Conférence mondiale sur l'enseignement supérieur
L'enseignement supérieur au XXIe siècle
Vision et action
Débat thématique
L'enseignement supérieur et les femmes :
enjeux et perspectives
Unesco, Paris
5-9 octobre 1998
Rédigé par : Secrétariat de l'UNESCO
en collaboration avec :
Comité directeur :
Partenaires :
ED-98/CONF.202/CLD.14
Résumé
Le présent débat a pour but de faire le bilan de la situation actuelle des principaux enjeux relatifs à la question des femmes et de dans l'enseignement supérieur. Il s'agira notamment de mettre en lumière les stratégies susceptibles d'aider les Etats membres et autres parties prenantes à l'enseignement supérieur dans les efforts qu'ils déploient pour renforcer le rôle des femmes dans ce secteur et leur contribution au développement social en général.
Au cours des quelques dernières années et alors que nous assistons à une augmentation des effectifs d'étudiants dans l'enseignement secondaire, l'accès des femmes à l'enseignement supérieur s'est considérablement amélioré. Toutefois, on pourrait encore faire des progrès à ce chapitre, notamment en égard à la présence féminine dans des domaines tels que la science et la technologie.
Par contre, on est encore loin d'avoir réuni une "masse critique" de femmes au niveau du processus de prise de décision. En outre, un certain nombre d'obstacles culturels demeurent qui constituent pour les femmes une entrave au plein exercice de leurs droits en tant que citoyennes et professionnelles.
La Conférence mondiale sur l'enseignement supérieur constituera l'occasion d'énoncer clairement les orientations relatives à la dernière phase d'un mouvement amorcé pour assurer aux diplômées et aux étudiantes une totale équité. Le Projet spécial de l'UNESCO intitulé "Les femmes, l'enseignement supérieur et le développement" fournira, à cet égard, des exemples de bonnes pratiques.
I. Introduction
La présente contribution, préparée en vue de la Conférence mondiale sur l'enseignement supérieur, a pour but de faire le bilan des différents enjeux inhérents à la question des femmes dans l'enseignement supérieur, à savoir :
La Stratégie mondiale relative aux femmes et à l'enseignement supérieur (voir Annexe 1) a pour but de faciliter la réalisation de ces différents objectifs. Depuis 1990, l'UNESCO a replacé ces enjeux dans une cadre de discussion plus vaste, abordant notamment :
II. Femmes et développement : principes directeurs
Premièrement, l'UNESCO vise à favoriser une culture qui fasse une place égale aux membres des deux sexes grâce à l'éducation, notamment à l'enseignement supérieur, afin de promouvoir un développement humain et une paix durables.
Les principales dimensions de ce développement humain sont désormais les suivantes : responsabilisation, coopération, équité, durabilité et sécurité.
L'adhésion de la famille des nations du monde à ces différents objectifs n'est possible que dans la mesure où des partenariats efficaces sont noués pour donner le jour à une société plus humaine capable de tirer le meilleur parti possible du capital humain investi et des actions de coopération mises en oeuvre. Cet relief donné au dialogue, à la coalition et à la collaboration constitue le fondement de la nouvelle vision d'une stratégie de développement et suppose la pleine participation des acteurs concernés, à savoir les hommes et les femmes. Le principe d'égalité entre les sexes doit s'appliquer également dans le domaine des droits légaux des femmes. A cet égard, les principaux instruments normatifs sont les suivants :
- la Déclaration universelle des droits de l'homme, 1948
- la Convention concernant la lutte contre la discrimination dans le domaine de l'enseignement, 1960
- la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, 1979.
Ces trois textes ont donné lieu par ailleurs à un certain nombre de résolutions et recommandations dans le cadre de grandes conférences et initiatives importantes des Nations Unies, qui soulignent l'importance de la prise en compte de la problématique hommes-femmes dans le règlement des problèmes mondiaux. Citons notamment :
- les Stratégies prospectives d'action de Nairobi pour la promotion de la femme, 1985
- le rapport sur la Décennie mondiale du développement culturel, 1988-1997
- la Conférence mondiale sur l'éducation pour tous, Jomtien 1990
- la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement, Rio de Janeiro 1992
- la Conférence internationale sur la population et le développement, Le Caire, 1994
- le Sommet mondial pour le développement social, Copenhague 1995
- la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes, Beijing 1995
- Habitat II, Istanbul, 1996
- le Sommet mondial de l'alimentation, Rome 1996
- la Décennie des Nations Unies pour l'éducation dans le domaine des droits de l'homme 1995-2004
- la Cinquième Conférence internationale sur l'éducation des adultes.
L'ensemble de ces instruments juridiques et de ces rapports stratégiques constituent un cadre à l'intérieur duquel on peut faire en sorte et garantir que la dimension de l'égalité entre les sexes soit effectivement prise en compte dans le domaine de l'éducation.
III. Beijing et l'après-Beijing
La Quatrième Conférence mondiale sur les femmes (1995) mérite une mention particulière de par le fait qu'elle a marqué un tournant décisif dans la marche des femmes vers la responsabilisation et le leadership social.
