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Réaliser l'éducation pour tous : les défis démographiques
Auteur : Maria Teresa Siniscalco Schleicher
RESUME
Rapport complet - Full Report [PDF]

LES OBJECTIFS DE CET ARTICLE

Lors de la Conférence mondiale sur l'éducation pour tous de Jomtien, en 1990, les pays ont renouvelé leur engagement de répondre aux besoins éducatifs fondamentaux de tous, enfants, adolescents et adultes. Parmi les objectifs spécifiques, qui devaient servir aux pays pour fixer leurs propres objectifs nationaux, figuraient l'universalisation de l'éducation de base avant l'an 2000 (et la possibilité pour tous d'atteindre un niveau d'instruction satisfaisant), et la réduction de l'analphabétisme des adultes, assorties d'une volonté de mettre un terme à la discrimination sexuelle dans l'éducation. Cependant, les problèmes posés par la stagnation économique, la poussée démographique et les disparités économiques et sociales tant entre les nations qu'au sein des pays mêmes ont créé une série d'obstacles qui ont entravé la réalisation de ces objectifs.

Dix ans ont passé depuis Jomtien. Quels progrès a-t-on accompli sur la voie de l'éducation pour tous (Education pour tous) ? Peut-on quantifier l'impact qu'a eu la démographie sur la politique des Etats, et en particulier sur l'éducation ? Dans quelle mesure les politiques visant à assurer l'accès universel à l'éducation primaire, à en finir avec la discrimination à l'égard des filles et à relever les taux de scolarisation nets dans le primaire sont-elles parvenues à surmonter les défis posés par la dynamique démographique et les contraintes financières ? Quelles sont les politiques qui ont été les plus efficaces et quelles expériences nationales sont suscEducation pour tousibles d'être utiles aux autres pays ?

Dans cet article, on examinera ce qui a été réalisé et ce qui reste encore à faire, d'abord du point de vue de l'ensemble du monde, puis en s'intéressant aux pays les moins développés, où la transition démographique se poursuit et où l'éducation de base pour tous demeure une réalité lointaine. Les évolutions en termes de taux de scolarisation, de taux d'alphabétisation, de disparité sexuelle, de montants des investissements de l'Etat dans l'éducation, ainsi qu'en termes de pénurie d'équipements éducatifs et d'inadéquation des conditions d'apprentissage sont examinées à la lumière des changements démographiques. Les chiffres régionaux masquent toutefois des variations considérables au sein des régions, voire des pays, elles-mêmes le reflet de politiques divergentes. Sur certains sujets spécifiques, on a donc présenté la situation individuelle de certains pays afin de mettre ces variations à nu. La réussite relative des politiques nationales dans la mise en œuvre des objectifs d'Education pour tous est également examinée sous forme de comparaison entre les pays à forte population (E9), qui représentent à eux tous plus de la moitié de la population du globe (Bangladesh, Brésil, Chine, Egypte, Inde, Indonésie, Mexique, Nigeria et Pakistan).

On s'est efforcé en particulier de :

  • donner une description de la croissance démographique aux niveaux mondial et régional et de résumer la récente polémique internationale sur la population, le développement et l'éducation, en s'intéressant à l'impact de l'éducation sur la dynamique démographique ;

  • examiner l'impact de la croissance démographique sur la réalisation de l'objectif d'Education pour tous dans les pays les moins développés du monde, en soulignant les différences dans les approches stratégiques adoptées pour atteindre cet objectif malgré la pression démographique ;

  • quantifier les progrès réalisés par les pays de l'E9 sur la voie de l'éducation primaire universelle et les efforts qu'il faudra consentir pour que cet objectif soit atteint d'ici 2010 compte tenu du nombre d'élèves supplémentaires qu'il faudra scolariser, à l'aide de divers repères de scolarisation ;

  • mettre en évidence quelques uns des défis à venir, ainsi que les grandes priorités d'action pour la réalisation de l'éducation pour tous, du point de vue de la population et du développement durable.

LE ROLE DE L'EDUCATION DANS LA CROISSANCE DEMOGRAPHIQUE ET L'ENSEIGNEMENT

La population mondiale a augmenté rapidement…

Au cours des quarante dernières années, la population mondiale a doublé, atteignant le chiffre de six milliards en 1999. D'ici le milieu du XXIe siècle, les prévisions annoncent un chiffre de population mondiale compris entre 7,3 et 10,7 milliards, 8,9 milliards étant considérés comme l'estimation la plus vraisemblable. La moitié environ des habitants du globe a actuellement moins de 24 ans.

Si la fécondité a baissé dans toutes les régions du monde, à l'excEducation pour tousion de l'Afrique subsaharienne, passant d'un total global de plus de 5 naissances par femme en 1950 au chiffre estimé de 2,7 naissances pour la période actuelle, le caractère juvénile de la population mondiale continue d'impliquer une croissance de 78 millions d'êtres humains supplémentaires chaque année. Il faudra encore attendre 30 à 40 ans, si l'on accEducation pour touse le scénario de fécondité moyenne prévu, avant que l'augmentation annuelle de la population ne redescende à ce qu'elle était en 1950.

