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| Bilan 2000 > Etudes thématiques > | |
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| Une raison d'espérer : le soutien des ONG et de la société civile à l'Education pour tous | |
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LES ONG ET L'OBJECTIF INACHEVE DE L'Education pour tous
L'éducation est un droit fondamental de l'homme, qui doit être réaffirmé. A ce titre, l'éducation doit être démocratisée, en soulignant la nécessité, à tous les niveaux, d'un accès égal des hommes et des femmes. Tout citoyen (quel que soit son âge) et toute communauté (quelle qu'elle soit) doit pouvoir accéder à l'éducation afin de pouvoir développer sa confiance en soi, de participer pleinement à la vie démocratique et au développement, de jouer un rôle actif dans la société de l'information et de se situer de la manière la plus favorable au sein du processus de mondialisation.
Des synergies doivent être créées entre les secteurs formel et non formel de l'éducation, de manière à transformer les systèmes éducatifs actuels et à poser les fondations de l'apprentissage tout au long de la vie.
Afin d'atteindre pleinement leurs objectifs, les organisations non gouvernementales (ONG) et les associations de la société civile (ASC) ont construit de vastes réseaux de partenariat aux plans local, national, régional et international. L'établissement de partenariats est désormais le point fort de leurs stratégies.
On trouvera ici quelques unes des conclusions qui ont été dégagées par les ONG et les ASC à l'issue de l'évaluation exhaustive de leurs programmes d'Education pour tous.
L'action permanente des ONG en faveur de l'Education pour tous
Sous les auspices de la Consultation collective des ONG sur l'alphabétisation et l'éducation pour tous de l'UNESCO, ONG et ASC ont participé aux évaluations de Jomtien + 10, entrepris la réalisation d'une série d'études thématiques approfondies de leurs propres programmes d'Education pour tous dans plus de cinquante pays, et organisé des consultations nationales dans 25 pays du Sud. Les enseignants ont pris eux aussi une part active dans le processus. L'Internationale de l'éducation, porte-parole international des enseignants, a préparé un rapport de 100 pages à partir d'une enquête réalisée auprès des syndicats d'enseignants du Bangladesh, du Brésil, de Chine, d'Egypte, d'Inde, Indonésie, du Mexique, du Nigeria et du Pakistan. Cet impressionnant exercice d'évaluation, remarquable aussi par son caractère participatif, s'est vu complété par plusieurs consultations d'ONG au niveau régional - à Johannesburg (décembre 1999) et à Bangkok (janvier 2000) -, ainsi que par des rassemblements d'ONG parallèles aux réunions d'évaluations régionales de l'Education pour tous, au Caire (janvier 2000) et à Saint-Domingue (février 2000). Ce sont environ 200 ONG, dont des organisations, des réseaux et des coalitions internationales, régionales et nationales, qui ont pu ainsi échanger leurs expériences et élaborer des déclarations collectives, qui ont nourri les différentes réunions d'évaluation régionales de l'Education pour tous.
Les campagnes menées à l'échelle nationale et internationale par les ONG ont pour but d'assurer que le prochain inventaire de l'Education pour tous sera pour le monde l'occasion de fêter la réalisation effective de l'objectif d'éducation de qualité pour tous. Ces campagnes, encouragées par une mobilisation massive des ONG du monde entier autour des évaluations d'Education pour tous, apportent la preuve que, de même que les autres organisations de la société civile (OSC) engagées dans l'éducation, les ONG sont parvenues à leur maturité. Elles ont mené des actions de sensibilisation, et ont montré leur détermination à toucher les exclus, ainsi qu'à mobiliser pour que l'accent soit déplacé de la scolarisation vers l'apprentissage. Elles ont contribué au développement concEducation pour tousuel de l'éducation pour le XXIe siècle. Les ONG et les autres OSC devraient donc être soutenues et associées à tous les niveaux d'élaboration des politiques, de mise en œuvre et d'évaluation dans le domaine de l'éducation, si les espoirs qui sont renouvelés pour 2015 ne veulent pas être déçus.
Tel est le message que souhaite de transmettre cette synthèse des rapports thématiques et des études de cas présentés par les ONG et les autres OSC pour compléter les évaluations mondiales de l'Education pour tous.
