Une
stratégie internationale pour rendre opérationnel
le Cadre d'action de Dakar sur l'Éducation pour tous
(EPT)
avril
2002
[PDF]
AVANT-PROPOS
Le monde a fixé des
objectifs clairs pour atteindre l'Éducation pour
tous d'ici 2015. À Dakar, il y a deux ans, les gouvernements,
la société civile et les organisations internationales
se sont engagés en faveur de ces objectifs dans un
élan de solidarité mondiale sans précédent.
Depuis, de nouveaux plans ont été élaborés
et ceux qui étaient déjà en place ont
été revitalisés, en particulier au
niveau national. Au cours des travaux de planification,
il est apparu de façon frappante qu'il est complexe
de forger des partenariats pour l'EPT et que certains contextes
soulèvent de grandes difficultés. Il s'est
donc avéré important de maintenir et renforcer
le consensus international ainsi que de veiller à
ce que la communauté internationale tout entière
reste déterminée à soutenir l'EPT à
l'échelon national. Il est capital pour la réussite
de ces efforts de construire une convergence autour de la
vision, des processus et des mécanismes nécessaires
à la réalisation de l'ensemble des six objectifs
de Dakar. Cette tâche n'est pas aisée car elle
nécessite une communication approfondie entre des
partenaires très différents qui représentent
une grande diversité d'entités et d'intérêts.
Le Cadre d'action de Dakar a demandé qu'un Groupe
de haut niveau soit créé pour servir deux
fonctions principales : contribuer à renforcer la
volonté politique et la mobilisation des moyens techniques
et financiers, et veiller à ce que la communauté
mondiale rende compte des engagements de Dakar. Lors de
sa première réunion, le Groupe a demandé
qu'une stratégie internationale globale soit élaborée
pour rendre opérationnel le Cadre d'action de Dakar.
J'ai aujourd'hui le grand plaisir de la présenter.
L'Equipe spéciale demandée par le Groupe de
haut niveau s'est réunie pour définir la forme
et le contenu du présent document . Cette stratégie
est le fruit d'un travail de collaboration et de participation
qui a bénéficié de la contribution
d'un large éventail de partenaires de l'EPT. Elle
s'appuie sur les autres initiatives qui ont été
proposées pour renforcer l'engagement international
et sa cohérence. Elle répond au souci d'améliorer
l'efficacité de la coordination au sein de la communauté
internationale. Conçue comme un document ouvert,
elle pourra être adaptée au fil de l'évolution
du dialogue au sein du Groupe de travail sur l'EPT, par
exemple, dans les forums régionaux et à l'occasion
de la prochaine réunion du Groupe de haut niveau.
La stratégie repose sur les valeurs de partenariat,
d'appropriation collective et de respect de la diversité
qui ont été définies à Dakar.
Elle maintient l'accent sur le niveau national, cur
de l'action en faveur de l'EPT, en insistant sur les mesures
de soutien imposant l'engagement et la coordination de la
communauté internationale. Axée sur cinq points
d'action majeurs - planification, promotion et communication,
financement, suivi et évaluation, mécanismes
internationaux et régionaux -, elle offre un cadre
clair pour les actions présentes et futures.
Deux ans après Dakar, nous mesurons tous mieux la
complexité et l'ampleur du défi de l'EPT.
Il est tout à fait clair qu'il est indispensable
d'établir des partenariats efficaces et de coordonner
les efforts entre tous les partenaires. Dans ce contexte,
si l'on veut obtenir des progrès substantiels, il
est primordial et urgent de tenir l'engagement qui a été
pris d'apporter un soutien international aux pays, ainsi
que de maximiser les bénéfices de ce soutien
grâce à une coordination efficace. La présente
Stratégie internationale vise à contribuer
à ces tâches clés.
Koïchiro
Matsuura
Directeur général de l'UNESCO
Liste des
sigles et abréviations
ADEA : Association pour le développement de l'éducation
en Afrique
AIEE : Association internationale pour l'évaluation
éducative
ALADI : Association latino-américaine d'intégration
ANASE : Association des nations de l'Asie du Sud-Est
ANCEFA : Campagne du réseau africain sur l'éducation
pour tous
APD : Aide publique au développement
ARC : Arab Resource Collective
ASPBAE : Bureau d'éducation des adultes pour l'Asie
et le Pacifique Sud
BIE : Bureau international d'éducation
C/4 : Document de planification à moyen terme de
l'UNESCO
C/5 : Programme biennal de l'UNESCO
CAD : Comité d'aide au développement
CARICOM : Communauté et marché commun des
Caraïbes
CCA : Cadre commun d'analyse
CCONG : Consultation collective des organisations non gouvernementales
sur l'EPT
CDI : Cadre de développement intégré
CEART : Comité d'experts sur l'application des recommandations
concernant le personnel enseignant
CEDEAO : Communauté économique des Etats de
l'Afrique de l'Ouest
CME : Campagne mondiale pour l'éducation
CNN : Cable News Network
CONFINTEA : Conférence internationale sur l'éducation
des adultes
CSLP : Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté
E9 : Groupe de neuf pays à forte population : Bangladesh,
Brésil, Chine, Egypte, Inde, Indonésie, Mexique,
Nigéria, Pakistan
ECOSOC : Conseil économique et social des Nations
Unies
EPT : Education pour tous
FAO : Organisation des Nations Unies pour l'alimentation
et l'agriculture
FNUAP : Fonds des Nations Unies pour la population
FRESH : Des ressources pour la santé scolaire
G8 : Groupe des huit grandes puissances économiques
: Allemagne, Canada, Etats-Unis d'Amérique, Fédération
de Russie, France, Italie, Japon, Royaume-Uni
GHN : Groupe de haut niveau
GTEPT : Groupe de travail sur l'EPT
HCR : Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés
IDA : Association internationale de développement
IIPE : Institut international de planification de l'éducation
INEE : Réseau interinstitutions sur l'éducation
dans les situations d'urgence
IPEC : Programme international pour l'abolition du travail
des enfants
ISESCO : Organisation islamique pour l'éducation,
les sciences et la culture
ISU : Institut de statistique de l'UNESCO
IUE : Institut de l'UNESCO pour l'éducation
MINEDAF : Conférence des ministres de l'éducation
des Etats membres d'Afrique
NOPADA : Nouveau partenariat pour le développement
de l'Afrique
NSP : Note sur la stratégie du pays
OCDE : Organisation de coopération et de développement
économiques
OCHA : Bureau de la coordination des affaires humanitaires
OEA : Organisation des Etats américains
OIT : Organisation internationale du travail
OMS : Organisation mondiale de la santé
ONG : Organisation non gouvernementale
ONU : Organisation des Nations Unies
ONUSIDA : Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA
OSC : Organisation de la société civile
OUA : Organisation de l'unité africaine
PAM : Programme alimentaire mondial
PANA : Agence panafricaine d'information
PMA : Pays les moins avancés
PNUD : Programme des Nations Unies pour le développement
PPTE : Pays pauvres très endettés
SAARC : Association de l'Asie du Sud pour la coopération
régionale
SADC : Communauté de développement de l'Afrique
australe
SIDA : Syndrome immunodéficitaire acquis
SPF : Forum du Pacifique Sud
TIC : Technologies de l'information et de la communication
UA : Union africaine
UE : Union européenne
UMA : Union du Maghreb arabe
UNDAF : Plan-cadre des Nations Unies pour l'aide au développement
UNDG : Groupe de développement des Nations Unies
UNESCO : Organisation des Nations Unies pour l'éducation,
la science et la culture
UNGEI : Initiative des Nations Unies pour l'éducation
des filles
UNICEF : Fonds des Nations Unies pour l'enfance
VIH : Virus de l'immunodéficience humaine
Introduction
: De la Déclaration de Jomtien aux six objectifs
de l'EPT définis à Dakar
La vision qui est au cur
de l'Education pour tous (EPT) est celle de tout individu
- quels que soient son sexe, son âge et sa communauté
- investi dans l'apprentissage, clef du plein épanouissement
de l'être humain.
Dans la Déclaration mondiale sur l'éducation
pour tous, adoptée en 1990 à Jomtien, Thaïlande,
la communauté internationale a adopté une
vision élargie de ce que recouvre l'éducation
de base, appelant la création d'un environnement
d'apprentissage donnant à tout individu la chance
d'acquérir les éléments de base qui
constituent une assise pour continuer à apprendre
et permettent de participer pleinement à la société.
Cette vision implique tout à la fois de rendre l'éducation
accessible à tous et de répondre aux différents
besoins d'apprentissage des enfants, des jeunes et des adultes.
Elle met l'accent sur la création de sociétés
éducatives et considère l'élargissement
et le renforcement des partenariats à tous les niveaux
comme la voie du progrès.
À Dakar, en l'an 2000, le Forum mondial sur l'éducation
a réaffirmé cette vision et adopté
un Cadre d'action insistant sur les notions de qualité
et d'accès en matière d'éducation de
base (voir fig. 1). L'accent y est mis résolument
sur le niveau national et la responsabilité des gouvernements
envers l'éducation. Le Cadre d'action énonce
clairement l'engagement de créer dans chaque pays
les conditions adéquates pour l'EPT, reconnaissant
que certains d'entre eux auront besoin d'aide pour y parvenir,
et faisant état de la responsabilité de ceux
qui ont les moyens d'apporter cette aide. L'Education pour
tous est une entreprise commune qui implique toute l'humanité.
Ce que nous apprenons et ce qu'apprennent nos voisins est
un atout pour tout le monde. À l'heure de la mondialisation,
il est non seulement inacceptable mais aussi dangereux qu'il
y ait encore des " nantis " et des " déshérités
" en matière d'éducation.
Cette stratégie ne passe pas en revue les défis
ou les problèmes de l'EPT ; elle ne décrit
pas l'étendue du problème, ni ne dit aux gouvernements
ce qu'ils devraient faire. Son propos est d'exposer les
divers aspects du soutien international aux pays ainsi que
de la coordination entre les organismes internationaux,
en tenant compte des avantages respectifs de chaque organisme
et de la nécessité d'établir une cohésion
et une coopération efficace en matière de
soutien à l'EPT. Son objectif est de rendre le Cadre
d'action de Dakar opérationnel. Elle est complémentaire
des autres documents de référence sur l'EPT
que le lecteur pourra consulter ailleurs. Le Cadre d'action
de Dakar énonce - sous la forme de six objectifs
et de douze stratégies (voir encadré ci-dessous)
- les engagements que les gouvernements du monde entier,
la société civile et les organismes internationaux
ont pris pour relever le défi de l'EPT. Le Commentaire
élargi développe plus en détail ces
engagements, comme le font aussi les Cadres d'action régionaux
en fonction de zones géographiques.
Les
six objectifs de Dakar
(i) développer et améliorer
sous tous leurs aspects la protection et l'éducation
de la petite enfance, et notamment des enfants les
plus vulnérables et défavorisés
;
(ii) faire en sorte que d'ici 2015 tous les
enfants, notamment les filles, les enfants en difficulté
et ceux appartenant à des minorités
ethniques, aient la possibilité d'accéder
à un enseignement primaire obligatoire et
gratuit de qualité et de le suivre jusqu'à
son terme ;
(iii) répondre aux besoins éducatifs
de tous les jeunes et de tous les adultes en assurant
un accès équitable à des programmes
adéquats ayant pour objet l'acquisition de
connaissances ainsi que de compétences nécessaires
dans la vie courante ;
(iv) améliorer de 50 % les niveaux
d'alphabétisation des adultes, et notamment
des femmes, d'ici à 2015, et assurer à
tous les adultes un accès équitable
aux programmes d'éducation de base et d'éducation
permanente ;
(v) éliminer les disparités
entre les sexes dans l'enseignement primaire et
secondaire d'ici 2005 et instaurer l'égalité
dans ce domaine en 2015, en veillant notamment à
assurer aux filles un accès équitable
et sans restriction à une éducation
de base de qualité avec les mêmes chances
de réussite ;
(vi) améliorer sous tous ses aspects
la qualité de l'éducation dans un
souci d'excellence de façon à obtenir
pour tous des résultats d'apprentissage reconnus
et quantifiables - notamment en ce qui concerne
la lecture, l'écriture et le calcul et les
compétences indispensables dans la vie courante.
|
En mars 2002, la Conférence sur le financement du
développement a abouti au Consensus de Monterrey,
qui a des implications claires pour l'investissement dans
l'éducation pour tous. Il reconnaît que l'éducation
fait partie de l'infrastructure économique et sociale
élémentaire qui est nécessaire au développement
durable. Il offre également la perspective d'un accroissement
de l'aide au développement en général.
L'augmentation de l'aide extérieure étant
le seul moyen de permettre à certains des pays les
plus pauvres de renforcer leurs capacités en matière
d'éducation de base et dans d'autres domaines sociaux,
il est aujourd'hui urgent de veiller à ce que ces
nouveaux engagements se traduisent par un apport substantiel
de nouvelles ressources pour l'EPT. Les organismes de financement
et les donateurs bilatéraux ne doivent pas reculer
devant l'idée d'investir à long terme dans
l'éducation pour préférer des résultats
à court terme, mais s'engager au contraire en faveur
des six objectifs de Dakar jusqu'en 2015.
Cette Stratégie internationale est liée à
un certain nombre d'initiatives de planification du développement.
Elle s'appuie sur elles et doit être comprise comme
une composante spécifique de l'EPT qui s'articule
avec ces processus généraux en mettant l'accent
sur l'éducation de base. Les processus d'EPT ne sont
ni en compétition avec d'autres processus ou initiatives,
ni à part. Ils entrent dans le cadre de la planification
et des négociations autour des Objectifs de développement
du millénaire, des Stratégies de lutte contre
la pauvreté, du Plan-cadre des Nations Unies pour
l'aide au développement, des approches sectorielles
et d'un certain nombre de processus régionaux (le
Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique
(NOPADA), par exemple). Les Objectifs du millénaire
sont devenus un moyen de concentrer l'attention mondiale
sur un nombre défini de buts fondamentaux du développement
ainsi qu'un cadre pour structurer la coopération
pour le développement - en veillant à garantir
que tous les partenaires rendent des comptes sur leur participation
à la réalisation de ces objectifs. On trouvera
en annexe 1 une description plus complète de ces
processus ainsi qu'un exposé plus détaillé
de leurs relations avec la planification de l'EPT. Cette
stratégie expose ce que la communauté internationale
doit accomplir pour réaliser les objectifs de Dakar,
lesquels doivent être compris comme un facteur essentiel
d'un développement durable et équitable. Elle
vient en complément des stratégies d'EPT de
certains organismes multilatéraux et bilatéraux.
Elle accompagne les stratégies particulières
d'EPT envers lesquelles certains organismes se sont engagés,
servant à la fois de stimulus, pour susciter une
pleine coopération dans la mise en uvre des
douze stratégies du Cadre d'action de Dakar, et d'aide-mémoire
et de liste de contrôle des contributions essentielles
que doit apporter la communauté internationale pour
soutenir les actions nationales. Elle peut aussi donner
aux gouvernements, dans le cadre de leur propre plan d'EPT,
des indications sur les domaines dans lesquels ils peuvent
espérer recevoir le soutien et la collaboration de
la communauté internationale.
La Stratégie
internationale se compose de quatre chapitres :
Les principaux acteurs de l'EPT sont les gouvernements et la
société civile des pays - le Cadre d'action de
Dakar énonce expressément que " le cur
de l'activité de l'EPT se situe au niveau national ".
