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| Forum mondial sur l'éducation > Dossier de presse > | |
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Grande unité, grandes disparités |
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| Les
vingt-et-un Etats arabes, avec les Territoires autonomes palestiniens,
ont en commun une langue et une culture, et le sentiment d'appartenir
à la même nation. S'agissant de performances éducatives,
cependant, la ressemblance s'arrète là. |
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| Du
fait de niveaux de développement disparates, le tableau de l’éducation
dans la région est comme une mosaïque richement coloriée, mais
dont il manquerait des pièces. Certaines sont belles et vernissées,
là où le développement éducatif a rempli ses promesses, comme
au Koweit ou au Liban. D’autres ont besoin d’être restaurées,
là où l’école a souffert de la guerre ou de la récession, comme
en Irak, en Somalie, au Soudan ou au Yémen. |
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| Les
Etats arabes ont le plus fort pourcentage d’enfants de moins
de 15 ans du monde. Dix millions d’entre eux, soit 25 % des
enfants de la région, ne connaissent pas l’école. Si on ne veut
pas qu’ils deviennent les adultes analphabètes de demain, il
faut les éduquer de toute urgence. Il y a aujourd’hui 67 mil-lions
d’analphabètes, à des degrés divers – de 5,5 % au Liban à 53
% en Mauritanie. Comme partout, il est extrêmement difficile
de toucher les enfants dans les zones rurales reculées. |
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| Quant
au taux d’alphabétisation des femmes, estimé à 50 % (contre
plus de 70 % pour les hommes), il accuse un grand retard par
rapport aux autres régions. Le rôle des femmes dans la société
civile est du même coup réduit. Quelque 25 % des femmes arabes
travaillent, et 4 % participent à la vie poli-tique. Dans d’autres
régions du monde en développement, elles sont respectivement
39 % et 10 %. Près de la moitié des pays de la région n’ont
pas encore ratifié la Convention sur l’élimination de toutes
les formes de discrimination à l’égard des femmes; ce mépris
de leur droit freine l’éducation des filles et la progression
des femmes. |
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Zoom
Entre
1990 et 1998, le taux de scolarisation primaire net
est passé de 74 % à 76 % dans les Etats arabes.
Un
enfant sur quatre n’est pas scolarisé, ce qui représente
un total de 10,3 millions d’enfants pour toute la
région.
L’écart
entre garçons et filles s’est légèrement réduit, avec
65 % de filles scolarisées en 1990 et 71 % en 1998.
La moitié des femmes seulement savent lire et écrire,
alors que le taux d’alphabétisation des hommes est
de plus de 70 %.
Moins
de 10 % des 3-5 ans dans 8 pays arabes sur 15 bénéficient
de programmes d’éveil de la petite enfance. Seuls
deux pays, Liban et Koweit, ont un taux de scolarisation
de 70 %.
Le
Liban, la Jordanie, les Emirats arabes unis et le
Koweit ont atteint un taux d’alphabétisation de près
de 90 %. Pourtant, les Etats arabes comptent toujours
67 millions d’adultes analphabètes au moins.
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| Certains
pays surmontent pourtant leurs tabous culturels. Jordanie, Liban
et République arabe syrienne ont donné un coup de fouet aux
taux d’alphabétisation des femmes, grâce à des politiques lancées
au cours des dix dernières années. « Cela ne s’est pas fait
en un jour, cependant, » souligne Victor Billeh, du bureau de
l’UNESCO à Beyrouth. « Pour lutter contre l’analphabétisme,
il faut un programme d’action et un suivi régulier. Mais les
résultats sont là. » Et, ajoute-t-il, des facteurs comme la
démocratisation de la vie publique, la liberté de la presse
et le pluralisme médiatique créent les conditions d’une plus
grande égalité. |
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| L’éducation
de base dans les Etats arabes a fait beaucoup de chemin si l’on
considère qu’en 1970, une moitié seulement des enfants d’âge
scolaire primaire de la région était scolarisée : aujourd’hui,
ce sont trois enfants sur quatre. Une poignée de pays a presque
atteint la scolari-sation primaire universelle. Oman, où n’existait
pas de système éducatif avant 1970, a un taux de scolarisation
primaire d’environ 85 %. Les Emirats arabes unis, les Territoires
autonomes palestiniens, la Jamahiriya arabe libyenne, la Jordanie
et l’Iraq ont fait de grands progrès,tandis que la Mauritanie,
qui comme Oman est partie de presque rien, présente un taux
de crois-sance éducative élevé. Djibouti est à la traîne, avec
un taux de scolarisation de moins de 40 %. |
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Environ
70 % des filles d’âge scolaire primaire sont scolarisées. L’écart
entre garçons et filles dépasse les 9 points de pourcentage.
