Bulletin d'information sur le suivi de Dakar n° 31
EDITION SPECIALE (2ème jour)
à l'occasion de la Deuxième réunion du Groupe de travail sur l'EPT
Sommaire (11 septembre 2001)


Pour plus d'informations sur la Deuxième réunion du Groupe de travail sur l'EPT à Paris : http://www.unesco.org/education/efa/global_co/working_group/index.shtml


Une stratégie globale pour l'EPT en discussion à la réunion du Groupe de travail

Le développement d'une stratégie globale pour l'EPT figurait en premier sur l'ordre du jour de cette deuxième journée de la réunion du Groupe de travail sur l'Education pour tous. Intervenant sur ce thème, Mark Richmond, de l'UNESCO, s'est dit convaincu que les efforts devaient porter sur la recherche, en partenariat, de réponses concrètes aux besoins de l'Education pour tous.

Notre stratégie, a noté M. Richmond, doit être un point de référence, qui permette aux partenaires de l'EPT de comprendre où ils « se situent au regard de l'EPT. » Selon lui, elle ne devrait pas avoir un caractère normatif, mais offrir plutôt un « cadre stratégique indicatif consenti ». Celui-ci devra être concret, axé sur les objectifs, orienté sur les problèmes et limité dans le temps, et indiquer clairement où, comment et quand les partenaires de l'EPT peuvent au mieux apporter leur contribution.

Cinq clés pour une stratégie

Cinq mots résument les exigences de base de cette stratégie globale : dynamique, cohérence, connaissances, ressources et mise en œuvre.

« Dynamique » laisse entendre que l'EPT doit s'appuyer sur une volonté politique et un consensus national, et ne doit pas être dirigée de l'extérieur.

« Cohérence » suggère que les partenaires de l'EPT doivent éviter tout désaccord et fonctionner au sein d'un tout unifié où les différences de point de vue doivent être réconciliées.

Le renforcement des « connaissances », le partage des connaissances et les lacunes dans les connaissances sont trois domaines dans lesquels il faudra intervenir.

L'élément « ressources » devra être interprété du point de vue humain et institutionnel, et non seulement financier, et être rattaché à des questions de gouvernance, de responsabilité et de transparence.

Quant à la « mise en œuvre », elle signifie que l'on dépasse le niveau politique pour s'intéresser à la mise en pratique, aux modalités d'intervention et aux mécanismes de suivi et de responsabilisation.

« Il est clair qu'il faudra les conseils et l'assistance de l'ensemble des partenaires pour poursuivre cet effort, » a conclu M. Richmond.

Une meilleure compréhension de l'Initiative mondiale

L'importance de l'Initiative mondiale comme moteur de mobilisation des ressources techniques et financières est un élément essentiel de la stratégie globale. Les premiers efforts pour lancer cette initiative ont débuté il y a un an et les progrès réalisés depuis sont importants, s'est félicitée Lene Buchert, qui prenait la parole à ce sujet.

Les consultations de grande envergure entamées lors de la précédente réunion du Groupe de travail, en novembre 2000, ont été suivies d'autres discussions avec les organisations mutlilatérales et bilatérales, les ministres de l'éducation et les personnels de haut niveau des ministères, les experts, les universitaires, les organisations de la société civile et un certain nombre d'organisations comme l'OCDE et l'Union européenne.

« Le document est le reflet des reflexions communes des partenaires, » a précisé Mme Buchert.

Lors de la réunion parisienne de février-mars 2001, une « vision commune » s'est fait jour sur ce que pouvait être cette Initiative mondiale en faveur de l'EPT :

  • une initiative s'appuyant sur la volonté politique des gouvernements et des pays au Nord comme au Sud ;

  • un partenariat entre gouvernements nationaux et partenaires internationaux du développement ;

  • mieux qu'un mécanisme financier, un moyen d'accentuer la lutte contre la pauvreté, de servir le développement durable et de créer un environnement national porteur, grâce, entre autres, au renforcement des capacités humaines et institutionnelles ;

  • les « ressources » étant comprises comme relevant du domaine financier, humain et matériel.
  • L'Aide officielle au développement (AOD) reste une des sources de financement de l'EPT, qui doit être intensifiée. « L'AOD a quelque peu augmenté depuis la crise financière en Asie, » a reconnu Mme Buchert, quoique le soutien à l'éducation en général, et à l'éducation de base en particulier, ne représente toujours qu'une très faible part de cette aide.