Le Cadre d'action de Dakar est un engagement collectif. Cette
stratégie internationale porte sur les façons
dont les acteurs nationaux peuvent être aidés par
une coopération avec des organismes et des institutions
de niveaux régional et international (voir fig. 2). Outre
les gouvernements, une multiplicité de parties prenantes
de l'EPT ont participé au Forum de Dakar - institutions
des Nations Unies, organismes régionaux, organisations
et réseaux de la société civile. Ils étaient
tous représentés tant dans le Groupe de travail
sur l'EPT que dans le Groupe de haut niveau. En octobre 2001,
à l'occasion de sa première réunion, le
Groupe de haut niveau a estimé que le rôle des
partenaires et leurs relations les uns avec les autres n'étaient
pas assez clairement définis, surtout en ce qui concerne
le soutien qu'ils doivent apporter au niveau national. La présente
stratégie traite en conséquence des questions
soulevées lors de la réunion :
- actions clés à mener dans le cadre d'un calendrier
précis ;
- rôles et responsabilités des partenaires ;
- liens entre les activités, y compris une description
précise de la façon dont les programmes phares
sont intégrés dans les activités nationales
;
- accord sur l'initiative mondiale.
L'encadré suivant résume ce qu'est la présente
stratégie et ce qu'elle n'est pas :
|
Une
stratégie internationale:
|
Ce
n'est pas:
|
| - complète
le Cadre d'action de Dakar |
- une répétition
du Cadre d'action de Dakar |
| - est axée
sur le soutien à l'échelon national |
- un modèle
préétabli de ce que les pays doivent faire |
| - recense
les processus et mécanismes clés de l'EPT |
- une simple
liste de ce qu'il faudrait faire, de ce qu'on devrait
ou de ce qu'on doit faire |
| - précise
les rôles et responsabilités |
- le point
vue sur l'EPT d'un organisme particulier |
| - est un document
évolutif |
- un document
figé |
| - reflète
et encourage la prise en charge collective |
|
|
|
|
|
Figure
2 : Liens entre les processus nationaux, régionaux et
internationaux dans l'activité de l'EPT
La stratégie est un document ouvert qui sera remanié
au fil de l'évolution des circonstances et des priorités.
En tant que composante d'autres processus de l'EPT comme les
forums nationaux et, au niveau international, le Groupe de
travail et le Groupe de haut niveau, elle sert d'instrument
pour fixer les priorités d'EPT et de guide pour attribuer
les responsabilités. Le tableau ci-dessous propose
un plan d'évolution de la stratégie.
|
Date
|
Occasion
|
Action
|
| Avril 2002 |
Deuxième anniversaire
du Forum de Dakar |
Lancement de la première
version de la stratégie |
| Mai 2002 |
Préparation
de la réunion du Groupe de travail sur l'EPT |
L'UNESCO travaille
en réseau avec les partenaires pour élaborer
une matrice indiquant le rôle de chacun en fonction
des engagements de la communauté internationale
proposés dans la stratégie, ainsi que
des échéances. |
| Juillet 2002 |
Réunion du
Groupe de travail sur l'EPT |
Présentation,
discussion, aménagement et approbation de la
matrice d'attribution des rôles et responsabilités
définis dans la stratégie. |
| Novembre 2002 |
Réunion du
Groupe de haut niveau sur l'EPT |
- Prise d'engagements
envers les rôles et responsabilités en
fonction des conclusions du Groupe de travail, suivie
d'une réunion de financement pour rassembler
des ressources.
- *Définition de priorités stratégiques
pour l'année à venir (2002-2003) en
fonction du Rapport de suivi (analyse des résultats
et interprétation des tendances) et des rôles/responsabilités
convenus. |
| Décembre 2002 |
Suite à la
réunion du Groupe de haut niveau |
*L'UNESCO ajuste la
stratégie en fonction des suggestions du GHN
- nouvelle version et échéancier mis
à jour. |
* Processus renouvelé tous les ans
Chapitre
II : Partenariats et actions
Le partenariat est le principe clé de la coordination
internationale de l'EPT. Il est donc impératif
de considérer toutes les dispositions, recommandations
et approches d'une stratégie internationale sous
cet angle. Les partenariats seront reliés par un
certain nombre de processus ou d'éléments
essentiels. Définis dans les grandes lignes dans
le Cadre d'action, ils sont ici le sujet d'initiatives
spécifiques. Le tableau ci-dessous indique les
actions majeures autour desquelles la Stratégie
internationale est articulée :
|
Action
majeure
|
Résultats
escomptés
|
Initiatives
|
| Mécanismes
de partenariat |
Communication ; sensibilisation
; volonté politique et coopération aux
niveaux national, (sous-) régional et international
|
encourager les partenariats
nationaux ; mécanismes (sous-) régionaux
et internationaux de coordination ; initiatives interinstitutions
; programmes phares |
| Promotion + communication |
soutien énergique
aux niveaux national et international |
déclarations
des mécanismes (sous-) régionaux et
internationaux de coordination ; promotion et sensibilisation
du public, etc. |
| Planification + renforcement
des capacités |
plans nationaux d'action
d'EPT viables |
soutien du processus
de planification et du renforcement des capacités
(par l'intermédiaire, dans certains cas, des
CSLP, de l'UNDAF ou autre cadre d'action) |
| Financement |
trouver et acheminer
de nouvelles ressources pour l'EPT |
discussions sur le
création d'un mécanisme de financement
(Initiative mondiale et autres) |
| Suivi et évaluation |
évaluation
des progrès; recensement des manques ; définition
des priorités ; compréhension claire
et commune de l'efficacité des efforts d'EPT
|
suivi national et
renforcement des capacités ; Observatoire de
l'EPT; Rapport annuel de suivi sur l'EPT; évaluation
périodique formelle des progrès de l'EPT
à tous les niveaux |
1. Planification de l'EPT
Forums nationaux sur l'EPT : La pleine participation
à l'EPT et l'exploitation de toutes les énergies
possibles dépend en partie de la pleine appropriation
du processus de l'EPT. Il est par conséquent capital
au niveau national que des forums sur l'EPT soient établis
qui regroupent le gouvernement, la société
civile et les ONG, les associations de parents, les syndicats
d'enseignants, etc. Un forum national sur l'EPT est un
organe de consultation et de coordination qui rassemble
autour d'une même table les représentants
de tous ceux pour qui l'éducation de base représente
un enjeu vital. C'est à la fois un instrument de
partenariat et de dialogue, et un mécanisme de
coordination axé sur la planification, l'analyse
et le suivi des progrès vers la réalisation
des objectifs fixés. Il ne doit pas être
considéré comme une simple occasion de partager
les informations ou de présenter les plans des
gouvernements, mais comme un forum où l'on contribue
aux politiques et où on les élabore. Les
gouvernements doivent cesser d'utiliser les forums dans
le seul but de faire part de leurs propres décisions
de politique administrative. Les forums offrent en outre
l'occasion de demander aux décideurs politiques
de rendre des comptes sur ce qui est fait pour atteindre
les objectifs de l'EPT.
Le soutien des forums nationaux sur l'EPT doit inclure
des actions de promotion pour susciter la pleine participation
de tous les partenaires et encourager particulièrement
la participation de la société civile, là
où ce n'est pas encore le cas. Des ateliers régionaux
permettront à des délégations conjointes
du gouvernement et de la société civile
de mettre en place les structures et processus optimums
pour les travaux des forums.
Planification pour les objectifs nationaux d'EPT
: En mars 2002, environ 70 pays avaient élaboré
des plans pour l'Education pour tous. Ils sont de formes
variées : certains s'insèrent dans le plan
sectoriel d'éducation existant, d'autres font partie
d'un Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté,
tandis que d'autres encore ont été élaborés
à part. Ce qui compte c'est que les plans d'EPT,
où qu'ils soient présentés, s'attaquent
aux six objectifs de Dakar en présentant des échéances,
les besoins éducatifs actuels et prévus,
un budget et des sources de financement. Le tableau ci-dessous
(figure 3) montre les relations entre les divers processus
de planification employés en matière de
coopération pour le développement, lesquels
doivent se compléter les uns les autres et non
être une source de confusion au niveau national.
Tout en étant de natures différentes - élaboration
de stratégies, coordination, planification macro-économique
-, ils sont liés les uns aux autres, et les objectifs
de l'EPT doivent figurer aussi bien dans les négociations
que dans les plans qui en résultent.
L'éducation de base est la priorité de l'EPT,
et en tant que telle, elle impose des exigences aux autres
composantes du système éducatif. Les plans
doivent donc être établis dans le contexte
d'une planification de l'ensemble du secteur éducatif,
car il existe de nombreux liens et des relations de soutien
entre l'éducation de base et l'enseignement secondaire
et supérieur. Les plans pour renforcer la formation
pédagogique et la recherche sur l'éducation
dans les établissements d'enseignement supérieur
sont d'une importance particulière dans l'action
en faveur de la qualité de l'éducation de
base.
Au niveau national, le soutien de la planification de
l'EPT portera sur le renforcement direct des capacités
nationales et l'élaboration des politiques (avec
des équipes mobiles d'assistance technique, par
exemple). Les forums régionaux sur l'EPT offrent
en outre un lieu où l'on peut partager, mettre
en forme et peaufiner les plans nationaux. Le processus
des approches sectorielles offre un autre espace de discussion
où les donateurs et les partenaires nationaux de
l'EPT (le Forum sur l'EPT, par exemple) peuvent faire
avancer le processus de planification.
Figure
3 : Plan national d'EPT : cohérence et relations
avec les autres cadres et approches de développement
2. Promotion et communication
La communication, formelle et informelle, est l'élément
vital du partenariat et de la coopération dans
l'activité de l'EPT entre tous les partenaires
- nationaux, régionaux et internationaux. Dans
un monde si largement gouverné par les médias,
il est indispensable que les défis à relever,
les avancées, les besoins et les défaillances
dans la mise en uvre de l'EPT soient présents
à l'esprit des dirigeants politiques, des personnes
qui influent sur l'opinion publique, des professionnels
et du grand public. Une opinion publique mondiale favorable
facilitera d'autant la tâche des décideurs.
Les messages de justice sociale et d'égalité
des chances doivent être associés à
des témoignages sur ce que l'éducation apporte
dans la vie des individus et des communautés.
Les mesures à prendre pour renforcer la communication
et la promotion doivent être variées et adaptées
aux divers publics. Tous les acteurs de l'EPT doivent
réfléchir au rôle qu'ils ont à
jouer pour promouvoir l'EPT auprès du public le
plus large possible et comprenant les décideurs
politiques de haut niveau, les parlementaires et les membres
du gouvernement, et ils doivent chercher des façons
novatrices de le faire. Tous les partenaires de l'EPT
doivent saisir toutes les occasions d'associer l'EPT à
la vie et à l'actualité dans le monde entier
afin que l'éducation soit de plus en plus perçue
comme le facteur d'un développement durable et
équitable qui respecte les droits de l'homme ainsi
que les identités collectives et individuelles.
Au travail de promotion médiatique doit s'ajouter
une action de promotion directe et ciblée auprès
des gouvernements, des donateurs, de la société
civile et des instances régionales pour qu'ils
mettent l'EPT au premier plan de la planification de leurs
politiques et de leurs programmes, et pour mobiliser des
aides et des ressources en faveur de l'EPT. Dans les pays
qui sortent d'une crise ou d'un conflit, les efforts doivent
être ciblés sur une promotion énergique
de l'éducation dans le processus de reconstruction.
Un climat de communication réciproque et dynamique
est le fondement d'un développement continu de
la coopération où les partenaires internationaux
sont à l'écoute des voix nationales.
En plus des actions proposées au chapitre III (voir
Stratégie 1 ci-dessous), une stratégie internationale
de communication et de promotion doit comporter au moins
les initiatives suivantes :
- Site Internet de l'EPT
: remanié pour mettre l'accent sur la nature internationale
et interinstitutions de l'EPT, avec des liens vers l'ISU,
pour obtenir les données actuelles sur la progression
de l'EPT, et les sites de tous les organismes partenaires.
Il doit être un fonds de connaissances sur l'EPT
et un endroit où l'on peut s'informer sur les progrès,
les défis, les échecs et les nouvelles initiatives.
Les données sur l'EPT seront mises à jour
régulièrement avec une mise en ligne des
plans nationaux, des rapports de réunion, d'extraits
du Rapport de suivi annuel, des rapports sur les visites
et les échanges, de nouveaux liens, d'informations
sur les programmes phares, etc. La maintenance du site
Internet sera à la charge de l'équipe du
Rapport de suivi.
- Rapport de suivi
: conçu comme un instrument majeur de promotion,
il soumet, tous les ans jusqu'en 2015, les progrès
et les besoins de l'EPT à l'attention de la communauté
internationale et du grand public. Le Comité de
rédaction conjoint vise à ce que le Rapport
soit la propriété collective des partenaires
de l'EPT. Coordonné par l'Unité du suivi
de Dakar au siège de l'UNESCO, il sera lancé
à l'occasion de la réunion du Groupe de
haut niveau avec des communiqués et dossiers de
presse ainsi que des annonces publiques.
- Relations avec les
médias : tous les organismes partenaires fourniront
régulièrement aux médias des articles
et des informations sur l'EPT, en mettant l'accent, d'une
part, sur les données concrètes, et d'autre
part, sur des histoires vécues illustrant l'incidence
des nouvelles possibilités d'éducation sur
la vie des communautés et des individus.
- Diffusion des matériels
d'EPT : les principaux documents d'EPT comme le Cadre
d'action de Dakar et les Cadres d'action régionaux
devront être traduits dans les langues officielles,
nationales et locales à des fins de sensibilisation
et d'appropriation collective. Dans le même temps,
des documents propres à des contextes particuliers
devront être élaborés pour promouvoir
les objectifs de l'EPT et rallier de nouveaux soutiens.
- Semaine mondiale de
l'EPT : pendant une semaine, des activités
de sensibilisation donneront l'occasion de faire le point
sur les progrès accomplis dans la réalisation
de l'EPT et de susciter des débats publics sur
les questions d'éducation. Diverses activités
inciteront les personnes et les organisations à
marquer cet événement. L'UNESCO, l'UNICEF,
le FNUAP, la Banque mondiale ainsi que les réseaux
de la société civile, comme la Campagne
mondiale pour l'éducation, uniront leurs efforts
pour organiser, entre autres activités, des débats
télévisés et des tables rondes dans
divers pays.
- Sensibilisation à
l'occasion d'événement internationaux
: les partenaires de l'EPT élaboreront des plans
particuliers et des messages ciblés pour diverses
conférences internationales et d'autres événements
relatifs à l'éducation ainsi qu'à
d'autres domaines. L'objectif sera de présenter
l'EPT comme une composante essentielle du développement
humain afin d'inciter les décideurs politiques
à faire de l'éducation une priorité.
On trouvera à l'annexe 5 un tableau des prochains
événements à l'occasion desquels
des actions de sensibilisation en faveur de l'EPT auront
lieu.
3. Financement de l'EPT
Créer des mécanismes pour collecter de nouveaux
fonds en faveur de l'EPT est la première mesure
à prendre pour remplir l'engagement de Dakar stipulant
que " aucun pays qui a pris un engagement sérieux
en faveur de l'EPT ne verra ses efforts contrariés
par le manque de ressources ". Deux ans après
Dakar, il est urgent de tenir cet engagement. Au moment
où les pays arrivent au terme de la phase de planification
et doivent affecter davantage de ressources à l'éducation
de base, il est capital de disposer d'un financement extérieur
accru. Le Cadre d'action de Dakar désigne sous
le nom d' " Initiative mondiale " le mécanisme
destiné à mobiliser de nouvelles ressources
pour l'EPT. Trois propositions de financement ont été
faites (cf. annexe 3) qui ont toutes pour principe fondamental
d'exclure la création d'un fonds mondial. Elles
prévoient à la place que des accords soient
conclus entre les gouvernements et les donateurs sur la
destination et la nature des aides à apporter.