- premièrement, elle a permis de confirmer que la question de l'égalité entre les sexes, dans toutes ses dimensions, était désormais reconnue par l'ensemble de la communauté mondiale comme une composante essentielle du processus de développement ; grâce à cette reconnaissance, il va peut-être être possible désormais de corriger plus efficacement les inégalités entre hommes et femmes ;
- deuxièmement et si l'on compare avec ce qui s'est produit lors des conférences antérieures, elle s'est traduite par l'adoption de recommandations plus concrètes pour que les femmes occupent la place qui leur revient de droit dans le monde du XXIe siècle.
Un grand nombre des problèmes essentiels auxquels les femmes sont actuellement confrontés et qui sont définis dans la Déclaration de Beijing n'ont toujours pas été résolus :
- la pauvreté
- l'inégalité d'accès à l'éducation, à la santé et à la protection sociale
- la violence
- l'impact des conflits armés
- leur non-participation au processus de décision dans le secteur économique
- le caractère inéquitable de leur participation aux structures du pouvoir dans la société
- l'insuffisance des mécanismes destinés à promouvoir leur avancement
- la méconnaissance de leur droits
- la méconnaissance de leur contribution à la société
- la méconnaissance de leur contribution à la protection et à la gestion de l'environnement.
Ces différents problèmes faisant obstacle à l'émancipation personnelle et sociale des femmes, ils les empêchent aussi d'assumer efficacement des fonctions de direction à tous les niveaux de la vie quotidienne.
Si les progrès accomplis jusqu'à présent sont certes non négligeables, il reste beaucoup à faire comme le montrent les statistiques présentées dans le Rapport sur le développement humain publié chaque année par le Programme des Nations Unies pour le développement :
- 66 % des analphabètes dans le monde sont des femmes ;
- en Afrique subsaharienne, le pourcentage de femmes inscrites dans l'enseignement supérieur n'est que de 33 %, leur part étant plus faible encore dans le domaine de la science et de la technologie ;
- le taux d'activité des femmes dans les pays en développement ne représente que la moitié (50 %) de celui des hommes dans les pays en développement ;
- dans certains pays, les femmes n'ont toujours pas le droit de voter ou d'être propriétaires ;
- en politique, le pourcentage de femmes dans les parlements n'est que 10 % ;
- le PNB national pourrait être considérablement accru si le travail actuellement non rémunéré des femmes était officiellement assimilé à un facteur de production ;
- il existe encore de fortes disparités salariales entre hommes et femmes dans de nombreux secteurs de la vie professionnelle (celles-ci gagnant en moyenne 25 % de moins).
De toute évidence, il faut des réformes rapides dans tous ces domaines, et le rôle de l'éducation, forme d'investissement dans le capital humain, est un aspect essentiel de ce défi que doivent relever hommes et femmes.
Dans ce contexte, une vaste et profonde rénovation des systèmes d'éducation est désormais largement reconnue comme étant l'un des moyens efficaces de s'attaquer aux problèmes sociaux, anciens et nouveaux.
En 1996, l'UNESCO a publié le rapport de la Commission internationale sur l'éducation pour le vingt et unième siècle, présidée par Jacques Delors. Il s'agissait pour cette instance d'étudier les liens entre éducation d'une part, et culture, citoyenneté, cohésion sociale, développement, emploi et progrès scientifique, d'autre part. Les membres de la Commission sont parvenus à la conclusion que, alors que le monde s'achemine rapidement vers une société mondialisée et fondée sur le savoir, il convient de définir et de mettre en oeuvre des méthodes véritablement novatrices d'enseignement et d'apprentissage.
Le rapport insiste sur la notion d'apprentissage tout au long de la vie, sur la nécessité de gérer les réalités de l'internationalisation et sur le concept de l'inclusion sociale, qui comporte d'importantes implications eu égard à l'éducation des femmes et des filles. Les décideurs nationaux doivent veiller à protéger et à faciliter l'accès et la participation des femmes à l'enseignement, et ce à tous les stades de leur vie.
En tant que lieu où les dirigeants économiques et sociaux, de même que les experts de tous les domaines, reçoivent traditionnellement une part non négligeable de leur formation personnelle et professionnelle, l'enseignement supérieur est investi de responsabilités particulières à l'égard de cette mission qui concerne également hommes et femmes.
IV. L'enseignement supérieur aujourd'hui : les défis à relever
Il se pose à ce chapitre quatre questions particulièrement importantes :
(i) l'augmentation de la demande d'accès dont l'enseignement supérieur fait l'objet (cette demande a doublé, voire triplé, dans certains pays), qui suppose de passer d'un enseignement supérieur élitiste à un enseignement supérieur de masse, démocratisé ;
(ii) la réduction continue des ressources financières et les mesures de plus en plus nombreuses imposées par les gouvernements pour obliger l'enseignement supérieur à rendre des comptes ;
(iii) la préservation de la qualité et de la pertinence de l'enseignement et les mesures à mettre en oeuvre pour les évaluer. Ce problème va devenir de plus en plus important alors que le nombre d'étudiants pourrait atteindre les 120 millions d'ici l'an 2050 ;
(iv) le problème toujours d'actualité de l'emploi des diplômés, qui contraint à un examen des grades et des diplômes universitaires ;
(v) la réalité de plus en plus pressante de l'internationalisation des méthodes pédagogiques, de la formation et de la recherche dans l'enseignement supérieur, qui pose la question de la mobilité des personnes comme de celle des connaissances et des savoirs.
