Allocution prononcée en séance plénière par Carol Bellamy,
Directrice générale du Fonds des Nations Unies pour l'enfance,
devant le Forum mondial sur l'éducation
Dakar (Sénégal), 27 avril 2000
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| Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les délégués, |
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Je suis très heureuse de me joindre à vous pour cette assemblée d'une importance capitale. Il y a dix ans, à Jomtien, la communauté internationale a proclamé son attachement à une large vision d'avenir : un monde où l'Éducation pour tous ne serait plus un rêve cher, mais une réalité vécue. |
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| Dix ans plus tard, nous nous sommes quelque peu rapprochés de ce monde. Mais nous sommes encore loin de remplir la promesse de Jomtien - et nous affrontons des obstacles nouveaux et redoutables, surtout les ravages de la pandémie du VIH/sida. |
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| Le retard se chiffre déjà à un prix inacceptablement élevé. |
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| Trop de jeunes enfants se voient refuser les soins qui leur sont nécessaires pour préparer leurs esprits et leurs corps à apprendre. |
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| Trop d'enfants d'âge scolaire sont encore exclus de l'éducation, tandis que d'autres sont prisonniers d'environnements qui découragent un apprentissage réel - des environnements malsains, dangereux, ennemis de toute efficacité et très peu accueillants aux filles. |
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| Et trop de jeunes et d'adultes se voient encore refuser l'accès à la connaissance et au perfectionnement des savoir-faire dont ils ont besoin pour construire un avenir meilleur. |
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| Monsieur le Président, l'éducation est le droit de tous les enfants - et l'obligation de tous les gouvernements, car sa primauté a été proclamée par des accords qui vont de la Déclaration universelle des droits de l'homme à la Convention relative aux droits de l'enfant et à la Déclaration de Jomtien sur l'Éducation pour tous. |
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| L'éducation est une clef de la réalisation des autres droits de la personne. Elle se situe au cœur de toutes les formes du développement. Et elle est la condition préalable essentielle de l'égalité, de la dignité et d'une paix durable. Comme le regretté Président Julius Nyerere de Tanzanie nous l'a rappelé, l'éducation n'est pas un moyen d'échapper à la pauvreté - elle est un moyen de la combattre. |
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| Assurer le droit à l'éducation est une question de moralité et de justice. C'est aussi une question de sens commun économique, car en ce nouveau siècle où l'information joue un rôle moteur, le monde ne peut simplement pas se permettre de perdre une telle quantité de potentiel humain. |
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| Mais, à moins que nous agissions maintenant, des enfants en nombre toujours croissant grandiront sans éducation, illettrés, dépourvus de savoir-faire et d'espoir. |
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| Monsieur le Président, on ne saurait accepter de nouveaux retards. Les engagements pris à Jomtien doivent être tenus. |
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| Pourtant, une éducation élémentaire de qualité pour tous ne sera possible qu'au prix de mesures énergiques : une équipe dirigeante résolue dans chaque pays, un engagement politique résolu, un appui financier généreux - et un assaut sans quartier contre la pauvreté, l'inégalité, la discrimination et l'exclusion. |
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| C'est un effort qui ne peut réussir sans le soutien actif de tous les secteurs et niveaux de la société : familles et communautés, gouvernements et institutions de financement, prestataires de services dans tous les secteurs, médias, secteur privé et société civile. |
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| Tel est l'engagement universel que nous recherchons ici à Dakar. Un engagement qui, nous le croyons, peut être tenu et sera tenu. Notre confiance est fondée sur le solide partenariat des institutions sœurs (UNESCO, PNUD, FNUAP et Banque mondiale), le soutien critique et stimulant des ONG, et la réaction positive des gouvernements. |
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| L'UNICEF a reçu du Secrétaire général le mandat d'élaborer une série d'Actions futures pour les enfants, actions qui seront soumises pour approbation à l'Assemblée générale lors d'une session extraordinaire qu'elle tiendra vers la fin de l'année prochaine. |
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| Une part essentielle de ces actions se rapporte aux besoins éducatifs des enfants de tous âges, de la naissance à l'adolescence. Que pouvons-nous faire - que devons-nous faire - pour veiller à ce que ces besoins soient satisfaits et que la promesse de Jomtien soit enfin remplie ?
