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| Bilan 2000 > Etudes thématiques > | |
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| L'utilisation des nouvelles technologies et la réduction des coûts dans le service de l'éducation de base | |
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Hilary Perraton et Charlotte Creed Fondation pour la recherche internationale sur l'éducation ouverte Février 2000
RESUME
Rapport complet - Full Report [PDF]
Passer en revue l'utilisation des technologies de l'information et de la communication au service de l'éducation de base suppose qu'on accEducation pour touse trois postulats. Le premier, c'est qu'il n'existe, dans la pratique, aucune alternative à l'école primaire, et qu'en conséquence, les technologies ont pour rôle d'appuyer l'enseignement élémentaire, non de se substituer à lui. Le deuxième, c'est que les technologies peuvent néanmoins jouer leur rôle pour répondre aux besoins des enfants ou des adultes qui n'ont pas accès à l'école ou à l'enseignement traditionnel. Le troisième, c'est qu'il est assez logique de considérer ensemble toutes les technologies en cause : cela va de l'imprimé à la radio-télédiffusion et aux ordinateurs.
DEFINITIONS
Les définitions de travail suivantes seront utilisées :
La télématique est l'utilisation conjointe de la technologie des télécommunications et de celle des ordinateurs. Les expressions technologies nouvelles de l'information et technologies de l'information et de la communication sont synonymes de télématique.
L'éducation à distance est un processus éducatif où une proportion importante de l'enseignement est dispensée par une personne éloignée de l'élève dans l'espace et/ou le temps.
L'éducation ouverte est une activité éducative organisée qui s'appuie sur des matériels d'enseignement permettant de réduire les contraintes imposées à l'étude : accessibilité, temps et lieu, rythmes, méthodes pédagogiques, ou toutes combinaisons de ces facteurs.
L'éducation ouverte et à distance est une expression qui recouvre les précédentes : éducation à distance, éducation ouverte et utilisation de la télématique dans l'éducation.
L'éducation assistée par ordinateur renvoie à l'utilisation des ordinateurs dans l'éducation, soit en fournissant des programmes qui dispensent un enseignement, soit en facilitant la communication entre l'apprenant et son tuteur, soit en permettant aux élèves d'avoir accès à des sources d'information éloignées.
Des distinctions peuvent s'avérer utiles entre un certain nombre des différentes applications des diverses technologies à l'éducation de base. Les ordinateurs sont utilisés dans les écoles à la fois comme auxiliaires de l'enseignement et pour les relations entre établissements scolaires. L'utilisation de la radio et de la télévision à l'école même se présente sous des formes diverses. L'éducation ouverte et à distance a deux grandes finalités : se substituer à l'éducation donnée dans les établissements scolaires en ce qui concerne d'une part le premier cycle du second degré et d'autre part la formation des maîtres, où l'on commence également à utiliser les technologies informatiques. La radio-télédiffusion, et d'autres technologies, sont largement utilisées en outre pour l'éducation des adultes en dehors du cadre scolaire habituel.
LA SITUATION EN 1990
A l'époque de la Conférence de Jomtien, on soutenait que le potentiel des nouvelles technologies de la communication n'avait pas été pleinement réalisé, même si, à cette date, on pouvait faire état d'une expérience bien documentée de leur utilisation à de nombreuses fins éducatives. On pouvait citer, par exemple : le travail effectué par divers types d'institutions extra-scolaires qui, en Amérique latine notamment, apportaient des solutions de remplacement à l'école ordinaire; l'utilisation de la radio et de la télévision pour une amélioration qualitative de l'enseignement scolaire ; l'utilisation de la radio, avec d'autres technologies, pour l'éducation des adultes et leur formation sur le terrain ; et la formation des maîtres par l'éducation ouverte et à distance. A cette époque, des universités ouvertes, en Asie notamment, commençaient à s'intéresser à l'éducation de base ; les ordinateurs faisaient leur apparition dans les classes des pays du Nord et deux nouvelles organisations spécialisées, le Commonwealth of Learning et le Centre international francophone de formation à distance, commençaient à promouvoir la coopération internationale en matière d'éducation à distance en utilisant cette technologie.