En avril 2002, lors d'une réunion des partenaires
de l'EPT qui s'est tenue à Amsterdam, la Banque
mondiale a présenté un plan d'action comportant
une proposition de cadre de financement et entériné
par le Comité du développement de la Banque
mondiale. Cette initiative, la plus importante à
ce jour, promet de dégager de nouveaux fonds considérables
pour réaliser l'objectif de Dakar de l'enseignement
primaire universel et s'attaquer dans ce cadre aux problèmes
d'égalité entre les sexes et de qualité
de l'éducation, en accord avec les Objectifs de
développement éducatif du millénaire.
D'autres objectifs de Dakar vont également être
chiffrés et financés (alphabétisation
des adolescents et des adultes et compétences indispensables
dans leur vie courante, protection et éveil de
la petite enfance, autres aspects de la qualité).
La Banque mondiale vise d'abord la réalisation
d'ici 2015 de l'objectif de l'enseignement universel,
tout en reconnaissant que ce n'est qu'une partie du programme
de l'EPT. D'autres bailleurs de fonds ont entériné
le plan qui est présenté ci-dessous dans
ses grandes lignes.
Le Plan d'action repose sur un nouveau pacte de développement,
faisant suite au Consensus de Monterrey, en vertu duquel
les gouvernements apporteront la preuve de leur engagement
en faveur de l'éducation en s'employant à
réformer sensiblement leur système éducatif,
conformément aux critères techniques indicatifs
qui sont proposés. Pour leur part, les partenaires
extérieurs fourniront leur appui financier et technique
de façon transparente, prévisible et souple.
Il est prévu par la suite que ce financement couvre
aussi les dépenses de fonctionnement, comme le
traitement des enseignants, là où des politiques
appropriées seront en place. Les bailleurs de fonds
devront pour cela s'engager à plus long terme.
Dans le cadre des négociations du financement,
l'une des priorités sera de garantir la suppression
des frais ou droits de scolarité.
Fondé sur une analyse révélant que
l'enseignement primaire présente des lacunes dans
quatre domaines - manque de données, de politiques,
de capacités et de financement -, le Plan d'action
propose des mesures pour combler chacune d'entre elles,
comme le montre le tableau suivant :
manque de données
- adopter le taux d'achèvement
des études primaires comme indicateur des progrès
réalisés en matière d'EPT
- améliorer la qualité,
l'actualisation et la gestion des statistiques de l'éducation·
- développer des
capacités nationales pour mesurer les résultats
d'apprentissage·
- suivre chaque année
l'évolution de cinq indicateurs clés : taux
d'achèvement des études primaires ventilé
par sexe, admission en première année du
cycle primaire, taux brut de scolarisation, disparités
entre les sexes dans l'ensemble du système éducatif,
alphabétisation des adultes· suivre l'évolution
des disparités entre les sexes dans l'optique de
l'échéance de 2005·
- privilégier davantage
les résultats au sein du cadre international de
suivi de l'EPT
manque de politiques
- définir des critères
techniques indicatifs pour évaluer les plans nationaux
d'EPT
- définir le processus
de réforme nécessaire pour aménager
le système éducatif en fonction de ces critères
manque de capacités
- atteindre un équilibre
satisfaisant entre les ressources affectées aux
salaires et celles qui sont affectées à
d'autres postes de dépenses
- mettre l'accent sur trois
axes stratégiques de politique pour l'enseignement
primaire : les enfants défavorisés, équilibre
dans le traitement des questions de qualité et
d'accès, financement adéquat
manque de financement
- augmenter les prêts
et les dons accordés à l'enseignement primaire
par les bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux·
mieux cibler les pays prioritaires en matière d'EPT
- améliorer la mobilisation
nationale des ressources· fournir des ressources
pour couvrir les dépenses de fonctionnement de
l'éducation· améliorer l'efficacité
de l'aide (approches sectorielles, CSLP, mise en commun
du financement, etc.)
Afin de rendre opérationnel le mécanisme
de financement du Plan d'action, les partenaires proposent
de :
- réunir un consortium
regroupant plusieurs bailleurs de fonds, de préférence
après la réunion du Groupe de haut niveau,
pour coordonner les engagements de financement au regard
des manques qui ont été recensés
;
- élaborer un code
de conduite pour les bailleurs qui prêtent ou donnent
des fonds à l'EPT, qui définira les relations
avec les pays bénéficiaires en mettant l'accent
sur la transparence, le respect mutuel, l'obligation mutuelle
de rendre des comptes, l'intégrité, une
pleine participation et un esprit d'ouverture dans les
négociations ;
- lancer un processus accéléré
pour certains pays afin de hâter leur progression
vers la réalisation de l'objectif de l'enseignement
primaire universel, s'ils font preuve d'un contexte politique
favorable et engagé envers cet objectif.
4. Suivi et évaluation
Le suivi et l'évaluation
des progrès de l'EPT sont essentiels pour maintenir
et renforcer la volonté politique, recenser les
besoins, définir les priorités, mobiliser
des ressources et mener des actions efficaces. Le suivi
du processus de l'EPT doit porter sur plusieurs dimensions
et être géré par différents
groupes de partenaires :
- Progrès accomplis
sur le terrain dans la réalisation de chacun des
objectifs de Dakar, au regard, avant tout, du nombre de
bénéficiaires de l'éducation. Des
indicateurs mondiaux seront définis à partir
des données collectées dans les pays par
l'Institut de statistique de l'UNESCO et de celles d'autres
organismes et ONG. Les pays évalueront également
leurs propres avancées par rapport à leurs
objectifs nationaux.
- Evolution de la planification
des stratégies des pays et de leur mise en uvre.
Ce processus sera évalué par l'UNESCO et
ses partenaires internationaux à partir des rapports
fournis par les pays.
- Engagement et activités
des prêteurs, des donateurs et des ONG pour soutenir
les pays dans la réalisation des objectifs de Dakar.
Cet aspect sera évalué par l'UNESCO et ses
partenaires internationaux.
- Evaluation des besoins
de ressources (financières et autres) des pays
pour qu'ils puissent atteindre les objectifs de Dakar.
Elle reposera sur une analyse effectuée par la
communauté internationale, et la Banque mondiale
en particulier.
Des évaluations seront nécessaires pour
déterminer si les actions menées par les
pays, les organismes internationaux et les ONG ont produit
les effets escomptés, en permettant, avant tout,
de poursuivre la progression vers la réalisation
des objectifs de Dakar. On pourra également effectuer
des études d'évaluation sur l'efficacité
de la mobilisation des ressources pour ces projets.
Toutes les politiques d'EPT, qu'elles soient propres à
un pays ou liées aux objectifs mondiaux de Dakar,
devront être accompagnées d'un mécanisme
de suivi de telle sorte que :
- les pays pourront mesurer
leur propre progression dans la réalisation de
leurs propres objectifs ;
- la communauté internationale
pourra évaluer les progrès accomplis par
les pays dans la réalisation des objectifs de Dakar
;
- la détermination
des pays à lever les obstacles aux progrès
sera mise en évidence.
- La communauté internationale
cherche à évaluer les progrès des
pays dans la réalisation de l'EPT afin d'avoir
une vision claire de leur engagement et des obstacles
qu'ils rencontrent, et de pouvoir ainsi mobiliser des
ressources pour les aider à lever ces obstacles.
Avec un suivi régulier, normalement annuel, des
progrès, les pays ainsi que la communauté
internationale peuvent donc apprécier de bonne
heure les domaines qui demandent un surcroît d'efforts
- c'est un " système d'alerte anticipée
" pour permettre de mobiliser des ressources.
Au niveau national, les rapports sur l'EPT serviront d'appui
pour définir les priorités et répartir
les ressources, tout en constituant un mécanisme
amenant les partenaires de l'EPT à se rendre mutuellement
des comptes (gouvernement, société civile,
communautés, écoles, parents et élèves).
Aux côtés des informations nationales, les
données et analyses fournies par des missions conjointes
gouvernement-donateurs seront d'un apport considérable.
Au niveau international, l'instrument clé sera
le Rapport annuel de suivi sur l'EPT. Il sera pris en
charge collectivement et reposera sur des données
provenant d'un large éventail de sources. Il offrira
une évaluation des progrès de l'EPT qui
sera indépendante, analytique et fera autorité.
L'UNESCO en coordonnera l'élaboration et l'Institut
de statistique de l'UNESCO (ISU) conduira la collecte
et le traitement des données quantitatives. Il
sera fait appel à d'autres instituts de l'UNESCO,
aux organisations internationales et aux réseaux
de la société civile pour qu'ils fournissent
des données et des analyses dans leurs domaines
de compétence.
Afin d'améliorer le suivi de l'EPT, l'ISU, l'IUE,
l'IIPE, le BIE, l'UNESCO Paris, la Banque mondiale ainsi
que d'autres partenaires aux niveaux international, régional
et national s'emploieront à :
- améliorer la qualité
des données recueillies dans chaque pays et renforcer
les capacités nationales de collecte et d'analyse
des données dans le milieu éducatif, en
organisant des séminaires régionaux ou par
le biais d'autres moyens ;
- améliorer l'analyse
des progrès de l'EPT en travaillant avec l'Institut
de statistique de l'UNESCO pour élaborer de meilleurs
indicateurs dans des domaines tels que l'alphabétisation,
la qualité de l'éducation, les compétences
nécessaires à la vie courante, la protection
et l'éveil de la petite enfance, et l'engagement
politique ;
- élaborer un système
d'évaluation de la performance des organismes internationaux
et bilatéraux, des ONG ainsi que de leurs partenariats
avec les pays ;
-
faciliter les échanges
d'information et de méthodes de collecte des
données entre les pays.
L'Observatoire de l'EPT, situé au sein de l'Institut
de statistique de l'UNESCO, aura pour tâche d'étendre
les réseaux et le champ de collecte des données,
ainsi que d'équilibrer la collecte des données
sur les six objectifs de Dakar. La communauté
internationale soutiendra l'Observatoire en lui transmettant
une copie de toutes les statistiques concernant les
progrès de l'EPT.
Des évaluations périodiques de l'EPT permettront
aux partenaires, à tous les niveaux, de mesurer
les progrès à long terme, avec l'aide
des partenaires internationaux et bilatéraux
de l'EPT. Les dates butoir de 2005 et 2015 seront l'occasion
de dresser un bilan mondial et par pays approfondi,
un examen intermédiaire devant être effectué
en 2010. Les évaluations pourront donc suivre
le calendrier suivant (voir également chapitre
IV) :
- 2005 - élimination des disparités entre
les sexes
- 2010 - évaluation intermédiaire débouchant
sur les mesures et ajustements nécessaires pour
les cinq dernières années
- 2015 - bilan général sur les objectifs
de l'EPT
En consultation avec les partenaires de tous les niveaux,
il faudra définir un calendrier pour la réalisation
d'évaluations nationales, (sous-) régionales
et internationales sur chacun des objectifs de Dakar
et les planifier longtemps à l'avance.
5. Mécanismes
internationaux et régionaux
Les mécanismes
internationaux et régionaux ont pour objectif
d'apporter un soutien et de renforcer les capacités
à l'échelon national. Ils constituent
également un forum pour exprimer les préoccupations
nationales et régionales - les voix nationales
y sont entendues et une interaction dynamique y forme
une base pour le partenariat.
Sur le plan des mécanismes internationaux collectifs,
deux structures ont été créées
: le Groupe de travail sur l'Education pour tous (GTEPT)
et le Groupe de haut niveau (GHN). Le Groupe de haut
niveau répond à la recommandation de Dakar
demandant de créer un groupe " de haut niveau
à la fois restreint et souple " pour contribuer
" à renforcer la volonté politique
et la mobilisation des moyens techniques et financiers
". S'appuyant sur les informations du Rapport annuel
de suivi sur l'EPT et la Stratégie internationale,
il est destiné à être l'instance
de premier plan dans la progression de l'EPT - il doit
hâter le mouvement, renforcer les partenariats,
identifier clairement les priorités, les déficits
et les besoins, et mettre en lumière les ressources
à mobiliser. Le Groupe de travail (GTEPT) est
un mécanisme informel et consultatif qui rassemble
les partenaires pour discuter des problèmes concrets
de l'EPT et renforcer la collaboration internationale,
en offrant aux différents acteurs de l'EPT un
forum où ils peuvent échanger leurs expériences.
Il soutient le travail du Groupe de haut niveau et sera
chargé de définir clairement les rôles
et responsabilités des partenaires dans la mise
en uvre de la Stratégie internationale.
Il devra également examiner le plan du Rapport
de suivi sur l'EPT pour donner son avis. Il continuera
de conseiller et d'apporter sa contribution au Directeur
général de l'UNESCO.
Ces mécanismes formels doivent être complétés
par des contacts et des échanges directs réguliers
entre les partenaires internationaux de l'EPT, de telle
sorte que la communication facilite la coopération
quotidienne.
La pleine participation de la société
civile, des ONG et de leurs réseaux à
toutes les phases du travail de l'EPT figure parmi les
engagements clés de Dakar. Trois réseaux
qui ont pris part au processus de Dakar ont été
intégrés dans le suivi de Dakar et leurs
rôles ont été renforcés.
Cet éventail de partenaires de la société
civile représente un grand nombre d'associations
de la société civile et d'ONG nationales
et infranationales et favorise la communication avec
elles. Les réseaux existants doivent amener de
plus en plus de groupes de la société
civile dans les forums EPT, tant pour élargir
la diversité des perspectives que pour permettre
aux communautés marginalisées de s'exprimer.
Il est capital que les points de vue des populations
continuent de nourrir les échanges entre la société
civile et les partenaires multilatéraux et bilatéraux,
afin que les initiatives d'EPT soient planifiées
en tenant compte de leur incidence sur des milliers
de petites communautés. Ces initiatives complètent
le rôle de promotion et de lobbying que joue la
société civile au niveau international.
- La Consultation collective
des ONG sur l'Education pour tous (CCONG/EPT) est
un mécanisme de partenariat clé qui favorise
la participation de la société civile au
suivi de Dakar. Créée par l'UNESCO, elle
est liée à 600 ONG et réseaux internationaux,
régionaux et nationaux uvrant pour l'EPT
à travers le monde. Par ses actions continues de
dialogue politique, de recherche, d'échange des
connaissances et de renforcement des capacités
des ONG, elle renforce la participation de la société
civile à la planification, à la mise en
uvre et au suivi de l'EPT. Le chevauchement qui
existe entre le travail de ce réseau et celui de
la Campagne mondiale pour l'éducation (voir ci-dessous)
renforce en fait la communication et l'engagement dans
les actions et les réunions d'EPT, tant sur le
plan international que sur le plan régional. En
2002, la CCONG/EPT organisera pour la première
fois des forums régionaux de la société
civile tout en poursuivant ses initiatives de renforcement
des capacités, dont certaines sont menées
en coopération avec la Banque mondiale.
- La Campagne mondiale
pour l'éducation (CME), coalition d'organisations
lancée par l'Internationale de l'éducation,
Oxfam et ActionAid Alliance qui réunit une majorité
de syndicats d'enseignants et de plus en plus d'autres
ONG, mène une action axée sur la promotion
et le lobbying en faveur du droit à l'éducation.
Elle participe aux mécanismes de coordination internationale
que sont le Groupe de haut niveau et le Groupe de travail
sur l'EPT, ainsi qu'à d'autres consultations. Elle
exerce une pression énergique pour obtenir un accroissement
de l'aide pour l'EPT et forger des partenariats puissants
avec la société civile sur tous les aspects
de l'EPT.