Ces différentes questions forment l'essentiel du contenu des documents de politique préparés en 1994, respectivement par la Banque mondiale et par l'UNESCO et intitulés L'enseignement supérieur : les leçons de l'expérience et L'enseignement supérieur pour le changement et le développement.
S'agissant des principaux enjeux de l'enseignement supérieur dans diverses régions du monde, on pourrait proposer les quelques synthèses suivantes :
- en Afrique, les problèmes de développement et l'attachement des bailleurs de fonds à l'éducation de base ont quelque peu détourné l'attention de l'enseignement supérieur qui, avec la mondialisation, risque de perdre encore plus de terrain. On estime désormais de plus en plus important de considérer ces pays comme des partenaires, et non plus comme des nations dépendante, dans un nouvel ordre social. La question de l'égalité entre les sexes dans l'enseignement supérieur est aujourd'hui une des grandes priorités dans cette région ;
- les Etats arabes sont caractérisés par une grande diversité culturelle, des disparités économiques et une situation d'instabilité sociale. Les populations étant jeunes et nombreuses dans cette région du monde, il est urgent de moderniser les systèmes et les structures pour répondre à la demande d'enseignement supérieur et contribuer à la naissance d'une société plus stable. A l'heure actuelle, les femmes sont très rares à la tête des établissements d'enseignement supérieur ;
- La région de l'Asie et du Pacifique est celle qui a fait le plus grand nombre d'expériences différentes dans le domaine de l'enseignement supérieur, très souvent en réponse aux nouveaux besoins du marché de l'emploi dans des économies de marché. Par contre, une grave pauvreté continue de sévir dans certains pays, et de nombreux, trop nombreux diplômés universitaires (notamment en Inde) connaissent des problèmes d'emploi sur des marchés du travail en mutation rapide. La question de l'égalité entre les sexes est abordée de nombreuses manières différentes dans cette région très variée sur le plan culturel. Toutefois, on ne trouve encore que peu de femmes à la tête d'établissements d'enseignement supérieur.
- L'Europe, bien entendu, est composée de pays où les systèmes et les niveaux de développement sont extrêmement variables et différents d'un cas à l'autre. Les pays d'Europe occidentale ont engagé de vastes processus de réforme destinés à adapter leur enseignement supérieur à la société de demain, où des aspects essentiels tels que l'emploi et la technologie auront subi des transformations radicales. Les pays d'Europe centrale et orientale, en voie d'adaptation à l'économie de marché, ont accéléré la modernisation de leur enseignement supérieur pour donner à leurs populations les moyens de gérer la transition économique et sociale en cours. Du point de vue des effectifs, cette région est celle qui compte le plus de femmes à la tête d'établissements d'enseignement supérieur ;
- L'Amérique latine et les Caraïbes forment une région du monde foncièrement riche, où la stabilité économique et sociale s'est considérablement améliorée et où l'enseignement supérieur général a toujours été caractérisé par la présence d'un grand nombre d'établissements privés. Elle est aujourd'hui résolue à mettre en place un enseignement supérieur qui tire le meilleur parti possible du capital humain et des ressources naturelles disponibles, le réorientant pour répondre aux priorités de développement et au rôle croissant de la région dans l'économie mondiale. Les femmes sont nombreuses à occuper des postes dans l'administration de l'enseignement supérieur, mais la question de la parité entre les sexes doit être traitée avec précaution dans certains contextes.
Dans ces conditions, il convient d'aborder trois aspects particuliers concernant l'enseignement supérieur et les femmes :
- premièrement, les diplômées de l'enseignement supérieur doivent être considérées comme faisant partie de la base fondamentale de ressources humaines indispensables à chaque pays. A ce titre, elles ont droit aux mêmes conditions d'accès et aux mêmes débouchés professionnels que les hommes. Les pratiques discriminatoires ne sont pas seulement injustes, mais elles constituent également un gâchis évident de compétences précieuses, capitales pour tous les pays ;
- deuxièmement, dans l'enseignement supérieur même, où la réforme est prioritaire, il est essentiel que l'on s'engage à donner aux femmes l'éventail des compétences de gestion dont elles ont besoin pour contribuer au processus global de rénovation de ce secteur ;
- troisièmement, il conviendra peut-être de revoir l'exercice du pouvoir tel qu'il est actuellement pratiqué par ceux qui occupent des postes de direction et d'administration dans l'enseignement supérieur. Il convient d'analyser et de définir plus clairement la notion de leadership féminin, peut-être plus adapté aux exigences du développement social dans tous les secteurs, dont celui de l'enseignement supérieur.
V. Femmes et enseignement supérieur : principaux aspects
Il existe trois grands facteurs à prendre en compte :
- l'attitude de la société à l'égard des femmes, qui entrave leur participation au processus de décision ;
- la faiblesse des effectifs féminins dans l'enseignement supérieur (bien qu'à ce chapitre, la situation évolue rapidement dans toutes les régions du monde) ;
- la non-prise en compte de la question de l'égalité entre les sexes dans les programmes de l'enseignement supérieur.
Il est certain que les femmes ne seront pas plus nombreuses à accéder aux sphères de la direction de l'enseignement supérieur ou de la société en général, tant que ces questions n'auront pas été abordées.