Plus significatif encore que le taux de croissance ou la magnitude des chiffres concernés, est le fait que 97 % de la croissance démographique mondiale se produit dans les régions les moins développées du monde. La population de l'Asie augmente chaque année de 50 millions, la population de l'Afrique de 17 millions et celle de l'Amérique latine et des Caraïbes de presque 8 millions.

…mais l'économie mondiale également

La croissance démographique ne doit pas être considérée isolément. C'est en général lorsque la croissance démographique progresse plus vite que la croissance économique et par conséquent le produit national brut (PNB) par habitant diminue en entraînant les inégalités sociales et économiques, que les pressions sur la stabilité économique et la cohésion sociale peuvent se faire sentir.

La croissance économique et la création de richesse au cours du siècle dernier ont l'une comme l'autre été spectaculaires. Si sur les trois siècles qui se sont écoulés de 1500 à 1820, le PIB mondial a plus ou moins triplé, il a été multiplié par plus de 40 en 170 ans après 1820. Dans ce contexte, la poussée démographique mondiale paraît modeste . Cependant, les résultats sont moins bons en matière de partage de la richesse que lors de sa création - qu'il s'agisse de partage entre les pays ou de distribution au sein des entités nationales, d'où l'émergence de nouveaux déséquilibres et de nouveaux défis à surmonter.

Il n'y a pas de schéma général dictant la relation entre population et développement…

La croissance rapide de la population influe-t-elle sur le rythme du développement économique ou est-ce plutôt le rythme du développement économique qui agit sur le taux de croissance démographique ? Voilà une question qui continue de passionner les scientifiques et l'opinion publique. Bien qu'elle s'y efforce depuis de nombreuses années, la recherche empirique n'a pas réussi à prouver qu'il existe une relation suffisante ou conséquente, qu'elle soit positive ou négative, entre l'évolution démographique et la croissance économique qui s'ensuit. Les relations de cause à effet et l'interrelation entre population et développement sont complexes, et dans la mesure où elles diffèrent aussi d'un pays à l'autre, il est difficile de dégager des schémas dominants. L'effet de la poussée démographique est aussi fonction du niveau de développement économique atteint par le pays avant l'accélération du processus démographique : en général, plus le niveau de développement est avancé, moins la croissance démographique a d'impact.

…même si, dans les pays en développement, le ralentissement de la croissance démographique semble profiter au développement économique

Le résultat des recherches analytiques et empiriques semble conduire à la conclusion qu'au bout du compte, le ralentissement de la croissance démographique aurait un effet bénéfique sur le développement économique dans la plupart des pays en développement. En outre, des analyses récentes s'appuyant sur les données recueillies depuis la fin des années 1970, ont révélé des associations particulièrement négatives entre poussée démographique rapide et taux de croissance de la production par habitant . Ces derniers temps, la conviction prédominante est que le ralentissement du taux de croissance démographique permet d'acquérir plus de temps pour s'adapter, augmentant la capacité du pays à s'attaquer au problème de la pauvreté, à protéger et remettre en état l'environnement et à poser les fondations de son développement durable.

De quelle manière les tendances démographiques et économiques influent-elles l'une sur l'autre dans les différents pays ?

Il est instructif d'examiner la manière dont les tendances démographiques et économiques ont évolué et quelle interaction elles ont eu dans différents pays. En général, dans des pays comme le Pakistan et le Nigeria, où les taux de fécondité restent élevés, la croissance économique et la richesse par habitant ne parviennent pas à suivre l'expansion annuelle de la population à son rythme actuel. A l'inverse, des pays tels que la Chine, l'Indonésie, le Brésil et l'Egypte, où la population croît à un rythme moins soutenu et où la transition démographique est en cours, bénéficient de meilleurs taux de croissance économique et d'une plus grande richesse par habitant. Il serait prématuré de conclure, mais les éléments dont on dispose semblent indiquer que, dans le cas des pays de l'E9, il y une association négative entre forte poussée démographique et taux de croissance de la production par habitant.

Les progrès de l'éducation jouent un rôle important dans l'accélération de la transition

Les inquiétudes suscitées par de fortes poussées démographiques ont conduit les chercheurs et les responsables politiques à se pencher sur les facteurs de changement de la fécondité. L'accès renforcé des femmes à l'éducation, en particulier, qui a un effet significatif sur la réduction de la mortalité de la mère, du nouveau-né et de l'enfant, s'accompagne toujours d'une baisse de la fécondité et contribue à l'égalité entre les sexes .