- Le Comité de
liaison des ONG, réseau des ONG qui entretiennent
des relations officielles avec l'UNESCO, a pris une place
particulière en s'engageant dans le processus de
l'EPT. Il a soutenu et valorisé la CCONG/EPT, et
sert de voie de communication et de consultation sur les
questions d'EPT avec les ONG partenaires de l'UNESCO.
- Programmes phares
- une ressource internationale pour les pays :
les Programmes phares sont des partenariats ouverts conduits
par un organisme. Faisant partie d'une stratégie
d'ensemble à cet effet, ils ont été
identifiés comme l'un des mécanismes pouvant
contribuer à la mise en uvre du Cadre d'action
de Dakar. Un programme phare d'EPT est un ensemble structuré
d'activités menées par des partenaires volontaires
pour améliorer la compréhension de l'EPT
et contribuer à lever des obstacles particuliers
dans la réalisation des objectifs de Dakar, au
travers d'une action ciblée et coordonnée.
Les Programmes phares jouent deux rôles majeurs
:
- Ils aident les pays à
atteindre leurs objectifs d'EPT. Ils ne sont pas des entités
indépendantes mais apportent un soutien aux programmes
et stratégies mis en uvre par les pays au
titre de leur plan national d'EPT.
- Ils mettent un accent
particulier sur un aspect de l'EPT en matière de
promotion, d'information, d'échange, de conseil
et de suivi des progrès.
Le tableau suivant dresse la liste des programmes phares
existants ou proposés jusqu'à présent
(avril 2002). La diversité de leur nature - initiatives
décennales, réseaux d'échange, programmes
de coopération, etc. - traduit la souplesse des
approches suivies pour stimuler l'action et la coopération
sur un volet particulier de l'EPT.
Les Programmes phares actuels sont les suivants :
|
Programme
phare
|
Etat
d'avancement et fonction
|
Organisme(s)
directeur(s)
|
Remarques
|
| Initiative des Nations
Unies pour l'éducation des filles (UNGEI) |
Partenariat international en place ; participation
croissante au niveau national |
UNICEF |
Initiative lancée
à Dakar par le Secrétaire général
de l'ONU |
| Des ressources pour
la santé scolaire (FRESH) |
Partenariat interinstitutions
soutenant des actions nationales spécifiques
|
Banque mondiale,
OMS, UNESCO, UNICEF |
Lancé à
Dakar |
| Equipe spéciale
interinstitutions de l'ONUSIDA sur l'éducation |
Coordonne les initiatives des organismes |
UNESCO |
|
| Décennie
des Nations Unies pour l'alphabétisation |
Lancement en 2003
; sera coordonnée par l'UNESCO ; projet de
plan finalisé |
UNESCO |
Initiative de l'Assemblée générale
de l'ONU |
Education dans les situations d'urgence et de reconstruction |
Echange international
d'informations ; participation croissante au niveau
national |
Réseau interinstitutions
sur l'éducation dans les situations d'urgence
(INEE) |
|
Groupe consultatif sur la protection et l'éveil
de la petite enfance |
Offre un cadre international
pour la coopération aux niveaux national
et régional |
Consortium d'organismes |
Antérieur
à Dakar |
| Enseignants et qualité
de l'éducation |
Cinq initiatives
interinstitutions sont définies |
UNESCO, OIT, Internationale
de l'éducation |
Approuvé
par le Groupe de travail sur l'EPT en 2001 |
| Education, intégration
et handicap |
En cours de planification |
|
Approuvé
par le Groupe de travail sur l'EPT en 2001 |
| Education et TIC |
Proposition |
|
|
| Gouvernance de l'éducation |
Proposition |
|
|
Chapitre III : Mise en uvre des douze stratégies
de Dakar
Ce chapitre présente
les douze stratégies de Dakar accompagnées
des actions nécessaires ou envisagées
à l'échelon international pour soutenir
le niveau national et favoriser l'évolution mondiale
de l'EPT. Ces propositions résultent des suggestions
faites par les partenaires de l'EPT et entrent dans
un processus continu de mise en uvre. L'examen
régulier de ces stratégies et de la répartition
des responsabilités y afférentes fait
partie du travail des mécanismes de l'EPT (Groupe
de travail et Groupe de haut niveau).
Dans certains groupes de pays, la mise en uvre
de l'EPT est soumise à des considérations
particulières dues aux conditions géographiques,
sociales, démographiques et économiques.
Les regroupements effectués changent à
mesure que les circonstances évoluent et que
les conditions se transforment. Les groupes de pays
suivants, qui se superposent parfois, présentent
des circonstances particulières qui demandent
une attention spéciale dans la mise en uvre
des stratégies ; les points appelant une considération
particulière sont présentés à
titre indicatif uniquement :
Pays de l'E9
Neuf pays à forte population : Bangladesh, Brésil,
Chine, Egypte, Inde, Indonésie, Mexique, Nigéria,
Pakistan. Considérations particulières
: très grand nombre d'enfants à scolariser,
analphabétisme des adultes important dans certains
pays, disparités entre les sexes, extension des
programmes, maintien de la qualité, gestion de
systèmes de grande dimension ...
Pays en situation de crise ou d'urgence
Plusieurs pays dans toutes les régions du monde,
et notamment en Afrique subsaharienne. Considérations
particulières : scolarité en situation
d'urgence, disparités entre les sexes, éducation
des réfugiés, reconstruction des systèmes
éducatifs, gouvernance, démobilisation
des soldats ...
Pays les moins avancés (PMA )
49 pays en Afrique, en Asie, dans les Etats arabes,
le Pacifique et les Caraïbes. Considérations
particulières : faiblesse des ressources, faible
taux d'alphabétisation et pauvreté de
l'environnement lettré, disparités entre
les sexes, marginalisation des campagnes, faible capacité
institutionnelle ...
Afrique subsaharienne
Considérations particulières : effectifs
scolaires importants et capacités inadéquates,
ravages du VIH/sida, faible taux d'alphabétisation,
pertinence des programmes scolaires et problèmes
de langue d'enseignement, disparités entre les
sexes, faibles ressources économiques, gouvernance,
conflits ...
Asie du Sud
Considérations particulières : forte population,
systèmes de grande dimension, diversité
linguistique et ethnique, régions difficiles
d'accès, disparités entre les sexes, faible
taux d'alphabétisation, maintien de la qualité
...
Pays à économie de transition Environ
28 pays situés essentiellement en Europe de l'Est
et en Asie centrale. Considérations particulières
: transformation du système social et économique,
restructuration des objectifs éducatifs et de
l'enseignement, modification des relations extérieures
...
Stratégie 1 - Susciter,
aux niveaux national et international, un puissant engagement
politique en faveur de l'éducation pour tous,
définir des plans d'action nationaux et augmenter
sensiblement l'investissement dans l'éducation
de base
En suscitant l'engagement politique au niveau national,
les partenaires internationaux et bilatéraux
de l'EPT devront :
- promouvoir la négociation
d'une entente sur la façon dont l'engagement politique
doit se manifester et être suivi dans le contexte
national ;
- travailler avec les gouvernements
pour réexaminer les déclarations internationales
sur le droit à l'éducation dans le but de
renforcer la législation nationale en conséquence
;
- soutenir l'élaboration
de stratégies de sensibilisation impliquant des
groupes d'intérêt tels que les organisations
de la société civile, les associations de
parents, les syndicats d'enseignants et les associations
d'élèves, dans le but d'élargir le
débat national sur l'EPT par le biais de la presse,
de la radio, de la télévision, du théâtre
et des médias locaux ;
- mobiliser
toutes les parties prenantes à l'échelon
national pour garantir la mise en uvre de l'EPT.
Au niveau international :
-
le Groupe de haut niveau
surveillera et stimulera l'élan politique au
sein de la communauté internationale, en examinant
le comportement des donateurs et le niveau de mobilisation
des ressources, et en menant une action de sensibilisation
sur les déficits et les défis de l'EPT
auprès de ceux qui influent sur l'opinion publique,
des décideurs politiques et de la communauté
éducative ;
-
le Rapport annuel de
suivi sur l'EPT servira d'instrument de sensibilisation
reposant sur une analyse solide, une évaluation
faisant autorité et un reflet sans compromis
des réalités de l'EPT ;
- les partenaires de l'EPT
plaideront la cause de l'EPT lors des grandes réunions
internationales et régionales comme les réunions
de chefs d'Etat, les sommets du G8, les réunions
des ministres des finances, MINEDAF, etc. ;
- l'UNESCO et d'autres
partenaires de l'EPT feront appel aux médias régionaux
et internationaux, aux associations de journalistes et
de la presse pour soutenir la promotion de l'EPT (CNN,
PANA, Association mondiale des journaux, Fédération
internationale des journalistes, par exemple).
En matière de planification, les partenaires internationaux
et bilatéraux de l'EPT encourageront et aideront
les gouvernements à mettre en place et à
utiliser activement, comme plate-forme de planification
des politiques et de la mise en uvre de l'EPT, des
forums sur l'EPT ou d'autres groupements nationaux réunissant
une pluralité de parties de prenantes, où
seront représentés le gouvernement, la société
civile et les partenaires internationaux menant une action
locale. À l'échelon international, les partenaires
de l'EPT doivent définir des critères généraux
clairs pour la validation nationale des plan d'EPT (cf.
annexe 4), préalablement à l'application
de tout critère propre aux donateurs.
Ce processus comportera les éléments suivants
:
- une assistance technique aux pays en faisant la demande
pour préparer leurs plans d'EPT et les mettre régulièrement
à jour, visant à élaborer des plans
réalistes, plutôt qu'une liste d'aspirations,
qui seront assortis d'un calendrier et d'une estimation
des budgets ;
- identifier les groupes
gouvernementaux ou non gouvernementaux appropriés
qui existent dans les pays en situation de conflit,
d'après-guerre, de crise ou d'urgence et travailler
avec eux pour trouver des moyens viables de faire progresser
l'EPT, en présence ou non de plans d'EPT ;
- soutien de la planification au niveau national afin
que les pays s'attaquent à chacun des six objectifs
de Dakar et que toutes les couches de la population,
toutes les communautés et toutes les classes
d'âge aient un accès approprié à
l'éducation de base (intégration des programmes
phares, attention aux groupes difficiles à atteindre,
planification de possibilités d'éducation
en dehors de l'école).
Valoriser l'investissement : financer l'EPT
-
Les organismes internationaux
de financement aideront les pays à élaborer
des politiques et des systèmes pour affecter
ou réaffecter les ressources budgétaires
nationales de la façon la plus efficiente afin
que les actions locales soient durables. Il faudra notamment
tenir compte des ressources extrabudgétaires
des pays (secteur privé, par exemple) qui n'impliquent
pas de frais de scolarité.
-
Les donateurs doivent
renforcer la coordination de leurs efforts dans le cadre
d'approches sectorielles ou d'autres moyens, et s'efforcer
de réduire les coûts de transaction de
l'aide extérieure. Les bailleurs de fonds devront
également aider les pays à se doter des
moyens nécessaires pour employer plus efficacement
leurs ressources.
-
Les organismes internationaux
de financement travailleront à l'opérationalisation
de l'initiative mondiale/du cadre de financement (voir
chapitre II, § 3) afin qu'elle/il soutienne les
priorités nationales, renforce les capacités
nationales et suive une approche cohérente sur
le long terme.
Stratégie 2 - Promouvoir
des politiques d'éducation pour tous dans le
cadre d'une action sectorielle durable et bien intégrée,
clairement articulée avec les stratégies
d'élimination de la pauvreté et de développement
Au niveau national, les partenaires internationaux et
bilatéraux de l'EPT :
- travailleront avec les
partenaires nationaux au sein des forums sur l'EPT pour
:
- institutionnaliser les processus de consultation intra-
et intersectorielle pour la formulation des politiques
d'EPT, en définissant une vision intersectorielle
et à long terme du développement de l'EPT
et de son plan de mise en uvre ;
- institutionnaliser les consultations et les partenariats
avec toutes les parties prenantes de l'EPT, et veiller
à ce que les réformes et politiques finales
tiennent compte, de façon équilibrée,
des intérêts représentés par
les acteurs clés de l'EPT, y compris les enseignants,
en servant les intérêts prééminents
des élèves et de leurs familles ;
- aider à réformer les systèmes éducatifs
dans le but d'en augmenter l'efficacité et l'efficience
;
- considérer la nature pluridimensionnelle des
liens entre l'éducation et l'élimination
de la pauvreté afin de maximiser les bénéfices
de l'EPT, conformément au cadre défini par
le Consensus de Monterrey ;
- situer les plans d'EPT et la planification dans le contexte
d'un plan sectoriel d'ensemble qui définit clairement
les liens et les interdépendances avec les autres
niveaux éducatifs ; la planification de l'EPT doit
englober le renforcement de la recherche éducative
et de la formation pédagogique dans le cycle supérieur,
ainsi que l'amélioration de la pédagogie
dans le secondaire, en tant que soutiens indispensables
à la qualité de l'éducation de base
;
- promouvoir le dialogue, la consultation et la coordination
entre les ministères et élaborer des procédures
et des mécanismes pour favoriser cette interaction.
- suivront la mise en uvre
des cadres de développement plus généraux,
comme l'UNDAF et les CSLP. Il faudra suivre avec une attention
particulière les effets de la planification du
développement sur les populations les plus pauvres
et les plus marginalisées, les pays en situation
de crise, les PMA et les pays où ces processus
de planification n'existent pas, sont retardés
ou rencontrent des difficultés. L'inconstance ou
les vicissitudes des processus officiels de planification
ne doivent ni compromettre, ni mettre en péril
l'accès à l'éducation de tous les
adultes et de tous les enfants.
Au niveau international, les partenaires internationaux
et bilatéraux de l'EPT :
- encourageront la coordination
des actions entre les institutions des Nations Unies (au
sein de l'UNDAF, par exemple) et entre les donateurs et
prêteurs extérieurs (au travers des approches
sectorielles). De cette façon, les connexions entre
l'EPT et les autres secteurs seront prises en compte dans
la planification (cf. chapitre II, § 1).
Stratégie 3 - Faire
en sorte que la société civile s'investisse
activement dans la formulation, la mise en uvre
et le suivi de stratégies de développement
de l'éducation
Au niveau national, les partenaires internationaux et
bilatéraux de l'EPT renforceront les réseaux
et partenariats de la société civile en
:
- prônant la participation
des organisations de la société civile,
y compris des groupes et organisations locaux et communautaires,
aux processus de planification, de suivi et d'évaluation
des politiques et programmes d'éducation aux niveaux
national et local, et en contribuant au renforcement des
capacités pour que cette participation puisse se
faire ;
- soutenant les consultations
avec les organisations et associations nationales de la
société civile ;
- soutenant les coalitions/réseaux
de la société civile afin que l'appropriation
du processus de l'EPT soit le plus large possible.
Au niveau régional et international, les partenaires
internationaux et bilatéraux de l'EPT :
- associeront les organisations
de la société civile à tous les mécanismes
régionaux et internationaux qui servent l'action
conjointe en faveur de l'EPT ;
- organiseront des sessions
spéciales sur la participation de la société
civile à l'EPT en présence de partenaires
gouvernementaux et non gouvernementaux, afin de susciter
une large discussion sur le rôle et la contribution
de la société civile dans l'EPT ;
- apporteront un soutien
à la régionalisation de la Consultation
collective des ONG sur l'EPT ;
- soutiendront les actions
de sensibilisation que mène la Campagne mondiale
pour l'éducation pour amener les ONG de toutes
les régions à s'engager plus activement.