La participation des femmes au processus de prise de décision
Le processus décisionnel est le reflet du degré de responsabilité confié aux divers acteurs concernés. Or, à l'heure actuelle, les femmes sont encore bien trop peu nombreuses à y être associées. L'éducation favorise la responsabilisation, essentielle à la participation des femmes à tous les aspects du processus de développement. En outre, l'enseignement supérieur leur permet généralement d'acquérir les compétences requises pour occuper les postes clés de l'élaboration des politiques dans tous les domaines. D'où son l'importance particulière qu'il revêt manifestement pour les femmes.
Dans l'étude réalisée en 1993 par l'UNESCO et le Secrétariat du Commonwealth et intitulée Les femmes dans l'administration de l'enseignement supérieur, les auteurs ont dressé la liste des principaux obstacles à la participation des femmes au processus décisionnel :
- leur accès limité à l'éducation, en particulier l'enseignement supérieur ;
- les pratiques discriminatoires en matière de nominations et de promotions ;
- les stress inhérents à la nécessité pour les femmes de concilier leurs rôles au sein de la famille et sur le marché du travail ;
- les attitudes familiales ;
- les interruptions de carrière ;
- les stéréotypes culturels ;
- le fossé qui les sépare encore de la culture masculine et la résistance qu'elles continuent de rencontrer lorsqu'elles veulent accéder à des postes de gestion ;
- la progression du syndrome dit du "plafond de verre", en vertu duquel l'avancement est dicté par un certain nombre de critères officieux ;
- l'absence de politiques et de législations de nature à garantir la participation des femmes.
Compte tenu de ces obstacles, il convient, pour lutter contre l'exclusion des femmes, d'inverser ces tendances en améliorant leur accès à l'éducation, notamment à l'enseignement supérieur, en revoyant les procédures de nomination et de promotion, en apportant un soutien en matière de législation et d'infrastructures dans toutes les professions, en proposant des programmes spéciaux pour les femmes, en adoptant des mesures d'"action positive" pour favoriser l'accès et la participation des femmes tout en attendant un authentique changement à l'égard de l'égalité entre hommes et femmes et en garantissant la coopération des institutions et du gouvernement par l'adoption de politiques claires et efficaces, effectivement appliquées.
Les effectifs féminins dans l'enseignement supérieur
Les 20 dernières années ont été marquées par une augmentation non négligeable, mais insuffisante, de nombre d'étudiantes inscrites dans l'enseignement supérieur. Ces progrès sont certainement attribuables en partie aux stratégies spécifiques axées sur la prise en compte des inégalités existantes et sur la nécessité d'y remédier. A cet égard, l'ONU a mené une action efficace, qui a permis de sensibiliser les décideurs aux droits des femmes et à la nécessité de leur ouvrir davantage l'accès à tous les niveaux de l'enseignement.
Une analyse plus attentive des statistiques de l'enseignement supérieur montre que la nature du problème varie en réalité selon les contextes socioculturels et économiques. D'une manière générale, le nombre de femmes dans l'enseignement supérieur a augmenté, les effectifs féminins étant même parfois supérieurs à ceux des hommes. De plus, certains pays sont manifestement résolus à faciliter l'accès des femmes à l'enseignement supérieur. Comme on peut s'y attendre, c'est encore dans le monde en développement que les disparités sont les plus importantes.
Nombre d'étudiants pour 100.0000 habitants
|
Hommes |
Femmes |
|||
|
1980 |
1992 |
1980 |
1992 |
|
|
Botswana |
163 |
306 |
79 |
280 |
|
Sénégal |
402 |
495 |
90 |
117 |
|
Algérie |
789 |
1.523 |
275 |
844 |
|
Qatar |
594 |
598 |
1.682 |
3.072 |
|
Australie |
2.430 |
3.003 |
2.011 |
3.435 |
|
Pakistan |
264 |
359 |
107 |
149 |
|
Belgique |
2.451 |
2.939 |
1.787 |
2.621 |
|
Pologne |
1.504 |
1.366 |
1.800 |
1.680 |
|
Colombie |
1.142 |
1.530 |
908 |
1.578 |
|
Mexique |
1.859 |
1.622 |
912 |
1.333 |
Pourcentage d'étudiants par domaine d'étude
|
Tous les étudiants |
% de femmes |
|
|
Burundi |
||
|
11 % |
29 % |
|
32 % |
35 % |
|
8 % |
27 % |
|
Tunisie |
||
|
5 % |
42 % |
|
30 % |
40 % |
|
10 % |
52 % |
|
Japon |
||
|
8 % |
73 % |
|
39 % |
33 % |
|
6 % |
46 % |
|
Royaume-Uni |
||
|
6 % |
71 % |
|
27 % |
50 % |
|
12 % |
76 % |
|
Hongrie |
||
|
36 % |
65 % |
|
17 % |
55 % |
|
9 % |
56 % |
|
Brésil |
||
|
13 % |
81 % |
|
43 % |
50 % |
|
9 % |
64 % |
(Source : Rapport mondial sur l'éducation, 1995)
Certains aspects de l'analyse de l'accès et de la participation des femmes mériteraient d'être considérablement améliorés. Il faudrait notamment une étude plus poussée des enseignements choisis par les femmes, le parcours des diplômées universitaires qui deviennent majoritaires dans une profession sans pour autant être associées au processus de décision et la promotion des femmes dans le domaine scientifique à tous les niveaux de l'enseignement afin de leur permettre d'y faire carrière.
