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Analyse développée du Cadre d'action de Dakar

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Education pour tous : Tenir nos engagements collectifs

Texte adopté au
Forum mondial sur l'éducation
Dakar, Sénégal, 26-28 avril 2000

Commentaire élargi sur le Cadre d'action de Dakar

Le présent document fournit des précisions sur chaque objectif et chaque élément de stratégie du projet de Cadre d'action en tenant compte des nombreuses suggestions formulées avant et pendant le Forum mondial sur l'éducation, et plus particulièrement lors des 24 réunions-débats sur la stratégie.

établi par
le Comité de rédaction du Forum mondial sur l'éducation
Paris, le 23 mai 2000

I. INTRODUCTION

1. Le Cadre d'action de Dakar réaffirme la vision exprimée voici une décennie à Jomtien dans la Déclaration mondiale sur l'éducation pour tous. Il exprime la détermination collective de la communauté internationale à poursuivre une stratégie ambitieuse afin de répondre en l'espace d'une génération aux besoins éducatifs fondamentaux de chaque individu, enfant, jeune ou adulte et de préserver cet acquis par la suite.

2. Le Forum mondial sur l'éducation de Dakar a permis de faire le point des réussites et des échecs et de tirer les enseignements de la décennie écoulée. Le Bilan de l'EPT à l'an 2000 constitue un effort sans précédent pour dresser un tableau mondial de l'éducation de base. Il présente les bilans nationaux des progrès réalisés depuis Jomtien dans 183 pays, les problèmes rencontrés et les recommandations pour l'avenir. Des rapports de synthèse résument les principales conclusions de ces bilans par région. En outre, 14 études thématiques spéciales ont été réalisées, des enquêtes sur la qualité des acquis de l'apprentissage ont été menées dans plus de 30 pays et un vaste ensemble d'études de cas sur l'implication des ONG dans l'effort d'éducation a été rassemblé et une synthèse en a été établie

3. Le Bilan EPT 2000 contient une mine d'informations et d'analyses. Cinq conférences régionales sur l'EPT (Afrique subsaharienne : Johannesburg ; Asie et Pacifique : Bangkok ; Etats arabes et Afrique du Nord : le Caire ; Amérique et Caraïbes : Saint-Domingue ; Europe et Amérique du Nord : Varsovie) et une conférence des neuf pays à forte population (E9), réunis à Recife, ont examiné les conclusions du Bilan EPT 2000 et les ont traduites en programmes d'action régionaux qui font partie intégrante de ce document et sous-tendent le Cadre d'action de Dakar.

4. La vision de Jomtien demeure pertinente et audacieuse. Elle fournit une vue large et complète de l'éducation et du rôle décisif qu'elle joue dans l'autonomisation des individus et la transformation des sociétés. Ses lignes de force sont l'accès universel à l'éducation, l'accent mis sur l'équité, l'intérêt porté aux résultats de l'apprentissage, l'élargissement des moyens et de la portée de l'éducation de base, la valorisation de l'environnement dans lequel se déroule l'apprentissage et le renforcement des partenariats. Malheureusement, cette vision est loin de correspondre à la réalité : des millions de personnes sont toujours privées du droit à l'éducation ainsi que des possibilités que cela leur ouvrirait de mener une existence moins précaire, plus saine, plus productive et plus gratifiante. Cet échec a des causes multiples : manque de volonté politique, insuffisance et mauvaise utilisation des ressources, fardeau de la dette, attention insuffisante aux besoins d'apprentissage des pauvres et des exclus, indifférence à la qualité de l'apprentissage et absence de volonté de surmonter les inégalités entre les sexes. Il est certain que la réalisation de l'objectif d'éducation pour tous se heurte à des obstacles considérables, mais ceux-ci peuvent et doivent être surmontés.

5. Le Bilan EPT 2000 montre que des progrès ont été réalisés, ce qui prouve que l'EPT est un objectif réaliste et accessible. Mais force est de reconnaître que les progrès sont inégaux et beaucoup trop lents. Au seuil du nouveau millénaire, le constat est le suivant :
(i) sur plus de 800 millions d'enfants âgés de moins de six ans, moins d'un tiers bénéficient d'une forme quelconque d'éducation préscolaire ;

(ii) quelque 113 millions d'enfants, dont 60 % de filles, n'ont pas accès à l'enseignement primaire ;

(iii) au moins 880 millions d'adultes, dont une majorité de femmes, sont analphabètes.
6. Ces chiffres sont une insulte à la dignité humaine et un déni du droit à l'éducation. Ils constituent des obstacles majeurs sur la voie de l'élimination de la pauvreté et de la réalisation d'un développement durable.

7. Le Cadre de Dakar définit six objectifs essentiels de l'EPT et propose douze grandes stratégies. Ces stratégies tiennent compte de l'expérience de la décennie passée et de l'évolution du contexte mondial. Elles intègrent en outre les objectifs internationaux de développement concernant l'éducation auxquels les gouvernements nationaux et la communauté internationale ont déjà donné leur adhésion.

8. Dès la petite enfance et tout au long de leur vie, les apprenants du XXIe siècle auront besoin d'avoir accès à des services éducatifs de grande qualité qui soient adaptés à leurs besoins, équitables et soucieux de parité entre les sexes. Ces services ne doivent être source ni d'exclusion ni de discrimination. Etant donné que le rythme, le style, la langue, les circonstances de l'apprentissage ne seront jamais les mêmes pour tous, il doit y avoir place pour diverses approches plus ou moins formelles, pourvu qu'elles assurent à tous un apprentissage valable et confèrent un statut équivalent.

9. Le droit à l'éducation signifie que l'Etat a le devoir d'assurer à tous les citoyens les moyens de satisfaire leurs besoins éducatifs fondamentaux. L'éducation de base doit être à la fois gratuite, obligatoire et de bonne qualité. Les systèmes éducatifs de demain, quelle que soit leur diversité, devront être transparents et rendre compte de la façon dont ils sont dirigés, gérés et financés. Le rôle indispensable de l'Etat en matière d'éducation doit être complété et étayé par des partenariats larges et audacieux à tous les niveaux de la société. L'éducation pour tous suppose un engagement actif de toutes les parties prenantes.

II. REALISATIONS ET DEFIS

Réalisations et leçons tirées

10. Le Bilan EPT 2000 entrepris aux niveaux national, régional et mondial montre que des progrès ont été accomplis ces dix dernières années dans le sens de la réalisation des principes énoncés dans la Déclaration de Jomtien.

11. Dans le monde, les effectifs de l'enseignement primaire ont augmenté d'environ 82 millions depuis 1990, et le nombre de filles scolarisées en 1998 est supérieur de 44 millions à celui de 1990 - chiffres qui, plus que tous autres, sont révélateurs des efforts sérieux entrepris par de nombreux pays pour progresser souvent en dépit de graves difficultés économiques et d'un accroissement démographique qui ne fléchit pas. A la fin des années 90, les pays en développement avaient dans l'ensemble atteint des taux nets de scolarisation supérieurs à 80 %. Les taux de redoublement et d'abandon avaient diminué. Dans les écoles primaires, l'égalité entre les sexes a eu tendance à s'améliorer dans de nombreuses régions, à l'exception notable de l'Afrique subsaharienne. Les programmes de protection et d'éducation de la petite enfance ont enregistré une croissance modeste, surtout marquée dans les zones urbaines. Presque tous les pays du monde ont ratifié la Convention relative aux droits de l'enfant et de ce fait accepté l'obligation de garantir à chaque enfant le droit à une éducation de base. L'éducation non formelle et la formation qualifiante se sont progressivement développées. Et même si les taux d'analphabétisme demeurent inacceptables, il est indéniable que des progrès ont été réalisés. Le taux général d'alphabétisation des adultes est passé à 85 % chez les hommes et à 74 % chez les femmes. Le relèvement du niveau d'instruction a permis aux intéressés de faire des choix éclairés quant à la taille de la famille, ce qui n'est pas sans effet sur les taux de croissance démographique, facteur très important à la fois pour l'éducation et le développement.