Objectifs de l'étude thématique
Cette synthèse permet aux ONG et aux ASC de s'exprimer dans le cadre du bilan de l'Education pour tous à l'an 2000. Elle a en particulier pour objet :
1. d'analyser les activités des ONG et des ASC du point de vue non seulement quantitatif, mais surtout qualitatif, de rendre hommage à leur diversité et de rattacher leur action aux points de vue et aux tendances globales qui animent la communauté internationale de l'éducation ;
2. d'examiner les principaux domaines qui ont été déclarés prioritaires dans l'évaluation des ONG. Pour la Consultation collective, ces domaines mettent en lumière le rôle des ONG et de la société civile dans l'éducation de base et font ressortir leur avantage comparatif ;
3. de reconnaître un certain nombre de défis et de formuler des recommandations, afin d'améliorer le contexte global dans lequel s'inscrit la participation des ONG et de la société civile aux efforts déployés pour promouvoir l'apprentissage tout au long de la vie.
Domaines prioritaires de l'action des ONG
Le caractère prioritaire des six domaines suivants a été reconnu par les ONG lors de l'Assemblée générale de 1998 de la Consultation collective des ONG sur l'alphabétisation et l'éducation pour tous. Six ONG se sont portées volontaires pour coordonner les études de cas portant sur chacun de ces domaines et préparer les synthèses thématiques . Une septième synthèse a été préparée pour présenter les résultats des consultations nationales d'ONG qui ont eu lieu dans 25 pays . Ces synthèses thématiques reflètent plusieurs aspects importants de l'avantage comparatif dont disposent les ONG dans le champ de l'éducation :
a) Participation communautaire : les expériences des ONG et de la société civile ;
b) Les dimensions sexuelles de l'Education pour tous : les expériences des ONG et des OSC ;
c) Lier l'Education Non Formelle au Développement : les expériences des ONG pendant la décennie Education Pour Tous;
d) Nouvelles tendances dans les politiques et les pratiques d'alphabétisation des adultes en Afrique et en Asie;
e) Evaluer les partenariats avec la société civile dans l'Education pour tous ;
f) Education pour tous : le point de vue des enseignants ;
g) Le point de vue de la société civile sur l'Education pour tous : espoirs déçus, nouveaux espoirs.
Les conclusions de ces analyses critiques de l'action des ONG sont présentées dans la synthèse et s'ajoutent aux conclusions finales et aux suggestions pour la prochaine décennie d'Education pour tous.
LES ONG ET LA SOCIETE CIVILE DANS L'Education pour tous :
Vision et action
Parmi les différents acteurs qui œuvrent au développement de l'éducation - Etat, secteur privé, communautés religieuses, ONG, ASC - les ONG se sont distinguées tout particulièrement par leurs efforts en direction de l'éducation non formelle et de l'élargissement des expériences d'apprentissage au-delà de la salle de classe et des programmes strictement scolaires.
Eduquer, certes mais de quelle manière…
Pour l'ensemble des ONG, l'éducation est un droit de l'homme, certes, mais il faut aussi qu'elle ait un sens, qu'elle soit pertinente et de bonne qualité. Les objectifs éducatifs des ONG/OSC sont étroitement liés au développement durable du milieu de l'apprenant. Cette conception de l'éducation vise à développer "tous les individus" et "toutes les dimensions de la personne", tout en prenant aussi en compte des aspects plus fonctionnels. Elle s'éloigne du cadre classique de l'éducation traditionnelle pour intégrer tous les aspects de l'éducation non formelle. Mais qu'elle soit formelle ou non, ONG et associations s'efforcent d'adapter l'éducation aux besoins des apprenants et à leur contexte historique, socio-culturel et économique. Leur proximité de la base et la flexibilité de leur démarche ont permis aux ONG de proposer une éducation "sur mesure", apportant ainsi la preuve que les approches alternatives du système formel sont une option sérieuse et valable, déjà entrée dans les faits à plusieurs endroits.
Qu'entend-on par "tous"?