Du point de vue économique, les qualifications acquises au niveau de l'enseignement supérieur permettent effectivement d'élargir l'éventail des débouchés d'emploi, de même qu'elles contribuent à élever les attentes sociales des diplômés. En dépit du climat économique actuel, les titulaires de diplômes supérieurs ont dix fois plus de chances de trouver un emploi que les autres. Ainsi, il est grand temps de faire en sorte que l'on adopte des attitudes plus raisonnables à l'égard des femmes très instruites, dont les qualifications devraient leur ouvrir les portes d'un épanouissement professionnel et qui, dans la mesure où leur salaire représente la moitié, voire la totalité, du revenu du ménage, ont besoin d'être aidées à concilier leurs tâches domestiques et professionnelles.
La prise en compte de la question de l'égalité entre les sexes
dans les programmes universitaires
Cette prise en compte est justifiée à plusieurs titres :
Dans le document intitulé Les femmes et le programme universitaire, réalisé à l'occasion de la Conférence de Beijing en 1995, les auteurs se sont accordés pour reconnaître qu'aujourd'hui, le programme universitaire doit :
- proposer aux étudiantes des modèles de comportement stimulants ;
- faire en sorte de les encourager et de les inciter à prendre confiance en elles ;
- leur présenter les carrières actuellement dominées par des hommes sous un jour plus attrayant pour elles.
De plus, étant donné que la théorie du développement reconnaît que la prise en compte de l'égalité entre les sexes constitue désormais un facteur clé de toute solution proposée aux problèmes mondiaux et que de nombreux établissements d'enseignement supérieur sont engagés dans un vaste processus de rénovation de leurs programmes pour les adapter aux mutations sociales en cours, la non-prise en compte de cet aspect n'est plus acceptable de nos jours.
Dans les établissements où la dimension de la parité entre hommes et femmes est prise en compte, les femmes nommées à des postes de direction pourraient constater que leur leadership est mieux accepté.
VI. Les femmes nommées à des postes de direction dans l'enseignement supérieur
Serait-il positif pour le secteur de l'enseignement supérieur d'avoir à sa tête un plus grand nombre de femmes ? Nous en sommes à un stade du processus de changement social où les modèles de gestion sont remis en question et où les effectifs féminins dans diverses professions augmentent régulièrement. Dans une certaine mesure, on peut parler de tournant, et la nouvelle orientation est très importante, puisqu'elle préfigure les schémas de gouvernance du XXIe siècle.
Les statistiques actuelles des principales associations mondiales d'universités attestent de la nécessité de renforcer la présence féminine dans les hautes sphères de l'enseignement supérieur :
|
ONG |
Membres |
Etablissements dirigés par des femmes (nombres ou %) |
|
Association des universités africaines |
120 |
6 |
|
Association des universités arabes |
103 |
2 |
|
Association des universités du Commonwealth |
463 |
371 |
|
Association des universités de langue française |
270 |
5-7 % |
|
Association des universités européennes |
497 |
6-8 % |
|
Association des universités d'Asie et du Pacifique |
1402 |
5 %- |
|
Organisation universitaire interaméricaine |
350 |
5 %3 |
|
Unión de Universidades de América Latina |
177 |
47 |
Si les femmes sont toujours plus nombreuses à occuper des postes tels que celui de vice-recteur adjoint et de chef de département, trois questions d'importance primordiale se posent :
- quelle est la réalité de l'administration de l'enseignement supérieur aujourd'hui ?
- le leadership féminin est-il un concept valable, applicable au contexte de l'enseignement supérieur ?
- quelle est l'incidence de la diversité culturelle sur les pratiques de gestion et le rôle des femmes dans ce domaine ?
La gouvernance de l'enseignement supérieur
Compte tenu de la modernisation et de la réforme en cours dans ce secteur, le rôle du vice-chancelier ou du recteur a radicalement changé au cours des quelques dernières années. Voici quelques-unes des qualités et des compétences que devraient posséder les candidats à ce poste :
- une longue expérience dans le domaine de la direction d'un établissement d'enseignement supérieur/d'excellents résultats en matière de recherche et de d'enseignement
- une aptitude au commandement, notamment une certaine clairvoyance
- des aptitudes à la gestion
- une connaissance et une expérience des institutions
- une expérience internationale de l'enseignement supérieur
- une aptitude à la négociation pour traiter avec tous les interlocuteurs pertinents (à l'interne, avec les membres de la direction, le corps professoral et les étudiants ; à l'externe, avec les décideurs nationaux, le secteur économique, les groupes communautaires, les collègues et homologues régionaux et internationaux)
- une aptitude à la communication avec, si possible, un certain charisme.
Alors que l'enseignement supérieur est confronté à des défis de plus en plus complexes, il est vrai que les personnes appelées à occuper des postes de direction dans ce secteur doivent posséder encore plus de compétences qu'auparavant. En outre, le problème se pose alors même que la haute direction de l'enseignement supérieur fait elle-même l'objet d'un examen attentif.