12. Ces résultats quantitatifs ne disent rien de la situation de millions de personnes qui demeurent exclues de l'éducation ou de la jeunesse aliénée qui peine à trouver sa place et à rester attachée à ses valeurs dans des sociétés en mutation. On n'a que peu d'information également sur la nature et la qualité de l'enseignement et de l'apprentissage ainsi que des résultats de l'éducation à tous les niveaux des systèmes éducatifs.

13. Il existe une forte corrélation entre, d'une part, la faiblesse des taux de scolarisation et de rétention et la médiocrité des résultats scolaires et, d'autre part, la progression de la pauvreté. L'expérience acquise au cours des dix années qui ont suivi Jomtien a cependant prouvé que l'éducation pour tous pouvait progresser sensiblement là où il y avait une ferme volonté politique, appuyée par de nouveaux partenariats avec la société civile et un soutien plus stratégique de la part des organismes de financement. Il est également clair que, si l'on veut que les garçons et les filles tirent un profit égal de l'éducation, il ne faut rien moins qu'intégrer les préoccupations d'égalité entre les sexes dans la conception et la mise en oeuvre des stratégies et politiques sectorielles. D'où l'intérêt de collecter et d'analyser soigneusement des données fiables ventilées par sexe aux niveaux national et sous-national.

14. Les nombreux facteurs qui influent sur la demande d'éducation sont maintenant mieux compris, de même que les causes multiples qui tiennent les enfants, les jeunes et les adultes à l'écart des possibilités d'apprentissage. On s'est beaucoup intéressé aux diverses mesures nécessaires pour accroître les taux d'inscription et de rétention des filles dans les établissements scolaires. Désormais, on comprend mieux ce qui fait l'efficacité des enseignants et autres éducateurs, le rôle essentiel de matériels didactiques appropriés, la nécessité d'allier selon le contexte les technologies "anciennes" et "nouvelles", l'importance des langues locales pour la première alphabétisation, et l'influence décisive de la communauté sur la vie des écoles et sur les autres programmes d'éducation. La contribution de la protection et de l'éducation de la petite enfance à la réussite scolaire ultérieure et la nécessité d'établir des liens forts entre les différents sous-secteurs de l'éducation et entre éducation de base, santé, nutrition, approvisionnement en eau salubre et environnement naturel ont davantage retenu l'attention et sont mieux comprises.

Défis et chances à saisir

15. Les avancées sensibles mais modestes de ces dix dernières années incitent cependant à la prudence. De nombreux pays éprouvent encore des difficultés à définir le sens, l'objet et le contenu de l'éducation de base dans le contexte d'un monde en évolution rapide ainsi qu'à mesurer les résultats et acquis de l'apprentissage. Nombre d'aspects qualitatifs et informels de l'éducation n'ont toujours pas été clairement évalués. En raison de la très grande diversité des contextes, il est difficile de mesurer et de comparer les résultats et acquisitions. En outre, l'aggravation des disparités éducatives entre les pays et au sein de chacun ne laisse pas d'être très préoccupante.

16. Nombre de gouvernements et d'organismes ont concentré leurs efforts sur ceux qu'il était facile d'atteindre et ont négligé ceux qui étaient exclus de l'éducation de base pour des raisons sociales, économiques ou géographiques. Ce qui est clair, c'est que le développement de l'accès à l'éducation ne doit pas se faire aux dépens de la qualité, et l'amélioration de celle-ci ne doit pas profiter aux riches aux dépens des pauvres, comme ce fut le cas pour la protection et l'éducation de la petite enfance.

17. L'éducation des filles demeure un défi majeur : malgré l'attention internationale portée à ce problème, 60 % des enfants qui n'ont pas accès à l'enseignement primaire sont des filles.

18. L'Asie du Sud et l'Afrique subsaharienne, où les progrès ont été les plus difficiles à réaliser, se heurtent de toute évidence à des difficultés bien plus grandes que les moyennes mondiales ne le laissent deviner et il faudra leur accorder une attention particulière si l'on veut que les objectifs de l'éducation pour tous soient atteints dans chaque pays. En Amérique et dans les Caraïbes, de profondes disparités entre régions et entre catégories sociales dues aux inégalités de revenus continuent d'entraver le progrès vers l'Education pour tous et il convient de leur accorder l'attention voulue.

19. Il reste, et la tâche n'est pas aisée, à faire en sorte que l'idée générale d'Education pour tous en tant que concept intégrateur soit traduite dans les politiques des gouvernements nationaux et organismes de financement. L'Education pour tous doit englober non seulement l'enseignement scolaire formel mais aussi l'éducation de la petite enfance et les programmes d'alphabétisation et d'acquisition des savoir-faire utiles dans la vie courante. En faisant appel à des approches aussi bien formelles que non formelles, elle doit prendre en compte les besoins des pauvres et des plus défavorisés, notamment des enfants qui travaillent, des populations rurales et nomades isolées, des minorités ethniques et linguistiques, des enfants, jeunes et adultes victimes de conflits, souffrant du VIH/sida, de la faim, d'un mauvais état de santé ; et de ceux qui ont des besoins éducatifs spéciaux. Il est encourageant de constater que de nombreux gouvernements, organismes de financement et organisations de la société civile sont de plus en plus acquis à cette conception large et intégratrice de l'éducation.

20. Mettre à la disposition de l'EPT des moyens adéquats, équitables et durables, telle est la tâche primordiale. Nombre de gouvernements ne donnent pas à l'éducation une priorité suffisante dans leurs budgets nationaux. Trop souvent, les ressources de l'éducation ne sont pas employées de manière utile et efficace et il n'est pas rare que les groupes les mieux lotis soient subventionnés aux dépens des pauvres. Par ailleurs, les programmes de stabilisation ne parviennent pas toujours à protéger les budgets de l'éducation, de sorte que les frais demeurent très dissuasifs pour les enfants pauvres qui sont scolarisés, ainsi que pour les jeunes et adultes qui ont besoin de services d'éducation non formelle. Dans certains pays, les frais mis à la charge des parents pauvres ont eu un effet catastrophique sur la scolarisation et la rétention. L'éducation ne doit ni exclure ni faire de discrimination. Il appartient à tout gouvernement d'offrir une éducation de base gratuite et de qualité pour qu'aucun enfant ne soit empêché d'y accéder par manque d'argent.

21. Les gouvernements doivent étudier plus activement des moyens nouveaux et novateurs d'accroître les ressources affectées à l'éducation pour tous et élaborer des stratégies bien définies pour en atteindre les buts, qu'ils doivent faire réellement et durablement leurs. Les efforts d'allégement de la dette des pays les plus pauvres demeurent insuffisants : on concède trop peu, trop tard, à un nombre trop restreint de pays. Les programmes de réduction de la dette doivent donner aux gouvernements la possibilité d'accorder la priorité à l'éducation dans le cadre d'ensemble des efforts de lutte contre la pauvreté.