LE CONTEXTE ACTUEL ET LA DERNIERE DECENNIE
L'expansion de l'éducation au cours de la décennie écoulée, et les entraves qu'elle a connues, sont à mettre à l'arrière-plan de toute réflexion sur le rôle de la technologie. Par entraves à l'expansion, on veut dire que de très nombreux enfants restent en dehors de l'école, tout particulièrement en Afrique subsaharienne et en Asie méridionale, et que de très nombreux adultes n'ont jamais fréquenté l'école. Un des traits les plus remarquables et les plus constants du schéma mérite d'être souligné : dans tous les points du monde en développement, la scolarisation des filles, au niveau élémentaire, secondaire et tertiaire, a progressé plus vite que celle des garçons.
Le contexte aussi a changé pour ce qui est de l'application des technologies à l'éducation. Le passage au numérique fait converger les divers médias et technologies. Les écoles et les universités du monde entier se sont mises à utiliser l'Internet. En même temps, l'évolution est loin d'être uniforme et le fossé s'élargit entre ceux qui ont accès aux technologies informatiques et ceux qui en sont exclus. Dans de nombreux points du monde, on a opéré une déréglementation et une privatisation des communications, ce qui ouvre de nouvelles formes d'accès à la technologie des communications, mais réduit parfois la gratuité dont bénéficiaient les éducateurs. Dans le domaine de la communication pour le développement, on a mis l'accent sur les méthodologies participatives, ce qui a eu des conséquences pour les programmes d'éducation de base, en particulier quand elle est dispensée en dehors de l'école. Dans le secteur traditionnel, l'éducation ouverte et à distance a été reconnue comme légitime, comme le montre la création d'universités ouvertes dans de nombreux pays, mais ceci affecte l'éducation à tous les niveaux.
LES TECHNOLOGIES
Bien qu'il existe une convergence entre les technologies, il est commode de considérer séparément les utilisations diverses des ordinateurs, de la radio-télédiffusion et l'éducation à distance.
L'emploi des ordinateurs dans la classe répond à cinq préoccupations : former des personnels qualifiés en technologie de l'information ; faire connaître ces technologies à tous les futurs citoyens ; offrir des programmes scolaires fréquemment modifiables grâce à l'apprentissage assisté par ordinateur ; promouvoir le changement dans l'éducation ; ouvrir l'accès au courrier électronique et à Internet. Ce dernier objectif a été particulièrement en vedette ces dernières années. C'est l'option retenue qui définit le niveau du système éducatif où il convient d'investir dans la télématique. Toutes les options exigent des investissements appropriés en matière de formation des personnels et en logiciels, deux domaines souvent sous-estimés lors des premières étapes de la planification. Alors que les pays industrialisés s'orientent vers l'équipement de toutes les salles de classe en ordinateurs, d'autres stratégies d'accès aux ordinateurs consistent par exemple à utiliser des unités mobiles, à partager les équipements informatiques avec d'autres organisations, ou des formules ayant recours à des intermédiaires - un tiers étant chargé de recueillir l'information sur les réseaux informatiques pour le compte d'un établissement scolaire.
Il arrive que l'on utilise la radio ou la télévision pour dispenser un enseignement scolaire direct, ou pour offrir des programmes d'enrichissement, ou pour des programmes généraux destinés aux enfants. Une variante de l'enseignement direct, l'instruction interactive par la radio, est largement utilisée, la plupart du temps grâce à des fonds de l'USAID.
L'éducation à distance, qui s'appuie volontiers sur d'autres technologies - documents imprimés, émissions de radio ou de télévision, et désormais à l'occasion ordinateurs - est utilisée dans l'éducation de base avec deux objectifs principaux : soit en lieu et place de l'enseignement du premier cycle du secondaire, ou, plus rarement, de l'enseignement élémentaire, soit pour appuyer l'éducation des enseignants.
