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Le bilan de l'EPT à l'an 2000, mené dans plus de 180 pays, révéle des résultats mitigés: d'un côté, des progrès incontestables, de l'autre, des obstacles persistants. Voici le résumé des grandes tendances. |
| EDUQUER LE PLUS TOT POSSIBLE :
Protection et éveil de la petite enfance |
| La protection et l’éveil de la petite enfance ont connu une forte expansion en Amérique latine, aux Caraïbes, en Asie orientale et dans le Pacifique. Elles ont nettement régressé dans les économies en transition d’Europe centrale et orientale et d’Asie centrale, et restent à un niveau très bas en Afrique subsaharienne, dans les Etats arabes et en Asie méridionale et occidentale. |
| Quelque 104 millions d’enfants dans le monde ont fréquenté des établissements préprimaires en 1998, soit une augmentation de 5 % en dix ans. |
| L’écart entre les pays est important : on passe d’une couverture de près de 100 % aux Bermudes, en Malaisie, en Belgique et en Suède, à une fréquentation de 2 % ou moins dans les pays en état de guerre ou de crise économique. |
| L’expansion dans ce domaine est imputable aux structures communautaires et non gouvernementales, plus qu’aux Etats. |
| SCOLARISER L'ENFANCE : Education primaire |
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Le nombre total d’enfants scolarisés dans le primaire a progressé de 599 millions en 1990 à 681 millions en 1998. (Ils étaient 411 millions il y a trente ans.)
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| Depuis 1990, il y a environ 10 millions d’enfants scolarisés de plus par an, soit près du double de la moyenne enregistrée entre1980 et 1990. |
| En général, l’augmentation de la scolarisation est égale ou supérieure à la croissance démographique. |
| Les tendances positives de l’éducation primaire masquent des disparités d’accès dans une majorité de très grands pays : dans les communautés pauvres, rurales et isolées, ainsi qu’au sein des minorités ethniques, on n’enregistre pas ou peu de progrès. |
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En 1990, on estimait à 127 millions le nombre d’enfants non scolarisés. En 1998, ce chiffre est tombé à 113 millions (110 millions dans les pays en développement et 3 millions dans les pays développés et en transition). |
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L’écart entre filles et garçons dans le primaire s’est réduit légèrement, sauf en Afrique. 44 millions de filles supplé-mentaires ont été scolarisées en 1998 par rapport à 1990. |
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Dans les pays en développement, 78 % des filles sont sco-larisées, pour près de 86 % de garçons. |
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60 % environ des non scolarisés sont des filles. |
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La qualité est passée au second plan des priorités natio-nales, qui ont favorisé l’universalisation de l’éducation primaire. Cependant, les pays montrent un intérêt crois-sant pour les questions de réforme des programmes sco-laires, de formation des enseignants, de révision des manuels et de suivi de la réussite scolaire. |
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En Asie méridionale et en Afrique subsaharienne, moins de trois élèves sur quatre atteignent la cinquième année d’études. Dans l’ensemble des pays les moins développés, un peu plus de la moitié des élèves parvient à ce niveau, alors que de nombreux enfants abandonnent l’école après la première ou la seconde année d’éducation. |
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Il ne peut y avoir d’Education pour tous sans enseignants. Cependant leur statut social, leurs salaires, leurs conditions de travail et leurs possibilités de formation ne se sont guère amé-liorés depuis dix ans. |
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LES PLUS DE 15 ANS : Jeunes et adultes
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Le nombre des adultes alphabétisés a doublé entre 1970 et 1998, passant de 1,5 milliard à 3,3 milliards. Le taux global d’alphabétisation des adultes s’est élevé à 85 % pour les hommes et à 74 % pour les femmes.