22. Si la proportion de l'aide internationale allouée à l'éducation de base a augmenté dans les années 90, le total de l'aide au développement a dans l'ensemble baissé. Il faut encourager la première tendance et inverser la seconde. Il serait fortement indiqué que la communauté internationale montre, par la coopération et dans la transparence, qu'elle peut soutenir efficacement les stratégies sectorielles nationales bien définies et aider à débloquer les ressources supplémentaires importantes que de nombreux organismes de financement sont prêts à apporter.

23. Les nouvelles modalités de travail qui se font jour dans le contexte d'ensemble du développement offrent aussi des possibilités pour atteindre les objectifs de l'éducation pour tous. Le renforcement de la coopération entre organismes nationaux et internationaux au niveau national, par le biais de structures et de mécanismes comme les Cadres de développement intégré, les stratégies de lutte contre la pauvreté et le Plan-cadre des Nations Unies pour l'aide au développement, offre des possibilités de partenariats pour la mobilisation de ressources en faveur de l'éducation de base.

24. Les chances de voir s'instaurer un développement réellement participatif seront d'autant plus grandes que l'on proclamera haut et fort que l'éducation est un droit fondamental et que la démocratie représentative se sera enracinée. L'importance croissante des évaluations de la pauvreté et des enquêtes sur les ménages entreprises en participation traduit aussi une tendance positive à mettre en place des programmes et systèmes éducatifs qui répondent vraiment à des besoins et priorités bien définis.

25. Si l'insuffisance des capacités institutionnelles et la faiblesse des processus politiques empêchent encore nombre de gouvernements de satisfaire aux priorités de leurs citoyens, la diffusion des principes démocratiques dans le monde entier, la contribution croissante de la société civile aux processus démocratiques, la lutte contre la corruption et le processus de décentralisation en cours dans de nombreux pays, sont autant de facteurs qui peuvent beaucoup contribuer à asseoir solidement les fondements d'une éducation pour tous effective, équitable et durable.

26. La mondialisation est à la fois une chance et un défi. C'est un processus qu'il faut façonner et gérer de façon à garantir l'équité et la durabilité. Elle crée des richesses nouvelles et accroît l'interconnexion et l'interdépendance des économies et des sociétés. Induite par la révolution des technologies de l'information et la mobilité accrue du capital, elle peut contribuer à réduire la pauvreté et l'inégalité dans le monde et mettre les nouvelles technologies au service de l'éducation de base. Cependant, la mondialisation comporte le risque de voir émerger un marché du savoir qui exclue les pauvres et les défavorisés. Privés d'accès à l'éducation de base dans une économie mondiale de plus en plus articulée autour du savoir, les pays et les ménages sont confrontés à la perspective d'une marginalisation croissante au milieu d'une économie internationale de plus en plus prospère.

27. La menace que le VIH/sida fait peser sur la réalisation des objectifs de l'EPT et, au-delà, sur le développement en général, notamment en Afrique subsaharienne, constitue un défi considérable. Les conséquences effroyables du VIH/sida sur la demande, l'offre et la qualité de l'éducation exigent que ce problème soit immédiatement pris en compte, et de façon expresse, dans l'élaboration et la planification des politiques nationales. Les programmes de lutte contre la propagation du virus doivent tirer parti au maximum des possibilités offertes par l'éducation de faire passer le message de la prévention et changer les attitudes et comportements.

28. L'augmentation notable des tensions, conflits et guerres, tant à l'intérieur des pays qu'entre nations et peuples, est particulièrement préoccupante. L'éducation a un rôle essentiel à jouer dans la prévention des conflits à l'avenir, et dans l'édification d'une paix et d'une stabilité durables.

III. BUTS

"Les besoins éducatifs fondamentaux ... concernent aussi bien les outils d'apprentissage essentiels ... que les contenus éducatifs fondamentaux ... dont l'être humain a besoin pour survivre, pour développer toutes ses facultés, pour vivre et travailler dans la dignité, pour participer pleinement au développement, pour améliorer la qualité de son existence, pour prendre des décisions éclairées, et pour continuer à apprendre." (Déclaration mondiale sur l'éducation pour tous, article 1, paragraphe 1).

29. Les buts et stratégies exposés ci-après constituent un Cadre d'action conçu pour permettre à tous d'exercer leur droit d'apprendre et d'exercer leur responsabilité en contribuant au développement de leur société. Ces orientations globales s'inspirent des objectifs proposés par les conférences régionales sur l'EPT et des objectifs internationaux de développement auxquels les pays ont déjà donné leur adhésion. Il reviendra à chaque pays, par un processus de consultation entre tous les partenaires de l'éducation et avec l'aide de l'ensemble de la communauté internationale et l'appui des mécanismes de suivi de l'EPT, de définir ses propres objectifs et ses échéances à plus ou moins long terme dans le cadre des plans nationaux d'éducation existants ou à créer.

1. Développer et améliorer sous tous leurs aspects la protection et l'éducation de la petite enfance, et notamment des enfants les plus vulnérables et défavorisés

30. Tous les jeunes enfants ont besoin d'un environnement rassurant et protecteur pour être en bonne santé, éveillés, épanouis et capables d'apprendre. L'expérience de la décennie écoulée confirme qu'une prise en charge et une éducation satisfaisantes de la petite enfance, tant au sein de la famille que dans le cadre de programmes plus structurés, ont un impact positif sur la survie, la croissance, le développement et les capacités d'apprentissage des enfants. Ces programmes doivent être globaux, mettre l'accent sur l'ensemble des besoins de l'enfant et prendre en compte la santé, la nutrition et l'hygiène ainsi que le développement cognitif et psychosocial. Ils doivent être dispensés dans la langue maternelle de l'enfant et aider à préciser et enrichir les soins et l'éducation à fournir aux enfants qui ont des besoins spéciaux. Des partenariats entre pouvoirs publics, ONG, communautés et familles peuvent contribuer à améliorer la protection et l'éducation, en particulier des enfants les plus désavantagés, par le biais d'activités centrées sur l'enfant dans un cadre familial et communautaire et soutenues par des politiques nationales multisectorielles et des ressources adéquates.

31. Les pouvoirs publics, par le biais des ministères compétents, ont pour responsabilité première de formuler des politiques de protection et d'éducation de la petite enfance dans le contexte des plans nationaux d'EPT, en mobilisant un soutien politique et populaire et en promouvant des programmes souples qui soient adaptés aux jeunes enfants au lieu d'être de simples modèles réduits des systèmes scolaires formels. L'éducation des parents et des autres partenaires en vue de favoriser une meilleure prise en charge de l'enfant en s'appuyant sur les pratiques traditionnelles et le recours systématique aux tests de suivi de la petite enfance sont des aspects essentiels à cet égard.

