Education pour Tous > Documents de référence >
Dossier d'information sur l' Education pour tous

Un objectif à notre portée
[PDF]



Comme le souligne le Cadre d 'action de Dakar, l 'éducation apporte à chacun la capacité de réfléchir, d 'effectuer des choix et de mener une vie meilleure. L 'éducation exerce en outre un effet synergétique sur d 'autres objectifs du développement, comme l 'autonomisation, la protection de l 'environnement, l 'amélioration de la santé et la gouvernance. L 'éducation des mères a ainsi un impact prouvé sur la santé, le bien-être familial et le taux de fécondité.

Selon un récent rapport de l 'OCDE, les investissements éducatifs ont de nettes retombées économiques :ainsi dans les pays de l 'OCDE, une année d 'éducation supplémentaire entraîne un accroissement de la production individuelle de 4 à 7 %.

L 'éducation est importante aussi pour d 'autres raisons :elle entretient les valeurs, les conduites et les comportements essentiels à la cohabitation pacifique et à l 'épanouissement personnel.

Un regard rétrospectif

Depuis la Conférence mondiale sur l 'éducation pour tous (Jomtien, Thaïlande,1990), des progrès réels ont été réalisés vers les objectifs de l 'Education pour tous :10 millions d 'enfants supplémentaires sont scolarisés chaque année ;le niveau d 'alphabétisation des adultes est passé à 85 %pour les hommes et à 74 %pour les femmes ;le nombre d 'enfants dans le primaire est passé de 599 millions en 1990 à 681 millions en 1998 ;celui des enfants non scolarisés a reculé de 127 à 113 millions.

Dans le même temps, plus de 100 millions d 'enfants, dont une majorité de filles, restent exclus de l 'éducation. Si rien n 'est fait, ils rejoindront les 875 millions d 'adultes analphabètes, dont près des deux tiers sont des femmes.

La qualité de l 'éducation demeure souvent faible et inégale. En Asie du sud et en Afrique subsaharienne, moins des trois quarts des élèves atteignent la cinquième année primaire. La recherche a pourtant démontré que six années d 'éducation primaire sont nécessaires pour atteindre des capacités durables en écriture et en calcul.

De nombreux pays ont réalisé des progrès spectaculaires dans le développement de la scolarisation, l 'amélioration des taux de rétention et d 'achèvement scolaires et la réduction des disparités sexuelles. La scolarisation a doublé en cinq ans en Ouganda, au Malawi et en Mauritanie, avoisinant un taux brut de 100 %.Le Bénin et la Guinée-Bissau ont également bien accru la scolarisation dans le primaire.

Certaines régions sont également proches de l 'éducation primaire universelle. Elle est déjà réalisée dans les pays développés et les pays en transition ;et les régions d 'Asie orientale/Océanie et 'Amérique latine/Caraïbes touchent quasiment au but.

Bien que cette expansion de la scolarisation ait pris de vitesse la croissance démographique, elle continue de progresser trop lentement pour que l 'objectif de scolarisation universelle soit atteint partout.

Un regard vers l 'avenir

L 'éducation primaire universelle est-elle un objectif aussi lointain qu 'il y a dix ans ?Pour une majorité de pays, une croissance de la scolarisation de 5 %par an pendant les 15 prochaines années suffirait pour y parvenir, même si plusieurs devront réaliser un taux d 'accroissement annuel de 10 %.

Dans les pays en développement, les écoles primaires devront accueillir d 'ici 2015 quelque 156 millions d 'enfants supplémentaires par rapport à 1997,soit une augmentation de 27 %.

Un effort particulier sera nécessaire en Afrique subsaharienne, qui devra fournir pour la même échéance plus de la moitié des places d 'école supplémentaires nécessaires au niveau mondial -un accroissement d 'environ 150 %par rapport au niveau de scolarisation de 1997 dans cette région, soit un effort presque trois fois plus important que celui entrepris au cours de la période 1990-97.

L 'Angola, le Lesotho, le Liberia, le Niger, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo et la Somalie devront notamment fournir des efforts dix fois plus importants que ceux réalisés au cours de la période 1990-97.

L 'Asie du sud devra scolariser d 'ici 2015 quelque 40 millions d 'enfants supplémentaires -une progression d 'un tiers ce qui nécessite un effort au moins comparable à celui de la période précédente de 1990-97.Le Bhoutan devra décupler ses efforts.