Il n'y aucune raison que les femmes soient exclues de ce poste de direction et de pouvoir, pour autant qu'elles aient des qualifications conformes à celles que l'on recherche. D'abord et avant tout, ce principe doit être réitéré, accepté et appliqué dans le domaine de l'enseignement supérieur. Deuxièmement, il faut donner aux femmes la possibilité d'acquérir par la formation les compétences qui vont leur permettre de poser leur candidature en cas de vacances à la tête des établissements d'enseignement supérieur.
C'est la raison pour laquelle l'UNESCO, en coopération avec un certain nombre d'ONG, encourage les personnels de l'enseignement supérieur, depuis le niveau du vice-chancelier et du recteur en passant par tous les échelons de l'administration, à améliorer leurs compétences en matière de gestion. En collaboration notamment avec l'Association des Universités du Commonwealth et le Secrétariat du Commonwealth, l'UNESCO a adopté une stratégie visant à favoriser la formation à la gestion pour les femmes et la recherche sur les aspects susceptibles d'encourager (ou au contraire d'entraver) l'accession des femmes aux postes de direction. Parmi les sujets abordés, la formation à la gestion, les études sur la condition féminine et leur rôle dans l'avancement des femmes, la conciliation entre rôles familiaux et professionnels, les femmes et le leadership et, d'un point de vue plus général, les femmes et la gouvernance des universités. Jusqu'à présent, ces programmes s'adressent aux femmes qui, de par les positions qu'elles occupent, peuvent former leurs collègues et assurer ainsi un effet de démultiplication afin de favoriser la promotion d'un nombre croissante de cadres de sexe féminin à tous les niveaux des établissements d'enseignement supérieur.
Le leadership féminin en milieu universitaire
Le concept de leadership, à tous les niveaux, englobe de nombreux aspects : la vision, la capacité d'inspirer les autres aussi bien que d'organiser, de gérer le pouvoir, d'assumer des responsabilités et, peut-être le plus important, de servir la société dans son ensemble d'une manière particulière.
Dans un monde de plus en plus complexe (voire chaotique, diraient certains), la qualité du leadership a certainement pris des dimensions nouvelles, essentielles à la survie et au succès de toute entreprise ou institution. Ceci nous amène à la notion de leadership féminin et à un certain nombre de questions connexes notamment celle de savoir s'il s'agit là d'un concept valable et si les femmes seront autorisées à revendiquer leur droit de participer, à leurs propres conditions, au processus de décision dans l'enseignement supérieur à tous les niveaux.
Dans une étude commandée par l'UNESCO à l'Organisation universitaire interaméricaine, le professeur Sheryl Bond, de Queen's University, au Canada, a étudié le concept de leadership dans l'enseignement supérieur aujourd'hui, soulignant que le nombre croissant de femmes nommées aux postes de direction dans ce secteur témoigne de la réalité du changement social.
Cette étude passe en revue les facteurs qui empêchent les femmes d'accéder aux plus hauts postes de la direction et décrit les nouveaux paradigmes de l'interaction entre contexte social et pouvoir de décision. Bond préconise de passer du stade du débat à celui d'un dialogue dans le cadre duquel l'avancement des femmes sera synonyme de rénovation et de progrès de l'institution. Il s'agit là d'une évolution des mentalités indispensable si l'on veut que l'enseignement supérieur puisse effectivement contribuer au processus de développement.
A l'heure actuelle, le leadership féminin et ses avantages potentiels restent des aspects controversés du débat sur l'émancipation des femmes. Toutefois, on est de plus en plus convaincu que l'augmentation du nombre de femmes occupant des postes de direction constitue une force particulière en matière de gestion, qui a subi l'influence de facteurs très spécifiques :
- la volonté de faire du partage du pouvoir une réalité (qui suppose le refus de l'exercice du pouvoir par la domination)
- une insistance sur le respect de soi, le service et l'importance du mérite
- la priorité donnée aux résultats concrets dans le contexte professionnel
- la reconnaissance et la prise en compte des pressions issues de la nécessité pour les femmes de concilier vie personnelle et vie professionnelle.
Alors que nous sommes pourtant en période de transition, un nombre non négligeable de personnes continuent de nier ces tendances, insistant pour dire que l'accès au pouvoir de décision ne doit dépendre surtout que de l'émulation du comportement masculin. Toutefois, en dépit de ces opinions divergentes, chacun s'accorderait à reconnaître que les femmes réellement capables, placées à des postes de direction ont l'obligation de venir en aide à leurs collègues compétentes.
Diversité culturelle, femmes et enseignement supérieur
Nul doute que la réalité de la diversité culturelle est un domaine des plus problématiques quand il s'agit de l'accession des femmes aux postes de direction et d'administration dans l'enseignement supérieur et dans la société en général. De nombreux facteurs interviennent ici : le rôle traditionnel des femmes dans certaines sociétés, les conflits découlant de leur grande instruction et de leurs contacts avec d'autres cultures et enfin, leur propre attachement aux valeurs de leur race, religion ou nation.