2. Faire en sorte que d'ici à 2015 tous les enfants, en particulier les filles, les enfants en difficulté et ceux qui appartiennent à des minorités ethniques, aient la possibilité d'accéder à un enseignement primaire obligatoire et gratuit de qualité et de le suivre jusqu'à son terme

32. Tous les enfants doivent pouvoir exercer leur droit à une "éducation de base" - quel que soit le niveau qu'on lui assigne - de qualité, que ce soit en milieu scolaire ou dans le cadre de programmes alternatifs. Tous les Etats doivent s'acquitter de leur obligation d'offrir un enseignement primaire gratuit et obligatoire conformément à la Convention relative aux droits de l'enfant et autres engagements internationaux. L'accord international faisant de 2015 la date butoir pour réaliser l'objectif de l'enseignement primaire universel dans tous les pays exigera une détermination et une volonté politique à tous les niveaux de gouvernement. Pour les millions d'enfants qui vivent dans la pauvreté, et qui souffrent de handicaps multiples, cela suppose aussi un engagement sans équivoque à supprimer les droits de scolarité et autres frais et à ne rien négliger pour réduire ou éliminer les coûts indirects que représentent fournitures, uniformes, repas scolaires et transport. Il faut recourir à des mesures incitatives, des interventions et des politiques sociales plus larges pour alléger les coûts d'opportunité indirects qu'entraîne la scolarisation. Aucun enfant ne doit être privé de la possibilité de recevoir jusqu'à son terme un enseignement primaire de qualité sous prétexte que sa famille n'en a pas les moyens. Le travail des enfants ne doit pas faire obstacle à l'éducation. L'accueil des enfants qui ont des besoins spéciaux, issus de minorités ethniques défavorisées, de populations migrantes, de communautés éloignées et isolées ou qui viennent de taudis urbains et d'autres enfants exclus de l'éducation doit faire partie intégrante des stratégies pour atteindre l'objectif de l'enseignement primaire universel en 2015.

33. Si la volonté d'assurer la scolarisation de tous est indispensable, il est également important d'améliorer et de préserver la qualité de l'éducation de base pour garantir l'efficacité de l'apprentissage en termes de résultats. Afin d'attirer et de retenir les enfants des groupes marginalisés ou exclus, les systèmes d'éducation doivent pouvoir réagir de façon souple - en proposant des contenus adaptés sous une forme accessible et attrayante. Les systèmes éducatifs doivent être intégrateurs, aller à la rencontre des enfants non scolarisés et apporter une réponse souple aux situations et besoins de tous les apprenants. Le Bilan de l'EPT à l'horizon 2000 suggère un large éventail de propositions pour permettre aux écoles de mieux répondre aux besoins des élèves : programmes d'action positive en faveur des filles, pour tenter de supprimer les obstacles à leur scolarisation, enseignement bilingue pour les enfants des minorités ethniques, et tout un ensemble de méthodes diverses et ingénieuses pour s'adresser aux enfants non scolarisés et les faire participer activement.

3. Répondre aux besoins éducatifs de tous les jeunes et de tous les adultes en assurant un accès équitable à des programmes adéquats ayant pour objet l'acquisition de connaissances ainsi que de compétences nécessaires dans la vie courante

34. Tous les jeunes et adultes doivent avoir la possibilité d'acquérir les savoirs et les valeurs, attitudes et compétences techniques qui leur permettront de développer leurs capacités de travailler, de participer pleinement à la vie sociale, de maîtriser leur propre destin et de continuer à apprendre. Aucune nation ne saurait avoir une économie moderne et ouverte si une partie de sa main-d'oeuvre n'a pas achevé d'études secondaires. Dans la plupart des pays, il faut pour cela développer le système secondaire.

35. Les jeunes, en particulier les adolescentes, sont exposés à des risques et à des menaces qui limitent les possibilités d'apprendre et constituent une difficulté majeure pour les systèmes éducatifs : exploitation du travail des enfants, pénurie d'emplois, conflits et violence, usage de drogues, grossesses pendant la scolarité et pandémie du sida. Il faut offrir aux jeunes des programmes conviviaux qui fournissent les informations, les compétences pratiques, l'aide et les services nécessaires pour les protéger contre ces risques.

36. Il faut donner à tous les jeunes la possibilité d'une éducation continue. Pour ceux qui abandonnent l'école ou achèvent leur scolarité sans avoir acquis les bases de lecture, d'écriture et de calcul ni les compétences indispensables dans la vie courante, il faut qu'il existe toute une gamme de programmes qui leur permettent de compléter leur apprentissage. Les possibilités offertes doivent être à la fois réelles et adaptées à leur environnement et à leurs besoins, pour les aider à maîtriser leur destin et acquérir des compétences utiles dans la vie active.

4. Améliorer de 50 % les niveaux d'alphabétisation des adultes, et notamment des femmes, d'ici à 2015, et assurer à tous les adultes un accès équitable aux programmes d'éducation de base et d'éducation permanente

37. Tous les adultes ont droit à une éducation de base (à commencer par l'alphabétisation) pour pouvoir fonctionner au sein de l'univers où ils vivent et le transformer. Il reste encore dans le monde quelque 880 millions de personnes qui ne savent ni lire ni écrire ; les deux tiers sont des femmes. La fragilité des rudiments acquis par les nouveaux alphabétisés apporte une ombre de plus au tableau. Pourtant, l'éducation des adultes reste souvent marginale dans les systèmes et budgets de l'éducation nationale.

38. L'éducation des adultes et la formation continue doivent être considérablement développées et diversifiées, et faire partie intégrante du système national d'éducation et des stratégies de réduction de la pauvreté. Il faut reconnaître davantage la part essentielle qui revient à l'alphabétisation dans l'éducation tout au long de la vie, la durabilité des moyens d'existence, la santé, la citoyenneté active et l'amélioration de la qualité de vie des individus, communautés et sociétés. L'alphabétisation et la formation continue sont essentielles pour l'autonomie des femmes et l'égalité entre les sexes. On s'efforcera de resserrer les liens entre les approches formelles, non formelles et informelles de l'éducation pour tenir compte de la diversité des besoins et des situations des adultes.

39. Des ressources adéquates, des campagnes d'alphabétisation bien ciblées, des enseignants mieux formés et une utilisation novatrice des technologies sont des conditions indispensables pour promouvoir ces activités. La valorisation des méthodes d'apprentissage concrètes et participatives élaborées par les ONG, qui associent alphabétisation, responsabilisation et développement local, est particulièrement importante. Au cours de la décennie à venir, le succès des campagnes d'éducation des adultes passera essentiellement par une réduction substantielle des inégalités entre les hommes et les femmes et entre les ruraux et les citadins en termes de taux d'alphabétisation.

5. Eliminer les disparités entre les sexes dans l'enseignement primaire et secondaire d'ici à 2005 et instaurer l'égalité dans ce domaine en 2015 en veillant notamment à assurer aux filles un accès équitable et sans restriction à une éducation de base de qualité avec les mêmes chances de réussite

40. La discrimination entre les sexes demeure l'un des obstacles les plus insurmontables à l'exercice du droit à l'éducation. Les objectifs de l'EPT ne pourront être atteints que si cet obstacle est vaincu. Les filles constituent la majorité des enfants et jeunes non scolarisés, même si dans un nombre croissant de pays les garçons sont désavantagés. Bien que l'éducation des filles et des femmes ait des retombées positives considérables qui se transmettent de génération en génération et qu'elle soit un facteur déterminant de développement social et d'autonomisation des femmes, ce sont des progrès limités qui ont été enregistrés en ce qui concerne la participation des filles à l'éducation de base.

