler de cultures d’usage parallèles, en Pologne, en Bohême, en Roumanie, etc. L’épanouissement de la culture russe contemporaine donne à cette aire culturelle un rayonnement de plus en plus grand. Mais n’imaginons pas l’Europe centrale seulement comme un système solaire dans lequel les aires culturelles tournent autour de la Germania et de la Francia comme des planètes sur orbite. Il faut aussi concevoir un système pluricentrique, comportant des constellations de voisinage, des réseaux régionaux et transfrontaliers.

Pour les Européens, identité rime avec pluralité : multiethnicité, multiculturalité. Cette interculturalité génératrice de conflits est aussi la principale explication de la créativité  européenne. Mais la notion de pluralité n’appelle pas nécessairement celle de pluralisme (si l’on entend par pluralisme une coexistence harmonieuse de différents groupes sociaux et culturels). En réalité, la pluralité n’apparaît pas toujours comme un bonheur aux nations que l’histoire a mêlées et l’aspiration à un ordre « holiste », à un tout homogène (on dirait aujourd’hui à la « purification ethnique ») se manifeste régulièrement.

Mounir Bouchenaki

Mounir Bouchenaki est né en 1943 à Tlemcen, Algérie.  Il est titulaire d’un diplôme d’études supérieures d’histoire de la Faculté des lettres d’Alger (Algérie) et d’un doctorat en archéologie et histoire ancienne de la Faculté des lettres d’Aix-en-Provence (France).  De 1975 à 1981, il a exercé les fonctions de sous-directeur puis directeur des beaux-arts, monuments et sites au Ministère de l’information et de la culture à Alger.

Entré au Secrétariat de l’UNESCO en 1982, en qualité de spécialiste du programme à la Division du patrimoine culturel du Secteur de la culture, il a été promu en 1985 chef de la section de l’action opérationnelle et de la formation, puis directeur de la  division en 1992.  De février 1999 au septembre 2000, il a assuré en parallèle l’intérim de la direction du Centre du patrimoine mondial.   Il a été nommé sous-directeur pour la culture le ler novembre 2000 (poste  dont il était en outre chargé de l’intérim depuis le ler janvier 2000).

Mounir Bouchenaki est l’auteur de plusieurs ouvrages et articles consacrés à la recherche archéologique et à la protection du patrimoine culturel.

Il a été décoré “Chevalier des Arts et des Lettres” et “Officier des Arts et des Lettres” par le Ministère de la Culture de la France ; il a également été décoré par le Ministère de la Culture de la Pologne.  Son travail dans le domaine du patrimoine culturel a été reconnu en 2000 par l’attribution du prix ICCROM (Centre international  d’études pour la conservation et la restauration des biens culturels).

Résumé de l’intervention

L'UNESCO et la diversité culturelle

L'objectif de cette intervention est de mettre en relief l'importance stratégique du concept de diversité culturelle à l'aube du XXIe siècle comme source de création pour la culture et le développement humain dans son ensemble, et d'inspiration pour la paix.

Comme cela a été souvent rappelé, la diversité culturelle est constitutive de l'identité de l'humanité et elle est un bien commun à tous. A ce titre, elle représente une source de richesse individuelle et collective et doit donc être reconnue et affirmée pour le bénéfice des générations présentes et des générations futures. Sa première acception est la reconnaissance et la promotion de la pluralité des cultures au sens le plus large du terme. Mais il n'y a diversité que sur fond d'unité, et la reconnaissance étendue des différences culturelles, avec tout ce qu'elle comporte, est par nature une affirmation de l'unité fondamentale du fait humain, toutes ces différences s'observant sur un fond homogène, le génome, que nous avons, tous, en commun.

Il y a d'autres manières d'illustrer ce principe d'unité qui sous-tend l'idée même de diversité: la première et la plus fondamentale vise l'universel, qui est, bien davantage encore que la diversité, à la racine des ambitions, de la raison d'être et du mandat de l'UNESCO. La seconde est de considérer la diversité du point de vue théologique des valeurs positives et unificatrices que nous lui associons, lorsque nous la présentons comme un chemin vers un monde de paix et de tolérance.

Doudou Diène

Né au Sénégal en 1941, Doudou Diène est lauréat du Concours général de philosophie du Sénégal, titulaire d'une licence en droit de l'Université de Caen, d'un D.E.S. en droit public de l'Université de Paris et diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences politiques).