S'agissant de la tension entre femmes de cultures diverses et leur rôle dans la promotion de l'enseignement supérieur, il existe plusieurs points à garder à l'esprit :
- le rôle des femmes dans une société donnée est lié à un certain nombre de traditions fondamentales, dont certaines sont séculaires et doivent avoir un impact particulièrement complexe et protéiforme sur leurs vies de citoyennes et de professionnelles ; le Projet spécial Femmes, enseignement supérieur et développement, qui encourage la formation et la recherche dans le cadre du Programme des chaires UNITWIN/UNESCO, vise à améliorer la carrière des femmes dans des domaines prioritaires tels que la gestion de l'enseignement supérieur, la santé communautaire, l'inclusion sociale, la lutte contre la pauvreté et la science et le développement (voir l'Annexe 2). Ces Chaires et ces réseaux reconnaissent l'identité culturelle comme étant une variable clé de la structuration des activités mises en oeuvre ;
- dans certains pays et cultures, les femmes instruites ont accès au pouvoir, mais souvent du fait de leurs liens familiaux, conjugaux ou politiques ;
- la gestion varie énormément d'une culture à l'autre, une réalité à laquelle on s'intéresse d'autant plus avec le phénomène de l'internationalisation ; il est désormais reconnu que la compréhension des autres peuples et de leurs langues, expression de leurs modes de pensée, constitue une composante essentielle de la réussite d'une entreprise dans quelque domaine que ce soit ;
- paradoxalement, la gestion consiste, dans tous les pays du monde, à faire travailler les autres. Par conséquent, à un moment ou à un autre, il est essentiel que les cultures trouvent un terrain d'entente pour le dialogue et la négociation. Dans ce contexte, la culture cesse d'être un obstacle pour devenir une sorte de passerelle grâce laquelle on peut nouer des liens avec l'autre.
Dans la direction et la gestion de l'enseignement supérieur, les femmes de cultures différentes peuvent créer entre elles des réseaux pour échanger visions et points de vue qui enrichiront leurs propres approches de certains dossiers, y compris la manière dont elles font face aux attitudes masculines à l'égard du pouvoir et de la prise de décision dans leurs propres pays. En dépit d'une profonde diversité culturelle, certains préceptes communs doivent guider les femmes dans leur quête d'une participation accrue au processus de décision et au partage du pouvoir :
Il s'agit là de principes d'une validité universelle qui attestent, de la manière la plus éloquente qui soit, de la vision féminine des priorités en matière de direction de l'enseignement supérieur au cours des quelques années à venir, alors qu'un nouveau partenariat social sera de plus en plus recherché, pas uniquement par les femmes, mais par tous les citoyens responsables.
VII. Conclusions : la marche vers le changement
Quelles sont les perspectives eu égard à ces différents enjeux ?
Le monde s'achemine vers une plus grande démocratie et l'adoption de politiques axées sur le marché, dans un effort pour améliorer le développement humain. Dans ce climat, il conviendrait de donner aux femmes davantage d'occasions et de possibilités d'être nommées à des postes de direction et de décision. Les efforts des organismes spécialisés et des associations féminines, de même que les résolutions des conférences internationales, sont autant d'éléments qui contribuent au recrutement de femmes à ces postes.
On dénote clairement un certain nombre de tendances qui se dégagent en vue de renforcer les moyens d'action et les responsabilités des femmes très qualifiées dans les domaines de la recherche, de la formation, de la défense des droits et des réseaux, tendances qui doivent être renforcées. Celles-ci concernent à la fois le domaine de l'enseignement supérieur lui-même et celui des autres secteurs de l'activité professionnelle. Une amélioration de l'accès et de la participation des femmes aura des effets qui se feront ressentir tout au long de la vie et des répercussions pour les femmes de tous les groupes sociaux.
Ces tendances constituent par conséquent les fondements de la Stratégie mondiale de l'UNESCO pour les femmes, l'enseignement supérieur et le développement mentionnée ci-dessus et qui vise à accroître la participation des femmes au processus de décision.
En conclusion, il faut à présent une vision commune du développement social et humain, vision qui soit partagée par tous les hommes et toutes les femmes. Cette vision repose sur la justice sociale et consiste à accorder aux femmes une place légitime, celle qui leur revient de droit, dans le processus de décision :
"La tâche essentielle au XXIe siècle pourrait bien consister à nouer un nouveau partenariat entre hommes et femmes dans le règlement des problèmes actuels et dans la préparation des programmes futurs d'action personnelle et publique" (A Blueprint to Leadership, p. 19)
D'après cette vision, tous les dirigeants, qu'ils soient hommes ou femmes, sont appelés à jouer un rôle clé dans la mise en place d'une société nouvelle. Ainsi, ils ne seront plus adversaires, mais partenaires égaux à part entière dans cette importante entreprise.
La Conférence mondiale sur l'enseignement supérieur doit exprimer clairement le profond désir des femmes de contribuer à l'instauration de ce nouveau partenariat social.
Stratégies d'action future
Promouvoir l'accès des femmes à l'enseignement supérieur et leur participation dans ce secteur :
1. L'UNESCO devrait créer un observatoire international sur les femmes et l'enseignement supérieur pour suivre les progrès accomplis en matière d'accès, de participation et de présence des femmes au processus de décision
2. Les ONG internationales devraient entreprendre un examen critique des instruments juridiques pour s'assurer de leur efficacité dans le domaine de l'enseignement supérieur
3. Les ONG, spécialisées ou intéressées par le dossier des femmes dans l'enseignement supérieur, devraient suivre des formations pour améliorer leurs capacités à défendre les droits des femmes dans le domaine de l'égalité entre les sexes, au niveau international, régional, national et institutionnel
4. Par l'intermédiaire des ONG spécialisées dans le domaine de l'enseignement supérieur (par exemple, les associations régionales de recteurs et les conférences), une Charte de l'égalité entre les sexes devrait être rédigée et soumise à la signature des dirigeants des établissements
5. L'UNESCO devrait apporter son soutien aux initiatives d'évaluation et de suivi de la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes (Beijing 1995). Il peut s'agir notamment de symposiums et d'activités régionales, et il conviendrait de convoquer une réunion spéciale en l'an 2000.