La Conférence de Jomtien, de même que la plupart des conférences sur l'éducation et sur le développement qui ont eu lieu dans les années 1990, a mis l'accent sur le caractère central de l'éducation, reconnaissant son rôle et ses bienfaits dans la lutte contre la pauvreté, le combat pour l'égalité des femmes, la promotion des droits de l'homme et de la démocratie, la protection de l'environnement et le contrôle de la poussée démographique. Dans cette optique, l'éducation a été concEducation pour tousualisée d'une part comme un droit fondamental de tous les êtres humains et donc un but en soi, et d'autre part, comme un moyen d'action essentiel pour poursuivre les objectifs du développement dans la perspective du développement durable.

L'EDUCATION FACE AU DEFI DEMOGRAPHIQUE

Si on veut que l'éducation apporte, à long terme, une partie des réponses politiques à la poussée démographique et à d'autres problèmes de société, à court terme, la pression exercée par la démographie sur les systèmes éducatifs demeure le grand défi qui se pose aux pays en développement.

L'effort d'universalisation de l'éducation de base peut rencontrer des obstacles très variés d'un pays à l'autre, en fonction des ressources humaines et financières nationales qui peuvent être mobilisées, ainsi que du taux de croissance démographique et de la structure d'âge de la population considérée.

En de nombreux points du monde en développement, les progrès ont été substantiels…

Dans bien des points du monde en développement, l'éducation a réalisé des progrès substantiels pendant la période de 27 ans comprise entre 1970 et 1997. Les estimations montrent une progression de 63 à 78 % du taux d'alphabétisation des adultes au cours de cette période. Le nombre total de scolarisés dans le primaire dans le monde est passé de 411 millions en 1970 à 542 millions en 1980, et à 668 millions en 1997. Cette croissance s'est produite exclusivement dans le monde en développement où les scolarisations ont grimpé de 313 millions en 1970, à 579 millions en 1997.

…et la scolarisation primaire progresse aujourd'hui presque deux fois plus vite qu'avant Jomtien…

Entre 1990 et 1997, c'est-à-dire depuis la conférence de Jomtien, la scolarisation primaire dans l'ensemble des pays en développement a progressé d'environ 72 millions d'élèves - presque deux fois plus vite que ce qui a été observé au cours des années 1980. Les taux de scolarisation nets ont également connu une évolution positive, ce qui signifie que la scolarisation a été plus rapide que la croissance de la population d'âge scolaire primaire.

Le nombre d'enfants non scolarisés dans le groupe d'âge scolaire primaire officiel était de 95 millions en 1990, et on prévoyait qu'il baisserait à 88 millions en 2000 et à 79 millions en 2010 . Le nombre des enfants non scolarisés a reculé en particulier en Asie orientale et en Océanie, et dans une moindre mesure en Amérique latine et aux Caraïbes.

…mais dans certaines régions, une minorité croissante d'enfants continue d'être exclue

A l'inverse, en Afrique subsaharienne, dans les Etats arabes et un peu moins en Asie du sud, la réalisation de l'éducation primaire universelle a été gênée par la croissance et la structure d'âge des populations. Les efforts pour accroître les taux de scolarisation primaire ont été contrecarrés par une forte poussée démographique. Si bien qu'en dépit d'une forte progression de la scolarisation, le nombre d'enfants non scolarisés n'a pas diminué de manière correspondante.

Des politiques variées ont été adoptées pour élargir l'accès à la scolarité

Au début des années 1990, de nombreux pays, dans l'ensemble des régions les moins développées, ont organisé des réunions de travail nationales sur l'Education pour tous, et plusieurs ont adopté des politiques et des plans dans ce domaine. Parmi les stratégies visant à favoriser un plus large accès à l'éducation figuraient un mouvement de décentralisation de la gestion des établissements éducatifs et, dans certains cas, des programmes scolaires ; l'établissement de nouveaux partenariats et la participation accrue des communautés ; l'introduction de l'enseignement dans la langue maternelle ; la diversification des canaux éducatifs et la promotion de programmes destinés aux enfants ayant abandonné l'école ; la sensibilisation des parents à l'importance de l'éducation ; et l'instauration de l'éducation primaire gratuite.

L'éducation primaire ne suffira plus à répondre aux besoins des sociétés de demain…

Si l'achèvement de l'éducation primaire rend les personnes capables de prendre en charge leur hygiène, leur alimentation et leur santé, ainsi que celles de leurs familles, pour qu'elles puissent participer pleinement aux économies et aux sociétés d'aujourd'hui, fondées sur le savoir, un complément d'éducation est nécessaire. Le nombre d'enfants d'âge scolaire secondaire scolarisés a augmenté d'environ 83 millions de par le monde entre 1990 et 1997, dont 74 millions dans les pays en développement. Les tendances positives enregistrées dans les taux de scolarisation nets au cours des années 1990 confirment que, de manière générale, la scolarisation des jeunes d'âge scolaire secondaire a progressé plus vite que la population de cette âge. Dans certains pays, cependant, plus de la moitié des élèves d'âge scolaire secondaire fréquentaient des écoles primaires, parce qu'ils avaient redoublé ou avaient été scolarisés tardivement.