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| Il y a cinq actions essentielles : |
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| La première consiste à faire en sorte que tous les jeunes enfants soient prêts pour l'école et pour la vie - que dès la naissance ils soient entourés de tendresse dans des environnements sans danger, attentifs et soucieux d'égalité des sexes : familles et communautés, programmes de garderies et écoles maternelles - qui aident à leur donner la santé, un caractère éveillé, la sécurité, et la capacité d'apprendre. |
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| Nous en savons infiniment plus aujourd'hui qu'il y a dix ans concernant le caractère critique des premières années de la vie d'un enfant, où de bons soins sont indispensables à la survie, à la croissance et au développement ultérieur.. |
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| C'est pourquoi, Monsieur le Président, nous devons promouvoir des campagnes nationales de mobilisation et des politiques et programmes plus complets qui répondent aux besoins des jeunes enfants - surtout des plus pauvres et des plus marginalisés - sur les plans de la santé, de la nutrition et du développement. En même temps, nous devons veiller à ce que de bons soins soient dispensés non seulement aux jeunes enfants, mais aussi à leurs mères - qui souvent ne peuvent se faire entendre, n'ont qu'un accès limité aux ressources, sont dépourvues de protection légale et n'obtiennent pas le respect qui leur est dû. |
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| Nous devons aussi faire participer les pères aux soins aux jeunes enfants. |
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| Et nous devons veiller à ce que les enfants soient nourris au sein et aient accès à un air non pollué, à une eau potable salubre et à des aliments non contaminés; qu'ils vivent là où des dispositifs d'assainissement suffisants sont en place; que filles et garçons soient traités sur un pied d'égalité; que leurs environnements soient sans danger, salubres et bien protégés; et, avant toute chose, qu'ils aient le temps et l'espace nécessaires pour jouer, avoir des contacts humains, apprendre et être aimés. |
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| Mesdames et Messieurs les délégués, la responsabilité de bons soins n'incombe pas seulement à ceux qui les dispensent, aux familles et aux communautés, mais aussi aux ministères de l'éducation.
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| À tout le moins, les ministères de l'éducation doivent veiller à ce que les programmes d'éducation de la première enfance soient organisés autour des principes qui régissent la prestation de bons soins - et que tout programme d'éducation destiné aux adolescents et aux jeunes parents comporte les faits et savoir-faire dont la connaissance est indispensable à la fonction parentale. |
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| La deuxième action essentielle consiste à faire en sorte que tous les enfants, non seulement aillent à l'école, mais aussi y restent, au moins jusqu'à l'âge de 15 ans, afin d'acquérir une éducation de base - et à fournir des possibilités d'éducation " de seconde chance " qui soient de qualité aux adolescents et jeunes qui n'ont jamais été scolarisés. |
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| Sur ce point, nous devons penser avant tout aux besoins des plus défavorisés et des plus exclus de l'apprentissage, tant à l'école qu'en dehors de l'école : fillettes, enfants qui travaillent, enfants appartenant à des minorités ethniques, enfants victimes de violences et de conflits, de handicaps et du VIH/sida.
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| Nous pouvons atteindre cet objectif en partie grâce à des campagnes de mobilisation sociale, à des journées nationales d'inscription et à des programmes d'éducation des parents. |
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| Nous devons aussi veiller à ce que dans toute école et communauté soit en place un mécanisme permettant de rechercher et trouver les enfants exclus et vulnérables et de les faire entrer à l'école. Quand il le faut, nous devons mettre au point des approches plus souples, " non formelles ", ciblées, dans le but de donner à ces enfants une éducation. |
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| Et nous devons reconnaître que pour scolariser la dernière tranche de 5 à 30 % des enfants, il faudra probablement des approches plus novatrices - et plus coûteuses - que pour les premiers 70 à 95 %. |
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| Avant tout, nous devons cesser de voir dans les enfants exclus et leurs familles la source du problème alors que la capacité et la qualité des écoles et des systèmes d'éducation sont aussi un facteur de leur exclusion. |
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Monsieur le Président, l'Éducation pour tous restera un rêve tant que nous n'aurons pas attaqué la pauvreté profonde qui empêche les enfants de fréquenter l'école et rend souvent nécessaire le travail des enfants. |
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| À moins que les 250 millions d'enfants actuellement condamnés au travail ne reçoivent des possibilités d'éducation à prix abordable et qui soient de qualité équivalente à celles dont bénéficient leurs camarades plus fortunés, nous gaspillons des ressources humaines stratégiques et nous perpétuons la pauvreté dans la prochaine génération. |
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| La troisième action essentielle consiste à veiller à ce que les filles puissent accéder, pleinement et sur un pied d'égalité, à l'enseignement élémentaire et secondaire et réussir dans leurs études.
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| C'est un scandale d'ampleur planétaire que la très grande majorité des plus de 110 millions d'enfants d'âge scolaire qui ne sont pas scolarisés soient des filles. |
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| Monsieur le Président, à moins que ce problème ne soit abordé de front et globalement, l'élan collectif en faveur de l'Éducation pour tous n'aboutira certainement pas. |
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| L'éducation des filles est un " excellent investissement " démontré sous le rapport du développement humain, social et économique. Mais, ce qui compte davantage, c'est le droit de chaque fille; oublier ce point, c'est compromettre notre avenir à tous.