LES PUBLICS
On utilise les technologies, soit dans les établissements scolaires mêmes, essentiellement pour améliorer la qualité de l'enseignement, soit au profit des adolescents ou des adultes non-scolarisés, soit pour la formation en cours d'emploi et le recyclage des intermédiaires, maîtres, enseignants ou agents de formation sur le terrain, par exemple.
Dans le cadre de l'école, on s'est beaucoup occupé récemment de l'utilisation des ordinateurs. Certains projets dans ce sens ont été pris en compte dans l'élaboration de nouveaux programmes d'enseignement. On s'attache de plus en plus à ouvrir l'accès aux ressources par l'intermédiaire de l'Internet, à développer les aptitudes à utiliser l'Internet, et à des projets d'échanges entre établissements scolaires s'appuyant sur le courrier électronique ou les forums informatiques. Ces formules entraînent bien entendu des dépenses supplémentaires qui augmentent d'autant le coût total par élève.
La radio-télédiffusion n'a pas été éclipsée par les ordinateurs, et la radio comme la télévision continuent d'être utilisées dans les classes. Une série de projets d'enseignement par la radio, s'appuyant sur la participation active des élèves dans la classe en réponse aux demandes de l'enseignant qui s'adresse à eux sur les ondes, ont été mis en oeuvre dans de nombreuses parties du monde, et ont obtenu des résultats intéressants du point de vue de l'apprentissage. La radio interactive fait appel à un investissement important pour l'élaboration des programmes d'études, et les coûts qu'elle entraîne expliquent que les projets n'ont pas toujours pu être poursuivis lorsque les subventions initiales ont cessé d'être dispensées par les donateurs.
Diverses technologies de communication ont été utilisées pour des publics non-scolarisés. Faute de pouvoir répondre à toute la demande d'accès au premier cycle du second degré, on a mis en place un certain nombre de programmes d'éducation ouverte et à distance. Au Mexique, Telesecundaria est un système d'enseignement télévisuel du second degré pour les zones rurales qui fonctionne depuis plus d'un quart de siècle et fait partie intégrante du système national d'éducation. En Asie, des écoles ouvertes s'appuyant plus largement sur des documentations imprimées ont été créées, en Inde et en Indonésie notamment; et envisagent même de s'étendre sur une grande échelle. L'éducation extra-scolaire ne se borne pas aux programmes scolaires courants ; elle comporte aussi des projets éducatifs appuyés sur les communautés locales, dont certains commencent à faire usage des radios locales, des campagnes sanitaires et d'une gamme de projets divers concernant l'éducation de base des adultes. Certains utilisent le travail de groupe ; beaucoup ont été organisés et financés par des ONG. Beaucoup réussissent très bien avec des publics de faible importance numérique, mais ont rencontré des difficultés lorsqu'il s'agissait de passer à une plus large échelle ou pour établir avec les organismes gouvernementaux les liens qui s'avèrent nécessaires pour cette sorte d'expansion. La création de télécentres, centres d'accès ouvert où, moyennant une cotisation, les personnes intéressées peuvent avoir accès aux technologies informatiques et à l'Internet, offrira peut-être de nouvelles opportunités d'éducation, formelle ou non formelle.
Les nouvelles technologies sont utilisées de manières variées pour répondre aux besoins des enfants déshérités ou marginalisés, qu'il s'agisse de ceux qui habitent des régions isolées, des enfants des rues, des réfugiés ou des victimes de la guerre. Dans les pays industrialisés, des formules appuyées sur l'Internet sont utilisées pour répondre aux besoins éducatifs des enfants de travailleurs saisonniers ou de nomades et on fait aussi appel à la radio et à l'enseignement à distance pour l'éducation des réfugiés.
On a également recours à la radio et la télévision pour toucher les enfants des régions en guerre, par exemple pour les sensibiliser au danger des mines antipersonnel, et pour diffuser une éducation sanitaire.
