ED-98/CONF.202/6
Original français
Paris, octobre 1998

 

 

ORGANISATION DES NATIONS UNIES

POUR L'EDUCATION, LA SCIENCE ET LA CULTURE

 

 

Conférence mondiale sur l'enseignement supérieur

L'enseignement supérieur au XXIe siècle

Vision et actions

Paris, 5-9 octobre 1998

 

 

 

VERS UN AGENDA 21 POUR L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

Défis et tâches dans la perspective du XXIe siècle

à la lumière des Conférences régionales

 

Document de travail

 

Table des matières

Introduction

Missions de l'enseignement supérieur

Interaction avec l'ensemble de la société

Changement: éducation permanente, diversification, flexibilité

Accès à l'enseignement supérieur

Etudiants et enseignants

Autonomie et devoir de rendre compte (accountability), libertés académiques, objectivité et rigueur intellectuelle

Recherche et anticipation

1

7

8

10

14

16

18

18

 

INTRODUCTION

Le monde est entré dans une phase de l'histoire dont une des caractéristiques essentielles est le changement, mais un changement qui est fondamentalement différent de ceux qu'il a connus dans le passé.

Au-delà des bouleversements géopolitiques et politiques des quelque dix dernières années qui ont profondément modifié la scène politique mondiale, le changement est de portée civilisationnelle. Sa particularité est triple. Il est ininterrompu, constant ; il est rapide et a tendance à s'accélérer ; et il concerne l'ensemble de la planète et pratiquement tous les domaines et les conditions de l'activité et de la vie de l'homme et de la société. Tout change, la nature même du travail change avec la part de l'élément intellectuel qui ne cesse de croître alors que celle du travail manuel diminue ; l'activité économique change avec ses bases techniques et ses formes d'organisation, sa structure, ses besoins et ses exigences en ce qui concerne les connaissances et les compétences de l'acteur principal - l'homme, nécessaires pour le fonctionnement normal de l'économie, normal signifiant désormais développement dans le changement continu et l'innovation. Des activités nouvelles et de types nouveaux apparaissent et se développent, d'autres connaissent le déclin et tendent à disparaître progressivement. Ce changement entraîne un changement des besoins en compétences des différentes catégories de la population active et crée pour elles le besoin de mobilité professionnelle et sociale et d'une éducation et d'une formation permanentes.

Le changement est non moins important dans le domaine social. La structure même de la société change, la part respective des différents groupes sociaux dans la population évolue sensiblement. De nouveaux besoins et de nouvelles aspirations apparaissent. Le changement dans l'activité économique change la conception et les conditions de l'emploi. Le développement de l'éducation et des services de santé a, à terme, des effets sociaux considérables.

Le changement concerne également le rôle des différents acteurs sociaux. La tendance à l'élargissement du champ d'action des divers secteurs et groupements de ce que l'on appelle société civile se manifeste dans un nombre croissant de pays et s'étend à de nouveaux domaines alors que le rôle de l'Etat évolue, son champ d'intervention directe se rétrécit et l'intervention change souvent de nature. Depuis une dizaine d'années, la progression de la démocratie est indéniable même si elle reste encore lente et souvent fragile.

Les moeurs, les comportements, les modes de vie, les rapports entre individus, entre groupes, entre sexes changent à leur tour.

La révolution de l'information et des technologies de la communication est un formidable accélérateur du changement. Ses effets déjà considérables dans de nombreux domaines continueront de marquer profondément de nouveaux domaines, l'éducation notamment, où ils ne sont encore qu'à leurs débuts.

Cette mutation est contrastée. On observe en même temps une polarisation sociale croissante à travers la planète, une accentuation des inégalités au sein des nations et sur le plan international, une aggravation du problème de la pauvreté, du chômage et du sous-emploi, et de l'exclusion. Des maladies nouvelles redoutables apparaissent alors que l'on doit faire face à la résurgence de maladies qu'on avait cru vaincues. Le problème de la dégradation de l'environnement demeure entier. On parle de crise du développement, et l'écart entre les pays industrialisés et de nombreux pays en développement continue à grandir. La fin de la guerre froide n'a pas apporté d'apaisement universel, et si elle a permis de mettre fin à certains conflits régionaux, l'après-guerre froide est marquée par la prolifération de conflits sanglants intranationaux entre groupes ethniques, religieux et autres, et d'autres formes de violence avec leur cortège de morts, de dévastation et de déplacements massifs de population.

Ces problèmes avec la persistance des violations des droits de l'homme dans de nombreux pays interpellent la conscience humaine et tous ceux pour qui les principes éthiques ont une signification. Ils interpellent tous les enseignants, tous les éducateurs, tous les systèmes éducatifs et l'enseignement supérieur tout particulièrement. Ce dernier est en outre le plus directement concerné par les problèmes éthiques que posent certaines applications possibles des avancées scientifiques récentes. Il se trouve ainsi placé en première ligne des efforts pour la sauvegarde de l'éthique.

Le développement considérable de l'éducation au cours de la seconde moitié du XXe siècle, que l'on a pu qualifier quelquefois d'"explosion de l'éducation" et l'élévation très significative du niveau moyen d'instruction de la population du globe constituent un des grands changements de portée mondiale. Son impact dans les domaines économique, social, culturel et politique est encore loin de s'être pleinement manifesté. Il sera à terme sans conteste bien plus important qu'on ne l'imagine. C'est le développement de l'enseignement supérieur dont le rythme d'expansion a été le plus spectaculaire, qui a constitué un des facteurs décisifs des progrès de l'éducation dans son ensemble et de l'extraordinaire progrès des connaissances. C'est ce développement qui a assuré en quelques décennies un renforcement sans précédent des capacités d'avancement et de diffusion des connaissances, de leurs applications pratiques et d'innovation technologique.

Ce grand changement quantitatif en si peu de temps ne s'est pas accompagné de changements d'ordre conceptuel et qualitatif d'ampleur et de profondeur comparables et répondant de manière adéquate aux nouvelles situations, aux nouvelles exigences et aux nouveaux besoins. Au seuil d'un nouveau siècle l'enseignement supérieur doit faire face dans ses activités d'enseignement, de recherche et d'étude aux effets et aux conséquences du processus de mondialisation (communication et, encore très partiellement, commerce) et de l'internationalisation de la vie des sociétés, du développement des technologies de l'information, de l'évolution rapide de la structure des besoins en matière d'emploi et de l'augmentation continue des besoins en personnels hautement qualifiés. En même temps, les nécessités de mise à jour et de perfectionnement des connaissances générales et professionnelles et de reconversion professionnelle deviennent de plus en plus pressantes, et l'enseignement supérieur se trouve devant la tâche de s'y ouvrir davantage et d'en faire une partie organique de son activité. Faire face signifie non pas simplement s'adapter mais surtout anticiper et influencer, orienter. L'enseignement supérieur est appelé à renforcer et mieux cibler sa contribution au développement humain durable et solidaire en agissant avec persévérance notamment en faveur du partage des connaissances, à la réduction des inégalités au plan international et au sein des nations, à la lutte contre l'exclusion et le chômage, à l'élimination de la pauvreté, des diverses formes d'exploitation et de discrimination.

