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Paris 26/10/2001

32 PAYS RISQUENT DE NE PAS TENIR LEUR ENGAGEMENT

Paris, 26 octobre - Trente-deux pays risquent de ne pas pouvoir scolariser tous leurs enfants en primaire à l'horizon 2015. Dans quinze de ces pays, moins de la moitié des enfants est actuellement scolarisée.

Ce signal d'alarme est tiré aujourd'hui dans un rapport de suivi de l'Education pour tous (EFA), un pacte mondial par lequel les pays s'engagent à atteindre la scolarisation primaire pour tous, à parvenir à l'égalité complète entre les sexes tant dans le primaire que dans le secondaire et à diminuer de moitié l'analphabétisme des adultes, à l'horizon 2015. Ce rapport - préparé par l'UNESCO avec les contributions d'organisations partenaires - a été publié à l'occasion de la première réunion du Groupe de haut niveau sur l'Education pour tous (les 29 et 30 octobre) au siège de l'UNESCO, réunion qui fait partie du suivi du Forum mondial sur l'éducation qui s'est tenu à Dakar (Sénégal) en avril 2000.

Dans les pays en développement, un enfant sur cinq n'est pas scolarisé. En Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et dans les pays arabes, près de 100 millions d'enfants, dont plus de 60 % sont des filles, ne vont pas à l'école. Au total, en 2015, le monde devra accueillir 156 millions d'enfants en âge scolaire de plus que ceux qui étaient scolarisés en 1997. Parmi eux, plus de la moitié - 88 millions d'enfants - seront originaires de l'Afrique subsaharienne, tandis que les pays sud-asiatiques et arabes devront respectivement trouver des places à l'école pour 40 et 23 millions d'enfants supplémentaires.

Un effort massif est nécessaire dans la région de l'Afrique subsaharienne, qui doit multiplier par 2 à 3 le rythme atteint en matière de scolarisation dans les années 1990 si elle veut parvenir à la scolarisation primaire pour tous d'ici 2015. Mais des pays à risque comme l'Angola, le Lesotho, le Libéria, le Niger, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo et la Somalie devront, eux, multiplier par dix les résultats en matière de scolarisation constatés dans les années 1990.

Le rapport montre qu'un adulte sur cinq, ce qui représente quelque 875 millions de personnes, est illettré. Diminuer de moitié le taux d'analphabétisme entre aujourd'hui et 2015 implique d'alphabétiser quelque 90 millions d'adultes chaque année en moyenne. L'Asie de l'Est, la région Pacifique, l'Amérique latine et les Caraïbes peuvent atteindre l'objectif de l'Education pour tous en maintenant le même rythme que pendant la dernière décennie. Mais des pays comme l'Egypte et l'Inde doivent multiplier par deux le nombre des adultes nouvellement alphabétisés, et le Bangladesh et le Pakistan par trois.

En ce qui concerne l'égalité d'accès à l'éducation, le rapport montre que la différence de scolarisation, selon le sexe, a eu tendance à diminuer au cours de la décennie passée sauf en Afrique subsaharienne. Mais il souligne que " si la différence entre les sexes n'est pas un problème important dans la plupart des pays d'Amérique latine et des Caraïbes, ainsi que dans les pays d'Asie/Pacifique, elle le reste dans de nombreux pays arabes et pays d'Afrique subsaharienne ou de l'Asie du Sud ". Dans certains pays, comme le Lesotho et la Namibie, la différence entre les sexes penche actuellement en faveur des filles, " un phénomène qui nécessite autant d'attention que la discrimination envers les filles ", note le rapport.

Des pays africains comme le Malawi, la Mauritanie et l'Ouganda ont doublé leur taux de scolarisation, atteignant un taux brut de scolarisation primaire proche de 100 % pendant la décennie. En Zambie, on note une augmentation du taux d'alphabétisation de 55 % en 1990 à près de 70 % en 1996. Le rapport met cependant en garde contre le fait que dans de nombreux pays cette augmentation du taux de scolarisation se fait au détriment de la qualité de l'éducation.

Les bailleurs de fonds et les gouvernements doivent poursuivre leur soutien à l'Education pour tous. Selon les estimations, de 8 à 15 milliards de dollars supplémentaires par an sont nécessaires pour atteindre dans le monde entier le seul objectif d'une généralisation de la scolarisation dans le primaire. L'estimation la plus haute - 15 milliards de dollars - ne représente que 0,06 % du PNB des pays bailleurs de fonds ou 0,3 % du PNB des pays en développement, souligne le rapport.

Le rapport de suivi servira de base aux débats de la réunion du Groupe de haut niveau qui rassemble 29 décideurs de premier plan dont 16 ministres de l'Education, la Directrice générale de l'UNICEF, Carol Bellamy, la Directrice d'Oxfam, Barbara Stocking, les ministres de la coopération du Canada, du Danemark, de la France et du Royaume-Uni, ainsi que le chef de l'agence japonaise de coopération internationale. Au cours des débats, l'accent sera mis sur la façon de maintenir l'engagement politique, de mobiliser des ressources financières et de créer des partenariats avec les organisations de la société civile.

Les 32 pays qui risquent - à moins " d'entreprendre une action sérieuse " - de ne pas atteindre les objectifs de l'Education pour tous à l'horizon 2015 sont : l'Afghanistan, l'Angola, le Bhoutan, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, le Congo, la Côte d'Ivoire, Djibouti, l'Erythrée, l'Ethiopie, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Guyana, Haïti, le Lesotho, le Libéria, le Mali, le Mozambique, le Niger, le Nigeria, le Rwanda, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la République-Unie de Tanzanie, Sao Tomé-et-Principe, le Sénégal, la Somalie, le Soudan, le Tchad, le Yémen*.

Le rapport 2001 de suivi sur l'Education pour tous peut être consulté en ligne sur :
Page d'accueil d'Education pour tous à l'UNESCO / Institut de statistique de l'UNESCO

Cette classification est principalement fondée sur l'évolution du taux net de scolarisation (TNS) de la décennie passée.
Un pays est considéré comme étant à risque quand :
1. son taux net de scolarisation (TNS) de la dernière année disponible (1997 à 1999) est inférieur ou égal à 60 % ;
2. son TNS a diminué de façon significative au cours de la dernière décennie ;
3. son taux brut de scolarisation (de moins de 100 %) a diminué de façon significative au cours de la dernière décennie.