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| C'est pourquoi l'Initiative des Nations Unies pour l'éducation des filles, que le Secrétaire général a lancée mercredi, revêt tant d'importance. Un effort mondial aussi intense que possible doit être mené pour éliminer le principal obstacle à l'Éducation pour tous - et l'UNICEF est heureux de jouer un rôle dirigeant clef dans cet effort. |
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| C'est aussi pourquoi il est si important d'aborder les problèmes d'égalité des sexes dans le Cadre d'action dont nous débattons en ce moment. Ce cadre doit présenter l'éducation des filles comme une priorité en soi. |
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| Nous devons avoir pour but de socialiser filles et garçons dans une culture de non-violence et de respect des droits d'autrui, de dignité et d'égalité. |
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| Nous devons renforcer l'enseignement élémentaire accéléré et offrir aux adolescentes des possibilités d'éducation supplémentaires. |
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| Et nous devons éliminer toutes les formes de préjugé et de discrimination sexuels dans les systèmes éducatifs et les écoles, dans les programmes et les matériels d'enseignement, dans l'enseignement et les processus d'apprentissage. Étant donné l'expérience de la dernière décennie, nous savons comment nous y prendre. Pour ne donner qu'un exemple, nous devons veiller à ce que les écoles soient situées en des endroits où les filles puissent se rendre sans danger et que chaque école ait des toilettes distinctes et en bon état de fonctionnement pour filles et garçons. |
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| Pour atteindre toutes ces fins, il faut mener une quatrième action essentielle. De même que les enfants doivent être aidés à se préparer à l'école, nous devons garantir que les écoles seront prêtes à accueillir les enfants. Les systèmes éducatifs doivent fournir des programmes pertinents et des matériels d'apprentissage adéquats pour la lecture, l'écriture et le calcul, ainsi que concernant divers problèmes (droits de l'homme, égalité des sexes, santé et nutrition, VIH/sida et paix). Ces matériels doivent être sensibles aux sexospécificités et écrits dans des langues qu'enseignants et enfants puissent lire et comprendre. |
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| Les enseignants doivent être formés à user avec souplesse d'arrangements divers des salles de classe, de méthodes centrées sur l'enfant, et d'approches dominées par l'acquisition des savoir-faire nécessaires à la vie, pour que les enfants puissent participer activement et exercer une réflexion critique. Dans toutes les écoles, il faut confier aux meilleurs enseignants les petites classes pour que les enfants prennent le meilleur départ possible. |
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| Les écoles doivent répondre à des conditions satisfaisantes d'hygiène et d'assainissement, disposer des services sanitaires et nutritionnels nécessaires, et appliquer des politiques qui garantissent la santé physique et mentale, ainsi que la sécurité des enfants. Et, par-dessus tout, les enfants doivent finir par apprendre ce qu'ils sont supposés apprendre, ce qu'ils ont besoin d'apprendre. Les écoles doivent avoir les moyens pratiques d'évaluer ces résultats et de les porter à la connaissance de tous : parents et communautés, aussi bien que gouvernements nationaux. |
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| Un autre aspect de la qualité est important à l'heure où nous abordons le nouveau siècle. Il faut mobiliser au service de l'éducation toute application utile d'une technologie nouvelle, et la politique gouvernementale doit être d'en assurer l'accès à un prix abordable à tous les jeunes qui apprennent. |
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| Mais les technologies nouvelles et anciennes, comme l'Internet et les émissions scolaires de radio, doivent être mises en œuvre de manière plus créatrice afin de réduire, et non d'aggraver, les inégalités dans l'accès à un apprentissage de qualité. Nous lançons un appel aux inventeurs de technologies nouvelles pour qu'ils utilisent leurs savoir-faire et leurs profits afin de nous aider à assurer l'Éducation pour tous, et non pas seulement pour quelques privilégiés dans un pays quelconque. Encourageons les " prestataires de services " dans le domaine des technologies nouvelles à s'associer à nous pour garantir que les jeunes étudiants de tous les pays se voient offrir des possibilités réelles et abordables. |
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| La cinquième partie essentielle de l'éducation dans le siècle nouveau consiste à faire en sorte qu'en un monde de plus en plus lourd de conflits, de violence et d'instabilité, l'apprentissage reprenne dans tout contexte de crise - et rapidement. |
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| Dans un tel contexte, l'école peut être un sanctuaire, une place accueillante aux enfants où ceux-ci trouveront une zone de paix et le sentiment de normalité si important pour leur bien-être. |