L'importance grandissante du savoir dans le monde d'aujourd'hui, d'une part, et du nombre de ceux que l'enseignement supérieur forme, d'autre part, accroît sa responsabilité devant la société et son influence en son sein. Pour pouvoir assumer pleinement cette responsabilité et cette influence l'enseignement supérieur a besoin de changer, comme il ressort clairement des conclusions des conférences régionales tenues de 1996 à 1998 sur l'enseignement supérieur à La Havane, à Dakar, à Tokyo, à Palerme et à Beyrouth, et de tous les travaux menés dans la perspective de la Conférence mondiale. Et pour cela, il a besoin de l'aide de l'ensemble de la société et de son soutien accru, de celui de l'Etat en particulier.

Parmi les contradictions et les paradoxes qui caractérisent l'époque contemporaine, ceux qui concernent l'enseignement supérieur ne sont pas des moindres. Jamais l'essor de l'éducation en général et de l'enseignement supérieur en particulier n'a été aussi nécessaire à la société pour son fonctionnement normal, son développement et son bien-être économique, social, culturel, moral et politique qu'à présent. Or, la société semble hésiter à donner à l'éducation, à l'enseignement supérieur surtout, les ressources leur permettant de s'acquitter de manière satisfaisante de leur mission au service de cette même société. Si cette contradiction n'est pas surmontée, ses conséquences négatives affecteront gravement au XXIe siècle les différents domaines et les divers aspects de la vie de la société.

Cette situation n'est pas sans rapport avec une tendance qui consiste à aborder les questions de l'éducation et de l'enseignement supérieur comme si les institutions éducatives étaient des entités économiques produisant des biens et des services commercialisables. C'est à propos de cette approche que George Papadopoulos parle de "l'émoi suscité par l'application à l'éducation des principes de la philosophie du marché, à savoir le libre choix et la concurrence".

Il importe de lever les ambiguïtés et la confusion en la matière. Les lois du marché et la logique compétitiviste ne peuvent pas être appliquées à l'éducation y compris l'enseignement supérieur. Il est parfaitement justifié de s'attendre à ce que les moyens mis à leur disposition soient utilisés le plus rationnellement possible du point de vue de leur vocation et de leurs missions et qu'en ce qui concerne plus particulièrement l'enseignement supérieur, celui-ci en rende compte à la société. Mais leur financement ne saurait être subordonné à des critères de marché et de compétitivité, compétitivité entre institutions éducatives ou entre celles-ci et des entités économiques ou autres.

L'éducation n'est pas une branche de l'économie, et ni le processus éducatif, ni ses finalités, ni son résultat ou sa "production" ne sont comparables à ceux de l'économie. Elle est en soi une fonction vitale et un secteur essentiel de la société et une condition de son existence. Sans elle il n'y a pas de société. Elle a à la fois des fonctions culturelles, sociales, économiques, civiques et éthiques. Elle intéresse la société tout entière et ses divers secteurs et ceux-ci en ont tous besoin. Elle assure la continuité de la société, transmet les connaissances, les savoir-faire et les normes élaborés et l'expérience accumulée par l'humanité durant toute son histoire. Elle forme les capacités qui permettent à la société d'aller de l'avant, de progresser, d'innover, de changer y compris dans le domaine de l'économie.

Au risque de compromettre son fonctionnement normal et sa progression, la société ne peut pas réduire son soutien à l'éducation en diminuant son financement. C'est le contraire qui doit se faire étant donné à la fois l'importance croissante pour la société de l'éducation en général et de l'enseignement supérieur en particulier et l'augmentation constante du nombre des participants au processus éducatif.

La tendance mondiale actuelle à la diminution du rôle de l'Etat dans le domaine de l'économie ne peut pas être automatiquement étendue au domaine de l'éducation et ne saurait justifier les pressions directes ou indirectes visant, d'une part, à la réduction des dépenses publiques consacrées à l'enseignement supérieur et, d'autre part, au transfert d'une large partie du fardeau financier aux familles, ce qui ne ferait qu'aggraver les inégalités en matière d'accès à ce niveau d'enseignement. Dans les années 60 certains économistes s'efforçaient de démontrer la rentabilité élevée pour la société des niveaux avancés des systèmes éducatifs, considérés comme contribuant directement à la formation de la main-d'oeuvre et du personnel hautement qualifié et donc à la croissance économique. Ils encourageaient ainsi les investissements en faveur de ces niveaux. Depuis quelque temps, d'autres économistes s'emploient à démontrer la faible rentabilité de l'enseignement supérieur comparée à celle de l'éducation de base en en tirant des conséquences pour la répartition des dépenses publiques entre les différents niveaux des systèmes éducatifs.

A cet égard, il n'est pas sans intérêt de rappeler la réflexion de l'un des plus éminents économistes de l'après-guerre, le Prix Nobel de sciences économiques Sir William Arthur Lewis. "Pour un économiste, il n'est pas difficile de définir ce que l'on attend d'un système scolaire à savoir une combinaison judicieuse d'enseignement général et d'enseignement spécialisé, d'effectifs selon les groupes d'âge et de compétences" - écrivait-il il y a déjà 30 ans. Et il poursuivait: "Il n'est pas difficile non plus, sur le plan théorique, de définir ce qui convient en comparant les coûts avec la valeur marchande des différentes combinaisons... Le plus gênant, c'est que même l'économiste n'est pas persuadé que les prix du marché sont les bons critères. On ne peut donc éviter de confier le problème à des philosophes qui s'occupent de valeurs plus fondamentales". Cette leçon de sagesse et d'humilité de l'éminent économiste mérite d'être méditée.

En effet, il faudrait en l'occurrence réfléchir aux conséquences que subirait l'économie moderne avec sa haute technicité, ses technologies sophistiquées, son besoin d'innovations, lesquels, à leur tour, ont besoin d'être continuellement alimentés de nouvelles avancées de la recherche et de personnels hautement qualifiés dans les différents domaines, les nouveaux en particulier, de personnels qui doivent non seulement tenir à jour leurs connaissances mais progresser, se perfectionner, innover eux-mêmes, si l'enseignement supérieur "peu rentable" voyait ses ressources diminuer et était obligé de réduire ses effectifs et son personnel et donc ses promotions, et ses travaux de recherches, de renoncer à renouveler les équipements et les instruments de ses laboratoires, etc.

On conclurait alors peut-être que les critères purement économiques sont trop étroits et insuffisants pour se faire une idée juste quant à l'importance de l'enseignement supérieur pour la société et pour l'économie elle-même.

Il faudrait également tenir compte du fait que la grande majorité des hommes et des femmes dont l'activité sera déterminante pour façonner le XXIe siècle, se trouvent sur les bancs des institutions d'enseignement supérieur aujourd'hui et y seront formés au cours des quelques prochaines décennies et que les recherches menées par ces institutions seront à l'origine d'une large partie des innovations qui feront progresser l'économie. Comment mesurer alors le taux de "rentabilité" de l'enseignement supérieur ? Ne faut-il pas en effet "confier le problème à des philosophes qui s'occupent de valeurs plus fondamentales", comme le conseille Sir W. Arthur Lewis ?

x x

x

Les problèmes de l'enseignement supérieur et de l'éducation en général constituent un des grands défis auxquels la société est confrontée dans la perspective du XXIe siècle. Pour sa part, l'enseignement supérieur se trouve devant le défi de se préparer à remplir de manière adéquate sa mission dans un monde en mutation, et à répondre aux besoins et aux exigences de la société du XXIe siècle qui sera une société de la connaissance, de l'information et de l'éducation.

