Forum mondial sur l'éducation
Dakar, Sénégal 26-28 avril 2000 |
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| Utiliser l'allégement de la dette au profit de l'éducation |
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Document de présentation
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Original : anglais
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| Cette brève étude analytique fournit des informations générales
pour la séance de stratégie du Forum mondial de l'éducation
qui a pour thème « Utiliser l'allégement de la dette pour l'éducation
». Cette séance de stratégie rassemble des représentants des
partenariats mondiaux qui sont en train de voir le jour et ont
pour mission de s'occuper de cette question. On peut citer par
exemple les ministres de l'Éducation nationale travaillant à
des stratégies d'allégement de la dette susceptibles d'avoir
un impact sur le développement de l'enseignement, le représentant
d'une organisation bilatérale qui apporte un soutien considérable
à l'éducation dans le monde en développement et des représentants
d'un organisme bailleur de fonds qui ne ménage pas ses efforts
en faveur du développement de l'éducation. La séance souligne
le rôle central de l'éducation dans les efforts de lutte contre
la pauvreté déployés par les pays et dans le développement macroéconomique. |
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| 1. Généralités |
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| Les problèmes auxquels se heurtent les pays pour assurer à
tous l'accès à un enseignement de qualité sont nombreux et
complexes. Nous vivons cependant à une époque qui offre des
opportunités exceptionnelles. Les progrès et les technologies
nouvelles nous donnent plus que jamais la possibilité d'améliorer
l'éducation, la santé et le bien-être des habitants de la
planète et en particulier des plus pauvres d'entre eux. De
plus, compte tenu du développement du marché mondial et grâce
aux technologies qui accélèrent la communication, l'éducation
joue plus que par le passé un rôle capital dans les perspectives
de croissance économique et de développement des pays. |
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Les
gouvernements du monde entier détiennent les clés qui peuvent
donner à leur population accès à de nouvelles possibilités de
développement. Mais ce dont nous avons maintenant besoin, c'est
d'un enseignement différent, qui encourage un processus d'apprentissage
différent de celui du passé, un enseignement dont personne ne
soit exclu. C'est seulement si les pays s'emploient à relever
ces défis que leurs populations seront en mesure de bénéficier,
dans le cadre de la nouvelle économie mondiale, d'une amélioration
de leurs conditions de vie accompagnée notamment d'un net recul
de la pauvreté. |
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De
nouveaux cadres d'intervention ont été mis en place ou devraient
l'être pour lutter contre la pauvreté, de telle manière que
l'action menée dans les domaines de l'éducation et du développement
social soit en parfaite adéquation avec les objectifs globaux
de développement. Mais cela impliquera obligatoirement des
partenariats à l'appui d'initiatives émanant à des degrés
divers des pays, afin de lutter contre la pauvreté et de valoriser
le capital humain. Vu la nécessité pour les gouvernements
de faire face aux nouvelles priorités en faisant preuve d'une
ingéniosité, d'une précision et d'une compétence accrues,
différentes organisations internationales ont réagi en apportant
aux pays un nouveau soutien, plus flexible et à plus long
terme pour des programmes de réforme sectorielle mieux adaptés
aux objectifs sociaux et macroéconomiques. Par ailleurs, au
niveau national et mondial, différents acteurs s'emploient
activement à alléger l'endettement des pays pour leur permettre
d'augmenter et/ou de rationaliser le financement de l'éducation
et repenser le rôle de celle-ci dans l'ensemble du processus
de développement afin de favoriser les changements qui s'imposent
et d'assurer un accès plus large à l'éducation. |
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Cette séance fournira des informations sur les nouvelles initiatives
qui peuvent offrir des opportunités si elles sont conduites
comme il convient. Elle montrera comment ces partenariats
fonctionnent ou pourraient fonctionner pour aider les pays
à mettre eux-mêmes au point des cadres de politique sectorielle
applicables à l'éducation, à les intégrer aux cadres macroéconomiques
plus généraux et à utiliser les procédures de réduction de
la dette pour repenser les liens entre les objectifs EPT et
les objectifs de développement plus généraux.
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| 2. L'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés |
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L'Initiative
en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) a été prise
initialement par la Banque mondiale et le FMI en 1996 mais elle
a obtenu depuis lors le soutien de nombreux partenaires internationaux,
et a été renforcée en 1999. Elle a fondamentalement pour but
d'éliminer la dette insoutenable des pays les plus pauvres du
monde qui sont aussi les plus endettés. Cette initiative vise
donc à lever les obstacles au développement et à rendre les
pays les plus pauvres mieux à même d'accroître et/ou de rationaliser
les investissements qui s'imposent dans les secteurs sociaux
et dans le domaine de l'éducation. L'Initiative PPTE pourrait
dégager un volume de ressources considérable à investir dans
les secteurs sociaux. |
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On estime ainsi qu'en Bolivie, l'Initiative PPTE permettra de
disposer de quelque 90 millions de dollars par an pour des investissements
de ce type. À long terme, l'Ouganda bénéficiera au total d'un
allégement de 2 milliards de sa dette dans le cadre de l'Initiative
PPTE initiale et de l'Initiative PPTE renforcée. Cela permettra
entre autres de créer un environnement propice à un réexamen
de la cohérence des efforts de développement, de prendre les
mesures nécessaires pour atteindre les objectifs EPT et d'établir
les liens améliorés qui s'imposent entre les résultats scolaires
et la croissance économique et sociale.
