Des enfants exclus de l’éducation
Le temps de l’enfance est synonyme d’amour parental, de protection familiale, de joie des premières découvertes, d’univers ludiques, d’apprentissage d’une vie harmonieuse en société. Pourtant, pour des milliers d’enfants à travers le monde ce temps-là n’est ou ne sera qu’un triste et sombre souvenir, qu’il leur faudra essayer d’atténuer ou effacer, souvent en vain, une fois devenus adultes.

Les enfants de la rue et les enfants travailleurs vivent trop souvent dans des conditions déplorables et sont l’objet d’abus de toutes sortes. Ils sont nombreux à souffrir de maladies diverses en raison de leurs conditions de vie déplorables. Beaucoup d’entre eux fréquentent peu ou ne fréquentent plus l’école. Devenus adultes, ils seront analphabètes ou illettrés s’ils survivent à la faim, à la soif, aux travaux dangereux et mal rémunérés, à la prostitution, aux abus sexuels, aux endémies, à l’exclusion sociale, aux harassements de la police, aux tracasseries de la justice, à la prison, aux drogues destructrices et bon marché, au travail domestique transformé en esclavage...

Ils ne connaissent pas les vraies joies de l’enfance et de la jeunesse. Quasiment oubliés dans les budgets nationaux, ce sont des organisations de la société civile, des institutions religieuses et des personnes de bonne volonté qui subviennent à leurs besoins urgents de survie : nourriture, centre d’accueil ou d’écoute, vêtement, santé, soutien juridique, conseil sanitaire, protection contre la violence, la répression imméritée et les abus divers au nom de la loi et de l’ordre. Plus grave encore pour leur avenir, ils n’accèdent pas facilement à l’école.

Pourtant, l’éducation est un droit individuel reconnu par toutes les nations. Ce droit fondamental, la communauté internationale l’a rappelé à la Conférence mondiale sur l’éducation pour tous (Jomtien, Thaïlande, mars 1990) : Il y a plus de quarante ans, les nations du monde affirmaient, dans la Déclaration universelle des droits de l’homme que “toute personne a droit à l'éducation” (...). (En conséquence), “Tous les enfants, tous les adolescents et tous les adultes devraient avoir accès à l’éducation fondamentale. Il faut s’attacher activement à éliminer les disparités éducatives qui peuvent exister au détriment de certains groupes. Les pauvres, les enfants des rues et les enfants qui travaillent (...) ne doivent subir aucune discrimination dans l’accès aux formations”.

(Déclaration de Jomtien, article 3)

L’éducation est indispensable si l’on veut aider ces enfants à sortir du cycle infernal que constituent la pauvreté, la survie dans la rue ou le travail de servitude et l’ignorance.

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