Depuis plusieurs années une vaste réflexion organisée et animée par l'UNESCO sur la problématique de l'enseignement supérieur est en cours dans les différentes régions. De nombreuses consultations et réunions se sont déroulées avec la participation d'universitaires, de responsables de l'enseignement supérieur, d'étudiants et de représentants de leurs organisations et de divers acteurs sociaux. Cinq conférences régionales tenues de 1996 à 1998 marquent une étape particulièrement importante dans la préparation de la Conférence mondiale prévue pour le mois d'octobre 1998. C'est la première fois que l'UNESCO conduit une réflexion et une mobilisation planétaires d'une telle ampleur sur l'enseignement supérieur, et l'acquis de cet effort est déjà considérable.

Pour aider à structurer la réflexion et le débat, le Secrétariat de l'UNESCO a proposé de le faire autour de quatre grands thèmes : pertinence, qualité, gestion et financement, et coopération. Cette démarche limitant à un nombre raisonnable les thèmes proposés visait à éviter la dispersion du débat. Quant au choix des thèmes parmi lesquels la pertinence et la qualité viennent en premier, il a aidé à mieux faire ressortir les questions fondamentales pour cette période de l'histoire qui ne se posaient pas avant, ou pas dans les mêmes termes, pour l'enseignement supérieur (notamment diversification ; flexibilité ; anticipation ; devoir de rendre compte; changement et extension dans la perspective de l'éducation permanente pour tous ...) ainsi qu'à réaffirmer celles constantes, également fondamentales, mais qui acquièrent des dimensions nouvelles (missions, démocratisation de l'accès, autonomie et libertés académiques ; fonctions de recherche, d'enseignement et d'éducation ; fonctions éthique, culturelle et critique ; relations et interaction avec la société et ses principaux acteurs ; gestion et financement ; coopération ...).

Il aura ainsi permis d'identifier et de préciser les principaux problèmes, tendances et défis dans le domaine de l'enseignement supérieur, communs dans une très large mesure aux diverses régions, qui aideront la Conférence mondiale à établir l'"Agenda 21" pour cet enseignement, élément décisif de toute l'activité de la société dans le domaine de l'éducation et de l'avancement du savoir.

Le présent document est le résultat d'un effort qui, à partir de l'étude des textes adoptés par les conférences régionales tenues à La Havane (novembre 1996), à Dakar (avril 1997), à Tokyo (juillet 1997), à Palerme (septembre 1997) et à Beyrouth (mars 1998), a visé à identifier les questions relatives à l'enseignement supérieur qu'elles ont considérées importantes et à dégager ce qui, malgré la grande diversité des situations régionales et nationales et les différences dans le niveau de développement de l'enseignement supérieur et de l'éducation en général, apparaît dans leurs analyses, leurs déclarations et prises de positions et leurs recommandations comme problèmes, tendances, défis et préoccupations convergents voire communs et à aider ainsi la Conférence mondiale à formuler des conclusions et des recommandations concernant et intéressant tous les participants et pouvant servir de base pour des actions conjointes. En effet, l'étude des textes permet de conclure que la convergence et la communauté sont bien plus grandes que ne le laissent penser les différences d'une région à l'autre. C'est ainsi, par exemple, que, comme il ressort des textes adoptés par les conférences régionales, les questions mentionnées ci-dessus entre parenthèses concernent et intéressent l'enseignement supérieur dans les différentes régions du monde.

Ce sont ces questions, dans certains cas regroupées, qui constituent les thèmes des chapitres du document dont les principales conclusions et les idées-forces sont brièvement résumées ci-dessous. Présentées sous une forme synthétique, les analyses, les prises de position et les recommandations des conférences régionales sont la base de chaque chapitre. Ce sont elles aussi qui ont inspiré des références à certaines tendances et des réflexions que l'on trouve dans les différents chapitres.

 

(i) La mission suprême de l'enseignement supérieur est de servir la personne humaine et la société ;

(ii) Par ses travaux de recherche et de réflexion, par ses programmes d'enseignement et de formation, par ses activités de coopération et ses partenariats avec divers acteurs sociaux, l'enseignement supérieur est appelé à contribuer de manière décisive à ouvrir et à éclairer des voies nouvelles vers un avenir meilleur pour la société et la personne humaine, à orienter et à façonner cet avenir ; le développement des capacités à "explorer le futur" et à anticiper mérite donc toute l'attention de l'enseignement supérieur ;

(iii) Dans cette perspective sa mission est double : a) participer activement à la solution des grands problèmes de portée planétaire, régionale et locale, tels que la pauvreté; la faim; l'analphabétisme; l'exclusion sociale; l'aggravation des inégalités au niveau international et au sein des nations; l'accentuation de l'écart entre pays industrialisés et pays en développement; la protection de l'environnement; et b) oeuvrer avec persévérance, notamment en élaborant des propositions et des recommandations alternatives, pour promouvoir le développement humain durable ; le partage des connaissances; le respect universel des droits de l'homme ; l'égalité des droits des femmes et des hommes; la justice et la mise en pratique en son sein et dans la société des principes de démocratie ; la compréhension entre nations, entre groupes ethniques, religieux, culturels et autres ; une culture de la paix et de la non-violence ; "la solidarité intellectuelle et morale";

(iv) La mission traditionnelle de maintien, d'avancement et de diffusion du savoir par la recherche et la création intellectuelle, et l'enseignement et la diffusion des connaissances, selon des modalités diverses, est fondamentale; elle concerne les sciences exactes et naturelles, les techniques et les sciences humaines et sociales et implique la prise en compte des besoins de la société et de son développement économique, social et culturel, et des grandes tendances mondiales qui s'annoncent pour les années à venir; elle comprend la tâche de développer des capacités endogènes à s'approprier et appliquer les connaissances existantes et à créer de nouvelles connaissances. En ce qui concerne l'enseignement proprement dit, il a la tâche de former des citoyens responsables, éclairés et actifs et des spécialistes hautement qualifiés, tout en assurant la formation intégrale (La Havane) et le développement complet de la personne (well-rounded individual development - Palerme) comprenant notamment une formation solide spécialisée et dans les disciplines de base mais également une bonne formation générale, et la tâche d'apprendre à apprendre et apprendre à entreprendre; cette mission a une dimension éthique et civique importante consistant à aider à acquérir des connaissances, des compétences, des attitudes, des valeurs et des aptitudes qui motivent les étudiants à agir en citoyens responsables et engagés conformément à la mission de l'enseignement supérieur esquissée à l'alinéa (iii) ci-dessus; elle comprend également une autre dimension dont l'importance ne cessera désormais de s'accroître et qui concerne la mise à jour, l'amélioration des connaissances et des compétences, le recyclage ou la reconversion professionnelle des personnes diplômées ou non de l'enseignement supérieur ;