…même si, dans les régions les moins développées, elle représente toujours la seule possibilité éducative pour la majorité des gens

Globalement, la proportion de la population d'âge scolaire officiel qui fréquente un établissement d'éducation secondaire reste faible. En 2000, elle n'était estimée supérieure à 50 % qu'en Asie orientale et en Océanie (55 %), et dans les Etats arabes (51 %). En Amérique latine et aux Caraïbes, et en Asie du sud, seuls 44 et 43 % respectivement de la population d'âge scolaire officiel étaient scolarisés dans le secondaire. En Afrique subsaharienne, leur proportion n'atteignait pas le quart de la population (24 %), et dans l'ensemble des pays les moins développés, elle ne se montait qu'à 18 %. L'éducation primaire demeure donc la seule possibilité éducative pour plus de 80 % de la population d'âge scolaire dans les pays les moins développés, pour plus de 75 % en Afrique subsaharienne et pour un pourcentage oscillant entre 45 et 57 % dans les autres régions en développement. Il est donc crucial que l'éducation primaire puisse répondre aux besoins éducatifs fondamentaux des adultes de demain.

L'analphabétisme régresse dans les régions en développement, mais pas aussi rapidement que prévu…

Le niveau d'alphabétisation d'une population est un indicateur du potentiel humain disponible pour accompagner le développement social, économique et culturel du pays et de nombreuses études confirment que, partout dans le monde, le plus sûr moyen de prévoir la réussite scolaire des enfants est le niveau d'éducation et d'alphabétisation de leurs parents.

Le nombre estimé d'adultes alphabétisés de 15 ans et plus est passé de 2,7 milliards en 1990 à 3,4 milliards en 2000, et en pourcentage, de 75 à 79 % de la population adulte mondiale. Mais si le taux d'analphabétisme a baissé dans l'ensemble des régions les moins développées, cette diminution ne s'est pas faite au rythme voulu et les efforts des gouvernements ont achoppé sur une population en constante augmentation. Dans l'ensemble des pays les moins développés, un adulte sur deux est toujours illettré, c'est-à-dire qu'il lui manque les éléments de lecture, d'écriture et de numération essentielle pour se développer et fonctionner tant sur le plan individuel que sur le plan social. Parmi les régions les moins développées, en 2000, le problème posé par l'analphabétisme semble particulièrement sérieux en Asie du sud, en Afrique subsaharienne et dans les Etats arabes, avec des taux d'analphabétisme de 46, 40 et 39 % respectivement.

…et les disparités filles-garçons dans l'accès à l'éducation sont toujours aussi importantes

La réunion à mi-décennie du Forum sur l'éducation pour tous, qui s'est tenue à Amman en 1996, a jugé insuffisants les progrès réalisés dans la lutte contre la discrimination sexuelle au cours des années 1990, et a rappelé que l'éducation des filles et des femmes était "la priorité des priorités". La proportion de filles dans la population d'âge scolaire primaire non scolarisée n'a décru que d'un seul point de pourcentage au cours des années 1990, passant de 60 à 59 %. Si on ne considère que les pays les moins développés, elle a même augmenté, passant de 54 à 56 %. Au niveau régional, les disparités entre filles et garçons sont plus marquées en Asie du sud et en Afrique subsaharienne, où il faudrait que le taux de scolarisation des filles augmente de 12 et 9 points, respectivement, pour parvenir à l'équilibre entre les sexes. Derrière les moyennes régionales se cachent toutefois de profondes divergences de pays à pays. Ainsi, au sud du Sahara, des pays africains où la scolarisation des filles stagne à quelque 25 points de pourcentage derrière celle des garçons, comme le Bénin ou le Tchad, voisinent avec d'autres où la discrimination s'exerce au détriment des garçons, comme le Botswana ou le Lesotho.

De même, l'accès des femmes aux ressources éducatives reste insuffisant dans une bonne part du monde en développement. Selon les estimations, il y avait 322 millions d'hommes et 560 millions de femmes analphabètes en 1990 (soit plus de 30 % de la population féminine adulte) dans le monde. En 2000, le pourcentage de femmes analphabètes était estimé à 26,4 %, avec une légère réduction de l'écart garçons-filles (de 13,3 points en 1990, à 11,7 points en 2000).

Le préjudice éducatif dont souffrent les femmes n'est qu'un des aspects de la discrimination qui s'exerce à leur encontre dans de nombreux pays où elles sont les plus pauvres parmi les pauvres. Si on veut combler le retard qui les pénalise dans l'éducation, face aux obstacles qu'érigent la pauvreté et la poussée démographique, il faut que les Etats, s'armant de priorités politiques et de détermination, s'attaquent à la tendance générale à dévaloriser les femmes, qui est à l'origine du problème. Ceci consiste non seulement à recourir à tous les moyens permettant d'améliorer l'accès et la participation des filles et des femmes à l'éducation, mais aussi à réévaluer l'image de la femme dans les contenus et les méthodes éducatifs, et à y ancrer une vision égalitaire de tous les êtres humains.