41. Un consensus international a déjà été atteint sur la nécessité d'éliminer les disparités entre les sexes dans l'enseignement primaire et secondaire d'ici à 2005. Il faut pour cela que le souci d'équité entre les sexes imprègne l'ensemble du système éducatif, avec l'appui de ressources adéquates et d'une volonté politique ferme. Il ne suffit pas de garantir l'accès des filles à l'éducation ; les environnements scolaires dangereux et les préjugés qui interviennent dans le comportement et la formation des enseignants, dans les processus d'apprentissage et d'enseignement, ainsi que dans les programmes et les manuels scolaires entraînent souvent des taux de réussite et d'achèvement des études plus bas chez les filles. Par la mise en place de cadres d'apprentissage sans danger et sensibles aux différences entre les sexes, on devrait pouvoir ôter un obstacle important à la participation des filles à l'éducation. Pour promouvoir l'éducation des filles, il est important aussi d'améliorer l'alphabétisation des femmes. Il faut donc déployer des efforts systématiques à tous les niveaux et dans tous les domaines pour éliminer toute discrimination sexuelle et promouvoir le respect mutuel entre les représentants des deux sexes. Cela suppose transformer les attitudes, les valeurs et les comportements.

6. Améliorer sous tous ses aspects la qualité de l'éducation dans un souci d'excellence de façon à obtenir pour tous des résultats d'apprentissage reconnus et quantifiables - notamment en ce qui concerne la lecture, l'écriture et le calcul et les compétences indispensables dans la vie courante

42. L'exigence de qualité est au coeur de l'éducation, et ce qui se passe en classe et dans les autres milieux d'apprentissage est d'une importance vitale pour le bien-être futur des enfants, jeunes et adultes. Une éducation de qualité répond aux besoins d'apprentissage de base et enrichit l'existence des apprenants ainsi que l'expérience globale qu'ils ont de la vie

43. L'expérience de la décennie écoulée montre que le souci de scolariser davantage d'élèves doit s'accompagner d'efforts pour améliorer la qualité de l'éducation si l'on veut que les enfants soient durablement attirés par l'école, y restent et obtiennent des résultats significatifs en matière d'apprentissage. On a souvent monopolisé les maigres ressources disponibles pour développer les infrastructures au détriment de la recherche de qualité dans des domaines comme la formation des enseignants ou l'élaboration des manuels. Il ressort de récentes études sur les résultats de l'apprentissage dans certains pays qu'un pourcentage important d'enfants n'acquièrent qu'une fraction du savoir et des compétences qu'ils sont pourtant censés maîtriser. Ce que les élèves ont à apprendre n'est pas toujours défini, enseigné ou évalué avec suffisamment de rigueur.

44. Les gouvernements et les autres partenaires de l'EPT doivent continuer à oeuvrer de concert pour assurer une éducation de base de qualité pour tous sans distinction de sexe, de revenu, de lieu d'habitation, de langue ou d'origine ethnique. Pour que les programmes d'éducation soient efficaces, il faut que les conditions suivantes soient réunies :

(1) des élèves sains, bien nourris et motivés ;

(2) des enseignants dûment formés et des méthodes d'apprentissage actives ;

(3) des installations et matériels didactiques appropriés ;

(4) des programmes adaptés susceptibles d'être enseignés dans une langue locale et qui partent du savoir et de l'expérience des enseignants et apprenants ;

(5) un environnement qui non seulement encourage l'apprentissage mais soit accueillant, salubre et sécurisant et tienne compte des spécificités sexuelles ;

(6) une définition claire et une évaluation précise des résultats attendus de l'apprentissage, notamment en termes de savoir, de compétences pratiques, d'attitudes et de valeurs ;

(7) une gouvernance et une gestion participatives ;

(8) un respect des communautés et cultures locales et une volonté de partenariat avec elles.

IV. STRATEGIES

45. L'éducation pour tous est un droit fondamental, au coeur même du développement. Il faut que ce soit une priorité nationale et internationale, exigeant un engagement politique affirmé et durable, des moyens plus importants et la participation de tous les partenaires de l'EPT aux processus d'élaboration des politiques, de planification stratégique et de réalisation des programmes. Pour atteindre les six objectifs exposés ci-dessus, il faut une approche diversifiée qui dépasse de loin le cadre des systèmes formels d'éducation. Le bilan de la décennie écoulée amène à penser que, pour parvenir à l'éducation pour tous, la mise en oeuvre des stratégies suivantes sera décisive.

1. Susciter, aux niveaux national et international, un puissant engagement politique en faveur de l'éducation pour tous, définir des plans d'action nationaux et augmenter sensiblement l'investissement dans l'éducation de base

46. Il est dit dans le Cadre d'action de Jomtien que les résultats de l'action visant à répondre aux besoins éducatifs fondamentaux de tous dépendront en fin de compte des mesures prises par chaque pays. Cela signifie en premier lieu que les gouvernements doivent s'engager fermement en faveur de l'éducation de base et allouer des ressources suffisantes à tous ses éléments - préalable indispensable pour que l'Etat puisse satisfaire à l'obligation qui lui incombe vis-à-vis de tous ses citoyens. Dans de nombreux pays, cela impliquera de consacrer une part plus grande du revenu national et des budgets à l'éducation et, à l'intérieur de ce poste, à l'éducation de base, moyennant une réduction des budgets alloués à d'autres secteurs de moindre priorité pour le développement. Les ressources doivent être utilisées de façon plus efficace et plus honnête, et les gouvernements devraient se fixer des objectifs pour mieux répartir les dépenses entre les différents systèmes éducatifs. La corruption, par l'hémorragie qu'elle entraîne, empêche d'utiliser efficacement les ressources de l'éducation et doit être impérativement jugulée. Des structures doivent être mises en place pour permettre à la société civile d'être associée à des dispositifs de budgétisation et de financement transparents et responsables. Faire de l'Education pour tous une réalité nécessitera également de mobiliser de façon plus créative et plus soutenue les ressources dont disposent des secteurs différents de la société, notamment les autres instances gouvernementales, le secteur privé et les organisations non gouvernementales.

47. Même si la mobilisation des ressources intérieures s'intensifie et si les dotations augmentent et sont utilisées de façon plus efficace, les objectifs éducatifs fondamentaux ne pourront vraisemblablement pas être atteints sans un apport supplémentaire des organismes internationaux de développement. Les organismes de financement devraient allouer une part plus importante de leurs ressources au soutien de l'enseignement primaire et des autres composantes de l'éducation de base. Les régions et pays où les difficultés sont les plus grandes, et notamment une bonne partie de l'Afrique subsaharienne et de l'Asie du Sud, les pays les moins avancés et les pays qui sortent de conflit méritent une attention particulière.

48. Aucun pays réellement désireux d'atteindre les objectifs de l'Education pour tous ne devrait voir son action entravée par le manque de ressources. Les organismes de financement sont disposés à allouer des ressources importantes à l'EPT. Pour que ces fonds soient débloqués, il est indispensable qu'existent, ou que puissent exister, un engagement politique soutenu, des mécanismes effectifs et transparents de consultation avec les organisations de la société civile pour l'élaboration, la mise en oeuvre et le suivi des plans EPT, ainsi qu'un processus consultatif bien défini pour la planification et la gestion sectorielles.