(v) L'une des plus importantes missions de l'enseignement supérieur dans la société est sa mission culturelle et éthique; l'enseignement supérieur est appelé à préserver et affirmer l'identité culturelle, à promouvoir la diffusion et la création des valeurs culturelles, à sauvegarder et favoriser la diversité culturelle et à participer activement au développement de la compréhension et de l'harmonie interculturelles, et à l'enrichissement mutuel des cultures; la transmission des valeurs culturelles, qui s'inspire de considérations éthiques, doit imprégner tous les programmes d'enseignement supérieur;

(vi) Contribuer à la mise en oeuvre de l'éducation permanente (ou d'une éducation tout au long de la vie) pour tous et en être un élément et un moteur essentiels, et, pour ce faire, changer, se transformer, constitue l'une des missions majeures de l'enseignement supérieur; dans cette perspective et d'une manière plus générale, l'enseignement supérieur a une grande responsabilité à l'égard de l'ensemble du système éducatif et de l'activité éducative dans la société ; en resserrant ses liens avec les différents niveaux et les différentes formes d'éducation, en intensifiant les travaux de recherche sur l'éducation, en renforçant et en élargissant ses programmes de formation des personnels de l'éducation et en participant à l'élaboration, au suivi et à l'évaluation des politiques et des réformes éducatives, il est appelé à oeuvrer pour aider à atteindre l'objectif d'éducation pour tous et pour améliorer la qualité et accroître l'efficacité du processus éducatif dans ses divers aspects.

(i) Une interaction constructive entre les principaux acteurs sociaux et l'enseignement supérieur, dans le respect de sa vocation et de son autonomie institutionnelle, devient de plus en plus nécessaire pour lui permettre de remplir ses missions de manière optimale. Elle implique une connaissance par l'enseignement supérieur des besoins et des aspirations de la société et des divers groupes, et des tendances mondiales durables. L'interaction apparaît particulièrement importante entre l'enseignement supérieur et l'Etat, le parlement et le gouvernement ; le monde du travail (termes utilisés : monde du travail, secteur productif, industrie, secteur des services, business) ; et les médias ; qui ont de ce fait une responsabilité pour la situation de l'enseignement supérieur, son développement, sa rénovation et son amélioration ;

(ii) L'interaction suppose de la part de chaque partie des initiatives et des actions qui intéressent l'autre/les autres partie(s). Sur un plan général, l'effort à mener par les institutions d'enseignement supérieur pour intensifier et optimiser l'interaction avec l'ensemble de la société découle des missions de cet enseignement telles qu'elles se dégagent des textes adoptés par les conférences régionales ;

(iii) En ce qui concerne les relations entre l'enseignement supérieur et le monde du travail, question faisant l'objet d'un débat animé dans le monde entier, l'enseignement supérieur est appelé à "anticiper les signaux du monde du travail" et "évaluer les possibilités de coopération avec le secteur productif" (La Havane), "une meilleure articulation avec le monde du travail" (Dakar) étant nécessaire. Il faut promouvoir des partenariats interactifs avec le secteur productif en appliquant des "approches réactives et proactives" (Tokyo), ce qui implique, d'une part, des ajustements dans les programmes de l'enseignement supérieur afin "de répondre aux besoins qui se font sentir sur le lieu de travail et de faire en sorte que les disciplines et spécialités nouvelles y figurent", et, d'autre part, un rôle actif des institutions d'enseignement supérieur qui doivent aider à façonner le marché du travail en identifiant indépendamment des intérêts conjoncturels des entreprises, de nouveaux besoins locaux et régionaux et en mettant en place des programmes pour le recyclage et la reconversion (Tokyo, Beyrouth). L'enseignement supérieur a donc un rôle actif à jouer et est appelé à agir en anticipant les besoins sociaux et de la personne humaine, en déterminant ses orientations à long terme sur la base de la demande sociale et non du marché du travail et de la planification de la main d'oeuvre (Palerme). Il doit aider les étudiants à acquérir, outre des qualifications professionnelles, une formation générale et des compétences applicables dans différents domaines (transferable skills and competences) afin d'accroître leur "employabilité" dans une société des connaissances (knowledge society), et enrichir leur connaissance du développement économique et social. L'interaction et non une simple adaptation systématique de l'enseignement supérieur, le partenariat, donc des relations de partenaires égaux et non la subordination au marché doit caractériser les relations entre l'enseignement supérieur et le monde du travail. L'Etat a un rôle important à jouer pour promouvoir une telle interaction;

(iv) Pour l'enseignement supérieur les relations avec l'Etat et un partenariat constructif avec lui ont une importance capitale. Il appartient à l'Etat de mettre en oeuvre en consultation avec l'enseignement supérieur des politiques et une législation créant les conditions optimales pour le fonctionnement et le développement de l'enseignement supérieur, de respecter et assurer l'autonomie de ses institutions et les libertés académiques, d'aider à établir des procédures facilitant à ces institutions la tâche de rendre compte à la société de ses activités et de l'utilisation des ressources mises à leur disposition et de tempérer les excès des approches économicistes (Tokyo, Palerme, Beyrouth) ;

(v) Le partenariat est un moyen privilégié pour développer une interaction constructive entre les principaux acteurs sociaux qui doivent se mobiliser pour "impulser un processus de transformation en profondeur de l'enseignement supérieur, en s'appuyant sur l'instauration d'un nouveau "consensus social" "afin d'aider les établissements d'enseignement supérieur à répondre aux besoins du développement humain durable (La Havane). Le partenariat constructif entre le gouvernement, le secteur économique et ces établissements est crucial pour le changement de l'enseignement supérieur (Palerme, Beyrouth). Il faut donc "créer de véritables partenaires avec les institutions publiques et privées" (Dakar) ;

(vi) Le soutien actif en vue d'assurer à l'enseignement supérieur des moyens adéquats, en particulier financiers, est un aspect fondamental des relations et de l'interaction avec lui des principaux acteurs sociaux. Les besoins croissants de l'enseignement supérieur amènent ses institutions à chercher des sources supplémentaires de financement. Leurs efforts méritent d'être encouragés et soutenus, par la société et avant tout par les pouvoirs publics. Cela étant, l'enseignement supérieur étant "un bien public" (La Havane, Tokyo) et ayant à jouer "un rôle-clé dans l'ouverture de nouvelles voies d'avenir" (Palerme), "l'Etat ne saurait renoncer à la responsabilité de son financement" (La Havane), c'est à l'Etat d'assumer la responsabilité principale du financement de l'enseignement supérieur (Dakar, Tokyo), le gouvernement est censé lui assurer "des formules stables de financement" (Palerme), et "c'est l'État qui doit rester le premier responsable du financement de l'enseignement supérieur" (Beyrouth). Ce principe de responsabilité de l'Etat en matière de financement de l'enseignement supérieur a désormais pour corollaires (i) la responsabilité des institutions d'enseignement supérieur de rendre compte à la société de leur activité et de l'utilisation des ressources qu'elle met à leur disposition, et (ii) des efforts imaginatifs persévérants de la part de ces institutions pour s'assurer des sources de financement supplémentaires et mettre en oeuvre des activités propres génératrices de revenus.