Jusqu'à présent, les efforts d'Education pour tous n'ont pas brillé par leur caractère intégrateur. Derrière l'augmentation globale des scolarisations dans le primaire et des taux d'alphabétisation se cachent toujours des disparités sexuelles importantes. Les disparités sont également criantes entre les ruraux et les citadins, les riches et les pauvres, les filles/femmes et les garçons/hommes ou entre les groupes d'origine ethnique ou culturelle différente. Certains n'ont aucun accès viable aux possibilités éducatives, d'autres sont carrément exclus du système formel, parce que les services éducatifs disponibles ne correspondent pas à leurs besoins et à leurs attentes en matière d'éducation. Même si on développe les systèmes éducatifs existants, ces individus et ces groupes continueront d'être exclus. La question linguistique est un facteur puissant d'exclusion de l'éducation, avec la marginalisation des langues minoritaires. Les ONG ont l'avantage, comparativement, de s'intéresser à l'ensemble des groupes d'apprenants, quels qu'ils soient. Sur l'ensemble des continents, dans tous les pays, les ONG étendent leur action aux enfants d'âge primaire scolaire (y compris les enfants des rues ou les orphelins), aux filles ou aux femmes, aux personnes malades ou handicapées, ou bien affectées par la guerre. Sur le plan géographique, l'action des ONG se manifeste plus au Sud qu'au Nord.
Dans l'éducation, les ONG sont parvenues à donner au mot "tous" un sens plus intégrateur. Quoique leurs activités se situent dans les marges du courant dominant de l'éducation et de la société, elles parviennent à intégrer au mouvement éducatif des groupes importants d'apprenants de par le monde, qui, sans leur intervention, auraient continué d'en être rejetés.
L'ACTION DES ONG : DIVERSITE ET PORTEE
L'action des ONG pour promouvoir l'éducation se caractérise par son extraordinaire diversité et sa portée. Nous n'en donnons que quelques exemples.
Participation communautaire et création
d'un environnement d'apprentissage positif
Au-delà de la fourniture d'écoles ou de centres d'apprentissage, les ONG s'attachent avant tout à mieux comprendre les besoins éducatifs des communautés et à créer un environnement positif pour les activités éducatives. Elles réalisent des études sur le milieu, s'occupent de mobiliser les ressources sociales et financières pour l'éducation, élaborent les matériels d'apprentissage et organisent des activités permettant d'alléger le fardeau des tâches féminines pour que les femmes et leurs enfants disposent du temps et de l'énergie nécessaires pour participer aux programmes d'éducation. Cette coopération avec les communautés permet aux ONG de déterminer quel usage doit être fait de l'éducation et quel profit on en tirera dans un contexte particulier. Elles forment les différents acteurs concernés par l'éducation au niveau local, tels que les associations de parents d'élèves et d'enseignants, les groupes de femmes, les enseignants et les éducateurs, et organisent la création des infrastructures nécessaires. La plupart de ces activités se poursuivent après le début des activités d'éducation formelle et non formelle, dans la mesure où elles jouent un rôle déterminant dans leur succès.
Des contenus et des approches pertinents
La plupart des ONG sont conscientes de la nécessité de relier le contenu éducatif aux besoins d'apprentissage des apprenants et à leurs contextes. Pour cela, il faut de la recherche en matière d'intervention, des innovations, et dans certains cas une collaboration avec d'autres secteurs du développement et la prise en compte de questions ou de domaines qui sont souvent négligés ou absents des programmes éducatifs, tels que la santé génésique et le VIH/sida, la défense de l'environnement, la démocratie et la citoyenneté, les activités culturelles et artistiques ou les nouvelles technologies.
Apprendre tout au long de la vie
L'action des ONG apporte la preuve que l'éducation commence à la petite enfance et se poursuit tout au long de la vie. Les activités qui dépassent le cadre de la salle de classe (école ou centre) visent à mettre en pratique et à développer ce qui a été appris. Les activités de post-alphabétisation, la création d'environnements alphabétisés, les activités de formation pour le développement des établissements au plan local, les programmes destinés aux jeunes et les programmes créateurs de revenus n'en sont que quelques exemples. Les ONG ont également contribué à l'apprentissage d'autres ONG et d'autres parties concernées, comme les ministères et les partenaires techniques et financiers, en mettant à leur disposition l'information sur leurs innovations et leurs expériences dans le cadre des conférences nationales, régionales et internationales.