Les progrès de la scolarisation n'ont pas toujours été de pair avec l'amélioration qualitative de l'enseignement, comme l'indiquent les taux de fréquentation en cinquième année…

Ce qui compte, en dernier ressort, n'est pas seulement le volume de participation à l'éducation, mais surtout - comme le soulignait d'ailleurs la Déclaration mondiale sur l'éducation pour tous - l'apprentissage réel qui résulte de cette participation. Celui-ci dépend de la qualité de l'éducation dispensée. Un indicateur de qualité fréquemment utilisé est le pourcentage, au sein d'une cohorte d'élèves, de ceux qui parviennent jusqu'à la cinquième année d'études. L'expérience scolaire de nombreux enfants du monde en développement est généralement brève et peu satisfaisante. En Asie du sud, en Amérique latine et aux Caraïbes, et en Afrique subsaharienne, on estime que moins de trois élèves sur quatre parviennent à la cinquième année. Dans l'ensemble des pays les moins développés, la moitié seulement des élèves atteint ce niveau. De nombreux élèves abandonnent en fait entre le premier et le deuxième niveau, sans même avoir acquis les connaissances les plus élémentaires. Sans doute faut-il y voir le reflet à la fois de la pauvreté de ces enfants et de leurs familles et de l'incapacité des écoles à répondre comme il faut à leurs besoins.

…l'état des équipements et des matériels scolaires…

De nombreux experts ont exprimé leur préoccupation devant les conditions d'apprentissage dans les écoles surpeuplées du monde en développement, et leurs effets sur la réussite scolaire. Au vu des réponses des chefs d'établissements à une enquête pilote sur les conditions d'apprentissage menée en 1995 dans les pays les moins développés, il apparaît qu'entre la conférence de Jomtien et 1995, le volume des équipements et des fournitures scolaires soit est resté constant, soit a diminué. Compte tenu de l'accroissement général des scolarisations, l'état des écoles primaires s'est donc globalement détérioré.

…le nombre d'élèves par enseignant…

Le progrès de la scolarisation au cours de la première décennie d'Education pour tous rend plus critique la pénurie chronique d'enseignants qualifiés. Pour l'ensemble des régions moins développées, le rapport élèves/maître était deux fois plus élevé que dans les pays plus développés, et dans les pays les moins développés, trois fois plus élevé. Un rapport élèves/maître élevé peut représenter, initialement, un moyen de maintenir les coûts à un faible niveau tout en développant la scolarisation. Mais un tel ratio, associé à des équipements d'enseignement inadéquats et une motivation médiocre de l'enseignant, ne peut encourager l'apprentissage.

…et la structure des investissements et des dépenses dans l'éducation…

Le niveau des investissements dans l'éducation est un révélateur utile de l'étendue, de la qualité et de l'impact des services éducatifs d'un pays. Les dépenses éducatives sont à même de servir d'indicateur pour évaluer les progrès réalisés vers les objectifs de Jomtien. Si les dépenses de fonctionnement des Etats ont augmenté dans tous les pays en développement, à l'excEducation pour tousion de l'Asie du sud, les scolarisations ont augmenté également. Résultat, les investissements supplémentaires n'ont pas toujours correspondu à une augmentation des ressources disponibles par élève. Au niveau primaire et pré-primaire, les dépenses de fonctionnement publiques, en pourcentage du PNB par habitant, ont en fait diminué en Afrique subsaharienne et en Asie du sud. Ainsi, il semble bien que dans ces deux régions on ait trouvé le moyen, après Jomtien, de scolariser un plus grand nombre d'enfants pour un moindre coût. En Amérique latine, en Asie orientale et en Océanie, par contre, en dépit de l'augmentation de la population d'âge scolaire scolarisée, le niveau des dépenses par élève est également en hausse.

Parmi les mesures communes à divers pays ayant réalisé l'universalisation de l'éducation primaire à un stade précoce de leur développement, il y a l'augmentation des dépenses par élève dans l'éducation primaire, en pourcentage du PNB par habitant, et la diminution des dépenses dans l'éducation secondaire, par comparaison avec les autres pays de la région.

Un des remèdes indispensables pour pallier la rareté des ressources consiste à s'engager clairement à accorder à l'éducation une forte priorité macro-économique, de même qu'à la santé et à d'autres services sociaux de base, en réexaminant - comme le suggèrent la Déclaration et le Cadre d'action de Jomtien et les exemples remarquables de pays qui ont particulièrement bien réussi - la structure des dépenses et les coûts unitaires à différents niveaux du système éducatif, de manière à affecter de plus grandes parts des budgets éducatifs à l'éducation de base.