(i) L'accélération du progrès du savoir entraîne la nécessité pour l'individu d'actualiser constamment ses connaissances. Par ailleurs, le progrès du savoir conduit de plus en plus à des innovations technologiques, qui bouleversent la structure de l'emploi, créent des besoins en personnels dans des domaines et des spécialités nouveaux, augmentent ceux dans certains domaines existants tout en y modifiant souvent les qualifications et les compétences requises, et en même temps réduisent et font disparaître les besoins en personnels dans certains domaines et certains métiers traditionnels. Ce double processus, qui ira en s'accentuant, rend nécessaire pour l'enseignement supérieur l'actualisation constante des programmes et de l'éventail des matières enseignées et la révision du processus d'enseignement pour qu'il contribue à apprendre à apprendre et à entreprendre. D'autre part, il place l'enseignement supérieur devant la tâche de mettre en oeuvre à la fois des cursus et des programmes nouveaux de type classique et des programmes de types nouveaux de plus en plus variés pour ceux, déjà diplômés ou non de l'enseignement supérieur, qui viennent vers lui à des fins d'actualisation de leurs connaissances et compétences, de recyclage, de reconversion ou d'amélioration de leur culture générale. L'enseignement supérieur dans nombre de pays s'est déjà engagé à des degrés divers dans cette voie, et certaines de ses institutions prennent des initiatives en établissant des partenariats avec des entreprises et d'autres acteurs sociaux et en organisant des formations à des fins socio-économiques spécifiques ou culturelles. Mais il s'agit pour lui de considérer désormais cette activité comme une fonction organique dont l'importance est appelée à croître. La flexibilité et la capacité à faire face à temps à l'évolution des besoins et à opérer les changements nécessaires en son sein, à anticiper sur cette évolution et à l'orienter, deviennent des caractéristiques nécessaires à l'enseignement supérieur pour pouvoir remplir pleinement sa mission dans la société.

(ii) Une autre tendance socio-économique constitue un puissant facteur d'expansion de l'enseignement supérieur. D'une part, un nombre et une proportion toujours plus grands d'emplois et d'activités exigent des connaissances et des compétences de niveau élevé. Des études supérieures deviennent ainsi nécessaires pour les exercer, et la demande sociale d'enseignement supérieur a tendance à s'accroître continuellement à mesure que le rôle de la connaissance rationnelle avancée dans l'activité humaine augmente. D'autre part, dans des sociétés de plus en plus complexes, la participation à la vie politique, sociale et culturelle de la cité, l'exercice des droits de l'homme et la vie de tous les jours, elle aussi de plus en plus complexe, motivent et encouragent les jeunes et les adultes de tous âges à améliorer tout au long de la vie également leur formation générale et à acquérir des connaissances et des compétences nécessaires dans des sociétés de la connaissance ;

(iii) Ces processus engendrent deux conséquences majeures qui sont déjà en action et conduisent à terme à un changement profond de l'ensemble de l'activité éducative sur les plans quantitatif et qualitatif. Premièrement, avec l'expansion considérable de l'enseignement secondaire dont la généralisation est déjà presque atteinte dans les pays développés et est en cours dans un nombre croissant d'autres pays, ils sont à l'origine d'un développement de l'enseignement supérieur plus spectaculaire encore par ses rythmes de croissance que celui de l'enseignement secondaire. Leur effet conjugué, renforcé par les possibilités nouvelles que les technologies de l'information et de la communication ouvrent pour l'élargissement de l'accès à l'enseignement supérieur, crée une forte tendance à la généralisation de celui-ci à plus ou moins long terme selon les pays. Cette généralisation ne sera pas similaire à celle de l'enseignement secondaire et ne se traduira pas par un passage direct de tous, sans discontinuité, de l'enseignement secondaire à l'enseignement supérieur. Elle signifie que pratiquement tous passeront par une forme ou une autre d'enseignement supérieur/postsecondaire, mais à divers moments de leur vie. Elle se fera souvent selon des modalités inédites, de plus en plus variées, avec des finalités, des voies d'accès et des durées des cursus choisis, elles aussi, de plus en plus variées, voire individualisées. La seule solution sera l'enseignement supérieur comme un espace d'éducation permanente. Compte tenu de la nature des facteurs qui sont à l'origine de cette tendance à la généralisation, dont on bénéficiera à un moment ou à un autre de la vie, cette tendance apparaît irréversible à terme et s'affirme comme un des défis majeurs auquel l'enseignement supérieur et les sociétés auront à faire face au XXIe siècle. Il importe qu'ils envisagent cette perspective et s'y préparent en faisant preuve d'imagination et de réalisme à la fois ;

(iv) Deuxièmement, à la lumière des processus et des tendances évoqués il devient nécessaire de repenser l'ensemble de l'activité éducative dont aucun niveau ni aucune forme, y compris l'enseignement supérieur, ne peut plus être considéré comme véritablement terminal ou final, et dont les structures et les cursus ne peuvent rester figés, immuables et devront évoluer, se diversifier, s'assouplir pour répondre à l'évolution des sociétés, des besoins et des aspirations, mieux - pour les anticiper et les orienter. Le grand changement qui s'impose donc dans le domaine de l'éducation est sa transformation dans la perspective de l'éducation permanente pour tous, ou tout au long de la vie, définie dans la Recommandation sur le développement de l'éducation des adultes, adoptée par la Conférence générale de l'UNESCO à sa dix-neuvième session (1976), et présentée et explicitée dans les grands rapports élaborés sous les auspices de l'UNESCO par deux commissions internationales indépendantes et intitulés "Apprendre à être" (1972) et "L'éducation : un trésor est caché dedans" (1995). Pour l'enseignement supérieur, sur les plans institutionnel, fonctionnel et programmatique, ce changement en profondeur signifie sa pleine intégration dans un projet global d'éducation permanente/d'éducation tout au long de la vie. "La nature du savoir contemporain, de par son renouvellement constant et son expansion vertigineuse, s'accorde avec le concept d'éducation permanente", "le modèle d'éducation permanente doit être intégré sans délai" (La Havane); "Le concept d'apprentissage tout au long de la vie est de la plus haute importance" (Tokyo, Beyrouth), "...un soutien vigoureux est nécessaire pour appuyer la rénovation des systèmes par des politiques nouvelles et des paradigmes nouveaux de l'enseignement supérieur reposant sur des concepts tels que [...] l'éducation tout au long de la vie..." (Tokyo) : "L'apprentissage tout au long de la vie est essentiel au développement personnel et professionnel, au changement de carrière, à l'acquisition de compétences transférables ainsi que pour satisfaire à l'offre et la demande de personnel hautement qualifié." (Palerme).

(v) La diversification et la flexibilité dans l'enseignement supérieur, questions étroitement liées l'une à l'autre, constituent une dimension majeure de l'éducation permanente. Elles concernent notamment les objectifs ; l'accès ; les contenus des programmes ; les structures des institutions, les domaines embrassés ; les types de programmes et leur durée ; les modes d'organisation du processus éducatif (delivery systems); les méthodes et les techniques utilisées; et les personnels appelés aux tâches d'enseignement. La flexibilité signifie aussi la capacité des établissements à répondre rapidement à des besoins nouveaux voire à les anticiper, à rendre les structures souples et évolutives, à modifier les critères d'accès afin de prendre en compte l'expérience de la vie active. L'enseignement à distance, l'enseignement sur les lieux de travail et tout particulièrement les nouvelles technologies de l'information et de la communication élargissent considérablement les possibilités de l'enseignement supérieur pour la mise en pratique du concept d'éducation permanente. Il importe que les pouvoirs publics et le secteur économique l'aident à se doter de ces technologies et que ses établissements forment leur personnel à leurs utilisations à des fins d'enseignement et d'apprentissage, et de recherche. L'intensification de la coopération internationale à cette fin est essentielle, notamment en faveur des pays en développement, et l'UNESCO a une tâche importante à remplir à cet égard.