Pour faire connaître les contributions de la société
civile, les partenaires de l'EPT :
- intensifieront leurs
efforts pour mettre en place des bases de données
sur la participation de la société civile
à l'EPT dans les différentes régions
;
- apporteront leur appui
au suivi de la participation de la société
civile ainsi qu'à l'élaboration d'études
de cas sur les pays et à leur comparaison, afin
de mieux comprendre les processus actuels et d'élaborer
des stratégies d'aide ;
- favoriseront l'échange
entre pays et régions des pratiques performantes
de la société civile et de ses expériences
fructueuses de partenariat en matière d'EPT, en
organisant des voyages d'études et des discussions
par le truchement des TIC.
Pour renforcer les capacités des organisations
de la société civile afin qu'elles participent
pleinement à l'EPT aux niveaux régional
et international, les partenaires internationaux et bilatéraux
de l'EPT :
- intensifieront leur soutien
aux initiatives régionales visant à renforcer
les capacités des ONG locales et autres organisations
de la société civile sur les plans suivants
du processus de l'EPT : (i) participation à l'élaboration
des politiques, au travail de promotion et à la
gouvernance éducative ; (ii) partage des informations
et travail en réseau ; (iii) élaboration
de programmes d'étude dans tous les domaines liés
aux objectifs à Dakar ; (iv) compétences
pédagogiques appropriées ; et (v) planification,
mise en uvre et évaluation des programmes
et initiatives d'éducation ;
- apporteront un soutien
à la préparation, à la traduction,
à la publication et à la diffusion de manuels
de formation sur certains domaines afin de renforcer les
capacités des ONG/OSC en matière d'EPT.
Stratégie 4 - Mettre
en place des systèmes de gestion et de gouvernance
éducatives qui soient réactifs, participatifs
et responsables
Pour stimuler la mise en place de systèmes de gouvernance
éducative réactifs, participatifs et responsables,
les partenaires internationaux et bilatéraux de
l'EPT apporteront une assistance technique aux pays, en
fonction du contexte et de leurs demandes. Au niveau national,
les partenaires aideront les pays à :
- mettre en place des politiques
et améliorer les cadres réglementaires et
les mécanismes administratifs pour gérer
l'éducation de base formelle et non formelle, en
englobant les programmes d'éducation destinés
à la petite enfance, à l'enseignement primaire,
à l'alphabétisation, aux jeunes et aux adultes
;
- définir clairement
les responsabilités au sein des différentes
instances gouvernementales, et entre le gouvernement et
les communautés ;
- former et renforcer les
capacités de tous les responsables de l'administration
et de la gestion travaillant aux niveaux central, régional
et local ;
- promouvoir de nouveaux
systèmes d'attribution des fonds afin que la décentralisation
n'aboutisse ni à une répartition inéquitable
des ressources entre les districts et les écoles,
ni à une utilisation inefficace des ressources
;
- définir des structures
de gestion et d'autres mécanismes pour favoriser
la participation de la communauté et des différentes
parties prenantes à la planification et à
la gestion de l'éducation aux niveaux des districts
et des écoles ;
- former les chefs d'établissement,
le personnel d'administration et de gestion, ainsi que
les responsables et les administrateurs des programmes
d'éducation non formelle des ONG , et définir
des mécanismes de soutien appropriés pour
les aider ;
- définir des systèmes
appropriés pour rendre des comptes à la
communauté au niveau local et des districts ;
- promouvoir l'élaboration
de programmes intersectoriels aux niveaux local, régional
et central, et intégrer cette dimension dans le
cadre réglementaire et les programmes de formation.
Au niveau international, les partenaires :
- préconiseront
et établiront des réseaux entre les organismes,
les décideurs politiques nationaux, les responsables
de l'administration et de la gestion ainsi que les chercheurs,
afin d'échanger les expériences et les informations
sur les meilleures pratiques, de discuter de la façon
de mettre en place des pratiques de gestion plus participatives,
et de garantir le renforcement des capacités ;
- préconiseront
la mise en place de réseaux d'instituts de formation,
de centres et d'universités chargés de former
des inspecteurs de district, des personnels d'encadrement
et des chefs d'établissement ;
- continueront à
mener conjointement des examens et des analyses sectorielles
des systèmes éducatifs nationaux.
Stratégie 5 - Répondre
aux besoins des systèmes éducatifs touchés
par les conflits, les catastrophes naturelles et l'instabilité
et conduire des programmes d'éducation selon des
méthodes qui soient de nature à promouvoir
la compréhension mutuelle, la paix et la tolérance
et à contribuer à prévenir la violence
et les conflits
À l'heure actuelle, les situations de crise sont
l'une des préoccupations majeures, et souvent de
longue durée, de nombreux pays. Pour relever les
nouveaux défis qui entravent l'éducation
(situation d'urgence, crise, conflit armé, instabilité
chronique, catastrophes naturelles, etc.), la communauté
internationale doit élaborer des stratégies
et mettre des moyens en place pour apporter une réponse
efficace et rapide. Pour aider les pays en situation de
crise, les partenaires internationaux et bilatéraux
de l'EPT :
- travailleront avec les
partenaires gouvernementaux et non gouvernementaux pour
rétablir l'éducation et dispenser un enseignement
dans toute situation de crise ou d'après-guerre,
l'éducation étant l'un des droits fondamentaux
des enfants, des jeunes et des adultes ;
- soutiendront et financeront
l'éducation en tant que quatrième pilier
de l'aide humanitaire - à égalité
avec la nourriture, l'abri et l'assistance médicale
- afin de permettre la planification d'une aide rapide
qui contribuera à protéger les enfants et
les adolescents, et à leur offrir des connaissances
et des activités consistantes ;
- soutiendront l'élaboration
d'un ensemble de normes minimales d'éthique et
de qualité pour l'éducation en situation
d'urgence qui fera l'objet d'un large consensus ;
- favoriseront une large
coopération entre tous les partenaires concernés
afin que les stratégies éducatives érigent
la paix, l'espoir, la stabilité, la tolérance
et la compréhension mutuelle comme fondement du
développement durable, en veillant à élaborer
et à produire :
- des matériels éducatifs sans préjugés
et soucieux de la parité entre les sexes
- des programmes d'étude, des manuels et autres
matériels éducatifs fondés sur le
respect mutuel et inspirant un esprit de paix
- des processus démocratiques et des systèmes
éducatifs qui les soutiennent
- insisteront sur l'importance
de la formation des enseignants et du rôle qu'ils
jouent dans la promotion et la création d'un contexte
d'apprentissage accueillant pour les enfants et non violent,
et apporteront, pour cette raison, un soutien énergique
au renforcement des instituts de formation des maîtres
;
- renforceront à
tous les niveaux la coopération et la coordination
interinstitutions en intensifiant l'interaction entre
les organisations des Nations Unies (HCR, OCHA, PAM, PNUD,
UNESCO, UNICEF, etc.) et avec les ONG et les donateurs,
en se servant notamment du Réseau interinstitutions
sur l'éducation dans les situations d'urgence (INEE)
pour échanger les informations ;
- travailleront avec les
gouvernements concernés pour trouver des moyens
d'accepter et de valider les diplômes et qualifications
obtenus par les réfugiés et les enseignants
et élèves déplacés dans leur
pays ou en exil temporaire ;
- mettront en place un
ensemble de principes directeurs de planification et de
mise en uvre, des ateliers et des programmes de
formation pour aider tous les partenaires à préparer
des dispositions en matière d'éducation
en situation d'urgence et d'après-guerre, et à
les intégrer dans le plan national d'EPT des pays
concernés.
Stratégie 6 - Mettre
en uvre des stratégies intégrées
pour l'égalité des sexes dans l'éducation,
qui reconnaissent la nécessité d'une évolution
des attitudes, des valeurs et des pratiques
Pour soutenir les efforts nationaux, les partenaires internationaux
et bilatéraux de l'EPT :
- soutiendront l'élaboration
de stratégies de sensibilisation impliquant les
médias, pour amener les éducateurs et le
public en général à être plus
attentifs et plus réactifs aux problèmes
de discrimination sexuelle ;
- soutiendront le renforcement
des capacités pour établir un diagnostic
complet sur les disparités entre les sexes dans
l'éducation en employant les statistiques/indicateurs
disponibles sur les résultats scolaires des filles
et des garçons (taux de scolarisation, de passage
dans la classe supérieure, d'achèvement
des études, de réussite scolaire) afin de
définir la nature et l'étendue de l'éducation
des filles et des garçons dans des contextes donnés
;
- exhorteront les pays à
réviser leurs politiques et leur législation
pour qu'elles soient en conformité avec les conventions
et accords internationaux liés à la parité
sexuelle dans l'éducation ;
- favoriseront l'intégration
dans le processus de planification de l'EPT d'une optique
soucieuse de parité entre les sexes, en utilisant,
par exemple, des instruments comme les Principes directeurs
de l'Asie et du Pacifique pour la préparation de
plans d'EPT attentifs à la discrimination sexuelle,
conçus à l'intention des acteurs nationaux
;
- presseront les gouvernements
d'adopter une orientation politique claire sur l'éducation
de base formelle et non formelle pour élargir l'accès
des filles et des femmes à l'éducation dans
les pays où elles sont désavantagées
;
- encourageront et soutiendront
les initiatives d'autonomisation des femmes afin de former,
de recruter et d'employer davantage de femmes dans le
corps enseignant, et plus particulièrement aux
postes de direction et d'administration ;
- contribueront à
encourager les pays à élaborer des politiques
reposant sur les faits en :
- tenant compte des facteurs liés à l'offre
qui entravent l'éducation des filles sur les plans
particulier et général
- tenant compte des facteurs liés à la demande
qui influent sur l'éducation des filles, en considération
des barrières sociales, culturelles, politiques
et économiques
- consultant les diverses parties prenantes de l'éducation
des filles à tous les niveaux du système
scolaire (échelon national, des districts et des
communautés) et au sein de la communauté,
comme les ONG, les groupes religieux, les médias,
les entreprises, etc.
- soutiendront la création
de possibilités équitables d'apprentissage
formel et non formel pour les femmes et les filles, en
associant un large éventail de partenaires locaux,
de l'éducation formelle et non formelle, à
l'identification des besoins et à la planification
et la mise en uvre des activités d'apprentissage
;
- encourageront et soutiendront
la compilation de données ventilées par
sexe ainsi que de statistiques et d'analyses sur la discrimination
sexuelle, ainsi que l'élaboration d'indicateurs
et de principes directeurs pour mesurer la discrimination,
les résultats scolaires et la rentabilité,
et guider les activités de planification, de suivi
et d'évaluation ;
- encourageront les organismes
de développement à l'échelon national
à avoir une conception commune des stratégies
de lutte contre la discrimination sexuelle et de la formation
en la matière, en identifiant et en partageant
leurs meilleures pratiques.
Au niveau international, les partenaires internationaux
et bilatéraux de l'EPT :
- prôneront un partenariat
efficient au sein de l'Initiative des Nations Unies pour
l'éducation des filles (UNGEI), initiative décennale
lancée en l'an 2000 et menée par l'UNICEF.
Elle vise à mettre les questions de discrimination
sexuelle à l'ordre du jour de tous les forums d'éducation
et de toutes les organisations concernées, en forgeant
un consensus conduisant à une action concertée,
dans les contextes les plus difficiles en particulier
;
- mobiliseront les médias
en tant qu'instrument politique et de communication pour
sensibiliser l'opinion aux possibilités d'apprentissage
qu'offre l'éducation de base non formelle, et faire
prendre conscience de la nécessité de l'égalité
entre les sexes.
Stratégie 7 - Mettre
en uvre d'urgence des activités et des programmes
d'éducation pour lutter contre la pandémie
de VIH/sida
Sans être un remède miracle, l'éducation
a néanmoins un rôle crucial à jouer
dans la lutte contre la pandémie de VIH/sida. Dans
le même temps, les ravages de la pandémie
font peser un lourd fardeau sur les systèmes éducatifs.
En tenant compte aussi bien des possibilités offertes
que des défis à relever, et par l'intermédiaire
du programme phare existant, au niveau national, les partenaires
internationaux et bilatéraux de l'EPT :
- soutiendront l'élaboration
et la mise en uvre de politiques qui traitent du
VIH/sida et de l'éducation ;
- s'emploieront à
faire reconnaître l'ampleur, la profondeur et l'impact
de la pandémie afin de " rompre le silence
" et de permettre la mise en uvre des politiques
;
- soutiendront le renforcement
des capacités liées à la lutte contre
le VIH/sida par le biais de l'éducation ;
- il faudra pour cela accorder
l'attention nécessaire aux liens avec les établissements
d'enseignement secondaire et supérieur ;
- soutiendront la diversification
des possibilités d'apprentissage pour faire en
sorte que l'accès à l'éducation soit
suffisamment souple pour pouvoir répondre aux exigences
que le VIH/sida impose aux enfants et à leur famille,
ainsi qu'aux besoins particuliers des orphelins du sida
;
- contribueront à
l'élaboration et à la mise en uvre
de stratégies d'ensemble, comprenant la mobilisation
des jeunes, pour permettre à tous les citoyens
qui n'ont pas accès à l'école de
s'informer sur le VIH/sida et d'apprendre à s'en
protéger et à vivre avec la maladie ;
- encourageront et aideront
les pays à accorder l'attention voulue à
la pandémie de VIH/sida dans les stratégies
de lutte contre la pauvreté, les approches sectorielles
et les plans d'EPT.
Au niveau international, les partenaires internationaux
et bilatéraux de l'EPT :
- entretiendront et élargiront
les partenariats existants entre les organismes, les décideurs
nationaux, les administrateurs, les ONG, les chercheurs,
etc., afin d'échanger les expériences et
les informations, d'enrichir les connaissances et de renforcer
les capacités pour faire reculer la pandémie
;
- partageront les matériels
pédagogiques, contribueront à leur adaptation
et les diffuseront à ceux qui en ont le plus besoin
;
- poursuivront le travail
de sensibilisation au VIH/sida afin d'obtenir un soutien
financier et autre pour les systèmes éducatifs
les plus gravement atteints ;
- mettront au point et soutiendront
des instruments pour aider les pays à évaluer
les effets de la pandémie sur leur système
éducatif (au sens large) ;
- forgeront des partenariats
avec les médias et d'autres partenaires non conventionnels
pour atteindre ceux qui ne sont pas scolarisés.
Stratégie 8 - Créer
un environnement éducatif sain et sûr, inclusif
et équitablement doté en ressources, qui
favorise l'excellence de l'apprentissage et conduise à
des niveaux d'acquisition clairement définis pour
tous
Il faut redéfinir ce que recouvre la notion de
qualité (sur le plan pratique et conceptuel) ainsi
que les moyens de dispenser un enseignement de qualité
et de l'évaluer. Au niveau national, les partenaires
internationaux et bilatéraux de l'EPT :
- aideront les pays à
mieux définir ce qu'est une éducation de
qualité, à comprendre les relations entre
les différents éléments, et à
identifier les meilleurs angles d'attaque pour améliorer
la qualité de l'éducation ;
- inciteront les pays à
identifier soigneusement certains résultats d'apprentissage
en fonction d'indicateurs bien compris ;
- renforceront les capacités
des systèmes éducatifs pour dispenser une
formation visant à relever la qualité, pour
mesurer les résultats d'apprentissage et mettre
en place des mécanismes à cet effet dont
les informations serviront à perfectionner le système
;
- veilleront à ce
que l'on accorde une attention particulière aux
exclus de toutes sortes et de tous âges dans le
système éducatif principal ainsi que dans
les programmes alternatifs d'éducation non formelle
;
- apporteront leur soutien
à l'élaboration de stratégies visant
à accroître la pertinence de l'enseignement
scolaire et des autres possibilités d'apprentissage,
en menant, par exemple, les actions suivantes :
- production et distribution de manuels et de matériels
didactiques axés sur le contexte national et local
;
- adoption de la langue maternelle comme première
langue d'enseignement ;
- entreprendre des efforts pour mettre en place un enseignement
scolaire de qualité à faible/moindre coût
;
- promotion de méthodes d'enseignement axées
sur l'enfant ;
- réflexion approfondie sur le but et les contenus
de l'école ;
- création de partenariats locaux avec des représentants
de la communauté pour faire entrer à l'école
l'histoire, la culture, l'artisanat et les traditions
des populations locales.