UN COUP D'OEIL SUR LA MOITIE DE LA POPULATION MONDIALE

Dans l'ensemble des pays de l'E9, le nombre d'enfants d'âge scolaire primaire scolarisés a augmenté entre 1990 et 1997, une augmentation plus forte que l'évolution correspondante du nombre d'enfants d'âge scolaire primaire dans la population : dans ces pays, les progrès éducatifs ont donc devancé la croissance démographique. Le rythme du changement varie néanmoins de pays à pays. L'analyse qui suit est basée sur les estimations provisoires et les prévisions de l'Institut de statistique de l'UNESCO. Compte tenu de la fréquente fragilité des données sur lesquelles elles s'appuient, les résultats doivent toutefois être compris comme des tendances générales et utilisés avec précaution.

Certains pays ont réalisé l'éducation primaire universelle ou sont près de la réaliser…

En Chine, en Indonésie, au Brésil, au Mexique et en Egypte, l'augmentation des scolarisations d'âge scolaire primaire, objectif majeur des politiques nationales, dans la mesure où elle s'accompagne d'une diminution de la population d'âge scolaire primaire, permettra d'atteindre l'éducation primaire universelle en 2010 (ou peu après, s'agissant de l'Egypte). En Chine, la nette diminution de la population d'âge scolaire primaire, qui a régressé de plus de 30 millions d'élèves en tout juste dix ans, a été l'un des facteurs qui ont permis d'offrir une place à l'école à chaque enfant dès 1990. En Indonésie, la croissance des scolarisations d'âge scolaire primaire a été plus rapide que la croissance de la population d'âge scolaire primaire entre 1980 et 1990, et presque tous les enfants de cet âge ont eu la possibilité de fréquenter l'école à un moment ou un autre au cours des années 1980. Au Brésil, les années 1990 ont marqué un tournant dans la croissance de la population d'âge scolaire primaire. La diminution du nombre d'enfants, associée à une politique qui visait à accroître la scolarisation dans le primaire, laisse présager la réalisation de l'objectif d'universalisation de l'éducation primaire en 2000. Au Mexique, il l'était déjà en 1980, et l'augmentation modérée du nombre d'enfants d'âge scolaire primaire dans les années 1990 a pu être aisément compensée par une augmentation correspondante du nombre des scolarisations. En Egypte, où le nombre des scolarisations a progressé plus rapidement que celui des enfants d'âge scolaire primaire dans les années 1980 et 1990, on estime que le nombre des non scolarisés a chuté de plus de 80 % entre 1980 et 2000. L'expansion de la population d'âge scolaire primaire devrait s'interrompre en 2000, ce qui facilitera la concrétisation de l'éducation primaire universelle au cours de la première décennie du XXIe siècle.

…mais il faut désormais améliorer les conditions de l'apprentissage et la réussite scolaire

Dans ces pays, la difficulté consiste maintenant à améliorer les conditions de l'apprentissage et la réussite scolaire, à accroître l'efficacité interne des systèmes éducatifs, à réduire les disparités dans les résultats éducatifs des écoles, et à élargir l'accès à l'éducation au-delà de l'école primaire.

Dans d'autres pays, les progrès de la scolarisation primaire ont été en partie effacés par la croissance démographique des jeunes

En Inde, au Pakistan, au Bangladesh et au Nigeria, l'expansion des scolarisations d'âge scolaire primaire, encouragée par les politiques nationales, a été en partie effacée par l'augmentation de la population d'âge scolaire primaire, si bien que, au vu des tendances actuelles, la réussite de l'éducation primaire universelle est remise à plus tard, quelque part après 2010. En Inde, les scolarisations d'âge scolaire primaire sont en progression, mais il en est de même de la population d'âge scolaire primaire, qui n'a cessé d'augmenter jusqu'en 2000 (après quoi elle devrait se stabiliser), n'amenant qu'une légère diminution de la population des non scolarisés. Les tendances qui ont pu être dégagées au vu des statistiques disponibles laissent prévoir que le nombre d'enfants d'âge scolaire primaire scolarisés ne connaîtra pas de modification importante au cours de la première décennie du XXIe siècle, avec pour résultat que 20 millions d'enfants pourraient bien encore être exclus de l'école en 2010. Au Pakistan, comme en Inde, la croissance démographique rapide reste un obstacle de taille empêchant la réalisation de l'éducation primaire universelle, et contrarie l'expansion pourtant régulière des scolarisations d'âge scolaire primaire. Le nombre des enfants non scolarisés a régulièrement baissé au cours des années 1990, alors que la scolarisation connaissait une progression remarquable au cours de cette décennie post-Jomtien. Cependant, contrairement à ce qui se passe en Inde, la population d'âge scolaire primaire devrait continuer d'augmenter au cours des dix premières années du XXIe siècle, si bien que les ressources supplémentaires serviront essentiellement à accompagner la croissance démographique, et la reprise éducative s'effectuera donc lentement. Au Bangladesh, des progrès ont été réalisés dans les années 1990 en matière de taux de scolarisation d'âge scolaire primaire, l'éducation primaire ayant été décrétée obligatoire en 1993. Cependant, le nombre d'enfants d'âge scolaire primaire scolarisés devrait augmenter de 3 millions entre 2000 et 2010, tandis que le nombre des enfants non scolarisés devrait décroître d'un million seulement pendant la même période, du fait d'une nouvelle expansion des cohortes d'enfants d'âge scolaire primaire. Au Nigeria, enfin, il y aura deux fois plus d'enfants d'âge scolaire primaire en 2010 qu'en 1980, car rien ne laisse présager un ralentissement de la croissance démographique. La démographie des élèves va donc à l'encontre des efforts considérables déployés pour augmenter le nombre des enfants scolarisés, et particulièrement percEducation pour tousibles après 1990. Si la tendance démographique actuelle n'est pas inversée, il faudra un beaucoup plus grand nombre d'années pour que les 20 % d'enfants d'âge scolaire primaire qui sont actuellement exclus de l'école puissent y trouver une place.