(vi) La perspective de l'expansion durable de l'enseignement supérieur et de son intégration dans un projet global d'éducation permanente pour tous, avec tout ce que cela implique, rend nécessaire pour les institutions d'études supérieures, les pouvoirs publics et d'autres acteurs sociaux de se mobiliser et de se concerter afin de préparer les mesures de renforcement des capacités d'accueil de l'enseignement supérieur. Il importe que ces capacités correspondent à l'évolution, autant que possible anticipée, des flux d'entrée successifs et répondent à la diversité des publics et de leurs besoins. Préparer les mesures nécessaires signifie en assurer les moyens, notamment le financement. A cet égard, tout en rappelant aux Etats, comme le font les conférences régionales, leur devoir de doter l'enseignement supérieur des moyens dont il a besoin, et en encourageant les établissements à rechercher des sources de financement additionnelles, il est recommandé de créer dans les pays qui le jugeront approprié un Fonds national pour l'enseignement supérieur. Un tel Fonds, dont la gestion serait conçue conformément à la pratique constitutionnelle de chaque Etat, serait alimenté par des contributions de tous les secteurs, organismes, entreprises ayant besoin de diplômés et des services de l'enseignement supérieur.

(vii) Les changements à opérer dans l'enseignement supérieur pour qu'il s'intègre pleinement dans un projet global d'éducation permanente nécessitent des changements dans d'autres niveaux et formes d'éducation et avant tout dans l'enseignement secondaire. La tendance à la généralisation de ce dernier et l'ouverture progressive de l'accès aux filières et aux cursus traditionnels de l'enseignement supérieur aux adultes diplômés de l'enseignement secondaire, ou possédant une expérience et des connaissances requises, d'une part, et le développement au sein de l'enseignement supérieur de formations et de cursus destinés aux adultes, diplômés ou non de cet enseignement, d'autre part, créent une situation nouvelle. Cette situation évolue rapidement vers la possibilité généralisée de venir vers l'enseignement supérieur à divers moments de la vie et non nécessairement directement après les études secondaires. Elle permet et rend nécessaire d'assurer aux jeunes une formation qui leur donne la possibilité, à la sortie de l'enseignement secondaire, de choisir librement entre la poursuite sans discontinuer des études et l'entrée dans la vie active. Cela implique une double finalité pour les enseignements secondaires - préparer à l'entrée dans la vie active en même temps que préparer à l'entrée dans l'enseignement supérieur.

Cette double finalité implique, à son tour, d'importants changements dans l'orientation générale et les contenus des enseignements secondaires, à commencer par l'enseignement secondaire général qui, sauf dans de très rares pays, accueille la majeure partie des élèves du secondaire, et qui dans la plupart des cas ne prépare que pour la poursuite des études supérieures. A cet égard, la tendance observée ici et là à intégrer aux contenus de l'enseignement secondaire général des éléments de sciences appliquées et des savoirs et des compétences pratiques, d'une part, et le renforcement de la formation générale et le développement de compétences plus polyvalentes (transferable competences) dans les programmes de l'enseignement technique et professionnel, d'autre part, en d'autres termes, la tendance au rapprochement entre l'enseignement général/de "culture générale" et l'enseignement technique et professionnel mérite d'être activement soutenue. L'ouverture de l'accès à l'enseignement supérieur aux diplômés de l'enseignement technique et professionnel, lorsque celui-ci s'engage dans cette voie, contribue à renforcer cette tendance.

Dans cette perspective, il devient nécessaire de réfléchir à une conception nouvelle de l'enseignement préuniversitaire du XXIe siècle qui assurerait une éducation de culture générale redéfinie intégrant et rapprochant la culture littéraire, la culture scientifique et la culture technologique et comportant une large ouverture sur les principaux domaines de l'activité humaine et une bonne initiation à l'un de ces domaines. Les études secondaires prépareraient ainsi à l'entrée dans l'enseignement supérieur en même temps qu'elles qualifieraient pour l'entrée dans la vie active, dans le domaine choisi, avec une grande diversité de métiers, étant entendu que ceux qui opteraient pour l'entrée dans la vie active conserveraient le droit garanti de revenir à l'enseignement supérieur de type classique ou autre, l'expérience de la vie active leur devant être comptée comme un avantage. Cela clarifiera le rôle éducatif et social et l'identité propre de l'enseignement secondaire, contribuera à surmonter la dichotomie du général et du professionnel et l'inscrira mieux dans le projet global d'éducation permanente en valorisant du point de vue éducatif l'expérience de la vie active et en favorisant le resserrement des liens entre le monde de l'éducation, y compris l'enseignement supérieur, et le monde du travail.

En changeant lui-même, l'enseignement supérieur déclenchera le changement dans le système éducatif et avant tout dans l'enseignement secondaire. Il agira en faveur d'une plus grande cohérence et d'une meilleure continuité "verticale" et "horizontale" entre divers niveaux et formes d'éducation et stimulera ainsi la contribution du système éducatif dans son ensemble à la mise en oeuvre de l'éducation permanente.

(i) L'accès à l'enseignement supérieur est l'une des questions fondamentales de l'éducation. C'est dans une large mesure par les conditions fixées pour cet accès que se traduisent les politiques nationales en matière d'enseignement supérieur et, à certains égards, en matière d'éducation en général. La Déclaration universelle des droits de l'homme proclame à l'article 26, alinéa 1 : "Toute personne a droit à l'éducation [...]; l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite". La Convention de l'UNESCO concernant la lutte contre la discrimination dans le domaine de l'enseignement stipule à l'article 4, alinéa a) : "rendre accessible à tous, en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun l'enseignement supérieur". Et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels dispose à son article 13, alinéa 2c) : "L'enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et notamment par l'instauration progressive de la gratuité". On peut considérer que les expressions "mérite" et "capacités de chacun" impliquent notamment une préparation adéquate, la volonté et l'aptitude démontrées à l'effort et un choix clair et motivé en faveur d'études supérieures et de tel ou tel domaine d'étude, l'expérience de la vie pratique constituant un avantage. L'expression "en pleine égalité" pour tous traduit l'objectif d'équité qui est le premier principe devant régir l'accès à l'enseignement supérieur. Le Pacte international développe ce principe en ajoutant "par tous les moyens appropriés et notamment par l'instauration progressive de la gratuité", en premier lieu, pour ceux qui, ayant le "mérite", n'ont pas les moyens. Ceux qui ont le mérite et les moyens à la fois, peuvent payer la totalité ou une partie des frais. Ceux qui n'ont que les moyens doivent s'efforcer d'acquérir les mérites et la capacité. Ceci s'applique, dans un système démocratique - le seul dans lequel une transformation en profondeur de l'enseignement supérieur peut avoir lieu -, aux centres publics comme privés. Et ce n'est pas seulement l'affaire, dans les deux cas, de l'administration mais de la société dans son ensemble. La stabilité sociale se fonde sur la justice. Et sur l'observance des droits de l'homme.

