La situation du secteur du livre et son degré de développement professionnel sont fonction Le processus et du degré de développement des principales composantes d’une chaîne du livre et de leur interaction. les compétences professionnelles Ces facteurs dépendent de la possibilité d’employer des gens compétents et de la qualité professionnelle des diverses opérations intervenant qui permettent de faire passer un livre de l’état de manuscrit à sa forme finale, placée entre les mains du lecteur. dans le métier d'éditeur |
Ce chapitre est consacré à l’examen du processus éditorial et des compétences professionnelles, et autres éléments auxquels il fait appel. Avant qu’un livre imprimé ne parvienne entre les mains d’un lecteur, il est nécessairement passé par quatre phases distinctes.
Dans tout processus éditorial, la première phase consiste à identifier et élaborer des projets viables. Un éditeur a besoin de déterminer ce qu’il doit publier, les marchés sur lesquels il va vendre et quelles conditions commerciales il peut offrir. Avant de prendre la décision d’éditer un manuscrit, on établit un devis prévisionnel. Celui-ci comprend les coûts d’élaboration, les coûts de fabrication et les coûts de commercialisation. C’est à ce stade que se fait l’estimation de l’importance du texte (nombre de pages), de la quantité de couleur à utiliser et du tirage. Les autres détails qu’on peut utilement appréhender à ce stade sont le nombre d’illustrations, le type de papier à utiliser pour le texte, le type de carton pour la couverture et la reliure. Si le livre est destiné à la vente (plutôt qu’à une distribution gratuite, par exemple), une étude de marché indiquera un prix de détail recommandé, et il faudra encore calculer les remises à appliquer aux ventes en gros et aux ventes groupées.
Lorsque la décision concernant ce qu’on va publier est prise, le processus d’élaboration débute. On commence par rédiger un descriptif sommaire qui est distribué à des auteurs possibles. En fonction de leurs réactions, on identifie un auteur (ou parfois plusieurs) qui a les plus fortes chances de satisfaire aux exigences du descriptif. Cette personne devra avoir un talent de rédacteur éprouvé et une juste appréciation des caractéristiques du public auquel le livre est destiné. Elle devra, en outre, avoir la réputation de respecter les délais et de savoir intégrer les corrections à partir du moment où le travail éditorial commence. En sens inverse, un auteur pourra proposer à l’éditeur un manuscrit qui correspond à un besoin déjà identifié. En ce cas, l’auteur est engagé sous contrat, stipulant en détail les obligations des deux parties, et le calendrier des livraisons et des paiements.

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Fig. 2. Planification et prise des décisions dans une maison d’édition

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Fig. 3. Du manuscrit au livre imprimé. Organigramme A : Établissement des manuscrits (sauf manuels scolaires et matériels d’apprentissage)

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Fig. 4. Du manuscrit au livre imprimé. Organigramme B : Élaboration des manuels scolaires et autres matériels d’apprentissage
Il est de plus en plus prévisible désormais que tout projet d’édition fasse appel à l’ordinateur, aux stades du traitement de texte, de la maquette et de l’impression. Une question générale qui doit être réglée au stade de la planification de tout projet est celle de la compatibilité des logiciels qui seront utilisés par l’auteur, le maquettiste, la maison d’édition et l’imprimeur. Il faut être particulièrement attentif à la manière de transférer sur disque d’un système à un autre l’information présentée sous forme de graphiques et de tableaux.
Dès réception de la première version du manuscrit, le texte est soumis au traitement éditorial. L’auteur est censé avoir veillé à l’exactitude factuelle des informations qu’il fournit, mais elles devront néanmoins être vérifiées. Le responsable éditorial examinera également la structure générale du manuscrit et, sans perdre de vue la finalité du texte, il apportera à sa présentation les modifications qu’il jugera nécessaires pour plus de clarté et de lisibilité. Le responsable éditorial établira aussi un descriptif des illustrations à l’intention du responsable de la mise en page. Certains éléments d’illustration pourront être déjà prêts : d’autres devront éventuellement être commandés à des illustrateurs ou des photographes. Le texte est ensuite transmis au responsable de la mise au point qui vérifie la cohérence interne de l’orthographe et du style. Le responsable de la mise au point annote le texte à l’intention du responsable artistique en indiquant les titres des chapitres, les sous-titres et autres précisions relatives au texte.
La deuxième phase est celle de la mise en page. Le responsable éditorial rencontre le responsable artistique pour des discussions préliminaires sur la conception graphique et la maquette (format, caractères, illustrations, usage de la couleur). A ce stade, il est important que le responsable artistique soit parfaitement fixé sur le contenu du descriptif initial, car tout écart peut entraîner de considérables dépassements du devis. Le directeur artistique, ou responsable artistique, passe commande aux compositeurs/maquettistes et aux illustrateurs (si nécessaire), et entreprend la réalisation du travail correspondant au descriptif. Le responsable éditorial (et parfois l’auteur) corrige la mise en page aux stades de la prémaquette et de la maquette finale, et donne le feu vert pour l’envoi à l’imprimeur.
La troisième phase est la fabrication. Si la fabrication est confiée à un imprimeur extérieur, il faut avoir reçu les devis d’impression et accepté les contrats au moment où le responsable éditorial et le responsable artistique se mettent d’accord sur un projet préliminaire. Un premier tirage d’épreuves sera fourni par l’imprimeur et toutes les erreurs flagrantes apparaissant dans le texte ou la mise en page seront corrigées. Aucun travail éditorial ne doit avoir lieu à ce stade.