Promouvoir la nomination de femmes aux postes de décision dans l'enseignement supérieur et favoriser le recrutement des diplômées sur le marché du travail
6. Les institutions devraient mettre sur pied un comité d'experts pour veiller à ce que les objectifs en matière d'égalité des sexes soient atteints
7. Des bureaux de l'égalité professionnelle entre hommes et femmes devraient être créés au sein des universités et des établissements d'enseignement supérieur pour suivre les progrès des femmes à tous les niveaux du professorat et de l'administration (par exemple, leur nomination aux postes de présidentes, de chefs de département, aux postes de la haute direction, etc.)
8. Les bureaux d'orientation professionnelle et les services de placement des diplômés devraient adopter des mesures spéciales pour veiller à ce que les étudiantes soient pleinement informées des opportunités et des obstacles liés à leur sexe dans différentes professions
9. Les établissements d'enseignement supérieur et les ONG (notamment celles qui représentent les femmes et les étudiants) devraient tirer le meilleur parti possible des personnalités marquantes de par leur rôle d'exemples ou de pionniers pour faire en sorte qu'elles informent et conseillent les étudiantes quant aux choix de carrière qui s'offrent à elles. Une attention particulière devra être portée aux domaines où les femmes sont sous-représentées (par exemple, les sciences, le génie)
Promouvoir la recherche et la formation
10. Il conviendrait d'augmenter le nombre de Chaires de l'UNESCO et de réseaux UNITWIN qui encouragent la prise en compte de la parité dans les domaines de l'enseignement supérieur
11. L'UNESCO et autres agences devraient mettre sur pied des équipes itinérantes d'experts des questions d'égalité entre hommes et femmes pour encourager le renforcement des capacités locales au niveau national ou institutionnel
12. Dans certains contextes et dans certains cas, des systèmes de quotas pourront être envisagés en vue de progresser vers l'objectif de la parité totale
13. Un code de bonnes pratiques dans chaque région devra être élaboré pour illustrer la promotion de l'égalité entre les sexes dans différents contextes culturels
14. Les ONG spécialisées dans le domaine de l'enseignement supérieur et des femmes devraient proposer de longues formations aux étudiants et aux jeunes diplômés, hommes ou femmes, en matière de leadership féminin, afin de créer une société plus humaine.
15. Le principe de l'apprentissage tout au long de la vie pour les femmes devrait être fortement encouragé et des mesures appropriées adoptées pour leur permettre de poursuivre des études, de réintégrer le marché du travail et de concilier leurs responsabilités professionnelles et personnelles.
Objectifs pour l'an 2010
1. D'ici 2010, les effectifs nationaux dans l'enseignement supérieur (c'est-à-dire dans le post-secondaire pour les groupes d'âge des 18-24 ans et les étudiants plus âgés) devraient refléter une stabilisation ou un accroissement du nombre de femmes inscrites :
par exemple, maintien d'une proportion de 50 % ou plus dans les pays où ce pourcentage est d'ores et déjà atteint ;
un objectif d'augmentation de 20 à 30 % dans les pays où le nombre de femmes inscrites dans l'enseignement supérieur est faible.
2. Les chaires d'université, les professorats et les postes de chefs de département devraient être également répartis entre hommes et femmes. Les femmes étant désormais nombreuses à posséder les qualifications voulues, il conviendrait de viser un accroissement régulier du nombre de femmes nommées à ces postes dans le but d'atteindre une proportion de 50 %. Ceci pourra supposer ou nécessiter la création de nouveaux postes.
3. Dans l'idéal, 50 % de tous les postes de recteurs et de vice-chanceliers devraient être confiés à des femmes. Dans la réalité, les statistiques montrent qu'en moyenne, seuls entre 5 et 7 % des postes de recteurs et de vice-chanceliers sont occupés par des femmes. Les établissements devraient se fixer pour règle d'augmenter cette proportion de 25 % par année jusqu'à ce que l'on parvienne à une parité de 50 %. Une politique d'alternance pourrait être utile dans ce cas.
4. Cinquante pour cent des membres des instances dirigeantes dans l'enseignement supérieur (par exemple, les sénats universitaires, les conseils nationaux, etc.) devraient être de sexe féminin. On devrait se fixer pour objectif d'accroître régulièrement la présence de femmes à ces niveaux jusqu'à ce que l'on atteigne l'objectif de 50 %.
5. Dans certains contextes culturels, il faudrait intensifier les efforts en vue d'éviter l'exclusion des femmes et d'abattre les obstacles qui les empêchent d'accéder et de participer à l'enseignement supérieur. Une telle exclusion prive les femmes du droit de contribuer à un développement social et humain durable.
Bibliographie
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Women in Higher Education Management. UNESCO/Secrétariat du Commonwealth, 1993.