(ii) Aujourd'hui, malgré l'élargissement significatif de l'accès, les inégalités en la matière persistent. Leurs origines sont diverses - géographiques, économiques et sociales. Elles sont également dues aux influences persistantes de l'approche élitiste. Ces inégalités touchent tout particulièrement les femmes, les populations rurales et les divers groupes défavorisés. Elles concernent à la fois l'accès aux études, à la fonction enseignante et aux postes de responsabilité;

(iii) Les raisons d'équité mais aussi sociales et économiques et l'objectif d'éducation permanente pour tous rendent impératifs des efforts résolus et persévérants en vue d'élargir et de démocratiser l'accès et d'accroître le taux de participation à l'enseignement supérieur. Chacun, à tout moment de sa vie, doit pouvoir reprendre et poursuivre les études et avoir "la possibilité de réintégrer la vie universitaire" (La Havane). Il importe d'étendre et de diversifier les possibilités pour chaque citoyen de bénéficier d'une formation, de compétences et de connaissances de niveau supérieur (Tokyo). La diversification de la demande implique la diversification institutionnelle, de nouvelles politiques et de la flexibilité en matière d'accès (Palerme). Des mesures particulières sont nécessaires pour faciliter l'accès de ceux qui sont engagés dans la vie active ou ont prématurément abandonné leurs études (Beyrouth). Des politiques volontaristes (Dakar) sont indispensables afin d'accroître le nombre et le taux de participation des femmes aux études supérieures et aux fonctions d'enseignement et de responsabilité au sein de l'enseignement supérieur, ainsi qu'aux filières scientifiques et technologiques. Des mesures spéciales sont également nécessaires en faveur de divers groupes défavorisés;

(iv) Les modalités d'apprentissage ouvert (open learning), l'enseignement à distance et les nouvelles technologies de l'information et de la communication présentent des possibilités accrues d'élargissement de l'accès à l'enseignement supérieur, notamment de nouvelles catégories sociales. Il est important d'utiliser pleinement leur potentiel à des fins éducatives. Il incombe à l'Etat et aux institutions d'enseignement supérieur d'élaborer et de mettre en oeuvre à cet effet des politiques spécifiques;

(v) L'élargissement et la démocratisation de l'accès à l'enseignement supérieur s'inscrivent désormais dans la perspective de l'éducation permanente pour tous, dans la mise en oeuvre de laquelle l'enseignement supérieur est appelé à jouer un rôle déterminant ; la diversification des institutions, des cursus et des programmes de type classique et surtout de ceux qui ont pour objet la mise à jour ou l'amélioration des connaissances et des compétences générales et professionnelles, le recyclage et la reconversion des personnes diplômées ou non de l'enseignement supérieur, contribue à l'élargissement et à l'assouplissement de l'accès et à l'éducation permanente. Ce développement crée les conditions qui favorisent l'accès à divers moments de la vie et à plusieurs reprises et non pas nécessairement directement après l'achèvement des études secondaires. Il change par là même la composition des effectifs de l'enseignement supérieur du point de vue de l'âge et de l'état socioprofessionnel des personnes qui suivent les cours avec, selon toute probabilité, la perspective de l'augmentation plus rapide du nombre d'adultes ayant une expérience de la vie active et une plus grande maturité;

(vi) Le souci d'équité exige la mise en oeuvre de politiques spécifiques prévoyant des mesures d'ordre économique, social et éducatif en amont du parcours éducatif pour améliorer les chances de réussite de nombreux jeunes de milieux défavorisés et de condition modeste et leur permettre d'acquérir la préparation nécessaire à l'accès à l'enseignement supérieur, et pour assurer en même temps à la société le bénéfice de tout le potentiel d'intelligence et de talents de la population.

(i) Les étudiants et les enseignants sont les principaux protagonistes de l'enseignement supérieur et plus particulièrement du processus d'enseignement/ apprentissage. Leur interaction est au coeur de l'activité des établissements d'enseignement supérieur. Le développement des nouvelles technologies de l'information ouvre des possibilités à peine imaginables il n'y a pas encore longtemps pour l'enseignement et l'apprentissage et la diversification de l'enseignement supérieur et fait évoluer de manière significative le rôle de l'enseignant et de l'étudiant dans le processus éducatif et les caractéristiques de celui-ci. Néanmoins il ne diminue pas l'importance du contact humain direct entre l'étudiant et l'enseignant et entre les étudiants eux-mêmes. Ce contact entre l'étudiant et l'enseignant crée une relation qui devient un facteur actif souvent déterminant pour la qualité et les résultats du processus d'enseignement/apprentissage ;

(ii) La qualité d'enseignant du supérieur et la qualité d'étudiant se méritent ;

(iii) Toute société qui pense à son avenir se doit d'attacher la plus grande importance à tout ce qui concerne les étudiants, leur éducation et leur formation, leur état d'esprit, leurs aspirations et leurs besoins, les valeurs qui les inspirent, leurs conditions de vie et de travail. Dans un monde qui change rapidement et profondément, le développement par les étudiants au cours de leurs études de qualités telles que la capacité d'analyse des situations complexes, la créativité, l'initiative, l'esprit d'entreprise et le sens des responsabilités, avec une bonne culture générale, une solide formation dans les disciplines de base du domaine choisi et des compétences aussi polyvalentes que possibles (transferable competencies) pour accroître leur "employabilité", et l'acquisition de qualités de citoyen actif et du sens de solidarité humaine, sont indispensables pour leur permettre d'accéder à une autonomie et maîtriser leur destin et d'agir utilement en faveur d'un avenir meilleur de la société. Pour pouvoir le faire, il importe que les étudiants soient encouragés à jouer un rôle actif au sein des établissements d'enseignement supérieur, que ce rôle leur soit reconnu comme à leurs organisations, qu'ils puissent participer à l'élaboration des politiques et aux processus de prises de décision concernant l'enseignement supérieur, et à l'élaboration des programmes d'études (La Havane, Dakar, Tokyo, Palerme, Beyrouth), et qu'ils soient ainsi les artisans de leur formation, de leur éducation, cette participation étant nécessaire à leur épanouissement personnel (Palerme). Ils doivent bénéficier en même temps de services d'orientation et de conseil, de cours de rattrapage, d'initiation à la recherche et de mesures permettant d'améliorer leurs conditions de vie ;