Entré en 1977 au secrétariat de l’UNESCO, il est nommé en 1980 Directeur du Bureau de liaison avec les Nations Unies, avec les Missions permanentes et les départements de l'ONU à New York. Auparavant, il avait occupé le poste de Représentant adjoint du Sénégal auprès de l'UNESCO (1972-1977)  et à ce titre, Vice-président et Secrétaire du Groupe africain et du Groupe des 77.

Entre 1985-87, il occupe les fonctions de Sous-directeur général adjoint pour les Relations extérieures, Porte-parole du Directeur général et Directeur par intérim de l'Office de l'information du public.  Après avoir occupé le poste de Directeur du Projet « Étude intégrale des Routes de la soie: Routes de dialogue » pour revitaliser le dialogue entre l’Orient et l’Occident, il est nommé Directeur de la Division des Projets interculturels en 1993 (actuellement Division du Dialogue interculturel).  Dans ce cadre il est également responsable des projets de dialogue interculturels qui portent sur des aires géo-culturelles comme : La Route de l’Esclave, Les Routes de la Foi, Les Routes d'Al-Andalus et Les Routes du Fer en Afrique. En 1998 il est désigné responsable des activités relatives au dialogue interreligieux.

D. Diène a participé à  plusieurs émissions  de radio et de télévision :  "Neuf siècles de Guerres saintes" : Mai 1996, UNESCO/ARTE; février 1998  «Sur la piste des caravanes : L’endroit de toutes les rencontres » et  mars 2000 « Sur la Route des épices » UNESCO/NDR/ARTE  ; avril 1998 FR3 , émission THALASSA consacrée à « La route des esclaves ».  Co-auteur du livre "Patrimoine culturel et créations contemporaines" et du vol. 35/N°2 du "Journal of International Affairs" traitant du Nouvel ordre mondial de l'information, il a également publié de nombreux articles sur la problématique du dialogue interculturel et interreligieux dans des revues comme Archeologia, Historia, Sciences et Vie, Actualité des Religions, Diogène, etc. Il a dirigé la publication du livre « La chaîne et le lien », UNESCO, 1998, a écrit la préface de « Tradition orale et archives de la traite négrière », UNESCO, 2001, ainsi que l’éditorial du « Bulletin d’information N°2 de la « Route de l’Esclave », UNESCO, 2001.

Felipe Fernández-Armesto

Felipe Fernández-Armesto studied at Oxford (Arnold Prize 1971. 1st-class Honours 1972, D.Phil. 1977) and has been a member of the Faculty of Modern History there since 1983. He is also a Professorial Fellow of Queen Mary, University of London, where he teaches history and geography, and is well known in the U.K. for journalism and broadcasting (especially his appearances as the presenter of the BBC’s Analysis).

His recent books include Millennium (latest ed. London, 1999), Truth: a History (New York, 1998), Las Islas Canarias después de la conquista (Las Palmas, 1998) and Civilizations: Culture, Ambition and the Transformation of Nature (New York, 2001). His work has been translated into twenty-two languages and reviewers have likened him to Gibbon, Montesquieu, Toynbee, and Braudel.

Recent honours include the Caird Medal of the National Maritime Museum, London (1995), the John Carter Brown Medal(1999), Fellowship of the Netherlands Institute for Advanced Study in the Humanities and Social Sciences (1999), and a Union pacific Visiting Professorship at the University of Minnesota (2000). His latest book, FOOD: A HISTORY will appear in the U.K. in October, 2001.

Résumé de l’intervention

Recognizing Civilizations:  cultural contacts in global history and the role of the 'Stranger-effect'

I attempt a synoptic study of two problems which have been prominent in my recent work.  First, in view of the widespread abuse of the word 'civilization' and the many conflicting or uneasily-reconciled meanings ascribed to it, how do we recognize civilization - how, in Clark's words, do we 'know it when we see it?' How, more generally, do societies which differentiate themselves from their neighbours in terms analogous to our dichotomy, civilization and barbarism, recognize other societies as civilizations?

Secondly, when such societies meet, or when cultural encounters generate conflicting judgments about who is civilized and who is not, what is the role of what I call the 'Stranger-effect'? By 'Stranger-effect', I mean the effect arising from differences in the ways different cultures have of responding to the presence of the stranger and, more particularly, the habit some cultures have of valuing or even deferring to the stranger, rather than evincing hostility or mistrust.

   

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| dernière mise à jour : 07/12/01