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13 % seulement des jeunes adultes (de 15 à 24 ans) sont analphabètes dans le monde. |
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Malgré les progrès en chiffres réels, les taux d’analphabétisme demeurent trop élevés : au moins 875 millions d’adultes ne savent ni lire ni écrire, dont 63,8 % de femmes – exactement la même proportion qu’il y a dix ans. |
| QUI PAYE ? Le financement de l'éducation |
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63 % environ du coût de l’éducation dans le monde sont pris en charge par les Etats, 35 % par les parents, les communautés, le secteur privé et les organisations non gouvernementales. Les programmes d’aide internationale au développement n’assurent que 2 % du total. |
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Les budgets de l’éducation ont augmenté, mais les budgets nationaux totaux ont progressé plus vite. La hausse de l’inflation a souvent absorbé celle des budgets éducatifs. |
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L’aide internationale pour le développement s’est réduite. Par suite, bien que la part allouée à l’éducation de base soit restée constante à 15 %, le montant total de l’aide à l’éducation a baissé. |
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Les contributions multilatérales à l’éducation ont augmenté, passant de 1 milliard de dollars EU en 1990 à près de 2 milliards en 1994, pour redescendre à 1,3 milliard de dollars en 1998. |
| Conclusions |
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L’éducation de base est une cible mouvante. La plupart des pays ont choisi d’en restreindre la définition à la scolarisation primaire et à l’alphabétisation des adultes, mais dans beaucoup d’autres, elle englobe aujourd’hui non seulement la protection et l’éveil de la petite enfance, mais aussi l’enseignement secondaire du premier degré, voire l’intégralité du secondaire. |
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La pauvreté est le grand facteur unique d’échec ou d’incapacité à réaliser les objectifs fixés par les gouvernements. L’Asie du sud et l’Afrique subsaharienne représentent un bien plus grand défi que ne le laissent supposer les moyennes mondiales et doivent être l’objet de tous les efforts si on veut réaliser l’Education pour tous. |
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Certaines initiatives, comme les centres d’apprentissage communautaires, ont prouvé leur efficacité dans la réalisation de l’Education pour tous. Elles devraient maintenant être développées à l’échelle nationale.
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Les projections montrent que les taux de croissance des populations d’âge scolaire vont, à moyen terme, déborder les taux de croissance des budgets éducatifs des Etats. |
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L’Education pour tous est réalisable avec la volonté et le soutien des Etats. Le Bangladesh, le Brésil, le Mali, le Maroc et l’Ouganda sont quelques exemples de pays qui en ont apporté la preuve éclatante au cours des dix dernières années, surtout dans le domaine de l’éducation primaire. |
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E9 : le ralentissement démographique,
un bienfait de l’éducation
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Il y a dix ans, les neufs pays à très forte population (E9) souffraient de taux de croissance démographique élevés et de faibles taux d’alphabétisme.
Aujourd’hui, en réduisant leur croissance démographique et en encourageant l’alphabétisation, ces neuf pays – Bangladesh, Brésil, Chine, Inde, Indonésie, Egypte, Mexique, Nigéria et Pakistan – sont parvenus à renverser la tendance, au mépris de toutes les prévisions.
Ensemble, les « neuf géants » représentent toujours la moitié de la population du globe et 70 % de ses analphabètes. Mais au lieu de l’explosion démographique escomptée, ils ont enregistré une baisse de population importante. Au Bangladesh, au Brésil, en Chine et en Inde, ce recul est particulièrement significatif, compte tenu du gigantisme démographique de ces pays. La Chine est même le premier des pays de l’E9 a réaliser un taux de croissance démographique de 0,9 %.
Outre les efforts des Etats, sans lesquels aucun changement réel ne peut se produire, les facteurs qui ont contribué à la baisse ont été l’alphabétisation croissante des femmes, un meilleur accès des filles à l’éducation primaire, des politiques résolues en matière de santé et de planification familiale et l’amélioration des conditions sanitaires. L’éducation, celle des jeunes filles et des femmes surtout, a fait une fois de plus la preuve de son efficacité.
Les pays de l’E9 ont également réalisé des progrès impressionants dans l’universalisation de l’éducation primaire (scolarisation nette), notamment le Bangladesh (19 points), le Pakistan (16 points), l’Egypte (12 points) et le Brésil (9 points).
L’alphabétisme dans les pays de l’E9 a enregistré des progrès constants depuis 1990. Sur l’ensemble, ceux du Bangladesh, de la Chine, de l’Inde et de l’Indonésie ont été les plus remarquables. De manière prévisible, ce sont aussi les pays qui ont connu le ralentissement démographique le plus marqué.
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