Des technologies diverses sont utilisées pour assurer une formation en cours d'emploi aux enseignants, et, à un moindre degré aux responsables de la formation extra-scolaire dans les domaines de la santé et de l'agriculture. Certains programmes sont destinés à mettre des matériels pédagogiques à la disposition des enseignants, sans qu'existe une structure formelle d'enseignement. Dans d'autres cas, des programmes formels destinés aux enseignants ont été mis en œuvre, dans la plupart des régions du monde, en utilisant l'éducation à distance : ces programmes suscitent habituellement une forte motivation, surtout quand ils sont liés à une promotion de la qualification et des rémunérations. Pour la formation des maîtres, l'éducation à distance a fait la preuve de son efficacité, s'agissant tant du taux de réussite aux examens que de l'aptitude pédagogique des enseignants dans la classe.
RESULTATS ET COUTS
Pour estimer les résultats, on peut faire état de l'élargissement de l'accès à l'éducation, de l'amélioration qualitative, ou des changements opérés dans les programmes d'études. En principe, on devrait s'attendre à ce que l'utilisation des mass-média élargisse l'accès, et on connaît des exemples de systèmes substitutifs permettant d'atteindre des apprenants qui seraient sans cela privés de toute éducation. En même temps, l'utilisation des technologies de l'information et de la communication peut avoir le résultat opposé, à savoir celui d'apporter aux privilégiés l'accès au savoir médiatisé par les technologies informatiques alors qu'il reste refusé à d'autres. On constate des améliorations qualitatives dues aux programmes d'enseignement à distance pour la formation des maîtres et à l'emploi de la radio-télédiffusion dans les classes. Les projets conjuguant la radio-télédiffusion et les ordinateurs se sont avérés efficaces dans les processus de modification des programmes d'études. En revanche, on dispose de peu d'évaluations relatives à l'utilisation des ordinateurs dans la classe, même dans les pays industrialisés qui ont investi dans ce domaine de manière significative à l'échelle nationale.
La comparaison entre les coûts de l'éducation traditionnelle et de celle qui s'appuie sur les nouvelles technologies est inévitablement complexe. L'équilibre entre les coûts fixes et les coûts variables est différent pour les deux secteurs. La radio-télédiffusion et l'enseignement à distance peuvent permettre des économies d'échelle, ce qui veut dire que, pour déterminer le prix de revient d'un programme par élève, il est nécessaire de connaître l'effectif précis de ceux qui en bénéficient. Mais, en contrepartie, de nombreuses utilisations de la technologie exigent des activités de soutien individuel auxquelles ces économies ne s'appliquent pas. Les programmes destinés à améliorer la qualité de l'enseignement font généralement monter les coûts : ils ne sont pas habituellement conçus pour réduire les effectifs du personnel enseignant traditionnel, de sorte que les coûts liés à la radio-télédiffusion et à l'introduction des ordinateurs s'ajoutent normalement aux dépenses ordinaires.
Les différences existant entre les rémunérations rendent difficile la comparaison des coûts à l'échelle internationale, mais les données recueillies dans un certain nombre de pays suggèrent que le coût annuel de l'utilisation interactive de la radio est probablement de l'ordre de 3 à 5 dollars EU par élève, pour des effectifs compris entre 100 000 et 1 000 000 élèves. Selon les études, peu nombreuses, du coût de l'emploi des ordinateurs dans les classes, où les économies d'échelle sont improbables, les chiffres sont plusieurs fois plus élevés, allant de 18 à 63 dollars EU. Il est avéré que la télévision coûte plus cher que la radio - dix fois plus cher dans certains cas - et que l'enseignement assisté par ordinateur est sans doute notablement plus cher que la radio scolaire. En ce qui concerne les projets d'enseignement extra-scolaire à distance, la comparaison s'est avérée favorable par rapport à l'enseignement traditionnel en termes de coût par élève, mais c'est seulement si le taux de réussite est d'un bon niveau que le coût par élève ayant réussi triomphe dans la comparaison. Les données limitées dont nous disposons en ce qui concerne l'éducation de base des adultes suggèrent que les coûts individuels se comparent favorablement avec ceux de l'éducation directe, mais sont habituellement nettement plus élevés que ceux de l'éducation élémentaire si on les mesure par heure d'enseignement. La formation des enseignants en cours d'emploi par l'enseignement à distance ne coûte souvent qu'entre un tiers et deux tiers du prix de revient de la formation des maîtres traditionnelle.