Les Etats arabes devront doubler leurs efforts passés pour accueillir pour cette même période 23 millions d 'enfants supplémentaires, soit une augmentation de 72 %.

Les six objectifs de Dakar



1. Développer et améliorer sous tous leurs aspects la protection et l 'éducation de la petite enfance, et notamment des enfants les plus vulnérables et défavorisés.

2. Faire en sorte que d 'ici à 2015 tous les enfants, notamment les filles, les enfants en difficulté et ceux appartenant à des minorités ethniques, aient la possibilité d 'accéder à un enseignement primaire obligatoire et gratuit de qualité et de le suivre jusqu 'à son terme.

3. Répondre aux besoins éducatifs de tous les jeunes et de tous les adultes en assurant un accès équitable à des programmes adéquats ayant pour objet l 'acquisition de connaissances ainsi que de compétences nécessaires dans la vie courante.

4. Améliorer de 50 %les niveaux d 'alphabétisation des adultes, et notamment des femmes, d 'ici à 2015,et assurer à tous les adultes un accès équitable aux programmes d 'éducation de base et d 'éducation permanente.

5. Eliminer les disparités entre les sexes dans l 'enseignement primaire et secondaire d 'ici à 2005 et instaurer l 'égalité dans ce domaine en 2015 en veillant notamment à assurer aux filles un accès équitable et sans restriction à une éducation de base de qualité avec les mêmes chances de réussite.

6. Améliorer sous tous ses aspects la qualité de l 'éducation dans un souci d 'excellence de façon à obtenir pour tous des résultats d 'apprentissage reconnus et quantifiables notamment en ce qui concerne la lecture, l 'écriture et le calcul et les compétences indispensables dans la vie courante.

Un objectif politiquement et économiquement réaliste

Même si le défi semble considérable, il est permis d 'être optimiste. De nombreux pays, y compris parmi les plus pauvres, ont prouvé que lorsque l 'engagement et la volonté politiques existent, des progrès rapides peuvent être réalisés.

Les projections indiquent que dans la quasi-totalité des pays à très faibles taux de scolarisation, une fois le système stabilisé après une forte croissance initiale de la scolarisation dans l 'ensemble du système (sur une période d 'environ 10 ans),les ressources nationales peuvent lui permettre de maintenir son niveau.

Pendant cette période initiale, un financement extérieur conséquent sera nécessaire pour couvrir les coûts directs supplémentaires engendrés par la scolarisation de tous les enfants, l 'amélioration de la qualité de l 'éducation et la réduction des coûts directs de l 'éducation. Toutefois, l 'accroissement de l 'aide internationale devra correspondre à une utilisation plus efficace des ressources et à une intensification des efforts nationaux.

L 'Education pour tous est à notre portée

Pour réaliser l 'Education pour tous, il faut de meilleurs systèmes de collecte, d 'analyse et e diffusion des informations fournies par chaque pays. En particulier, on a besoin, de manière urgente :

- de meilleurs mécanismes de suivi et d 'évaluation des plans nationaux ;
- de meilleures données sur le fonctionnement des systèmes éducatifs nationaux ;
- de plus d 'informations sur les expériences réussies ;
- d 'un meilleur contrôle sur les dépenses éducatives ;
- de mettre l 'accent sur la qualité de l 'éducation et sur l 'ensemble des six objectifs de Dakar.

Pour réaliser ces objectifs, il faudra mener des actions soutenues, intensives et coordonnées sur plusieurs fronts. Transformer les ressources octroyées en résultats d 'apprentissage ne passe pas uniquement par des investissements financiers, mais requiert également des systèmes éducatifs efficaces, une bonne combinaison de ressources (par exemple en personnel et matériels pédagogiques)et un contexte national général fait de bonnes politiques économiques et sociales. En l 'absence de changements substantiels dans les politiques choisies, les déséquilibres structuraux existants s 'opposeront à la réalisation des objectifs de Dakar.

Pour tout complément d 'information :
Unité de suivi de Dakar, Secteur de l 'éducation, UNESCO
UNESCO
7,Place de Fontenoy,75352 Paris 07 SP,France
Fax:33 (0)1 45 68 56 26/27
Méll:efa@unesco.org
Ite de l'Education pour tous: www.unesco.org/education/efa