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| Dans de nombreux pays, tout récemment au Kosovo et dans le Timor oriental ou occidental, l'expérience a montré que la remise en place du système éducatif exige une évaluation rapide des besoins éducatifs et psychosociaux des enfants, la mise à disposition des fournitures et matériels essentiels, la promotion de la gouvernance locale et des partenariats au service du relèvement de l'éducation, enfin l'appui d'un programme pertinent et le perfectionnement des enseignants. Le système éducatif tout entier a parfois besoin d'être reconstruit, ce qui exige notre aide à tous. |
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| Avec plus d'urgence que tout autre groupe, les enfants atteints du VIH/sida méritent notre attention immédiate. Avec l'aide de programmes créatifs et dynamiques portant sur l'acquisition des savoir-faire nécessaires à la vie, programmes qui tout à la fois transmettent des informations et changent le comportement, nous devons veiller à ce que l'éducation ait un impact sur la pandémie, sur la baisse du taux de transmission du virus. |
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| Mais nous devons aussi agir de manière à réduire l'impact de la pandémie sur l'éducation - sur la demande et la fourniture d'éducation, ainsi que sur sa qualité -, de même que sur les systèmes éducatifs, les écoles et l'apprentissage. |
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| Monsieur le Président, nous devons nous attaquer aux effets désastreux que le virus du sida a sur les communautés et les institutions, notamment sur les systèmes éducatifs, et trouver les moyens d'en atténuer l'impact autant qu'il est humainement possible. |
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| Dans certaines parties de l'Afrique, on a estimé que 30 % ou davantage des enseignants et des formateurs des enseignants sont séropositifs et mourront probablement d'ici la fin de la décennie; que non moins de 40 % des cadres supérieurs de l'enseignement sont peut-être malades et mourants; et que des enfants, en nombre immense, sont en train de devenir orphelins. |
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| Nous devons aussi reconnaître une fois de plus le fait que le VIH/sida a un impact particulièrement marqué sur l'éducation et le bien-être des filles et agir en conséquence. |
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| Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les délégués : Il n'existe pas de solution unique qui permette d'élargir l'accès à l'éducation et d'en améliorer la qualité. Bien plutôt, il y a des milliers de solutions qui ont fait leurs preuves aux niveaux local et national. Et c'est pourquoi nous devons continuer, en collaboration avec les gouvernements et les ministères, avec les écoles et les communautés, à identifier les lacunes qui subsistent sur la voie de l'Éducation pour tous, et à concevoir des mesures concrètes pour atteindre cet objectif. |
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| Ce faisant, nous devons commencer par les points de départ irremplaçables : des enfants capables d'apprendre, des enseignants capables d'enseigner et sachant ce qu'ils doivent enseigner, des écoles financièrement accessibles, accueillantes aux enfants et à leurs parents. |
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| Nous devons garantir des programmes durables et suffisamment financés - reconnaissant que pour atteindre ceux qui ne l'ont pas encore été en leur offrant une éducation de bonne qualité, il faut beaucoup de travail, de temps et d'argent, mais qu'il s'agit d'un investis-sement positif et nécessaire. |
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| À cet égard, l'UNICEF approuve avec vigueur la déclaration qui figure dans le projet de Cadre, aux termes de laquelle " aucun pays sérieusement déterminé à offrir à tous l'éducation de base ne manquera à atteindre son objectif faute de ressources ". |
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| Nous-mêmes et l'ensemble de la communauté internationale devons redoubler d'efforts pour garantir que les plans et programmes de l'Éducation pour tous ne soient jamais privés à nouveau d'un appui suffisant. |
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C'est ici que l'UNICEF lance aux pays donateurs, dans le contexte de l'Initiative pour les pays pauvres lourdement endettés, un appel à accélérer la remise de la dette. La dette devrait être remise immédiatement aux pays ayant un plan viable d'Éducation pour tous, qui peut apparaître comme le substitut d'une stratégie de réduction de la pauvreté. |
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| Monsieur le Président, au cours de la décennie écoulée, nous avons beaucoup appris concernant ce qui donne des résultats. Nous avons mis en place des structures et obtenu des succès dans de nombreux pays. Il est temps désormais d'édifier sur ces fondements solides l'Éducation pour tous dans l'avenir. |
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| Confirmer nos engagements, accélérer les progrès, atteindre les objectifs - tels sont les impératifs auxquels, en tant que partenaires du mouvement vers l'Éducation pour tous, nous devons obéir à l'heure où un nouveau siècle commence son cours.
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| Dix ans après Jomtien, agissons de telle sorte que l'avenir commence ici et aujourd'hui même, à Dakar. |
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| Je vous remercie.
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