Education pour Tous >
Questions fréquemment posées
En quoi consiste le mouvement d'Éducation pour tous ?

Les participants à la Conférence mondiale sur l'Éducation pour tous à Jomtien (Thaïlande) en 1990 se sont engagés à dispenser une éducation primaire à tous les enfants et à réduire radicalement l'analphabétisme chez les adultes pour la fin de la décennie. Le mouvement de l'Éducation pour tous était né.

Ces objectifs ont-ils été atteints ?

En partie seulement.
  • Au cours de cette décennie, les écoles ont vu leurs rangs grossir d'environ 10 millions d'enfants tous les ans.

  • Le taux d'alphabétisation des adultes a globalement grimpé à 85 % chez les hommes et à 74 % chez les femmes.

  • Les effectifs scolaires en primaire sont passés de 599 à 681 millions d'enfants entre 1990 et 1998.

  • Le nombre d'enfants non scolarisés est passé de 127 millions à 113 millions, selon les estimations.

  • Au plan mondial, les effectifs scolaires dans les établissements pré-scolaires ont augmenté de 5 %.
  • Quels sont les points faibles à déplorer ?

    Dans l'élan d'universalisation de l'enseignement primaire, la qualité a souvent été reléguée à un rang secondaire. En Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, moins de trois élèves sur quatre atteignent la cinquième année d'étude. Dans les pays les moins avancés pris dans leur ensemble, ils sont à peine plus de la moitié à arriver à ce niveau et nombreux sont ceux qui abandonnent leurs études après la première ou deuxième année du primaire.

    Si l'on observe un accroissement en chiffres absolus, les taux d'analphabétisme restent encore trop élevés : 875 millions d'adultes au moins demeurent illettrés, dont 63,8 % de femmes, soit exactement la même proportion qu'une décennie auparavant.

    D'où proviennent les chiffres ?

    Le Bilan de l'Education pour tous à l'an 2000 réalisé en 1998 fait le point sur l'éducation de base dans 180 pays et évalue les progrès réalisés au cours des années 1990. Les résultats de l'évaluation la plus précise jamais entreprise sur l'éducation de base, le Bilan de l'Education pour tous à l'an 2000, ont été présentés à l'occasion du Forum mondial sur l'éducation, qui s'est déroulé du 26 au 28 avril 2000 à Dakar (Sénégal).

    Qu'est-ce que le Forum mondial sur l'éducation ?

    Le Forum mondial sur l'éducation est la conférence qui a eu lieu à Dakar (Sénégal) du 26 au 28 avril 2000 et dont l'objectif était d'examiner les progrès accomplis en matière d'éducation de base dans les années 90 et de redynamiser l'engagement en faveur de l'Éducation pour tous. Les quelque 1 100 participants venant de 164 pays y ont adopté le Cadre d'action de Dakar, par lequel ils s'engagent à réaliser les objectifs d'une éducation de base de qualité pour tous au plus tard en l'an 2015.

    Quels sont les objectifs spécifiques qui ont été définis à Dakar ?
    (i) Développer et améliorer sous tous leurs aspects la protection et l'éducation de la petite enfance, et notamment des enfants les plus vulnérables et défavorisés ;

    (ii) Faire en sorte qu'au plus tard en 2015 tous les enfants, notamment les filles et les enfants en difficulté ou issus de minorités ethniques, aient la possibilité d'accéder à un enseignement primaire obligatoire et gratuit de qualité et de le suivre jusqu'à son terme ;

    (iii) Répondre aux besoins éducatifs de tous les jeunes et de tous les adultes en leur assurant un accès équitable à des programmes adéquats ayant pour objet l'acquisition des connaissances ainsi que des compétences liées à la vie courante ;

    (iv) Accroître de 50 % le taux d'alphabétisation des adultes, notamment celui des femmes, d'ici à l'an 2015, et garantir à tous les adultes un accès équitable aux programmes d'éducation de base et d'éducation continue ;

    (v) Éliminer les disparités entre les sexes dans l'enseignement primaire et secondaire d'ici à 2005 et instaurer l'égalité dans ce domaine pour 2015, en veillant notamment à assurer aux filles un accès équitable et sans restriction à une éducation de base de qualité avec les mêmes chances de réussite ;

    (vi) Améliorer sous tous ses aspects la qualité de l'éducation et garantir son excellence de façon à obtenir pour tous des résultats d'apprentissage reconnus et quantifiables -notamment en ce qui concerne la lecture, l'écriture, le calcul et les compétences indispensables dans la vie courante.

    À qui revient-il d'intervenir pour atteindre ces objectifs ?

    Même si l'Éducation pour tous est l'affaire de chacun (États, organisations internationales, bailleurs de fonds, ONG et société civile), la responsabilité d'atteindre ces objectifs incombe avant tout aux pays. C'est ce que stipule le Cadre d'action de Dakar, qui assigne également à la communauté internationale la tâche de lancer une initiative mondiale en vue d'élaborer des stratégies et de réunir des ressources pour soutenir les initiatives entreprises au plan national. L'UNESCO a été chargée de coordonner le travail des partenaires de l'Education pour tous et d'entretenir la dynamique mondiale.

    Comment les objectifs de l'Education pour tous s'harmonisent-ils avec d'autres objectifs de développement mondiaux ?

    Les conférences mondiales organisées par les Nations Unies dans la première moitié des années 1990 ont donné lieu à sept objectifs de développement mondiaux axés sur la réduction de la pauvreté et le développement durable. Le Fonds monétaire international, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la Banque mondiale et les Nations Unies se sont engagés à travailler de concert en faveur de ces objectifs, dont deux coïncident avec ceux de Dakar : l'élimination des disparités entre les sexes dans l'enseignement primaire et secondaire d'ici à 2005 et la scolarisation de tous les enfants en primaire d'ici à 2015.

    Pourquoi Dakar devrait réussir là où Jomtien a échoué ?

    Bonne question !

    Tout d'abord, le climat a changé. La communauté internationale est à présent plus décidée. Au cours des années 90, l'éducation a enfin été reconnue comme un droit et son importance pour le développement social et économique a été soulignée ; la société civile a commencé à jouer un rôle plus actif et les organisations non gouvernementales à s'exprimer d'une manière plus directe. Une dynamique était ainsi créée. Il faut à présent alimenter cette dynamique et la transformer en volonté politique et en actes concrets.

    En second lieu, à Dakar les problèmes de financement ont été abordés, et la communauté internationale s'est engagée à ce qu'aucun pays qui a pris un engagement sérieux en faveur de l'éducation de base ne [voie] ses efforts contrariés par le manque de ressources. La mobilisation et la gestion des ressources sont désormais au coeur du débat sur l'éducation et une initiative mondiale est en train de prendre forme : elle constituera un cadre de coopération entre les pays et les organismes donateurs et organisations de développement.

    En troisième lieu, la notion de responsabilité développée dans le Cadre d'action de Dakar est un facteur d'encouragement supplémentaire. Les comptes rendus de l'Observatoire de l'Education pour tous sur les progrès accomplis seront précieux puisqu'ils contiendront des signaux d'alerte avant-coureurs.