Trois des objectifs de
Dakar font expressément mention de l 'alphabétisation
et de l 'éducation non formelle :c 'est dire leur
importance dans les efforts de promotion de l 'Education
pour tous. L 'ampleur du défi de l 'Education pour
tous est telle, en effet, que la scolarisation primaire
universelle ne suffira pas :l 'alphabétisation
des adultes et l 'éducation non formelle devront
être sollicitées pour atteindre les enfants,
les jeunes et les adultes qui restent inaccessibles via
le système formel.
Bien que les responsables
éducatifs soient souvent pleinement conscients
de la nécessité de l 'alphabétisation
et de l 'éducation non formelle, ces sous-secteurs
souffrent d 'un manque de reconnaissance. Celui-ci se
traduit par la faiblesse des niveaux de formation, de
salaire et de statut des enseignants de l alphabétisation,
ne mauvaise coordination entre les fournisseurs de l 'éducation
non formelle (Etat et ONGs)et une insuffisance des investissements
publics.
Souvent perçues comme une formation au rabais,
alphabétisation et éducation non formelle
sont mésestimées par les parents et les
communautés, et bénéficient d 'un
soutien financier, tant national qu 'extérieur,
inférieur à celui que reçoit le système
formel.
En conséquence, les activités d 'alphabétisation
et d 'éducation non formelle sont en majorité
menées par des ONG et des organisations à
but non lucratif, et non par des organismes étatiques
et, malgré l 'étendue des besoins, les projets
ne couvrent qu 'une échelle relativement réduite.
Qu 'entend-on par "alphabétisation "?
La conception de l 'alphabétisation a considérablement
évolué ces dernières années.
L 'analphabétisme est désormais considéré
comme un phénomène structurel et une responsabilité
sociale. De même,si l 'alphabétisation était
couramment considérée comme une panacée
du développement du système éducatif,
elle est aujourd 'hui replacée dans le contexte
plus large des interventions éducatives et socio-économiques.
L 'alphabétisation est toujours "fonctionnelle
",c'est-à-dire utile et significative pour
les enfants, les jeunes et les adultes. Mais les besoins
en matière d apprentissage et les visées
de l 'alphabétisation évoluent avec le temps.
Dans le monde complexe où nous vivons,il ne suffit
plus de savoir lire, écrire et calculer. La formation
aux compétences, l 'éducation à la
santé et à l 'environnement ou la maîtrise
de l 'informatique sont de plus en plus perçues
comme une part inhérente des efforts d 'alphabétisation.
L 'analphabétisme :un état des lieux
Le monde compte encore aujourd 'hui plus de 550 millions
de femmes et 300 millions d 'hommes analphabètes.
Pour atteindre l 'objectif fixé à Dakar,
le taux mondial d 'analphabétisme des adultes doit
régresser, de son niveau actuel de 21%,à
environ 10%en 2015.Cela signifie que le nombre des adultes
alphabétisés devra progresser chaque année
de 92 millions, soit une augmentation de 42%par rapport
au chiffre actuel. Pour cela, il faudra fournir un effort
1,3 fois plus important que par le passé.
Si certaines régions du monde, notamment l 'Asie
orientale et le Pacifique, et l 'Amérique latine
et les Caraïbes, pourraient atteindre l 'objectif
d 'alphabétisation de Dakar en poursuivant, peu
ou prou, les mêmes efforts qu 'au cours de la décennie
passée, d 'autres régions sont confrontés
à des défis importants. Dans les pays les
moins développés notamment, il faudra plus
que doubler les efforts passés. Ainsi par exemple
l 'Egypte et l 'Inde devront doubler leurs efforts ;le
Bangladesh et le Pakistan devront les multiplier par trois.
Qui fait quoi en matière d 'alphabétisation
et d 'éducation non formelle ?
Les gouvernements, les organisations non gouvernementales
et les agences des Nations unies, en premier lieu l 'UNESCO,prennent
une part active dans les actions d 'alphabétisation
et d 'éducation non formelle. Parmi les exemples
d 'interventions gouvernementales, on peut citer la Campagne
nationale d 'alphabétisation et d 'éducation
des adultes en Egypte, la Mission nationale d 'alphabétisation
en l 'Inde ou encore le Projet "Education de base
pour travailler "
au Guatemala, qui vise soixante communautés dans
les régions rurales pauvres du pays. En Thailande,
le programme APPEAL,mis en uvre par le bureau de
l 'UNESCO à Bangkok, encourage depuis plusieurs
années la création de centres d 'apprentissage
dans la zone métropolitaine, offrant ainsi un accès
à l 'alphabétisation et à l 'éducation
non formelle aux populations locales.
L 'UNESCO soutient l 'alphabétisation et l 'éducation
non formelle aux niveaux international, régional,
national et local, avec une attention particulière
pour l 'alphabétisation des femmes et les projets
destinés aux jeunes marginalisés et aux
populations rurales et autochtones. Ses actions incluent
la fourniture de conseils pour le choix des politiques,
la formation, ainsi que des projets concrets menés
au niveau national ou local. Prenant en compte la nouvelle
conception de l 'alphabétisation, les activités
de l 'UNESCO dans ce domaine englobent la santé,
la formation professionnelle de base, les activités
génératrices de revenus et le développement
civique et culturel.
Les ONG ont favorisé de nouvelles méthodes,
telles que la démarche participative et axée
sur l'apprenant du programme REFLECT de l 'organisation
ActionAid. Dans de nombreux pays, les ONG lient leurs
programmes d 'alphabétisation à des activités
génératrices de revenus et au développement
culturel local. Comme les adultes apprennent ce qui est
utile et pertinent pour eux dans leur propre contexte,
les programmes des ONG locales sont souvent les plus efficaces.
Ils encouragent généralement l 'alphabétisation
dans la langue locale, ainsi que dans les langues majoritaires
recherchées par les adultes.
Le suivi des programmes non formels
Les systèmes actuels de suivi de l 'Education pour
tous sont essentiellement axés sur les données
du système formel. Le rôle joué par
les programmes non formels est souvent sous- estimé.
La mise en place de systèmes de collecte de données
chiffrées pour l 'éducation non formelle
est donc essentielle pour faciliter son évaluation
et son suivi. L 'UNESCO a lancé en 2000 un programme
visant à élaborer une méthodologie
comparative et adaptable pour le suivi des initiatives
d 'éducation non formelle, et l 'Institut de statistique
de l 'UNESCO a également pris des mesures préliminaires
pour mettre au point de nouveaux indicateurs
destinés au secteur non formel.
Prochaines étapes
Devant l 'ampleur du problème, l 'Assemblée
générale des Nations unies projette la proclamation
en 2002 d 'une Décennie des Nations unies pour
l 'alphabétisation dans le cadre des efforts mondiaux
en faveur de l 'Education pour tous .L 'UNESCO devrait
se voir confier la direction de cet effort décennal,
dont l 'objectif premier sera de sensibiliser les gouvernements
et la société civile à la nécessité
de créer des environnements propices à l
'alphabétisation et de permettre l 'accès
à un apprentissage non formel de qualité.
Pour tout
complément d 'information :
Unité de suivi de Dakar, Secteur de l 'éducation,
UNESCO
UNESCO
7,Place de Fontenoy,75352 Paris 07 SP,France
Fax:33 (0)1 45 68 56 26/27
Méll:efa@unesco.org
Site de l'Education pour tous: www.unesco.org/education/efa