Au niveau international, les partenaires de l'EPT :
- s'appuieront sur les
partenariats existants qui travaillent sur différents
aspects de la qualité de l'éducation (réussite
scolaire, pertinence des contenus, sécurité,
santé, compétences nécessaires à
la vie courante, etc.) en veillant à ce qu'ils
soient bien compris pour que des normes puissent être
élaborées et qu'elles soient appliquées
dans un large éventail de contextes éducatifs
et locaux ;
- feront la promotion de
cette nouvelle vision d'une éducation de qualité
;
- transmettront, au travers
des réseaux existants, les enseignements dégagés
et permettront à d'autres d'avoir accès
aux connaissances de plus en plus riches sur l'éducation
de qualité;
- apporteront leur soutien
à l'identification d'indicateurs pratiques de qualité
et des moyens de les vérifier ;
- travailleront avec les
dispositifs de financement de l'éducation qui existent
déjà ou sont en cours d'élaboration,
pour veiller à ce que la qualité occupe
une place aussi importante que la quantité.
Stratégie 9 - Améliorer la condition,
la motivation et le professionnalisme des enseignants
Le rôle des enseignants est au cur des préoccupations
sur l'éducation de base de qualité. Les
partenaires internationaux et bilatéraux de l'EPT
aideront les ministères nationaux à :
- améliorer le niveau
de professionnalisme des enseignants en :
- examinant le statut et les conditions de travail des
enseignants et chefs établissements (profil d'emploi,
mécanismes de nomination et incitations) et en
proposant des améliorations possibles ;
- prenant des mesures équitables (reconnaissance,
équivalences, etc.) pour amener à un haut
niveau et harmoniser les normes nationales en matière
de formation, de rémunération et de certification
des nombreux enseignants insuffisamment formés
et souvent " bénévoles " qui ont
été recrutés pour répondre
à la brusque poussée de demandes résultant
de l'augmentation considérable du nombre d'enfants
scolarisés consécutive à la mise
en uvre de l'EPT ;
- adoptant des politiques et des pratiques d'affectation
des enseignants qui soient soigneusement planifiées
;
- améliorant les processus de recrutement des enseignants
et en définissant des normes sous-régionales
minimales pour l'accès à la profession enseignante
;
- élaborant un code professionnel et éthique
pour les enseignants ;
- accordant un rang de priorité plus élevé
à la formation continue des enseignants, et à
la redistribution des ressources que cela implique, notamment
dans le domaine des nouvelles méthodologies requises,
d'une part, par les TIC, et par l'enseignement des valeurs,
d'autre part.
- renforcer les capacités
nationales de recherche et de développement sur
la qualité de la formation pédagogique ;
- révoir des programmes
de formation des enseignants et des chefs d'établissement
qui tiennent compte de la lutte nationale contre la pauvreté,
de l'évaluation des programmes et de l'élaboration
de programmes d'études novateurs, notamment dans
les domaines de l'enseignement des langues et des valeurs,
de la prévention du VIH/sida et de l'emploi adéquat
des TIC ;
- institutionnaliser, aux
niveaux national, des provinces et des communautés,
les rencontres entre les associations d'enseignants et
de parents et les autorités éducatives gouvernementales,
en matière d'élaboration, de mise en uvre,
de suivi et d'évaluation des activités d'EPT
;
- promouvoir l'échange
des meilleures pratiques et des échecs instructifs
en s'appuyant sur des études basées sur
les faits ;
- encourager le recrutement,
dans les systèmes formels et non formels, du grand
nombre de nouveaux enseignants qui sera nécessaire
pour atteindre les objectifs de 2015 de l'EPT ;
- employer toutes les stratégies
précitées tout particulièrement pour
stimuler la motivation des enseignants et lutter contre
l'épuisement et l'érosion des effectifs
dans le corps enseignant.
Stratégie 10 - Mettre
les nouvelles technologies de l'information et de la communication
au service de la réalisation des objectifs de l'éducation
pour tous
Pour soutenir les stratégies nationales en faveur
de l'emploi des TIC dans les systèmes éducatifs,
les partenaires internationaux et bilatéraux de
l'EPT :
- suivront l'emploi des
TIC dans les écoles, les universités et
les systèmes éducatifs du monde entier afin
de faire un inventaire continu, sans parti pris pour aucun
fournisseur, des bonnes et des mauvaises pratiques ;
- entretiendront des moyens
pour conseiller les gouvernements nationaux sur l'emploi
de la technologie à l'école et, en particulier,
sur l'équilibre optimal, en fonction des conditions
locales, entre les TIC et les technologies d'éducation
traditionnelles ;
- aideront les pays à
élaborer des logiciels et matériels éducatifs
qui reflètent leur culture nationale et régionale
;
- apporteront des conseils
sur l'emploi des TIC à des fins administratives
dans les systèmes éducatifs ;
- entretiendront un réseau
de ressources sur lequel les gouvernements pourront s'appuyer
pour dispenser aux enseignants et au personnel la formation
nécessaire à l'introduction des TIC et autres
technologies éducatives ;
- identifieront des sources
de conseil en matière d'élaboration de politiques
et de législation qui articulent l'emploi éducatif
des TIC et le développement plus général
des infrastructures nationales en matière d'informatique
et de télécommunications ;
- aideront les gouvernements
nationaux à se préparer à mener des
négociations avec les vendeurs de matériels,
de réseaux et de logiciels associés aux
TIC.
En ce qui concerne l'application des TIC à la formation
des enseignants, les partenaires internationaux et bilatéraux
de l'EPT :
- apporteront un soutien
particulier aux gouvernements dans l'application des TIC
et de la technologie en général à
la formation des enseignants ;
- publieront et diffuseront
des rapports actualisés et des études de
cas sur l'utilisation de l'enseignement à distance
dans la formation des enseignants ;
- examineront régulièrement
la façon dont les enseignants introduisent les
TIC dans la classe et fourniront des guides sur les bonnes
pratiques ;
- apporteront leur aide
pour introduire dans le cursus de formation des enseignants
des cours sur l'élaboration de logiciels éducatifs
et les multimédias ;
-
fourniront
des conseils sur les questions de qualité liées
à ces techniques.
Stratégie 11 - Assurer
un suivi systématique des progrès accomplis
du point de vue des objectifs et des stratégies
de l'EPT aux niveaux national, régional et international
En ce qui concerne le suivi et l'évaluation,
le soutien à apporter au niveau national ainsi
que les initiatives régionales et internationales
en la matière sont présentés dans
le chapitre II, paragraphe 4.
Stratégie 12 - S'appuyer
sur les mécanismes existants pour accélérer
les progrès vers l'éducation pour tous
Afin d'accélérer les progrès vers
la réalisation de l'EPT, on aura recours aux
institutions et initiatives existantes en ce qui concerne
particulièrement les objectifs suivants : promotion,
communication, partage des connaissances, mise en commun
et partage des ressources, exploitation des énergies
collectives, et collaboration au suivi et à l'évaluation.
On trouvera ci-dessous une liste non exhaustive des
mécanismes existants. Il faut poursuivre la coopération
avec ces instances afin que l'EPT reste l'une des préoccupations
majeures de la communauté internationale. Les
groupes de la société civile et les ONG
ne figurent pas dans la liste présentée
ici puisqu'ils sont traités dans le chapitre
II, paragraphe 5 et dans la Stratégie 3 (voir
ci-dessus).
Organismes, groupes et réseaux multilatéraux
À l'échelon mondial :
Système des Nations Unies et organismes issus
des accords de Bretton Woods : les partenaires de l'EPT
(Banque mondiale, FNUAP, PNUD, UNESCO et UNICEF) collaborent
étroitement avec d'autres institutions spécialisées
(HCR, OIT, OMS, etc.) ;
Conseil économique et social des Nations Unies
(ECOSOC) ;
Organisation de coopération et de développement
économiques (OCDE) : examens thématiques
sur des questions particulières de politique
; collecte d'informations statistiques détaillées
sur les systèmes éducatifs, et apport
d'une aide au développement pour renforcer les
capacités et répandre les bénéfices
de l'éducation et de la formation dans d'autres
pays ;
G8 : l'Equipe spéciale sur l'éducation
a été mise en place à la suite
du Sommet de Gênes (juillet 2001) ;
Au niveau régional :
Union africaine/Organisation de l'unité africaine
(UA/OUA) ;
Communauté économique des Etats de l'Afrique
de l'Ouest (CEDEAO) ;
Communauté de développement de l'Afrique
australe (SADC) ;
Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE)
;
Association de l'Asie du Sud pour la coopération
régionale (SAARC)
Forum du Pacifique Sud (SPF) ;
Organisation des Etats américains (OEA) ;
Association latino-américaine d'intégration
(ALADI) ;
Communauté et marché commun des Caraïbes
(CARICOM) ;
Union du Maghreb arabe (UMA) ;
Union européenne (UE).
Organismes, groupes et réseaux régionaux
d'éducation
Association pour le développement de l'éducation
en Afrique (ADEA) ;
Conférence des ministres de l'éducation
des Etats membres d'Afrique (MINEDAF) ;
Organisation islamique pour l'éducation, les
sciences et la culture (ISESCO).
Organismes, groupes et réseaux associés
Parité entre les sexes :
WomenWatch : projet conjoint des Nations Unies visant
à créer un espace Internet central sur
les problèmes des femmes à travers le
monde.
Groupes vulnérables :
Programme alimentaire mondial (PAM) : Campagne mondiale
d'alimentation scolaire pour mettre un terme à
la faim des enfants ;
Programme international pour l'abolition du travail
des enfants (IPEC) ;
Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés
(HCR) : " Politique en faveur des enfants réfugiés
" et " Principes directeurs sur la protection
et les soins à apporter aux enfants réfugiés
" ;
Initiative mondiale du FNUAP : Aider la future génération
de parents et de responsables ;
Organisation mondiale de la santé (OMS) ;
Consultation mondiale sur la santé et le développement
des enfants et des adolescents : stratégies pour
protéger la jeune génération des
conséquences des maladies, de la malnutrition
et des situations mettant la vie en danger, et pour
aider les enfants et les adolescents à développer
toutes leurs capacités.
Enseignants :
Organisation internationale du travail (OIT) ;
Comité conjoint OIT-UNESCO d'experts sur l'application
des recommandations concernant le personnel enseignant
(CEART).
Chapitre IV : Objectifs et échéances
Le Cadre
d'action de Dakar a fixé expressément
quatre dates butoir :
2005 - éliminer les disparités entre les
sexes dans l'enseignement primaire et secondaire ;
2015 - faire en sorte que tous les enfants, notamment
les filles, les enfants en difficulté et ceux
appartenant à des minorités ethniques,
aient la possibilité d'accéder à
un enseignement primaire obligatoire et gratuit de qualité
et de le suivre jusqu'à son terme ;
2015 - améliorer de 50 % les niveaux d'alphabétisation
des adultes, et notamment des femmes, et assurer à
tous les adultes un accès équitable aux
programmes d'éducation de base et d'éducation
permanente ;
2015 - instaurer l'égalité entre les sexes
en veillant notamment à assurer aux filles un
accès équitable et sans restriction à
une éducation de base de qualité avec
les mêmes chances de réussite.
Ce sont des échéances exigeantes qui impliquent
un certain nombre d'étapes intermédiaires.
Les autres objectifs Dakar qui ne sont pas assortis
d'une date butoir doivent néanmoins être
planifiés de sorte que leur progression soit
régulière et significative. Faute de planifier
en détail la façon d'atteindre les objectifs,
on perd du temps et les échéances nous
rattrapent. Ce travail doit faire partie intégrante
de tous les plans nationaux d'EPT. Il doit également
faire partie de cette stratégie internationale
afin que les partenaires puissent aider les pays à
poursuivre ces objectifs. Une grande partie de cette
planification reste à faire en ce qui concerne
la définition des différentes étapes
impliquées et des dates intermédiaires
auxquelles certaines conditions devront être réunies.
À titre d'exemple, pour que tous les enfants
achèvent en 2015 le cycle complet d'un enseignement
primaire de qualité, il faut que d'ici 2008,
ils soient tous scolarisés en première
année. De la même façon, si l'on
veut, d'ici 2015, améliorer de 50 % le niveau
d'alphabétisation des adultes, il faut que des
programmes appropriés soient mis en place en
nombre suffisant avant cette date. Le tableau ci-dessous
propose un échéancier pour ces étapes
intermédiaires.
La première échéance - élimination
des disparités entre les sexes d'ici 2005 - se
rapproche particulièrement vite. Puisqu'on connaît
bien les facteurs qui entravent la scolarisation des
filles, les empêchent de mener à terme
le cycle de l'enseignement primaire et de faire des
études secondaires, il faut prendre d'urgence
des mesures pour créer au niveau national les
conditions qui permettront de résoudre ce problème.
L'intégration des problèmes liés
à la discrimination sexuelle est un point essentiel,
comme le précise l'Initiative des Nations Unies
pour l'éducation des filles (UNGEI). Il est capital
d'approfondir et d'étendre cette approche au
travers des processus de planification et des activités
concrètes des acteurs internationaux, afin de
créer un climat propice pour mettre en place,
au niveau national, une formation sur la discrimination
sexuelle adaptée aux différents contextes
(ce point est développé dans le chapitre
III, Stratégie 6). Compte tenu de la proximité
de l'échéance, c'est l'un des domaines
d'action les plus urgents.
objectifs et les événements clés
de l'EPT :
Date---------------------
Objectif/Evénement
Juin 2002: ----------------Achèvement du Cadre
de financement de l'EPT
Sept. 2002: --------------Achèvement du financement
pour l'initiative accélérée
Déc. 2002 : --------------Achèvement des
plans nationaux d'EPT dans le cadre d'un plan sectoriel
de l'éducation, d'un CSLP ou de façon
autonome
Jan. 2003: ---------------Lancement de la Décennie
des Nations Unies pour l'alphabétisation
2005 :-------------------Éliminer les disparités
entre les sexes dans l'enseignement primaire et secondaire
2005: -------------------Conférences régionales
d'évaluation de l'EPT
2010:------------------- Conférence internationale
d'évaluation de l'EPT
2015: -------------------Faire en sorte que tous les
enfants, notamment les filles, les enfants en difficulté
et ceux appartenant à des minorités ethniques,
aient la possibilité d'accéder à
un enseignement primaire obligatoire et gratuit de qualité,
et de le suivre jusqu'à son terme.
2015 : ------------------Améliorer de 50 % les
niveaux d'alphabétisation des adultes, et notamment
des femmes, et assurer à tous les adultes un
accès équitable aux programmes d'éducation
de base et d'éducation permanente.
2015: -------------------Instaurer l'égalité
entre les sexes dans l'enseignement, en veillant notamment
à assurer aux filles un accès équitable
et sans restriction à une éducation de
base de qualité, avec les mêmes chances
de réussite.
2015: ------------------Bilan mondial de l'EPT
Annexes
1. L'EPT
dans le contexte général
Le Cadre
d'action inscrit l'éducation dans le contexte
du développement humain durable, précisant
qu'elle en est la condition essentielle et que la planification
de l'EPT doit se faire dans le cadre général
de la planification du développement. Différents
processus internationaux et régionaux de planification
du développement ont été lancés
avec des processus correspondants au niveau national.