(iv) Tout ce qui concerne les étudiants intéresse les enseignants et vice-versa. Les qualifications académiques des enseignants, leur compétence pédagogique, leurs conditions de travail et de vie, leurs qualités humaines et morales et leur culture générale ont un impact déterminant sur les résultats du processus d'enseignement/apprentissage, et la formation générale et spécialisée des étudiants. L'enseignant est la clé de voûte de tout l'enseignement supérieur. L'expansion spectaculaire de ce niveau d'enseignement, son évolution dans la perspective de l'éducation permanente et la diversification de ses institutions et de leurs cursus, de ses modes (delivery systems), des besoins auxquels il est appelé à répondre, de l'âge et de l'expérience de ses étudiants changent le rôle traditionnel de l'enseignant, diversifie, à leur tour, ses tâches en exigeant l'élaboration de nouvelles pédagogies, et avec l'accélération du progrès des connaissances et des techniques rendent plus complexe mais aussi plus stimulante sa fonction. Entre autres, la capacité à utiliser les nouvelles technologies de l'information à des fins d'enseignement et de recherche devient de plus en plus nécessaire à l'exercice de cette fonction. Les questions de la formation et du perfectionnement des enseignants du supérieur acquièrent des dimensions nouvelles et une importance accrue, y compris leur formation pédagogique, et des mesures spécifiques, notamment la mise en place de structures spéciales et de réseaux apparaissent nécessaires à cet effet (La Havane, Dakar, Tokyo, Beyrouth). La participation des enseignants aux travaux de recherche et le lien entre enseignement et recherche deviennent, eux aussi, essentiels pour la qualité et l'efficacité de l'enseignement supérieur, pour contribuer au progrès des connaissances et pour développer les capacités endogènes de recherche et de recherche et développement (La Havane, Dakar, Palerme, Beyrouth). La participation des enseignants à l'élaboration des politiques et des contenus des programmes de l'enseignement supérieur et à la prise des décisions qui le concerne, est indispensable pour son bon fonctionnement mais aussi pour son changement. Elle doit être renforcée, et les besoins des enseignants doivent être pris en compte. L'amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants est une tâche qui concerne de nombreux pays et mérite toute l'attention des pouvoirs publics et de l'ensemble de la société. La mise en oeuvre de politiques concernant le personnel enseignant du supérieur, sa formation initiale et son perfectionnement, son recrutement, sa carrière, ses conditions de travail et de vie est une dimension essentielle de toutes politiques en matière d'enseignement supérieur. La Recommandation concernant la condition du personnel enseignant de l'enseignement supérieur peut utilement guider l'élaboration et la mise en oeuvre de telles politiques ;

(v) La mobilité académique des enseignants et des étudiants aux niveaux national, régional et international est un moyen important de leur formation, d'enrichissement personnel, de partage des connaissances, de promotion d'une meilleure appréciation des différentes cultures et de la solidarité intellectuelle et morale, de rapprochement des peuples et, sur le plan régional, d'intégration régionale. L'encouragement de cette mobilité par les pouvoirs publics et les établissements d'enseignement supérieur devrait faire partie des politiques éducatives, scientifiques et culturelles nationales. L'application des conventions régionales et de la Recommandation internationale sur la reconnaissance des études, des diplômes et des titres de l'enseignement supérieur et le développement de réseaux d'institutions sont considérés importants à cet égard (La Havane, Dakar, Tokyo, Palerme, Beyrouth).

Les libertés académiques et une large autonomie des institutions d'enseignement supérieur - qui doivent être renforcées et protégées - sont essentielles pour l'accomplissement par ces institutions de leur mission. L'autonomie implique le devoir de rendre des comptes (accountability) à la société. L'autonomie institutionnelle et les libertés académiques sont nécessaires pour le fonctionnement efficace du système d'enseignement supérieur, pour le renforcement de sa capacité à changer et à anticiper, pour l'accomplissement de sa fonction de tour de vigie ou d'observatoire, pour l'affirmation de son autorité morale dans le débat sur les grands problèmes éthiques et les questions majeures de portée planétaire, mais aussi pour son développement comme espace et facteur de démocratie. Il faut ajouter que les libertés académiques qui, en quelque sorte, justifient et fondent la fonction critique de l'enseignement supérieur, impliquent pour elles-mêmes le devoir de respect de certains principes et de certaines normes et imposent en même temps aux institutions d'enseignement supérieur l'obligation d'objectivité, d'impartialité et de rigueur intellectuelle.

La recherche est une mission fondamentale (Dakar) et une fonction majeure de l'enseignement supérieur. Les institutions de l'enseignement supérieur concentrent en leur sein une grande partie - dans beaucoup de pays la majeure partie - du personnel formé pour la création intellectuelle. Il est donc essentiel que ce potentiel soit pleinement mis à profit non seulement à des fins d'enseignement et de formation mais aussi pour contribuer par la recherche en sciences exactes et naturelles, en techniques et en sciences sociales et humaines (La Havane, Palerme) à l'avancement du savoir, à la création de connaissances nouvelles et à l'essor et l'épanouissement culturels, à la solution des problèmes auxquels fait face la société et au développement humain durable ainsi qu'à la diffusion des idées de paix de démocratie et de protection de l'environnement (La Havane, Dakar, Tokyo). C'est le devoir, la responsabilité et la fonction de l'enseignement supérieur et de ses personnels, en premier lieu du personnel enseignant. Il importe de tenir compte dans les travaux de recherche des questions éthiques ( Palerme, Beyrouth).

La recherche et la création intellectuelle sont nécessaires pour assurer un enseignement et une formation de qualité et à jour, pour développer l'esprit critique et novateur, la créativité, l'aspiration à aller de l'avant, à ne pas se satisfaire de ce qui est déjà acquis.

La coopération sous les formes les plus diverses entre les institutions d'enseignement supérieur aux niveaux national, régional et international notamment par la création et le développement de réseaux, et une interaction appropriée avec d'autres acteurs sociaux publics et privés sont des moyens d'appui et de développement de la recherche. L'UNESCO ainsi que les organisations régionales et les ONG internationales et régionales spécialisées ont une responsabilité particulière pour promouvoir cette coopération.

Les institutions de l'enseignement supérieur doivent disposer de ressources suffisantes pour la recherche. L'Etat a une responsabilité majeure pour le financement de la recherche mais d'autres acteurs sociaux (entreprises nationales et internationales, publiques ou privées ; fondations ; associations, etc.) ont, à leur tour, le devoir d'aider ces institutions. Celles-ci, pour leur part, doivent être prêtes à rendre compte de l'utilisation des ressources et rechercher elles-mêmes des sources de financement nouvelles.

L'anticipation est une tâche importante de l'enseignement supérieur. Pour ce dernier il s'agit d'anticiper les besoins et les exigences du futur et non de s'adapter simplement à ceux du présent. Afin de s'acquitter de cette tâche il doit renforcer sa propre capacité d'anticipation. La démarche anticipatrice et prospective doit caractériser ses enseignements, ses formations et ses travaux de recherche comme sa gestion. L'anticipation est appelée à permettre à l'enseignement supérieur de jouer un rôle actif au sein de la société, notamment vis-à-vis des nouveaux besoins sociaux et environnementaux, ainsi que dans le domaine de l'éducation en général, et d'aider la société à façonner le futur et à maîtriser son destin.

L'importance de la fonction d'anticipation que les conférences régionales reconnaissent à l'enseignement supérieur et qui s'étend au-delà du domaine de l'éducation, ira en grandissant. Il s'agit pour ces institutions, en premier lieu les universités qui disposent du personnel le plus multidisciplinaire qui soit, d'un défi majeur qu'il leur appartient de relever pour confirmer leur vocation d'éclaireurs du futur.