La contribution des ONG à l'Education pour tous est considérable…
L'impact de l'action des ONG devient particulièrement patent lorsqu'on fait une analyse qualitative des recherches qu'elles ont menées en matière d'intervention et des innovations qu'elles ont apportées ; des conclusions en découlent qui peuvent permettre d'améliorer et de transformer les systèmes éducatifs existants. Le fait que l'activité des ONG suscite la considération et l'intérêt grandissants des décideurs et des experts aux niveaux nationaux et internationaux, en ce qui concerne, en particulier, la question de l'équité, de la pertinence et de la qualité dans l'éducation, peut être considéré comme un signe du poids que pèse l'action des ONG dans l'Education pour tous. L'étude thématique s'attache aux aspects qualitatifs, tout en fournissant un certain nombre d'indications sur le nombre d'individus et de groupes qui ont été éduqués grâce aux programmes d'éducation formelle et non formelle des ONG. Indépendamment du niveau de précision ou de l'ordre de grandeur du chiffre absolu des personnes touchées, celui-ci gagne en importance lorsqu'on se rappelle que pour une large part, il s'agit d'apprenants qui autrement n'auraient eu aucun accès aux programmes éducatifs.
...ET IL EST POSSIBLE D'ALLER ENCORE PLUS LOIN
Les consultations et les campagnes nationales et régionales ont fourni à la communauté des ONG un cadre leur permettant de faire connaître leurs points de vue et de présenter le résultat de leurs études et enquêtes sectorielles, et surtout, d'effectuer des prévisions et d'élaborer des recommandations pour les actions futures. Elles ont soulevé d'importantes questions, qui appellent une réflexion et un suivi supplémentaires.
Les ONG ont encore beaucoup à apprendre
Les ONG et les ASC doivent conserver leur point de vue constructif et auto-critique.
Le renforcement des capacités des ONG et des ASC aux niveaux nationaux et sous-régionaux continuera d'être une priorité si elles veulent consolider leurs atouts institutionnels et techniques, apprendre les unes des autres et faire progresser leurs connaissances collectives.
Une profonde compréhension du contexte et de la dynamique globale des politiques nationales est une condition préalable essentielle au renforcement des approches coopératives visant à fournir des possibilités d'apprentissage pour le développement.
Reconnaître la diversité des ONG et tirer parti de cette diversité est un moyen de renforcer leurs activités en réseau.
Vers des mécanismes de soutien des partenariats
et du suivi de l'Education pour tous ?
Le bilan a montré que l'instauration de meilleurs partenariats entre les ONG sont une des causes de notre "raison d'espérer". Les ONG se considèrent comme des partenaires qui interviennent à toutes les étapes de la formulation, de la mise en œuvre et de l'évaluation des stratégies et des programmes éducatifs. Dans la mesure où les autres partenaires reconnaissent ce rôle crucial, elles sont à même de coopérer au niveau national et international. Dans ce partenariat avec les autres acteurs de l'éducation, les ONG tiendront à s'engager dans des domaines où leur avantage comparatif est le plus important. Soutenir activement la démocratisation de l'éducation continuera d'être une tâche importante pour les ONG et les ASC.
Le projet de Cadre d'action sur l'éducation pour tous s'intéresse également à la nécessité de créer de nouveaux espaces de participation pour la société civile, mais il faut que la réflexion sur les moyens qui peuvent permettre d'améliorer encore les partenariats et de forger de nouvelles alliances se poursuive au Forum mondial sur l'éducation de Dakar et au-delà :
Comment la participation systématique des organisations de la société civile à la formulation des politiques éducatives nationales peut-elle être institutionnalisée au niveau local et national ?
Comment institutionnaliser et renforcer à tous les niveaux (international, régional et sous-régional, national) des mécanismes de consultation entre les organisations de la société civile, ainsi qu'entre elles et les autres partenaires de l'éducation ?
Comment renforcer l'échange d'expérience et d'expertise entre les ONG, ainsi qu'entre elles et les autres partenaires, aux différents niveaux géographiques et institutionnels ?
Les ONG organiseront une consultation internationale avant le Forum mondial sur l'éducation, afin de préparer leur contribution collective aux futures activités d'Education pour tous. Elles sont prêtes à renforcer les partenariats existants pour œuvrer à la transformation des systèmes éducatifs actuels, afin de poser les fondations de l'apprentissage tout au long de la vie pour tous.
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