49. Un tel engagement oblige les organismes de financement à coordonner leurs efforts pour apporter une aide au développement modulée qui tienne compte des réformes de secteur et à appuyer les priorités sectorielles dans le cadre de programmes de réduction de la pauvreté réalistes, cohérents et pilotés par les gouvernements. Il faut veiller en priorité à prendre plus tôt, en leur donnant plus de poids et de surface, des mesures d'allégement et/ou d'annulation de la dette pour lutter contre la pauvreté, avec une vive préoccupation de l'éducation de base. L'allégement de la dette ne doit pas se substituer à l'aide.

50. Les organismes de financement devront souscrire des engagements à plus long terme, qui permettent de meilleures prévisions, se plier davantage à la nécessité de rendre des comptes et faire preuve d'une plus grande transparence. Ils devront fournir en temps voulu des informations précises sur leurs dépenses et veiller à ce que des rapports financiers soient publiés périodiquement aux niveaux régional et international.

2. Promouvoir des politiques d'EPT dans le cadre d'une action sectorielle durable et bien intégrée, clairement articulée avec les stratégies d'élimination de la pauvreté et de développement

51. L'éducation, qui commence par la prise en charge et l'instruction des jeunes enfants pour se poursuivre par l'apprentissage tout au long de la vie, est la clé de l'autonomisation de l'individu, de l'élimination de la pauvreté au niveau des ménages et de la communauté et du développement social et économique au sens large. Parallèlement, la réduction de la pauvreté facilite la progression vers les objectifs de l'éducation de base. Il y a d'évidentes synergies entre les stratégies de promotion de l'éducation et les stratégies de lutte contre la pauvreté : il convient donc de les exploiter, tant dans la planification que dans l'exécution des programmes.

52. Une approche multisectorielle de l'élimination de la pauvreté implique que les stratégies d'éducation soient complémentaires de celles mises en oeuvre dans les secteurs productifs ainsi que dans les domaines de la santé, de la démographie, du bien-être social, du travail, de l'environnement et des finances, et qu'elles soient étroitement liées aux activités de la société civile. Les mesures spécifiques à prendre à cet égard consistent notamment à :

(1) intégrer les stratégies relatives à l'éducation de base dans les initiatives plus larges de réduction de la pauvreté mises en oeuvre aux niveaux national et international, telles que les plans-cadres des Nations Unies pour l'aide au développement (UNDAF), les cadres de développement intégré et les cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté ;

(2) mettre en place des systèmes éducatifs "intégrateurs" qui ciblent expressément les plus pauvres et les plus marginalisés et apportent une réponse adaptée à leurs besoins et à leur situation.

3. Faire en sorte que la société civile s'investisse activement dans l'élaboration, la mise en oeuvre et le suivi de stratégies de développement de l'éducation

53. Il faut que soit créé un nouvel espace politique et social élargi, à tous les niveaux de la société, qui permette aux apprenants, aux enseignants, aux parents, aux collectivités, aux organisations non gouvernementales et aux autres organisations de la société civile d'engager les gouvernements à dialoguer, prendre des mesures et innover pour atteindre les objectifs de l'éducation de base. Forte de l'expérience qui est la sienne, la société civile a un rôle crucial à jouer dans l'identification des obstacles qui entravent la réalisation de ces objectifs et dans la formulation de politiques et de stratégies pour les surmonter.

54. Une telle participation, surtout au niveau local à travers les partenariats école-communautés, ne doit pas intervenir uniquement pour entériner des décisions ou financer les programmes d'éducation conçus par l'Etat. C'est à tous les stades de la prise de décision que les gouvernements doivent mettre en place des instances de dialogue systématique permettant aux citoyens et aux organisations de la société civile de contribuer à la planification, à l'exécution, au suivi et à l'évaluation des activités concernant l'éducation de base. Cette démarche est indispensable pour favoriser l'établissement de mécanismes de gestion de l'éducation responsables, globaux et évolutifs. Afin de faciliter ce processus, il sera souvent nécessaire de renforcer les capacités des organisations de la société civile.

4. Mettre en place des systèmes de gestion et de gouvernance éducatives réactifs, participatifs et responsables

55. L'expérience des dix dernières années montre qu'il faut améliorer l'efficacité, la responsabilité, la transparence et la souplesse des systèmes de gouvernance de l'éducation afin qu'ils puissent mieux répondre aux besoins variés et changeants des apprenants. La réforme de la gestion de l'éducation, nécessaire pour passer d'un mode de gestion hautement centralisé, standardisé et directif à des procédures de décision, d'exécution et de suivi plus décentralisées et participatives aux échelons de responsabilité inférieurs, est une nécessité impérieuse. Ces processus doivent être étayés par un système d'information de gestion qui mette à profit à la fois les nouvelles technologies et la participation communautaire pour produire en temps utile des informations exactes et pertinentes.

56. Les auteurs des rapports nationaux de l'EPT et les cadres d'action régionaux issus du Bilan EPT 2000 recommandent :

(1) d'établir de meilleurs cadres réglementaires et mécanismes administratifs pour gérer non seulement l'éducation primaire formelle et non formelle, mais aussi les programmes d'éducation de la petite enfance, des jeunes et des adultes ;

(2) de délimiter plus précisément les responsabilités incombant aux différents échelons administratifs ;

(3) de veiller à ce que la décentralisation n'aboutisse pas à une répartition inéquitable des ressources ;

(4) d'utiliser plus efficacement les ressources humaines et financières existantes ;

(5) d'améliorer les capacités de gestion de la diversité, de la disparité et du changement ;

(6) d'intégrer les programmes au sein de l'éducation et d'en renforcer la convergence avec ceux des autres secteurs, notamment la santé, le travail et la protection sociale ; et

(7) d'assurer la formation des responsables scolaires et des autres personnels de l'éducation.

5. Répondre aux besoins des systèmes éducatifs touchés par les conflits, les catastrophes naturelles et l'instabilité et conduire des programmes d'éducation selon des méthodes qui soient de nature à promouvoir la compréhension mutuelle, la paix et la tolérance et à contribuer à prévenir la violence et les conflits

57. L'éducation paie un lourd tribut aux conflits, à l'instabilité et aux catastrophes naturelles, qui sont un obstacle majeur à la réalisation de l'objectif de l'éducation pour tous. Il faudrait renforcer la capacité des gouvernements et de la société civile d'évaluer rapidement les besoins éducatifs dans les situations de crise et après les conflits pour les enfants et les adultes, de rétablir les possibilités d'apprentissage dans un environnement sûr et accueillant et de reconstruire les systèmes éducatifs détruits ou endommagés.

58. Les écoles devraient être respectées et protégées comme des sanctuaires et des zones de paix. Les programmes d'éducation devraient être conçus de manière à promouvoir le plein épanouissement de la personnalité humaine et à renforcer le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales (article 26 de la Déclaration universelle des droits de l'homme). Ces programmes devraient encourager la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes ethniques et religieux ; ils devraient être attentifs à l'identité culturelle et linguistique et respectueux de la diversité ; et également renforcer la culture de paix. L'éducation devrait mettre en valeur non seulement des compétences telles que la prévention et le règlement pacifique des conflits, mais aussi des valeurs sociales et éthiques.

6. Mettre en oeuvre des stratégies intégrées pour l'égalité des sexes dans l'éducation, qui reconnaissent la nécessité d'une évolution des attitudes, des valeurs et des pratiques

59. Atteindre l'objectif de l'Education pour tous implique un engagement au plus haut niveau et priorité doit être donnée à l'égalité entre les sexes. Les écoles, les autres structures d'apprentissage et les systèmes éducatifs sont habituellement le reflet de la société dans son ensemble. L'action en faveur de la parité doit comporter des initiatives spécifiques visant à combattre la discrimination résultant des attitudes et pratiques sociales, ainsi que du statut économique et des habitudes culturelles.