LES CONDITIONS DU SUCCES
Qu'il s'agisse de télévision ou d'informatique, il semble bien que les projets soient d'autant plus risqués qu'ils sont à la pointe de la technologie. En termes de coûts et de maintenance des équipements, l'éducation a de meilleures chances de réussir si elle s'inscrit dans la foulée du divertissement et des utilisations commerciales plutôt que si elle prend la tête des opérations. Pour que l'innovation technologique perdure, il faut que ceux qui misent sur elle aient le sentiment qu'elle leur appartient. Il faut aussi sans doute qu'existe une localisation organisationnelle laissant à l'innovateur suffisamment de liberté d'action, tout en demeurant suffisamment proche du travail de l'enseignement traditionnel et de ses responsables, pour que l'intégration se fasse convenablement dans le système d'éducation ordinaire. Les problèmes délicats de langue et d'équilibre entre les deux sexes sont plutôt la norme que l'excEducation pour tousion.
Beaucoup de projets novateurs ont pâti du manque d'investissement dans la formation et le logiciel, qu'il s'agisse de scripts pour la radio ou de logiciels informatiques. Une formation est généralement nécessaire aussi bien pour les spécialistes chargés de préparer les matériels d'enseignement que pour les enseignants, qu'il s'agisse d'enseignement scolaire, de formation des adultes ou de formation continue sur le terrain.
FINANCEMENT
La mise en œuvre et le niveau des coûts qu'impliquent les nouvelles technologies conduisent la plupart du temps à la recherche de nouvelles sources de financement. Là où les nouvelles technologies font monter les coûts, un conflit peut naître entre les tentatives visant à profiter de leur capacité à ouvrir plus largement l'accès et la recherche de formes de financement : il arrive que l'accès ne soit possible qu'à un prix que les plus privilégiés sont les seuls à pouvoir envisager. L'adoption de la télématique peut avoir parmi ses conséquences de déplacer la prise en charge du financement de l'institution enseignante vers l'apprenant ou d'une institution centrale vers l'école ou l'université individuelle. Télécharger des matériels par voie électronique au lieu de les acheter ou de les recevoir du ministère de l'éducation aboutit à déplacer le point d'origine des dépenses et en fait à les accroître. Néanmoins, il est parfois possible de trouver des fonds à l'échelle locale grâce à la décentralisation.
Beaucoup de projets technologiques ont été lancés avec des subsides extérieurs, mais il arrive souvent que ceux qui les ont attribués ne prennent plus en charge les dépenses reconductibles, ce qui met en cause la survie des activités lorsque ni les apprenants ni les gouvernements ne sont en mesure de faire face aux dépenses de fonctionnement.
Le financement de l'éducation extra-scolaire repose souvent sur des bases différentes de celles de l'éducation scolaire. Les élèves extérieurs à l'école, souvent dépourvus de tout poids politique, sont souvent sollicités pour contribuer plus largement aux frais de leur éducation que ceux qui vont à l'école, souvent avec l'idée qu'ils gagneront leur vie tout en étudiant. La conséquence, c'est qu'il arrive que ceux qui reçoivent une éducation ressentie par eux-mêmes comme inférieure paient plus cher que ceux qui bénéficient du modèle supérieur.