Quatre repères sont utilisés pour mesurer la distance qui sépare l'E9 de l'éducation primaire universelle

Afin de quantifier les efforts nécessaires dans les pays de l'E9 qui n'ont pas encore scolarisé la totalité de leurs enfants d'âge scolaire primaire, on a utilisé ici quatre repères : la scolarisation universelle, des taux de scolarisation nets de 90 %, les taux de scolarisation nets des régions moins développées en 2000 (84,8 %) et un scénario selon lequel les taux des progrès actuels prédomineront.

Si l'on en croit les estimations provisoires et les prévisions de 1999 de l'Institut de statistique de l'UNESCO, le Pakistan, le Nigeria et le Bangladesh devront augmenter leurs scolarisations de 32 %, de 26 % et de 25 % respectivement, s'ils veulent atteindre en 2010 le taux de scolarisation net attendu des régions moins développées pour l'an 2000. Ces pourcentages reviennent à scolariser 5 millions d'enfants d'âge scolaire primaire de plus au Pakistan, 3,8 millions d'enfants de plus au Nigeria et de 2,7 millions de plus au Bangladesh. L'Inde devra scolariser plus de 2 millions d'enfants supplémentaires, alors qu'en Egypte, le taux de scolarisation net dépasse déjà la moyenne prévue pour 2000.

Pour atteindre un taux de scolarisation net de 90 % d'ici 2010, l'Inde devra augmenter ses scolarisations d'environ 9 %, et scolariser 8 millions d'enfants d'âge scolaire primaire en plus. Le Pakistan, le Nigeria et le Bangladesh devront réaliser une augmentation de leurs scolarisations comprise entre 33 et 40 %, compte tenu du niveau atteint en 2000 par chacun de ces pays.

Enfin, le scénario rêvé de la scolarisation universelle requiert une croissance des taux de scolarisation qui, selon les estimations, irait de 5 % en Egypte à 55 % au Pakistan, compte tenu de la situation actuelle dans chacun des pays. Les augmentations de pourcentage nécessaires pour réaliser l'éducation primaire universelle correspondent à la scolarisation de près d'un demi-million d'enfants d'âge scolaire primaire de plus qu'en 2000 en Egypte, 5 millions de plus au Bangladesh, 7 millions de plus au Nigeria, presque 9 millions de plus au Pakistan et 19 millions de plus en Inde. A partir de ces chiffres, l'idéal de l'éducation primaire universelle semble difficile à concrétiser dans ces pays d'ici 2010, à moins que des efforts majeurs ne soient consentis et que des ressources supplémentaires soient mobilisées pour accélérer le rythme des progrès.

La situation dans les pays de l'E9 est le reflet de celle des autres pays en développement. En 2000, 32 des 107 pays en développement pour lesquels on dispose d'estimations sont parvenus à des taux de scolarisation nets de plus de 95 %, 28 ont des taux compris entre 80 et 95 %, alors que 47 pays sont en dessous de la barre des 80 %, et que 15 pays ont moins de la moitié de leur population d'âge scolaire primaire officiel à l'école.

GRANDES PRIORITES ET DEFIS MAJEURS POUR DEMAIN

Il est important de saluer les efforts qui ont été fournis pendant ces dix années par de nombreux gouvernements, organismes multilatéraux et bilatéraux et ONG, ainsi que par des personnes individuelles, parmi lesquelles les responsables locaux, les enseignants et les parents. Grâce à ces efforts, les objectifs semblent plus faciles à atteindre aujourd'hui qu'il y a dix ans. Mais il ne faudrait pas, cependant, qu'en reconnaissant ces progrès, on ralentisse le rythme de la reprise éducative, car l'objectif de l'éducation pour tous est toujours devant nous.