Le Yémen offre l’écart le plus large, avec seulement 33 % de
filles scolarisées contre 73 % de garçons. Des programmes en
cours en Egypte, au Maroc, au Sou-dan, en Tunisie et au Yémen
ouvrent la voie, amenant l’éducation jusqu’aux filles des zones
défa-vorisées, grâce à des écoles communautaires proches de
leur foyer.
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Le
taux d'alphabétisation des femmes,
estimé à
seulement 50 %,
accuse un grand retard par rapport aux autres
régions.
Environ 25 % des femmes arabes exercent une
profession,
et 4 % d'entre elles ont un rôle politique.
Dans d'autres régions,
ces chiffres sont respectivement
de 39 et 10 %.
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| Une
majorité de pays ne considère pas l’éducation de la petite enfance
comme relevant des compétences de l’Etat, en dépit de son efficacité
prouvée. La moyenne de la région est inférieure à 15 %. « Même
les pays relativement aisés s’en désintéressent, » explique Victor Billeh. Le Liban est là aussi à la tête des
initia-tives, de même que le Koweit, avec 70 % de jeunes enfants
cou-verts par les programmes. Les Territoires autonomes palestiniens
et le Maroc offrent également une bonne couverture, avec 50
%. |
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| Les
conflits en Algérie, en Somalie et au Soudan ont perturbé l’éducation
et les sanctions contre l’Iraq ont entraîné des ferme-tures
d’écoles, une perte d’enseignants et des abandons accrus. Au
début des années 1990, le Qatar et le Yémen ont dépensé près
de deux fois plus pour l’ar-mement que pour la santé et l’éducation,
et la République arabe syrienne, presque quatre fois plus. |
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| Si seulement on pouvait réduire les budgets militaires et encourager
l’éducation et les investissements humains, » soupire Aïcha
Barka, fondatrice de l’Association algérienne d’alphabétisation.
Mais la société civile gagne du terrain dans les Etats arabes,
et notamment au Maroc où les groupes de femmes se sont multipliés
: « La lutte contre l’analphabétisme est un combat de longue
haleine que le gouvernement ne gagnera pas seul, et nous non
plus », souligne-t-elle. |
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| Première
des priorités, la qualité de l’éducation. Le Projet conjoint
UNESCO/UNICEF de suivi permanent des acquis scolaires a estimé
le niveau de réussite scolaire insuffisant dans neuf pays arabes.
Autre urgence, la modernisation des programmes. « Nous devons
apprendre à nos enfants à apprendre, et aussi à réfléchir à
ce qu’ils apprennent, » souligne le ministre égyptien de l’éducation,
Hussein Kamal Bahaa El-Din, « en utilisant les technologies
modernes comme l’ordinateur, qui sera le tableau noir de demain.
» Selon Billeh, dans une majorité de pays, les performances
sont infé-rieures aux prévisions, comparativement aux dépenses
engagées. « Nous ne disons pas qu’il faut dépenser plus, mais
qu’il faut dépenser mieux, » explique-t-il. « Il faut une bonne
gouvernance et une bonne gestion. » La seconde priorité est
donc l’amélioration de la gestion éducative. |
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| La
langue et la culture communes, le sentiment de former une seule
et même nation, font la force des Etats arabes, offrant des
possibilités inouïes de coopération entre les systèmes éducatifs.
Il est grand temps d’en profiter. |
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