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| 3. Stratégies de lutte contre la pauvreté |
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À l'assemblée annuelle de septembre 1999 du Groupe de
la Banque mondiale et du FMI, les ministres ont approuvé une
proposition visant à ce que des stratégies de lutte contre
la pauvreté dont les pays eux-mêmes ont la maîtrise constituent
la base de tous les prêts concessionnels de la Banque mondiale
et du FMI et déterminent l'usage qui sera fait des ressources
dégagées par l'allégement de la dette au titre de l'Initiative
PPTE. Cette stratégie s'inscrira dans le Cadre stratégique
de lutte contre la pauvreté (CSLP) établi par les autorités
du pays avec une large participation de la société civile. |
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Une stratégie de réduction de la pauvreté est censée : a) être
préparée par le pays ; b) viser essentiellement à assurer une
croissance accélérée et reposant sur une large assise, ce qui
nécessite la stabilité macroéconomique ; c) refléter une profonde
compréhension de la pauvreté et de ses déterminants dans le
contexte particulier du pays ; d) aider les pays à prendre les
mesures qui ont le plus d'effet sur la pauvreté ; et e) établir
des indicateurs de performance fixés et contrôlés au moyen de
processus participatifs. |
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Les objectifs du CSLP sont clairs : donner aux pays une plus
grande maîtrise des stratégies de réduction de la pauvreté ;
faire participer davantage la société civile - en particulier
les pauvres eux-mêmes - à la conception de ces stratégies ;
améliorer la coordination entre les partenaires pour le développement
; et utiliser les moyens analytiques, consultatifs et financiers
de la communauté internationale de façon à obtenir des résultats
dans la lutte contre la pauvreté. |
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Il est important de signaler que les principes sur lesquels
repose l'approche CSLP ne sont pas nouveaux mais sont fondés
essentiellement sur la recherche, l'expérience et surtout, sur
les programmes novateurs et réussis exécutés par de nombreux
pays. En fait, un certain nombre de pays à faible revenu, notamment
parmi ceux qui ont été les premiers à recevoir une aide au titre
de l'Initiative PPTE comme l'Ouganda et la Bolivie sont déjà
très avancés dans la mise au point de leurs propres stratégies
participatives de réduction de la pauvreté.
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Dans ces pays, le processus s'inscrit dans le Cadre de développement
intégré (CDI), cadre multisectoriel qui a pour but d'aider les
pays à évaluer et intégrer tous les aspects du développement
- sociaux, structurels, humains, environnementaux, économiques
et financiers, sans oublier la gouvernance. En mettant davantage
l'accent sur les objectifs de développement et leurs relations
mutuelles avec ces divers éléments, le CDI est censé rendre
plus efficaces les efforts déployés contre la pauvreté et contribuer
au développement des pays. Ses principes sont fondés sur un
processus de développement dans lequel le pays, responsable
au premier chef, agit dans le cadre d'un partenariat entre tous
les intéressés -pouvoirs publics, société civile, organismes
d'aide, et secteur privé - avec une vision à long terme des
besoins et des solutions et en accordant la même importance
aux considérations structurelles, sociales, macroéconomiques
et financières.
Les CDI permettent de mieux définir les politiques à suivre
et servent de base aux consultations et aux négociations avec
les bailleurs de fonds. Ils exigent donc un contrôle et un engagement
politiques fermes, des décisions reposant sur une meilleure
connaissance des problèmes et s'inscrivant dans des cadres sectoriel
et macroéconomique élargis, une répartition et une utilisation
plus efficaces des ressources publiques et enfin, la flexibilité
et la capacité voulues pour faire face à l'évolution de la situation
économique. L'ensemble de ce processus offre amplement la possibilité
de lier l'éducation à la stratégie de lutte contre la pauvreté,
mais surtout à la politique de développement proprement dite.
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| 4. Liens entre les nouvelles initiatives |
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Chacune des initiatives CDI, CSLP et PPTE facilite grandement
l'établissement de liens plus étroits entre les cadres du secteur
de l'éducation et les cadres macroéconomiques. La façon même
dont le programme de développement doit être exécuté suivant
ces diverses initiatives amène nécessairement à examiner les
liens et l'interaction entre les différentes stratégies sectorielles
et les stratégies d'investissement. Les alliances et partenaires
internationaux peuvent jouer des rôles importants en encourageant
ces liens dans les pays. Ils peuvent utiliser leurs forums,
au niveau aussi bien national qu'international, pour intensifier
le dialogue et la coordination, non seulement entre les acteurs
internationaux, mais aussi entre les ministères des Finances
et les ministères de l'Éducation nationale des différents pays.
Ces derniers sont indispensables pour favoriser un resserrement
des liens entre les cadres macroéconomiques des pays et leurs
stratégies de développement de l'éducation. |
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Les initiatives en cours dans un certain nombre de pays PPTE
montrent que des progrès considérables sont accomplis lorsque
les autorités nationales font appel à leurs partenaires mondiaux
pour obtenir le soutien dont elles estiment avoir besoin pour
établir le CDI et préparer le CSLP. |
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| 5. Questions clés à l'ordre du jour de la séance de stratégie |
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Les exposés et débats qui auront lieu durant cette séance porteront sur quatre questions clés :
i)
Comment un programme d'allégement de la dette peut-il offrir
une occasion de repenser la politique de l'éducation dans
le contexte de la lutte contre la pauvreté et des efforts
déployés par le pays pour améliorer les possibilités d'éducation
de base ?
ii)
Qu'est-ce que l'Initiative en faveur des pays pauvres très
endettés (PPTE) et le Cadre stratégique de lutte contre
la pauvreté (CSLP) et quel effet doit-on en attendre sur
l'éducation ?
iii)
Quel rôle la communauté internationale joue-t-elle en ce
qui concerne ces nouvelles initiatives ? et
iv)
Comment saisir cette opportunité et faire en sorte qu'un
système éducatif viable atteigne les objectifs EPT ?
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