L'objectif de scolarisation devrait s'harmoniser avec la recherche d'un niveau de qualité suffisant

Si on veut permettre à tous les pays de réaliser l'éducation primaire universelle sans pour autant sacrifier la qualité de l'expérience enseignement/apprentissage, des pays partant de situations différentes devront peut-être prévoir au niveau national des objectifs intermédiaires différents, qui tiennent compte des besoins immédiats tout en fixant des délais réalistes. Pour harmoniser la quantité, c'est-à-dire l'expansion de la scolarisation, et la qualité, c'est-à-dire la réussite scolaire, il convient de définir, de mesurer et de garantir le niveau minimum à atteindre, tout en continuant progressivement d'étendre la scolarisation.

Des données fiables et régulières sur la réussite de l'apprentissage sont nécessaires

Il faut développer la recherche en matière de réussite de l'apprentissage, afin de pouvoir évaluer, contrôler et guider les progrès accomplis vers l'acquisition universelle des compétences de base en matière de lecture, d'écriture et de numération, ainsi que des "compétences de la vie courante". Des efforts et des progrès ont été faits dans cette direction. Cinquante pays au moins réalisent une évaluation nationale des résultats de l'apprentissage (Forum international consultatif sur l'éducation pour tous, à paraître). L'Association internationale pour l'évaluation du rendement scolaire (IEA) a réalisé d'innombrables travaux d'évaluation internationale au cours des quarante dernières années . Si certains pays en développement ont participé à ce processus, il a néanmoins concerné surtout les pays développés. Cependant, depuis quelques années, un certain nombre de projets d'évaluation internationaux ont été mis sur pied dans le but d'y faire participer les pays en développement, apportant la preuve de la faisabilité et de l'utilité de ce type d'exercice dans ces pays.

Les déficits restants devraient être visés grâce à un partage des initiatives et des politiques réussies

De nouveaux efforts seront nécessaires pour intégrer la population enfantine qui reste exclue de l'école, mais en sachant que cela exigera peut-être des moyens plus importants que ceux qui ont déjà été déployés, dans la mesure où ces derniers exclus sont sans doute les plus difficiles à atteindre pour diverses raisons.

Bien que beaucoup ait été fait pour promouvoir l'accès des filles et des femmes à l'éducation, il faut que les expériences novatrices dans ce domaine puissent être partagées et multipliées afin de surmonter la discrimination persistante dont elles sont l'objet et de résoudre pleinement les problèmes liés aux différences sexuelles.

La lutte contre l'exclusion de l'éducation, celle qui en empêche l'accès comme celle qui sévit dans les salles de classe, n'est qu'une partie du processus de lutte contre l'exclusion sociale : elle ne peut donc pas être séparée des politiques de dévelopement économique et des politiques de l'emploi. Le développement durable de l'éducation intégratrice doit être rattaché à la recherche de débouchés d'emploi durables dans des environnements durables.

Dans le domaine de l'alphabétisation et de l'éducation des adolescents et des adultes également, les pays ont de nombreux profits à tirer de l'échange d'informations et d'expériences avec les organisations intergouvernementales, les ONG, les associations et les partenaires privés.

La priorité macro-économique devrait refléter l'importance de l'éducation primaire

Les schémas de financement devraient refléter la majeure priorité de l'éducation primaire, puisque, dans le monde en développement, celle-ci représente la seule possibilité éducative pour une partie de la population enfantine (de 45 à 80 % selon les régions), et qu'il est prouvé qu'elle exerce une influence considérable sur les attitudes sanitaires et les comportements reproducteurs et sociaux qui sont à la base du développement durable.

L'esprit et la vocation de l'éducation devraient être partagés par l'ensemble de la société

L'école risque de faillir à sa mission si elle éduque en s'appuyant sur des valeurs et des optiques qui ne sont pas défendues, partagées et transmises par la société toute entière. Réformer l'éducation implique donc que soit développé parallèlement un processus continu visant à marquer la vision de l'éducation pour tous et ses objectifs dans l'esprit des sociétés partout dans le monde.

L'objet de la coopération internationale ne devrait pas être la mondialisation, mais un monde plus uni

L'éducation pour tous est un défi pour toutes les régions du monde, et les pays les plus pauvres et les plus peuplés requièrent aussi l'attention et le soutien particuliers de la communauté internationale. Adhérer à l'idée que l'éducation pour tous appelle une réponse de "l'ensemble du monde" suppose qu'on aille au-delà de la simple certitude de vivre dans un monde "mondialisé". "Mondialisé" ne signifie pas forcément sûr, bon pour tous et harmonieux. Le mot indique seulement qu'il y a interdépendance entre les parties et que ce qui se passe en un point du monde peut avoir des répercussions sur ce qui se passe en plusieurs autres points.

La mondialisation, cependant, offre la possibilité de mettre la chaîne des actions et des réactions interdépendantes au service du progrès de tous les êtres humains. Une gestion responsable et éthique de la mondialisation peut contribuer à un monde plus coopératif et plus uni.