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Fig. 5. Du manuscrit au livre imprimé. Organigramme C : Mise au point avant impression et fabrication

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Fig. 6. Structure et fonctionnement d’une maison d’édition bien organisée
Source : Extrait de Profession : éditeur – Édition et gestion. UNESCO/Hurtubise, 1993.
Un dernier ensemble d’épreuves est alors examiné et le projet est approuvé. Un premier exemplaire imprimé reçoit le " bon à tirer " : alors seulement l’impression finale peut commencer. Une fois le texte imprimé, les pages sont coupées au format, collationnées, reliées, rognées, la dernière opération étant l’emballage.
La quatrième phase a trait au stockage, à la distribution, à la promotion et à la vente. Elle est souvent considérée comme la partie la moins intéressante de l’édition, mais, sans un système de distribution et de vente bien organisé et bien rodé, le livre n’arrivera pas jusqu’aux lecteurs et la base financière de toute l’opération s’effondrera. La distribution est une affaire des plus complexes qui nécessite une gestion attentive, un personnel très compétent et une grande attention au détail.

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Fig. 7. Le service éditorial
Source : Extrait de Profession : éditeur — Édition et gestion. UNESCO/Hurtubise, 1993.
Le coût de la distribution entre pour une part appréciable dans le prix de revient de tout travail d’édition et constitue un facteur important de la détermination du prix d’un livre. Le coût de la distribution se compose de dépenses afférentes au personnel, aux locaux, au matériel et au transport. Différentes formules de coût unitaire s’appliquent à la distribution : coût par livre, coût de chaque commande, coût de chaque expédition. Les livres distribués selon différentes formules ont des coûts de distribution différents, qui sont fonction du nombre de livres à distribuer et du coût du transport, lequel peut varier énormément. Le contrôle de ces coûts est un élément capital de toute opération d’édition.
Si modernes que soient les technologies de fabrication utilisées, la production de publications de bonne qualité à des conditions économiques fait appel à de nombreuses compétences.
Éditeurs et directeurs de service, comptables et personnel administratif, auteurs, responsables éditoriaux, réviseurs, compositeurs/dactylographes et maquettistes, graphistes, artistes, directeurs d’imprimerie, techniciens de l’imprimerie, vérificateurs et relieurs, magasiniers et vendeurs, tous apportent à l’édition des compétences spécifiques qui sont importantes pour son succès.
L’organisation des différents services et leur contribution au fonctionnement de la maison d’édition sont décrites à la figure 6. Chez les petits éditeurs, une même personne assume souvent plusieurs de ces fonctions, mais dans les grandes maisons d’édition, il peut être nécessaire de subdiviser certains services en activités opérationnelles spécialisées. En tout cas, que l’éditeur soit un seul homme ou une multinationale, il est impératif que les principales fonctions de l’édition et de la distribution au sein de la structure organisée soient exercées. La figure 7 donne une bonne représentation des rouages du service éditorial.
Quelle que soit la taille de l’entreprise, il est capital de ne pas sous-estimer les savoir-faire spécifiques et la compétence professionnelle que nécessite chacune des nombreuses tâches de l’édition.
Récapitulation
La capacité éditoriale est fonction :
La capacité de production est fonction :
Le marché du livre est conditionné par deux composantes bien distinctes : le potentiel du marché et l’infrastructure de stockage, de distribution et de vente des livres.
Ces éléments peuvent être notamment :
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