    Les mesures proposées afin d'encourager l'Initiative mondiale prévoient :

  • que les pays donateurs consentent à des efforts plus grands afin de parvenir à l'objectif de 0,7 % du PNB versé au titre de l'AOD ;

  • qu'ils adoptent l'Initiative 20:20 ;

  • que soient augmentés tant le financement privé que l'AOD ;

  • que l'aide soit déployée de manière plus efficace ;

  • que l'aide aux pays les moins développés soit dissociée.
  • Répondant aux questions posées lors de la discussion, John Daniel, Sous-Directeur général pour l'éducation, a déclaré qu'il fallait poursuivre les consultations et suggéré la création d'un groupe de travail interinstitutions sur ce sujet.


    L'Observatoire de l'EPT affine sa stratégie

    Venue présenter les travaux de l'Observatoire de l'EPT, Alison Kennedy, de l'Institut de statistique de l'UNESCO (ISU), a parlé des efforts de l'Institut pour affiner sa démarche concernant le suivi des objectifs de l'EPT, et en particulier le Rapport 2000 visant à recueillir des données dans les domaines de compétence de l'UNESCO, qui fut lancé immédiatement après Dakar.

    Le Enquête 2000, a-t-elle expliqué, avait ceci de particulier qu'il s'est appuyé sur une série d'ateliers régionaux réunissant des statisticiens et des planificateurs de l'éducation émanant principalement des ministères de l'éducation. Une seconde série d'ateliers a été pareillement organisée lors de la préparation du Enquête 2001.

    L'ISU a également consulté les participants aux ateliers et convoqué un groupe d'experts (Paris, 25-26 juin 2001) qui s'est penché sur la mise au point de nouveaux indicateurs de l'EPT. Les recommandations issues de ces différentes consultations proposent à ce jour :

  • que soit établi un jeu de données sur l'EPT, de préférence à une simple liste d'indicateurs ;

  • que l'on développe une série d'indicateurs (similaires aux 18 indicateurs originels employés dans le Bilan de l'EPT à l'an 2000), mais avec certaines adjonctions ou améliorations ;

  • que soient élaborés des indicateurs désagrégés par sexe ;

  • que l'accent soit mis sur les données essentielles jusqu'en 2005 dans les pays ayant les moins grandes capacités statistiques ;

  • que de nouveaux indicateurs soient testés dans les pays disposant de plus grandes capacités statistiques.
  • Ainsi que l'a précisé Alison Kennedy, l'ISU a également pris des mesures préliminaires afin d'inclure des données portant sur le financement de l'éducation, le développement de la petite enfance et l'éducation non formelle.


    Première esquisse de rapport de suivi sur les progrès de l'EPT

    Un rapport de suivi doit être présenté chaque année au groupe de haut niveau sur l'EPT : ainsi le prescrit le Cadre d'action de Dakar, qui précise que le groupe servira à stimuler l'engagement politique et la mobilisation des ressources techniques et financières.

    La première réunion du groupe de haut niveau, convoquée par le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, aura lieu les 29 et 30 octobre 2001 au Siège de l'UNESCO à Paris.

    S'appuyant sur les contributions des principales parties prenantes, le rapport de suivi passera en revue les progrès réalisés vers l'EPT depuis le Forum mondial sur l'éducation et déterminera les principaux défis à relever.

    Le projet de rapport a été présenté dans ses grandes lignes. Un certain nombre de remarques ont été faites. Le rapport devrait en particulier :

  • tenter de définir les interventions et les opportunités stratégiques pour les années à venir ;

  • inscrire l'éducation dans le plus large contexte des stratégies de développement et de lutte contre la pauvreté, et mettre en évidence les connexions existant entre les objectifs de l'EPT et d'autres engagements relatifs au développement, ainsi que des rencontres internationales comme le G8 et le Sommet du millénaire ;

  • être consultable sur Internet (tant le rapport que sa documentation). Il a été proposé qu'une version électronique soit tenue à jour tout au long de l'année.
  • Plusieurs participants ont suggéré que le plan du rapport de cette année serve de modèle pour l'établissement des rapports futurs. En conservant le même format, il sera plus facile de mesurer les développements et d'évaluer les progrès. Il a également été proposé que la préparation du rapport de l'année prochaine commence immédiatement après la réunion du groupe de haut niveau, de façon qu'elle ait un caractère plus participatif. Une autre suggestion propose de solliciter les contributions des pays.

    Lors de la session de l'après-midi, les participants se sont répartis en quatre sous-groupes de travail, afin de formuler des propositions concrètes concernant :

    a) la formulation, l'évaluation et le financement des plans nationaux pour l'EPT ;

    b) la stratégie globale en faveur de l'EPT ;

    c) le rapport de suivi destiné au groupe de haut niveau ;

    d) un communiqué destiné au groupe de haut niveau.

    Les sous-groupes feront le rapport de leurs travaux lors de la plénière de demain matin.


    Contacts : Anne Muller (a.muller@unesco.org) ou Teresa Murtagh (t.murtagh@unesco.org)