60. L'ensemble du système éducatif doit montrer une volonté de favoriser l'apparition d'attitudes et de comportements imprégnés du souci de l'équité entre les sexes et révélant une sensibilisation aux disparités à cet égard. Les systèmes éducatifs doivent aussi agir de manière explicite pour faire disparaître les préjugés sexistes. A cette fin, ils doivent notamment veiller à ce que les politiques adoptées et leur mise en oeuvre favorisent l'apprentissage des filles et des garçons. Le corps enseignant et le personnel de surveillance doivent être équitables et transparents et les règles et règlements, notamment en ce qui concerne la promotion et les mesures disciplinaires, doivent avoir les mêmes conséquences pour les filles et les garçons, les femmes et les hommes. Il faut prêter attention aux besoins des garçons dans les situations où ils sont désavantagés.

61. Dans le milieu d'apprentissage, les contenus, les processus et le contexte éducatifs, débarrassés des préjugés sexistes, doivent encourager et favoriser l'égalité et le respect. Cela vaut pour l'attitude des enseignants, la teneur des programmes et des manuels, les activités scolaires et les rapports entre élèves. Des efforts doivent être faits pour garantir la sécurité des personnes : bien souvent, les filles sont particulièrement exposées aux mauvais traitements et au harcèlement pendant les trajets entre le domicile et l'école, ou à l'école.

7. Mettre en oeuvre d'urgence des activités et des programmes d'éducation pour lutter contre la pandémie de VIH/sida

62. La pandémie de VIH/sida est en train de miner les progrès accomplis en matière d'Education pour tous dans de nombreuses régions du monde en perturbant gravement la qualité de l'éducation ainsi que l'offre et la demande de services dans ce domaine. Les gouvernements, la société civile et la communauté internationale doivent d'urgence se pencher sur cette situation. Les systèmes éducatifs doivent profondément changer s'ils veulent résister aux conséquences de l'épidémie de VIH/sida et enrayer sa propagation, en particulier pour faire face à son impact sur le nombre d'enseignants et les effectifs scolaires. Pour atteindre les objectifs de l'éducation pour tous, il faudra faire de la lutte contre le VIH/sida la priorité la plus élevée dans les pays les plus touchés, en montrant une volonté politique ferme et soutenue ; en intégrant la problématique du VIH/sida dans tous les aspects de l'action des pouvoirs publics ; en repensant la formation pédagogique et les programmes d'enseignement ; et en consacrant des ressources beaucoup plus importantes à ces efforts.

63. La décennie a montré que la pandémie a eu et continuera d'avoir un effet dévastateur sur les systèmes éducatifs, les enseignants et les apprenants, les filles étant particulièrement touchées. La dévalorisation et la pauvreté engendrées par le VIH/sida sont en train de créer de nouvelles castes sociales d'enfants qui sont exclus de l'éducation et d'adultes dont les moyens d'existence sont réduits. Des actions visant à atténuer les effets du VIH/sida par la protection des droits des victimes et un suivi permanent de l'impact de la pandémie sur les objectifs de l'éducation pour tous sont indispensables. Il faudrait entre autres adopter une législation appropriée et des actions administratives visant à garantir le droit à l'éducation des personnes touchées par la maladie et à combattre la discrimination dans le secteur de l'éducation.

64. Les établissements et les structures d'enseignement devraient créer un environnement sûr et hospitalier pour les enfants et les jeunes dans un monde où sévit le VIH/sida et mieux les protéger contre les violences sexuelles et d'autres formes d'exploitation. Il conviendrait d'adopter des formules souples et non formelles pour atteindre les enfants et les adultes infectés dont la vie est perturbée par le VIH/sida, en accordant une attention particulière aux orphelins du sida. Tous les aspects du traitement et de la prévention du VIH/sida devraient être abordés dans les programmes visant à faire acquérir les compétences indispensables dans la vie courante. Des programmes sur le VIH/sida devraient également être organisés en faveur des enseignants et des communautés. Les enseignants doivent recevoir une formation adaptée, tant initiale qu'en cours d'emploi, pour dispenser une éducation sur le sida et les enseignants touchés par la pandémie devraient être aidés à tous les niveaux.

8. Créer un environnement éducatif sain et sûr, qui favorise un apprentissage efficace, notamment en fournissant des matériels didactiques de qualité qui permettront à tous les apprenants d'atteindre et de dépasser des niveaux d'acquisitions bien définis

65. La qualité de l'apprentissage est, et doit être, au coeur des préoccupations relatives à l'EPT. Tous les acteurs en présence - enseignants et étudiants, parents et membres de la collectivité, travailleurs sanitaires et fonctionnaires locaux - devraient joindre leurs efforts pour créer un environnement qui favorise l'apprentissage. Pour que les établissements d'enseignement et les programmes puissent apporter un enseignement de qualité, ils doivent disposer de ressources appropriées réparties de façon équitable, l'essentiel étant de disposer d'installations sûres qui respectent l'environnement et soient facilement accessibles, d'enseignants motivés et compétents sur le plan professionnel, ainsi que de livres, d'autres matériels pédagogiques et de technologies adaptés, d'un coût raisonnable et accessibles à tous les apprenants.

66. Le milieu d'apprentissage devrait aussi être sain, sûr et hospitalier. Sont nécessaires entre autres :

(1) une alimentation en eau et des installations sanitaires convenables,

(2) l'accès à des services de santé et de nutrition ou la possibilité de contacter de tels services,

(3) des politiques et des codes de conduite qui permettent d'améliorer la santé physique, psycho-sociale et affective des enseignants et des apprenants et

(4) des contenus et des méthodes pédagogiques qui conduisent à l'acquisition des connaissances, attitudes, valeurs et compétences de la vie courante nécessaires pour avoir une bonne image de soi, être en bonne santé et se sentir en sécurité.

67. Il est urgent d'adopter des stratégies efficaces pour identifier et faire participer les personnes exclues du point de vue social, culturel et économique. A cette fin, il faut analyser collectivement le phénomène de l'exclusion au sein de la famille, de la communauté et de l'école, concevoir des démarches d'apprentissage variées, souples et innovantes et créer un environnement qui favorise le respect et la confiance mutuels.

68. L'évaluation de l'apprentissage devrait comporter une évaluation de l'environnement, des méthodes et des résultats. Les résultats de l'apprentissage doivent être parfaitement définis dans les domaines tant cognitifs que non cognitifs et être évalués en permanence dans le cadre même du processus d'enseignement et d'apprentissage.

9. Améliorer le statut, le moral et le professionnalisme des enseignants

69. Les enseignants jouent un rôle essentiel dans la promotion d'une éducation de qualité, que ce soit dans le cadre scolaire ou dans celui de programmes communautaires de nature plus flexible ; ils sont les avocats, et les catalyseurs, du changement. Aucune réforme de l'enseignement n'a de chances d'aboutir sans la participation active et l'implication des enseignants. Les enseignants, à tous les niveaux du système éducatif, devraient être respectés et correctement rémunérés ; avoir accès à une formation et disposer en permanence de perspectives et d'un soutien professionnels, notamment grâce à l'enseignement ouvert et à distance ; et pouvoir participer aux décisions qui influent sur leur vie professionnelle et le cadre dans lequel ils enseignent. Les enseignants doivent aussi accepter leurs responsabilités professionnelles et être responsables devant les apprenants et les communautés.