ORIENTATIONS A VENIR ET OPTIONS POLITIQUES
Le principal défi de l'application de la télématique à l'éducation de base consiste à trouver la manière de profiter au mieux de ses potentialités sans élargir le fossé séparant ceux qui bénéficient de l'accès à l'information et ceux qui en sont privés, les riches et les exclus du monde de l'information. Dans de nombreux pays, les nouvelles technologies ne trouvent dans les classes élémentaires qu'une application limitée : il y a d'autres besoins prioritaires. En contrepartie, elles sont du plus grand intérêt en ce qui concerne la formation des maîtres et le renforcement du premier cycle du second degré, en expansion rapide. La radio-télédiffusion, en liaison avec des activités relevant de la communauté, ainsi que l'éducation à distance, ont un rôle à jouer dans l'éducation de base des adultes, en raison de l'étendue de leur champ d'application potentiel et de la modicité de leur coût, qu'il s'agisse de programmes scolaires formels ou d'objectifs non formels. Les campagnes nationales pour la prévention du SIDA sont évidemment de la plus haute priorité. Les méthodes d'éducation à distance ont fait leurs preuves en ce qui concerne l'appui qu'elles apportent aux agents de formation sur le terrain, mais n'ont pas été suffisamment exploitées jusqu'à présent dans ce secteur.
L'utilisation des nouvelles technologies de la communication ne permettra sûrement pas aux pays en développement de damer le pion au monde industrialisé grâce à une éducation de base appuyée sur elles. Les enfants ont besoin d'apprendre dans des écoles, et d'ailleurs, le manque d'infrastructures techniques et de formation fait que le degré de substitution des technologies à l'apprentissage scolaire traditionnel reste limité. Pour la plupart des pays moins développés, le coût de l'éducation assistée par ordinateur dépasse de beaucoup celui de l'enseignement traditionnel.
Les bonnes décisions relatives à l'utilisation des politiques de l'information et de la communication seront plus faciles à prendre quand on aura défini une politique nationale de la communication, et, à l'intérieur de celle-ci, une politique de la communication dans l'éducation. Ceci comporte des problèmes d'ordre linguistique et culturel. Il faudra tenir compte de l'utilisation que le service de l'éducation prévoit de faire des nouvelles technologies, et du rôle que l'éducation devra jouer pour former à leur emploi. Pour qu'une politique de ce type soit adoptée, il est nécessaire de disposer d'une information complète et désintéressée concernant les coûts et l'impact des diverses technologies mises au service de l'éducation, ce à quoi la recherche n'est pas encore parvenue.
CONCLUSIONS
Huit grandes conclusions se dégagent de l'observation et de l'analyse des données disponibles:
Il n'existe pas d'alternative à l'école élémentaire : les formules de substitution fondées sur les technologies ont échoué.
Les ordinateurs sont utilisés dans les classes primaires mais de manière modeste, et parfois seulement pour des jeux. A mesure qu'on monte dans les degrés du système éducatif, leur place devient plus importante.
La radio peut enrichir et maximiser les services d'éducation de base pour un coût moindre que la télévision et les ordinateurs.
Etant donné la demande d'éducation dans le premier cycle du secondaire, et le potentiel des technologies, on peut suggérer que leur emploi soit développé pour améliorer la qualité de l'enseignement et augmenter la capacité d'accès à ce niveau.
Il existe des modèles de formations extra-scolaires équivalentes aux formations scolaires à ce niveau.
Même si l'éducation non formelle n'a donné que des résultats incertains, les besoins sociaux et éducatifs des adultes sont si grands qu'ils peuvent justifier qu'on poursuive l'utilisation des technologies et qu'on cherche à l'étendre dans ce secteur.
Il importe de concevoir des politiques nationales cherchant à utiliser les nouvelles technologies de manière rentable, tout en s'efforçant de ne pas élargir le fossé entre ceux qui ont accès à l'information et ceux qui en sont exclus.
L'utilisation des technologies de l'information pour les enseignants et les agents de formation sur le terrain, compte tenu de ses effets multiplicateurs, justifie qu'on investisse dans ce domaine où elle permet d'améliorer rentablement la qualité de l'éducation.
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