Lorsque des objectifs sont communs, il faut en tenir
compte et les partenaires concernés doivent être
encouragés à travailler conjointement
pour les mettre en uvre. Lorsqu'il existe des
connexions, il faut les spécifier et élaborer
et mettre en place des mécanismes de liaison
appropriés.
Objectifs
du millénaire
Deux des objectifs pour le développement et l'élimination
de la pauvreté énoncés dans la
Déclaration du millénaire, et ayant 2015
comme date butoir, portent sur l'éducation :
-
faire en
sorte que tous les enfants mènent à son
terme le cycle complet de l'enseignement primaire
-
instaurer
l'égalité entre les sexes en matière
d'accès à l'éducation
Ils coïncident
avec les objectifs de Dakar qui sont à la fois
plus vastes et plus précis. Les objectifs de
la Déclaration du millénaire offrent un
cadre de développement général
dont l'éducation est un élément
essentiel ; le Cadre d'action de Dakar définit
la nature de l'engagement international en faveur de
l'éducation. En poursuivant les objectifs de
Dakar, le monde atteindra également ceux de la
Déclaration du millénaire et ira même
encore plus loin. Les objectifs de Dakar doivent donc
être l'assise de la planification et de la mise
en uvre nationales et internationales de l'éducation,
dans la mesure où ils sont le meilleur moyen
de donner un accès à l'éducation
à toutes les classes d'âge et dans toutes
les communautés.
-
Stratégies
de lutte contre la pauvreté et cadres d'action
associés
Processus lancé par la Banque mondiale, les stratégies
de lutte contre la pauvreté et leurs documents
(CSLP) sont au cur de la planification du développement
de 58 pays qui espèrent obtenir une réduction
de leur dette au titre de l'initiative en faveur des
PPTE. Un CSLP couvre tous les secteurs de développement
dans lesquels un pays doit investir, y compris l'éducation
qui est considérée comme une composante
essentielle. Une fois achevé, un CSLP permet
d'accéder au processus assurant une réduction
de la dette et un financement du développement
par le biais de la Banque mondiale.
La place
accordée à l'éducation dans les
différents CSLP est variable. Si son importance
est universellement reconnue, les CSLP la traitent aussi
bien de façon générale que sous
la forme d'un plan de secteur convenablement détaillé.
Il faut veiller à ce que les objectifs de l'EPT
fassent l'objet d'un processus de planification approprié
et détaillé et que celui-ci s'articule
avec la planification des stratégies de lutte
contre la pauvreté. Le principe est qu'un CSLP
finalisé donne assurément lieu à
un financement supplémentaire pour les éléments
de lutte contre la pauvreté qui ont été
convenus. Pour les pays qui ont finalisé leur
CSLP ou sont en passe de le faire, cela signifie que
des fonds supplémentaires pour l'EPT seront mis
à leur disposition au titre de l'enveloppe de
financement, ce qui soulève deux préoccupations:
-
premièrement,
le financement des plans d'EPT ne doit pas être
retardé si les plans sont prêts avant les
CSLP. Lorsqu'un plan est bon, le financement doit être
mis en uvre sans délai, par le biais, par
exemple, du Cadre de financement proposé.
- deuxièmement, un
certain nombre de pays ayant des besoins considérables
en matière d'EPT, comme certains pays de l'E9,
ne font pas partie du processus CSLP. Il ne faut pas pour
autant que la communauté internationale réduise
ou retarde son soutien à la planification et à
la mise en uvre, voire au financement si nécessaire,
de l'EPT dans ces pays. Des pays comme le Bangladesh,
la Chine, l'Egypte et l'Inde appellent l'attention à
cet égard.
Il est à
noter que le processus CSLP est lié à
d'autres processus de planification dont l'UNDAF (Plan-cadre
des Nations Unies pour l'aide au développement),
qui vise à coordonner les programmes des diverses
institutions des Nations Unies en partenariat avec les
gouvernements nationaux. Il est mené au nom du
Groupe de développement des Nations Unies (UNDG).
L'entrée dans ce processus de planification se
fait par le biais des Cadres communs d'analyse (CCA)
qui reposent sur les principes du Cadre de développement
intégré (CDI). Le processus UNDAF aboutit
à une Note sur la stratégie du pays (NSP)
qui résume la contribution des Nations Unies
au processus de développement du pays. Il est
destiné à tous les pays en développement
et aux économies en transition. Les institutions
des Nations Unies doivent insérer l'éducation
et les objectifs de l'EPT dans ce processus de planification
pour faire en sorte que, sous un autre angle, ils fassent
partie de la planification des efforts de développement
menés conjointement par les pays et les institutions
du système des Nations Unies, et soient intégrés
dans le processus CSLP.
Approches
sectorielles
En tant
que mécanisme de coordination de l'aide à
un secteur particulier, comme l'éducation par
exemple, les approches sectorielles offrent la possibilité
d'effectuer une planification plus cohérente
du financement externe. Il faut pour cela que les partenaires
du développement travaillent à un programme
commun sous la conduite des acteurs locaux, ce qui débouche
sur une réduction des frais de transaction des
pays. Elles impliquent une approche intégratrice
englobant le gouvernement, les prêteurs et donateurs
ainsi que les organisations de la société
civile, qui, dans les faits, est rarement réalisée.
Bien que les approches sectorielles visent à
coordonner l'aide extérieure, elles nécessitent
aussi l'existence de capacités locales pour planifier
le système et le gouvernement doit définir
le programme. En ce qui concerne les objectifs de l'EPT,
il peut être bénéfique de les situer
dans le cadre d'une approche sectorielle car cela permet,
par exemple, de mettre en lumière les liens entre
l'éducation de base et l'enseignement supérieur.
On doit adopter une approche sectorielle chaque fois
que les donateurs sont prêts à travailler
ensemble et à coordonner leurs efforts, dans
l'intérêt de la cohérence du secteur
et pour que l'attribution et l'emploi des ressources
soient le plus efficaces possible.
Processus
régionaux de planification
En dehors
des processus de planification conduits par la communauté
internationale, il existe aussi des cadres régionaux
dans lesquels la planification de l'EPT doit être
en bonne place. Le Nouveau partenariat pour le développement
de l'Afrique (NOPADA) est l'un d'entre eux. En matière
d'éducation de base, le NOPADA se réfère
uniquement à l'Objectif du millénaire
visant à universaliser l'enseignement primaire
d'ici à 2015, ainsi qu'aux questions de programmes
d'étude, de qualité et d'emploi des TIC.
Compte tenu de l'immensité des besoins d'EPT
qui existent en Afrique pour atteindre chacun des six
objectifs de Dakar, il faut accorder une attention particulière
à la planification de l'éducation de base
partout où le NOPADA est employé comme
cadre pour planifier certaines initiatives ou allouer
de nouveaux fonds. Dans les pays où ils existent,
il doit être employé en conjonction avec
les autres processus de planification cités plus
haut.
2. Historique de l'élaboration d'une stratégie
internationale
Depuis le
Forum de Dakar qui s'est tenu en l'an 2000, deux processus
concomitants contribuent à l'élaboration
de la stratégie : premièrement, les discussions,
dans les deux forums d'EPT présentés ci-dessous,
sur la nature et le contenu d'une stratégie internationale,
et deuxièmement, les propositions sur une initiative
mondiale. Ces dernières sont essentiellement
axées sur les mécanismes de financement
mais pas uniquement. Elles portent également
sur des aspects comme la planification et le suivi qui
font aussi partie de la stratégie internationale.
Le Groupe de travail sur l'EPT (2ème réunion,
septembre 20001)
Le Groupe de travail a examiné les progrès
accomplis dans l'élaboration d'une stratégie
internationale, dont le projet de l'UNESCO, et il a
discuté amplement de la suite des travaux. Sa
contribution au présent document résulte
du travail qu'ont mené les différents
groupes de participants sur certains thèmes et
stratégies. Ses suggestions ont porté
sur le dialogue politique, la stratégie de communication,
la mobilisation des ressources financières, le
suivi et l'évaluation, la production et l'échange
des connaissances, la promotion, le renforcement des
capacités et les programmes phares. Ces éléments
trouvent leur place dans l'une ou l'autre des douze
stratégies de Dakar sur lesquelles repose ce
document. Les suggestions faites à leur égard
ont été insérées dans les
stratégies correspondantes.
Le Groupe de haut niveau sur l'EPT
Le Groupe de haut niveau a demandé d'agir rapidement
tant pour l'Initiative mondiale que pour la Stratégie
internationale. Au sujet de celle-ci, son Communiqué
précise :
D'ici mars 2002, une Equipe spéciale composée
de représentants de tous les partenaires doit
élaborer une stratégie pour rendre opérationnel
le Cadre d'action de Dakar en prévoyant : des
actions clés assorties d'un calendrier précis
; les rôles et responsabilités généraux
des partenaires ; les liens entre les activités,
y compris une description précise de la façon
dont les programmes phares sont intégrés
dans les activités nationales, et un accord sur
l'initiative mondiale. Une fois un accord obtenu
sur le contenu et la portée de l'initiative mondiale,
elle devra être mise en uvre avec effet
immédiat et l'état d'avancement de ses
travaux devra être présenté au Groupe
de haut niveau qui l'examinera.
Le présent document est construit autour des
éléments spécifiés par le
Groupe de haut niveau (en caractères gras dans
le paragraphe ci-dessus).
3. Propositions pour le financement de l'EPT
Au cours des deux années qui se sont écoulées
depuis le Forum de Dakar, trois propositions ont été
faites pour le financement de l'EPT : l'Initiative mondiale
(UNESCO), l'Initiative mondiale (Campagne mondiale pour
l'éducation) et le Cadre de financement (Banque
mondiale). Leurs caractéristiques principales
sont présentées ici. Le paragraphe 3 du
chapitre II, ci-dessus, expose le consensus qui s'est
dégagé des discussions à leur propos.
L'Initiative mondiale (UNESCO)
Le Cadre d'action de Dakar a demandé de lancer
une initiative mondiale " visant à élaborer
les stratégies et mobiliser les ressources nécessaires
pour apporter un soutien effectif aux efforts nationaux
". Six éléments ont été
dégagés pour en constituer la structure,
cinq d'entre eux portant sur le financement de l'EPT
et le sixième traitant du suivi et l'évaluation.
L'UNESCO a fait avancer ce processus en élaborant
le document intitulé L'Initiative mondiale pour
l'éducation pour tous : cadre de compréhension
mutuelle qui expose en détail ce que recouvrirait
chacun des six éléments et les situe dans
le contexte des flux d'aide internationale. Tout en
insistant également sur le besoin de ressources
techniques non financières, il s'attache surtout
aux implications financières. Ses recommandations
sur le suivi sont mises en pratique au travers du Rapport
de suivi qui est indépendant, et celles sur la
coordination de la planification le sont au travers
du présent document. Le tableau suivant résume
les éléments présentés :
|
Elément
|
Recommandation
|
Renforcer le financement externe de l'éducation
(de base) |
- augmenter la part
de l'APD allouée à l'éducation
de base
- le CAD/OCDE doit augmenter la part de dons pour
qu'elle atteigne au moins 86% de l'APD totale
- répondre aux principes de l'Initiative
20:20
- employer l'initiative PPTE pour soutenir l'EPT
- cibler l'aide pour en optimiser les effets
- envisager de nouvelles sources de financement |
| Améliorer
la prévisibilité des flux de l'aide
extérieure |
- les donateurs
doivent tenir réellement les engagements
négociés·
- les bénéficiaires doivent absorber
efficacement les fonds
- définir des cibles de moyen à
long terme pour le financement de l'EPT qui traduisent
un engagement politique
- identifier et supprimer les goulets d'étranglement
liés aux conditions restrictives de l'aide
|
| Alléger et/ou
annuler la dette en faveur de la lutte contre la
pauvreté et l'éducation de base |
- activer les mécanismes
correspondants de toute urgence
- mobiliser pour cela des ressources nouvelles et
additionnelles
- ne pas détourner les ressources d'une APD
déjà faiblissante
- employer plus efficacement les dispositifs d'allégement
de la dette pour servir la réalisation de
l'EPT |
| Assurer une coordination
plus efficace des donateurs |
- améliorer
la cohérence des objectifs et stratégies
de tous les acteurs aux niveaux mondial et national
- recenser les besoins de ressources au niveau national
- recenser les actions menées par les donateurs
au niveau national
- mettre en avant et diffuser les exemples de bonne
coordination conduite par les pays |
| Développer
les approches sectorielles |
- permettre aux
gouvernements et aux partenaires de s'aligner sur
des priorités partagées
- fournir un soutien à plus long terme en
fonction de politiques aux objectifs bien définis
- renforcer la collaboration entre les ministères
concernés par l'EPT
- planification macro-économique à
plus long terme, bonne gouvernance et participation
effective des organisations de la société
civile |
| Assurer le suivi
des progrès réalisés dans la
poursuite des buts et objectifs de l'EPT · |
- inventaire des
besoins des pays
- inventaire des actions des donateurs au niveau
national
-rapport annuel des progrès de l'EPT basé
sur des données fournies par :
- les régions et les pays
- tous les partenaires du développement |
L'Initiative
mondiale (Campagne mondiale pour l'éducation)
Coalition de la société civile lancée
par Oxfam, l'Internationale de l'éducation, ActionAid
Alliance et Save the Children, la Campagne mondiale
pour l'éducation a lancé un appel pour
mettre en uvre une initiative mondiale dans un
document intitulé L'Initiative mondiale sur l'éducation
: honorer les promesses, qui a été complété
par la suite par un deuxième document intitulé
Un plan d'action pour réaliser les objectifs
d'éducation de la Déclaration du millénaire.
Axé sur la réalisation de l'enseignement
primaire universel, ce dernier se félicite des
nouvelles occasions de financement de l'EPT qui se présentent
autour de la réunion organisée à
Amsterdam en avril 2002. Reposant sur l'importance cruciale
des plans nationaux pour atteindre les objectifs de
l'EPT, il demande de définir, dans le cadre d'un
processus participatif, des critères souples
et transparents pour évaluer les plans. Il souligne
l'importance du processus de suivi pour recenser les
manques, et demande qu'un cadre de financement soit
établi pour les combler. Celui-ci comporterait
un consortium de donateurs de l'EPT qui se réunirait
deux fois par an dans une conférence où
ils prendraient des engagements, les donateurs attribuant
des fonds de la façon de leur choix. Le Groupe
de haut niveau sur l'EPT servirait d'organe de suivi
de ces efforts. Demandant à la Banque mondiale
d'admettre pour une " action immédiate "
davantage de pays que les dix proposés pour une
procédure accélérée, il
attire également l'attention sur les pays dont
les politiques sont encore incertaines et qui, sur le
critère d'un plan national d'EPT parfait, risquent
de ne pas être retenus pour recevoir une aide.
Plan d'action pour l'EPT de la Banque mondiale :
résumé analytique
L'éducation, atout d'une économie
dynamique : un plan d'action pour progresser plus vite
vers une éducation pour tous (EPT)
a. À sa dernière réunion, le Comité
du développement a examiné un document
intitulé L'éducation, atout d'une économie
dynamique : progresser plus vite vers une éducation
pour tous (EPT). Ce document mesurait le chemin parcouru
et les principales difficultés auxquelles se
heurtait l'universalisation de l'enseignement primaire.
Il aboutissait à la conclusion que les objectifs
mis en avant avaient peu de chances d'être atteints
si les pays concernés ne prenaient pas des mesures
plus rapidement et si la communauté internationale
ne redoublait pas d'efforts. Il indiquait également
que la Banque mondiale, en collaboration étroite
avec d'autres partenaires, entendait aider davantage
les pays à remédier au manque de données,
aux lacunes de l'action publique et à l'insuffisance
des capacités et des ressources qui freinent
les progrès, et proposait de réaliser
des analyses pays par pays pour définir une politique
d'éducation pour tous et ses besoins de financement.