70. Des stratégies clairement définies et plus imaginatives doivent être mises en place pour repérer, attirer, former et retenir dans le système éducatif les bons enseignants. Ces stratégies doivent tenir compte du nouveau rôle qui revient aux enseignants dans la préparation des élèves à la nouvelle économie fondée sur le savoir et mue par la technologie qui se fait jour. Les enseignants doivent être en mesure de comprendre la diversité des styles d'apprentissage et les différences dans le développement physique et intellectuel des élèves, ainsi que de créer des conditions d'apprentissage stimulantes fondées sur la participation.

10. Les nouvelles technologies de l'information et de la communication au service de la réalisation des objectifs de l'Education pour tous

71. Les technologies de l'information et de la communication (TIC) doivent être exploitées pour soutenir les objectifs de l'EPT à moindre frais. Ces technologies offrent des possibilités importantes pour diffuser les connaissances, améliorer l'apprentissage et développer des services éducatifs plus efficaces. Ces possibilités ne seront exploitées que si les nouvelles technologies appuient la mise en oeuvre des stratégies éducatives au lieu de les imposer. Pour être efficaces, surtout dans les pays en développement, les TIC doivent être complétées par des technologies plus traditionnelles, telles que les livres et la radio, et plus largement utilisées dans la formation des enseignants.

72. La rapidité d'évolution des TIC, leur expansion et leur accessibilité de plus en plus grandes, la nature de leur contenu et la baisse de leurs prix ont des incidences majeures sur l'apprentissage. Elles peuvent avoir tendance à accroître les disparités, à affaiblir les liens sociaux et à menacer la cohésion culturelle. Les gouvernements devront donc établir des politiques plus claires dans le domaine de la science et de la technologie et engager une évaluation critique des expériences et options en matière de TIC. Il y a lieu notamment d'évaluer leurs incidences sur les ressources compte tenu de l'offre d'éducation de base, en privilégiant les choix qui contribuent à combler le "fossé numérique", à développer l'accès et la qualité et à réduire les inégalités.

73. Il est nécessaire d'exploiter la possibilité offerte par les TIC d'améliorer la collecte et l'analyse des données et de renforcer les systèmes de gestion, depuis le ministère jusqu'à l'école en passant par les instances sous-nationales ; d'améliorer l'accès à l'éducation pour les populations défavorisées et vivant dans des zones reculées ; de soutenir la formation professionnelle initiale et continue des enseignants ; et de permettre une communication entre les classes et entre les cultures.

74. Les moyens d'information devraient également être incités à créer des partenariats ou à renforcer les partenariats existants avec les systèmes éducatifs, en encourageant la presse locale, en diffusant des informations sur les problèmes de l'éducation et en proposant des émissions de formation permanente par l'intermédiaire des radios de service public.

11. Assurer un suivi systématique des progrès accomplis pour atteindre les objectifs et mettre en oeuvre les stratégies de l'EPT aux niveaux national, régional et international

75. Pour réaliser les objectifs de l'EPT, il faut fixer des priorités, définir des politiques, établir des objectifs et des indicateurs des résultats, allouer des ressources, surveiller les performances et évaluer les résultats qualitatifs et quantitatifs. Il est indispensable de disposer de données solides et fiables en matière d'éducation, fondées sur les données exactes des recensements et ventilées, si l'on veut mesurer avec précision les progrès réalisés, confronter les expériences et tirer des enseignements. Des informations sur le succès de telle ou telle stratégie, sur les crédits budgétaires alloués à l'éducation de base et sur la participation de la société civile à l'EPT doivent également être produites. Tous ces éléments sont décisifs pour mesurer l'aptitude des partenaires de l'EPT à rendre compte de leur action. Le suivi et l'évaluation continus de l'EPT, avec la pleine participation de la société civile, doivent être encouragés.

76. Lorsque les gouvernements ont vraiment à coeur les résultats de l'éducation, ils sont conscients de l'importance fondamentale des statistiques et de la nécessité de disposer d'institutions crédibles et indépendantes chargées de les établir. Le Bilan EPT 2000 a révélé l'existence d'importantes lacunes dans les données. Il faut développer les moyens qui permettront de combler ces lacunes et de produire en temps utile des données précises, tant qualitatives que quantitatives, afin qu'elles puissent être analysées et transmises aux décideurs et aux spécialistes. Il est indispensable de veiller à la collecte de données ventilées aux échelons inférieurs du système, à la fois pour identifier les domaines où les inégalités sont les plus importantes et pour fournir des données aux responsables de la planification, de la gestion et de l'évaluation au niveau local.

77. Les progrès accomplis sur la voie de la réalisation des objectifs de l'EPT doivent être régulièrement et systématiquement évalués pour permettre des analyses comparatives valables. S'ils disposent de données de meilleure qualité aux niveaux national et international, les gouvernements, la société civile et les autres institutions pourront mieux apprécier les progrès accomplis vers la réalisation des objectifs, identifier les régions, les pays et les échelons sous-nationaux où l'on enregistre des difficultés ou succès particuliers et prendre alors les mesures voulues.

12. S'appuyer sur les mécanismes existants pour accélérer les progrès vers l'Education pour tous

78. Pour atteindre les six objectifs présentés dans ce Cadre d'action, des mécanismes de participation reposant sur une large assise aux niveaux international, régional et national sont indispensables. Ces mécanismes s'occuperont, à des degrés divers, de la promotion, de la mobilisation des ressources, du suivi et de la production et du partage de connaissances.

79. C'est au niveau de chaque pays que l'essentiel des activités en faveur de l'EPT sont menées. Les forums nationaux EPT existants seront renforcés ou de nouveaux forums seront créés et les pays prépareront pour 2002 au plus tard des plans nationaux EPT. La communauté internationale apportera un soutien technique particulier aux pays confrontés à des problèmes importants, tels que conflits ou catastrophes naturelles. Les membres de la communauté internationale s'engagent à oeuvrer de manière systématique, coordonnée et cohérente pour appuyer les plans nationaux EPT.

80. Les activités régionales et sous-régionales destinées à appuyer les efforts nationaux reposeront sur les organisations, réseaux et initiatives existants, qui seront renforcés le cas échéant. Ceux-ci travailleront en tandem avec les forums nationaux EPT.

81. L'UNESCO continuera à jouer le rôle qui lui a été confié de coordonner l'action des partenaires de l'EPT et à maintenir l'élan de leur collaboration. Dans cette optique, l'UNESCO réunira chaque année un groupe de haut niveau, à la composition réduite et variable dont la mission sera de stimuler l'engagement politique et la mobilisation des ressources techniques et financières. Celui-ci sera composé de personnalités appartenant aux gouvernements et à la société civile, ainsi que de représentants des organismes de développement. L'UNESCO recentrera son programme dans le domaine de l'éducation afin de placer les résultats et les priorités de Dakar au coeur de ses travaux.

82. Pour que l'objectif de l'Education pour tous soit atteint, il faudra que les gouvernements nationaux et les donateurs bilatéraux et multilatéraux, y compris la Banque mondiale et les banques de développement régional, la société civile et les fondations prennent de nouveaux engagements financiers concrets.