Le Comité du développement a demandé
aux services de la Banque de préparer un plan
d'action pour progresser plus rapidement vers l'éducation
pour tous, en vue de sa réunion suivante prévue
pour avril 2002.
b. Depuis 10 ans, à plusieurs reprises, la communauté
internationale a fixé des objectifs quantitatifs
d'éducation pour tous et s'est prononcée
vigoureusement en leur faveur. Les objectifs de Jomtien
de 1990 ont été réaffirmés
et élargis à Dakar en avril 2000, puis
réitérés et précisés
en septembre 2000 dans le cadre des Objectifs du millénaire.
Ce ferme engagement au niveau international n'a cependant
pas conduit à des progrès durables en
matière d'éducation pour tous au niveau
national, en partie parce qu'il ne s'appuyait pas sur
un plan traçant la voie du succès ni sur
un cadre objectif destiné aux pays et à
leurs partenaires extérieurs, qui auraient permis
de mesurer le chemin parcouru et l'intérêt
d'accorder une aide. Le Cadre d'action de Dakar était
un pas important dans la bonne direction. Il doit s'accompagner
de critères permettant de mesurer les progrès
accomplis par chaque pays, de manière à
prendre suffisamment en compte les implications financières
et les conséquences sur l'action des pouvoirs
publics des mesures proposées, et à définir
les règles du jeu pour les pays et leurs partenaires
extérieurs. Le programme d'action que propose
ce document s'inscrit dans le prolongement du Cadre
d'action de Dakar et devrait fournir une base solide
à la définition de la marche à
suivre pour réaliser l'objectif de l'Éducation
pour tous.
c. Pour évaluer l'ampleur du problème
et avoir un point de comparaison permettant de suivre
les progrès réalisés par chaque
pays sur une base plus solide, on a créé
une base de données comparables au plan international
qui contient les taux d'achèvement des études
primaires constatés de 1990 à l'année
la plus récente possible dans 155 pays. C'est
la première fois que les progrès de l'Éducation
pour tous sont mesurés en termes d'achèvement
des études primaires, et non pas en termes de
scolarisation. Ce nouvel indicateur prend acte du fait
qu'il ne peut y avoir d'acquisitions véritables
et durables qu'à l'issue d'un minimum de 5 à
6 années d'études primaires de qualité
raisonnable. Après avoir étudié
les pays qui obtiennent de bons résultats, ainsi
que ceux dont les taux de rétention stagnent
ou baissent, on a défini une série de
normes d'action publique et de financement, dont le
degré d'application est lié à la
différence de progrès entre les pays.
Les paramètres observés dans les pays
performants fournissent des critères techniques,
ou " normes ", au regard desquels on peut
évaluer et chiffrer les plans d'EPT des pays.
d. Cette analyse permet de tirer les conclusions suivantes
:
- Le risque de ne pas atteindre les objectifs de l'EPT
est beaucoup plus grave et plus généralisé
qu'on ne le pensait. Alors qu'on avait calculé,
à partir des taux de scolarisation, que sur les
155 pays pour lesquels on disposait de données,
32 seulement risquaient de ne pas atteindre l'objectif
d'éducation primaire universelle, ce chiffre
passe à 88 si l'on se base sur le taux d'achèvement
du cycle primaire. Quelque 35 pays ont peu de chances
d'éliminer les disparités entre les sexes
dans l'enseignement primaire d'ici à 2005, même
si l'objectif est seulement la scolarisation primaire
universelle, et non pas l'achèvement universel
des études primaires.
- La majorité des pays " à risque
" peuvent réaliser les objectifs de l'EPT
- à condition de prendre les mesures adéquates.
On peut raisonnablement s'attendre à ce que 59
des 88 pays à risque atteignent l'objectif d'éducation
primaire universelle d'ici à 2015 s'ils se dotent
de systèmes éducatifs dont l'efficience
et la qualité cadrent avec les critères
observés dans les systèmes très
performants et s'ils bénéficient d'un
soutien technique et de financements extérieurs
sensiblement accrus. Les 29 pays les plus à la
traîne ne rattraperont leur retard que s'ils progressent
à un rythme sans précédent, ce
qui reste possible s'ils trouvent des formules d'enseignement
novatrices, faisant notamment appel aux technologies
de l'information, si l'aide étrangère
leur parvient de manière plus souple et ciblée
et s'ils parviennent à faire reculer la pauvreté.
- Il est aussi important de prendre des mesures qui
améliorent les résultats scolaires que
d'augmenter les ressources. Il n'existe pas de recette
unique pour doter tous les enfants d'une instruction
primaire, mais, dans tous les pays à faible revenu
qui y sont parvenus, ou qui sont en voie d'y parvenir,
on constate l'existence d'une volonté politique
et d'une détermination nationale qui se manifestent
par : i) une mobilisation adéquate des ressources
nationales en faveur de l'enseignement primaire ; ii)
une utilisation efficiente et efficace des ressources
; iii) la large place accordée à la qualité
de l'enseignement et aux résultats scolaires,
et iv) des mesures précises visant à ouvrir
les portes de l'enseignement aux enfants pauvres et
défavorisés, en particulier aux filles,
et à leur fournir un enseignement efficace.
- Les pays à risque manquent beaucoup de moyens
de financement. Même si l'on mobilise un maximum
de ressources au niveau national et dans le cadre de
l'Initiative en faveur des pays pauvres très
endettés (PPTE), le financement requis des partenaires
extérieurs reste nettement supérieur au
niveau actuel.
e. Pour progresser plus rapidement vers l'EPT, une action
intégrée visant à combler des lacunes
dans 4 domaines s'impose. Les pays ont besoin de données
de bonne qualité pour mesurer et suivre précisément
les progrès réalisés et éclairer
l'action des pouvoirs publics, de politiques judicieuses
pour que le projet et la stratégie d'instauration
d'un système éducatif solide donnent des
résultats en termes de développement,
d'une capacité institutionnelle solide pour que
des services éducatifs de qualité puissent
être assurés de façon durable, et
d'un financement intérieur et extérieur
adéquat pour couvrir les dépenses de fonctionnement
et les investissements nécessaires. Un ancrage
solide des objectifs de l'EPT dans le pays sera le principal
facteur du succès.
f. La réalisation des objectifs de l'EPT d'ici
à 2015 pose des problèmes considérables,
mais les perspectives de réussite sont bien meilleures
aujourd'hui qu'elles ne l'ont jamais été
depuis le lancement officiel du mouvement en faveur
de l'EPT en 1990. Le regain d'intérêt mondial
pour le rôle joué par l'éducation
dans le développement est à l'origine
d'une volonté politique accrue d'agir au niveau
national et international : plusieurs pays ont montré
qu'il est possible de réaliser des progrès
remarquables en prenant les mesures appropriées.
On peut sensiblement améliorer la planification
et la mise en uvre de l'EPT en les intégrant
dans le processus du Document de stratégie pour
la réduction de la pauvreté (DSRP) et
du Cadre de développement intégré
(CDI), qui sont tous deux des moyens importants pour
les pays de prendre en main leur développement
et de coordonner plus efficacement l'aide extérieure.
Le programme de l'EPT, qui fait partie intégrante
des Objectifs de développement fixés dans
la déclaration du millénaire, peut être
mis en uvre plus efficacement dans le contexte
fondamental de la réduction de la pauvreté.
g. L'analyse des besoins de financement de l'EPT dans
les 47 pays admis à bénéficier
des crédits de l'IDA révèle que
pour réaliser l'objectif d'éducation primaire
universelle d'ici à 2015, ces pays devraient
porter leurs dépenses annuelles d'éducation
de 7,4 à 16,4 milliards de dollars en moyenne
entre 2002 et 2015. Les pays eux-mêmes pourront
fournir l'essentiel de ces ressources si la nation porte
un intérêt accru à l'éducation,
mais ils seront nombreux à avoir besoin d'une
aide extérieure substantielle pour couvrir les
coûts de fonctionnement de leur système
éducatif durant la période de transition,
le temps pour eux de réformer ce système
et d'en améliorer durablement la qualité
et l'équité. On estime que ces 47 pays
auront besoin, au strict minimum, d'un surcroît
d'aide extérieure de 2,5 à 5 milliards
de dollars par an, ce qui représente 3 à
5 fois le montant de l'aide extérieure à
l'éducation primaire dont ils bénéficient
aujourd'hui. La répartition régionale
de ces ressources révèle à quel
point il importe d'intensifier l'appui fourni à
l'Afrique subsaharienne : les pays de la région
auraient en effet besoin d'une aide extérieure
à l'enseignement primaire sept fois supérieure
en termes réels à celle dont ils bénéficient
actuellement.
h. Le chiffre estimatif de 2,5 à 5 milliards
de dollars diffère de celui de 10 à 13
milliards de dollars par an qui figure dans le rapport
intitulé Financement du développement
comme faisant partie de l'enveloppe annuelle globale
de 40 à 60 milliards de dollars jugée
nécessaire pour atteindre tous les Objectifs
de développement du millénaire. Il importe
cependant de noter que les deux estimations sont très
similaires en ce qui concerne les moyens supplémentaires
nécessaires. Leur différence réside
dans l'origine nationale ou extérieure de ces
ressources. La différence entre les deux estimations
souligne la conclusion clé des deux rapports,
à savoir qu'une réforme de l'action des
pouvoirs publics et un engagement des pays passant par
l'augmentation des ressources intérieures sont
les facteurs qui déterminent l'écart de
financement extérieur.
i. Le plan d'action proposé est fondé
sur un pacte entre les pays et leurs partenaires extérieurs,
en vertu duquel les pouvoirs publics apportent la preuve
de leur engagement en faveur de l'éducation en
s'employant à transformer leur système
éducatif. En échange, les partenaires
extérieurs fournissent un appui technique et
financier de façon prévisible, souple
et transparente. Ce plan d'action doit être considéré
comme la première étape d'un cadre de
mise en uvre de l'éducation pour tous axé
sur l'obtention de résultats. Il reste beaucoup
à faire pour élaborer un plan d'action
détaillé, chiffré et assorti d'échéances
précises. Dans les prochains mois, le chiffrage
sera élargi à l'ensemble des pays qui
n'ont pas encore atteint l'objectif d'éducation
pour tous. L'analyse traitera d'autres objectifs de
l'EPT tels que la parité des sexes aux niveaux
primaire et secondaire et l'alphabétisme des
adultes. Des consultations plus vastes seront menées
entre les pays et leurs partenaires pour le développement
afin d'aboutir à un consensus sur les éléments
du plan d'action, et d'examiner quels doivent être
le rôle et les responsabilités des partenaires
pour harmoniser et rendre plus efficace l'aide aux pays.
j. Nous proposons au Comité du développement
un programme d'EPT accéléré, qui
consistera à choisir, d'ici à juin 2002,
une dizaine de pays qui bénéficieront
immédiatement d'une aide accrue, afin d'obtenir
rapidement un effet de démonstration. Ce programme
accéléré sera appliqué dans
le cadre du DSRP/CDI et par l'entremise d'un consortium
éducatif regroupant plusieurs bailleurs de fonds,
qui mettra en correspondance les besoins de financement
extérieur de ces pays et l'aide financière
disponible auprès des organismes bailleurs de
fonds.
4 . Critères pour l'évaluation des
plans nationaux d'EPT
Pour pouvoir
juger de la crédibilité des plans d'EPT,
il faut aussi pouvoir les évaluer et mesurer
également, selon une approche convenue, le degré
d'engagement politique des gouvernements. Ce processus
comporte deux phases : 1) une évaluation générale,
approuvée par toutes les parties prenantes du
pays concerné, de la conformité du plan
avec le Cadre d'action de Dakar, et 2) une évaluation
particulière effectuée par les donateurs,
ensemble ou séparément selon les cas,
aux fins du financement et pour laquelle d'autres critères
définis par les donateurs peuvent entrer en ligne
de compte. Ces critères supplémentaires
peuvent, par exemple, porter sur un objectif particulier
de l'EPT ou fixer des indicateurs de performance technique.
On trouvera ci-dessous un ensemble minimum de critères
pour l'évaluation générale des
plans. Les critères spécifiques sont à
définir dans chaque pays dans le cadre des négociations
entre le pays et le/les donateur(s). Le plan donne-t-il
des preuves tangibles de :
- l'engagement politique
de l'ensemble du gouvernement
- la participation de toutes
les parties prenantes à son élaboration,
en particulier des représentants de la société
civile, et, par conséquent, de son appropriation
collective
- une attention à
l'ensemble des six objectifs de Dakar
- procédures durables
de suivi et d'évaluation, y compris des indicateurs
- une analyse approfondie
de la situation actuelle (données et études
récentes)
- liens avec d'autres processus
de planification
- une planification sectorielle,
reliant l'EPT à toutes les composantes de l'éducation
- un cadre politique approprié
- la mise en place d'un
cadre institutionnel durable
-
une budgétisation
détaillée des ressources financières
et, par voie de conséquence, de l'identification
des manques en la matière
Les partenaires internationaux de l'EPT apportent une
aide soutenue à l'élaboration des plans
d'EPT. Dans certains pays, il faut formuler des stratégies
plus précises pour susciter un processus intégrateur
où les parties prenantes de la société
civile ne sont pas seulement informées des plans
élaborés par le gouvernement, mais activement
associées à leur élaboration et
au travail de réflexion qui les sous-tend. Les
organismes multilatéraux et, surtout, les réseaux
de la société civile doivent s'employer
à faire savoir à quel point cette participation
peut être profitable. L'implication actuelle de
la société civile aux forums internationaux
sur l'EPT commence à s'approcher de la démarche
recherchée.
5. Événements et manifestations pour
la promotion de l'EPT
|
Titre
|
Date
|
Lieu
|
Thème
|
| Session
extraordinaire des Nations Unies consacrée
aux enfants |
8
- 10 mai 2002 |
New
York, Etats-Unis |
Réunion
sans précédent de l'Assemblée
générale des Nations Unies consacrée
aux enfants et aux adolescents du monde entier |
| Sommet
du G8 |
26
- 28 juin 2002 |
Kananaskis,
Canada |
Examinera
peut-être le rapport de l'Equipe spéciale
sur l'éducation |
| XIVème
Conférence internationale sur le sida |
7
- 12 juillet 2002 |
Barcelone,
Espagne |
Le
thème de cette année est " La
connaissance et l'engagement au service de l'action
" |
| Sommet
mondial sur le développement durable (Sommet
de Johannesburg) |
26
août - 4 septembre 2002 |
Johannesburg,
Afrique du Sud |
Action
pour relever les défis complexes, dont l'amélioration
des conditions de vie et la protection de nos ressources
naturelles |
| Conférence
des ministres africains de l'éducation (MINEDAF
VIII) |
2
- 6 décembre 2002 |
Ile
Maurice |
|
| Examen
à moyen terme de la CONFINTEA |
Fin
2003 |
|
Le
thème principal sera l'alphabétisation
dans l'optique de l'apprentissage tout au long de
la vie |
| Sommet
mondial sur la société de l'information
- 1ère phase |
Décembre
2003 |
|
L'alphabétisation
et l'éducation de base comme outils élémentaires
pour apprendre grâce aux TIC et y avoir accès |
| Forum
universel des cultures |
Mai
2004 |
Barcelone,
Espagne |
L'EPT
et l'expression et le patrimoine culturels |
| Sommet
mondial sur la société de l'information
- 2ème phase |
2005
|
|
|
[Liste
non définitive]
6. Tableaux
récapitulatifs de l'aide des donateurs classée
par domaines et par pays
[Voir pages
annexes]
|